vendredi 11 janvier 2013

L'armée malienne contre-attaque avec une aide alliée

Slate Afrique avec l'AFP
L'armée malienne a lancé vendredi une contre-offensive avec une assistance de la France et d'autres pays européens, selon des sources maliennes, pour reprendre aux islamistes une ville du centre conquise la veille, d'où ils menaçaient de continuer leur poussée vers les zones controlées par le gouvernment de Bamako. Cette contre-attaque survient alors que le président François Hollande a assuré vendredi que "la France répondrait", dans le strict cadre de l'ONU, à la demande d'aide adressée par le président malien Dioncounda Traoré pour repousser l'offensive des groupes armés islamistes qui occupent totalement le nord du pays depuis neuf mois. Dès vendredi matin l'armée régulière a contre-attaqué pour reconquérir la localité de Konna, près de Mopti, avec, selon des responsables maliens, une aide étrangère. Un responsable malien qui a requis l'anonymat a ajouté que "des militaires européens, dont des Français, sont présents au Mali pour repousser toute avancée des islamistes vers le Sud". "Nous ne dirons pas leur nombre, ni là où ils sont, ni le matériel qu'ils ont", a-t-il ajouté. La contre-attaque est partie de Sévaré, localité à 70 km au sud de Konna, dotée du plus important aéroport de la région où, selon des témoins, des avions militaires ont atterri jeudi. Ils y ont débarqué des armes et des soldats étrangers, parmi lesquels figuraient des Blancs, ont rapporté des travailleurs de l'aéroport. Ces avions militaires, notamment des C-160 utilisés par les armées française et allemande, ont été vus jeudi à Sévaré débarquant des militaires étrangers et des armes, selon des témoins, dont des travailleurs de l'aéroport. L'un d'eux a assuré qu'il y avait des Blancs parmi les soldats, mais aucune source n'a pu fournir plus de détails. Paris à demandé vendredi à ses ressortissants "dont la présence n'est pas indispensable" de quitter le Mali. "J'ai décidé que la France répondra, aux côtés de nos partenaires africains, à la demande des autorités maliennes" dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies", a déclaré le président Hollande devant le corps diplomatique à Paris. La France, ex-puissance coloniale, a-t-il ajouté, "sera prête à arrêter l'offensive des terroristes si elle devait se poursuivre". Alors que la situation militaire était gelée, les combats ont repris cette semaine, les islamistes s'emparant jeudi de Konna et menaçant de continuer leur offensive vers le Sud. "Notre (contre-) offensive a commencé. L'objectif est de reprendre le contrôle total de la ville de Konna et de progresser" vers les positions des islamistes, a déclaré vendredi un officier malien joint à Mopti, à 70 km au sud de Konna. Il a ajouté que des "appareils militaires de pays amis" participaient à l'opération et un témoin a dit avoir vu "deux petits avions tirer sur les islamistes", sans pouvoir préciser davantage. La détérioration de la situation accélère la mobilisation internationale Dans une déclaration unanime, le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé jeudi soir un "déploiement rapide" de la force internationale prévue au Mali mais dont l'intervention devait prendre des mois. Le président malien qui devait s'adresser à la Nation vendredi à 20H00 (locales et GMT) est attendu mercredi prochain à Paris pour rencontrer M. Hollande, selon une source diplomatique française. Parallèlement, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian s'est entretenu par téléphone de la crise vendredi avec le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta. Il devait contacter en fin de journée ses homologues britannique et allemand. En avril 2012, le nord du Mali est devenu un sanctuaire pour les groupes islamistes armés dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Abou Dardar, un porte-parole d'Ansar Dine, un des groupes jihadistes, avait affirmé jeudi à l'AFP que les islamistes allaient continuer à progresser vers le Sud, après Konna. Une dizaine de "blessés graves", des militaires et des civils, ont été transférés du centre du Mali vers un hôpital de Bamako, selon une source médicale vendredi. Depuis plusieurs mois, l'Afrique de l'Ouest a proposé l'envoi, avec l'aval de l'ONU, d'une force armée de plus de 3.330 hommes, que des pays européens, dont la France, ont promis d'aider logistiquement, pour la reconquête du nord du Mali. Le déploiement de cette force a été approuvé le 20 décembre par le Conseil de sécurité, mais par étapes, sans calendrier précis, et après un dialogue avec des groupes armés respectant certains préalables. A Bamako, un mouvement hostile au coup d'Etat militaire du 22 mars 2012 au Mali, a réitéré son appel "à la communauté internationale pour le déploiement immédiat de la force internationale (...) face à l'agression des bandes internationales, terroristes et jihadistes coalisées". L'émissaire de l'ONU pour le Sahel, Romano Prodi, qui avait jugé en novembre une telle intervention impossible avant septembre 2013, a estimé jeudi à Bamako qu'il y aurait "des décisions extraordinaires de la communauté internationale" en cas de poursuite de "l'offensive" islamiste. A Bamako, la vie a repris son cours normal sans aucun dispositif sécuritaire particulier visible vendredi. La veille, des policiers avaient été déployés après des manifestations pro-putsch. Des leaders religieux musulmans ont appelé les Maliens à l'unité et à des prières collectives "pour la paix et pour le salut" du pays.

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