samedi 5 décembre 2009

lE FRERE AttOUWA AG EGGOUR VIENT DE NOUS QUITTER




C'est avec une grande tristesse que je vous fait part du décès brutal de notre ami et compagnon de lutte ,le frère ATTWOUA ag EGGOUR a Agadez.
Attwoua a passé sa vie à se battre pour une cause noble, courageux, honnête.Il a rejoint la résistance Touareg au debut des années 1980 en Libye.Instructeur militaire à Waou n'AMOUSS(sebha),Membre fondateur du groupe Takrist n'AKAL en 1986;
cadre militaire en 1990 à Tchingalene,il participa aux negociations en tant que cadre politique de la résistance.Après les accords de paix ,Atoua créea son agence de voyage et milita beaucoups au sein d'une association pour la scolarisation des enfants du nord Niger de Tiguida a Inabangharett.Il rejoint la cellule politique du MNJ dès 2007 .De la Libye en passant par L'Algerie ,le Mali et son pays le Niger Atoua a toujours oeuvrer pour la justice et une paix durable au SAHARA.Atoua est marié et père d'une fille .Sa famille réside à Lille en France.
Au nom de tous les amis et compagnons je salue sa grande famille d'Agadez à Tamanrasset et tout particulièrement Isabelle.
Que la terre lui soit légère.
AMEN

MOKTAR OMAR

Décès d'Atoua EGOUR

samedi 5 décembre 2009
Décès

Nous avons le profond regret d'annoncer le décès survenu de suite d'une très courte maladie ce vendredi 4 décembre 2009 à Agadez, de Atoua EGOUR.
A sa famille éplorée, ses parents et amis nous adressons nos profondes et vives condoléances.
Que la terre lui soit légère et que le Tout Puissant l'accueille au Paradis parmis les siens.
AMIN.

Publié par le MNJ

A méditer : "Uranium en vue, une vingtaine de médecins vont démissionner"(Canada,Sept-Îles)


http://matin.branchez-vous.com-04-12-09
samedi 5 décembre 2009

Une vingtaine de médecins du Centre hospitalier de Sept-Îles ( Canada) ont annoncé qu’ils vont démissionner en bloc si un projet de mine d’uranium sur la Côte-Nord se concrétise, ce qui sera visiblement le cas.

Comme le rapporte ce vendredi plusieurs médias, ces médecins ont fait parvenir une lettre au ministre de la Santé, Yves Bolduc, pour faire part de leur prise de position.

Cette annonce a été faite au surlendemain du dépôt par Québec du projet de réforme de la Loi sur les mines. Celui-ci n’imposera aucun moratoire sur l’exploitation de l’uranium dans la province. Or, d’autres provinces comme la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique ont imposé un tel moratoire sur l’exploration et l’exploitation de l’uranium

Les médecins estiment que leur démission, qui n’est pas encore datée, est justifiée par les craintes qu’ils ont pour la santé de la population, leur santé personnelle et celle de leurs proches.

Le pneumologue et porte-parole du groupe, le Dr Bruno Imbeault, a soutenu que devant l’imminence de la situation, la seule chose qui inciterait ces médecins à changer d’avis serait « l’arrêt des travaux et l’adoption d’un moratoire ».

Dans leur lettre, ils estiment entre autres que le « problème de la radioactivité liée aux mines d’uranium ne concerne pas seulement la population de Sept-Îles », mais bien la province au complet, considérant la multitude de projets en cours. « Toutes les recherches fondamentales sont claires et unanimes pour démontrer les conséquences néfastes pour la santé humaine à long terme de la radiation » estiment-ils.

De plus, ils déplorent l’effet que pourrait éventuellement avoir cet exode massif « sur la population et sur les effectifs médicaux restants », mais considèrent qu’il serait contraire à leur code de déontologie « de ne pas en avertir les autorités compétentes ».

Rue Frontenac rapporte vendredi avoir rejoint Lorraine Richard, députée péquiste de Duplessis, qui estime que ces éventuels départs en bloc représenteraient une catastrophe pour la municipalité.

Lorraine Richard a d’ailleurs questionné le gouvernement libéral sur la question lors de la dernière journée d’activité à l’Assemblée nationale ce matin. Le ministre Yves Bolduc a notamment soutenu que pour le moment, le projet n’en est qu’à l’étape de la prospection. Il a aussi ajouté qu’il n’y a pas, pour le moment, d’activités néfastes pour la santé publique sur le site.

Par ailleurs, le ministre délégué aux Mines Serge Simard a indiqué vendredi matin à l’Assemblée nationale qu’il n’y aura pas d’exploitation de mine d’uranium à Sept-Îles si la population s’y oppose et si les conditions ne sont pas remplies.

(source : Rue Frontenac, Le Nord-Est, La Presse-CANADA)

vendredi 4 décembre 2009

Le Mali touché par la "menace globale" d'Al-Qaida



Les espaces du Sahara et du Sahel sont considérés désormais comme des zones dangereuses.
Afrique /Le Monde.fr
Le Mali touché par la "menace globale" d'Al-Qaida
LE MONDE | 03.12.09 | 14h49 • Mis à jour le 03.12.09
Bamako Envoyé spécial

Les immenses espaces du Sahara et du Sahel sont l'une des nouvelles zones dangereuses du monde. Islamistes et trafiquants en tous genres - drogue, armes, émigrés - s'y croisent et prospèrent en se protégeant mutuellement. L'Algérie, la Mauritanie, le Niger et le Tchad ont été le théâtre d'enlèvements d'Occidentaux. Cette réalité s'étend désormais au Mali.

Les enlèvements d'Occidentaux par AQMI se multiplient 2003
32 touristes européens sont enlevés dans le sud de l'Algérie puis libérés au Mali.

2006
Une vingtaine de touristes, pour la plupart italiens, est enlevée près de la frontière du Tchad.

2007
Quatre Français sont assassinés en Mauritanie.

2008
Enlèvement de deux Autrichiens en Tunisie, puis de deux diplomates canadiens au Niger.

Janvier 2009
Quatre Européens, dont un Britannique qui sera tué, sont pris à la frontière Mali-Niger.

Novembre
Trois humanitaires espagnols enlevés en Mauritanie.


Le Français enlevé au Mali serait aux mains d'islamistes
Plusieurs événements dans ce pays très vaste (un peu plus de deux fois la France) et pauvre, mais tranquille et accueillant, conduisent un haut responsable malien à évoquer une "menace globale" dans les régions du nord. Inquiètes, les autorités françaises évacuent les rares ressortissants présents dans ces zones désertiques et renforcent les mesures de sécurité, y compris à Bamako.

C'est pourtant loin de là, à 1 500 km au nord-est de la capitale, dans la localité de Ménaka, que la quiétude française a été brutalement rompue, dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 novembre. Pierre Camatte, 61 ans, un retraité français qui se consacre à l'aide au développement du Nord-Mali, a été kidnappé dans le petit hôtel dont il assurait la gestion et où il avait élu domicile depuis des mois. Les ravisseurs se sont présentés à lui comme des clients.

Ils ont agi peu après la coupure d'électricité qui, chaque nuit, permet de réduire la consommation du groupe électrogène. Mais ce ne sont probablement que des exécutants. Dans la région, ce type de "contrat" met en jeu des intermédiaires. Selon plusieurs sources, la nature du commanditaire ne fait guerre de doute : Pierre Camatte est entre les mains d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et détenu à très grande distance du lieu de son enlèvement.

L'enquête, menée par des services maliens mais aussi français, est entourée d'une compréhensible discrétion. Certes, les activités de M. Camatte incluaient le contrôle de l'utilisation locale des fonds de son association de solidarité entre la ville de Gérardmer (Vosges) et le village de Tidarmene, ce qui peut lui avoir valu des inimitiés. Mais, selon la même source, les mécanismes de l'enlèvement, qui n'a pas été revendiqué, sont liés non pas à ses activités, mais d'abord à sa nationalité. Récemment, d'autres Européens ont été enlevés dans la région, mais jamais des Français au Mali.

"Le pacte tacite par lequel AQMI épargnait le Mali a été rompu", analyse un diplomate occidental. A Ménaka, un autre pas a été franchi. La menace récurrente d'AQMI contre les Français a été mise à exécution.

Le profil de la cible semble avoir été choisi pour frapper les esprits. Beaucoup de Français sont engagés dans des actions de solidarité avec le Mali. "Nous sommes nombreux à nous reconnaître en Pierre Camatte, témoigne l'un d'eux. Comme lui, nous avons le sentiment de faire du bien et de n'avoir ici que des amis."

Une autre affaire agite le Mali. Au début du mois de novembre, un antique Boeing 727 bourré de cocaïne a atterri clandestinement dans une zone déserte, sans couverture radar, à 160 km au nord de la ville de Gao (nord-est).

Les trafiquants se sont volatilisés avec leur cargaison - potentiellement 10 tonnes - après avoir détruit par le feu l'appareil dont la valeur était négligeable au regard de son contenu. Selon une autre version, ils se seraient crashés au décollage. Des enquêteurs libyens sont arrivés parmi les premiers sur les lieux, indique une source. Ils ont été rejoints par beaucoup d'Occidentaux. "De sérieux indices d'identification ont été retrouvés", assure une autre. L'avion aurait appartenu dans le passé à la Libye et aurait décollé du Venezuela.

Le Mali a cherché à minimiser, voire à étouffer ces affaires. Le président Amadou Toumani Touré (surnommé "ATT") a attendu trois semaines pour rompre le silence sur l'"avion de la drogue" et annoncer l'ouverture d'une enquête pour "atteinte à la sécurité extérieure de l'Etat". Après l'enlèvement de Pierre Camatte, un communiqué officiel a été rapidement publié "condamnant" le rapt "avec la dernière vigueur" mais le qualifiant de simple "acte crapuleux".

Pareille prudence semble répondre au souci de préserver l'image d'un pays en paix et de sauver la saison touristique. Mais elle pourrait aussi s'expliquer par des raisons plus politiques et moins avouables. L'audace des trafiquants de drogue et le succès de leur opération ont fait naître des soupçons de complicité dans l'administration et l'armée. Dans toute la région, "les appareils étatiques sont plus ou moins infiltrés", confirme Boubai Maïga, ancien ministre malien de la défense.

L'incorporation dans l'armée nationale de Touareg, en rébellion contre Bamako, au terme d'un accord de paix, fait aussi courir un soupçon de connivence militaire avec les trafiquants(SIC!!!). Des Occidentaux reprochent aussi au Mali de ne pas mener une lutte assez vigoureuse contre les islamistes, en dépit de l'aide logistique fournie par les Etats-Unis et la France. M. Maïga reconnaît une "grande prudence dans la riposte". Il la justifie par le souci d'éviter que le Mali ne devienne un terrain d'affrontements entre Occidentaux et islamistes. "En luttant contre la sanctuarisation du pays, on risque de le transformer en cible. Le Mali ne veut être ni un sanctuaire ni une cible, explique-t-il. Nous refusons que la lutte contre le terrorisme se transpose chez nous. Le Mali ne veut pas devenir un nouvel Afghanistan."

Mais une chose est certaine. La zone sahélo-saharienne qui, d'est en ouest, court de la mer Rouge à l'Atlantique, n'est plus seulement, comme depuis des siècles, un désert livré à des trafics frontaliers. Carrefour des routes en provenance et vers le Moyen-Orient, l'Europe et l'Amérique latine, cette immense bande désertique est désormais à la fois une plaque tournante de transactions mondialisées et un lieu-clé de la compétition planétaire pour la maîtrise des approvisionnements en énergie dont les pays riverains sont producteurs. Elle constitue un "corridor pétrole-gaz-uranium" hautement stratégique dans une zone faiblement contrôlée par les Etats. Autant dire une potentielle poudrière.

Philippe Bernard
Article paru dans l'édition du 04.12.09

Dadis Camara évacué vers le Maroc


Guinée politique

Le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte militaire au pouvoir en Guinée a été évacué ce vendredi au Maroc, au lendemain d'une tentative de meurtre à Conakry par son aide de camp Aboubakar Sidiki Diakité. L’information a été confirmée en début d’après-midi de ce vendredi à Conakry par un ministre militaire. Mais on ignore où se trouve l’agresseur du président guinéen.

Le capitaine Moussa Dadis Camara se trouvait en début de l’après-midi à bord d'un avion burkinabé qui le transportait vers le Maroc. Cela a été confirmé par le ministre secrétaire général à la Présidence, le commandant Kélétigui Faro. On ne connait toujours pas la gravité et la nature de la blessure du chef de la junte guinéene. Des informations indiquent qu'il aurait reçu une balle au cou et à la tête. En tous cas, si Dadis Camara est finalement évacué au Maroc on peut en déduire qu'il est sans doute grièvement blessé.

Dans la capitale, Conakry, beaucoup d'habitants sont restés chez eux ce vendredi matin et n'ont pas envoyé les enfants à l'école. L'activité et la circulation étaient réduites. Des gendarmes et militaires ont été déployés aux entrées et sorties de la ville et des patrouilles quadrillent la capitale. L'aide de camp de Dadis Camara le lieutenant Aboubakar Sidiki Diakité, dit Toumba, qui est accusé d'avoir tiré jeudi soir sur le chef de la junte, serait retranché avec ses hommes dans un quartier de Conakry.

04/12/2009 - Guinée
Tentative de meurtre du chef de la junte Dadis Camara
On ne sait pas encore précisément les raisons de cette tentative d'assassinat. Plusieurs versions circulent : est-ce lié à des affaires de trafic de drogue ou bien à l'enquête internationale sur la répression du 28 septembre dernier? Camara aurait peut-être cherché à accuser Toumba, pour s'affranchir de toute responsabilité dans le massacre de ce jour-là qui a coûté la vie à au moins 150 civils.

Source: RFI

Déclaration de presse du Cadre Indépendant de la Société Civile (CISC) relative à la situation sociopolitique au Niger



Politique Niger
Jeudi, 03 Décembre 2009 19:30
Réuni ce jour, jeudi 3 décembre 2009, en session ordinaire à l’effet d’examiner la situation sociopolitique au Niger, le Cadre Indépendant de la Société Civile (CISC) fait la déclaration suivante : Le 28 mars 2009, à l’occasion de la visite officielle du Président Français, Nicolas Sarkozy, le Président Tandja Mamadou déclarait : « en tant que soldat, je peux m’en aller sans remords, mais à la condition que le peuple ou l’Assemblée Nationale ne me demandent pas de proroger mon mandat de trois ans pour parachever mes grands chantiers ».
Ensuite, le 4 mai 2009, date de la pose de la première pierre du Complexe Industriel d’Imouraren qui a marqué le début du lancement du phénomène Tazartché, le Président de la République déclarait sans surprise : «Comment rester insensible ? C’est ce que demande le peuple !» «La Constitution autorise l’organisation d’un référendum, et c’est au peuple de décider !».
Depuis ces deux dates, la Communauté nationale et internationale mettait en garde contre toute remise en cause du système démocratique nigérien, qui a permis à notre pays de connaître la stabilité et le respect du monde entier. Toutes les forces vives nationales (Partis politiques, Syndicats, Société Civile) et la Communauté Internationale croyaient pourtant aux professions de foi du Président de la République, lorsqu’il affirmait sans cesse que le Niger n’a rien d’autre à vendre que sa démocratie.
Le 8 décembre 2009 arrive la fin de l’échéance fixée aux parties en conflit par la Commission Européenne afin de trouver une solution acceptable et durable à la crise politique nigérienne. C’est pourquoi, le Cadre Indépendant de la Société Civile, rappelle aux différents acteurs, qu’ils ont tous déclaré leur confiance totale à l’ouverture d’un dialogue franc et sincère, toute chose salutaire et bien accueillie par tous les compatriotes.
Le Médiateur désigné par la CEDEAO, son Excellence Abdoul Salami Aboubacar, nous a jusqu’ici montré sa détermination d’aboutir rapidement à une solution consensuelle et durable en tenant compte des décisions déjà prises par la CEDEAO et entérinées par des pays amis et Institutions tels que l’Union Africaine, l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Union Européenne, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), les Etats-Unis d’Amérique, le Canada, la Grande Bretagne et la France qui a publié exceptionnellement jusqu’à 14 déclarations. Faire fi de toutes les prises de positions courageuses des pays amis, Institutions Régionales et Internationales, est un mépris à l’égard de l’opinion nationale et internationale dans un monde où personne ne peut prétendre vivre en autarcie.
C’est pour toutes ces raisons, qu’il faut que nous reconnaissions tous que l’échéance fixée au 8 décembre 2009 ne doit pas être prise à la légère par les parties prenantes à la crise politique nigérienne. L’essentiel est que chacune des parties ne se cramponne pas aux prises de positions sans issues et ne complique outre mesure la tache au Médiateur.
Il faut donc que tout le monde adopte un langage de modération et de respect mutuel. Il n’est pas acceptable qu’une fraction du peuple aussi minime soit-t-elle ne doit pas être ni négligée ni soumise à la contrainte d’un autre groupe sans son consentement.
En effet, tout dialogue ne peut être fructueux que quand l’on s’y engage avec sérénité dans une ambiance de confiance retrouvée. Or, tout le monde sait qu’aujourd’hui, cette confiance ne peut exister entre l’Opposition, le Gouvernement et la Société Civile dans une atmosphère de suspicion généralisée.
Le Médiateur de la CEDEAO sera bientôt à Niamey et il serait honorable pour notre pays que la classe politique et les acteurs de la Société Civile tiennent un langage de sagesse et de responsabilité dans l’intérêt supérieur de la nation.

Pour le Cadre Indépendant de la Société Civile (CISC), les Nigériens de toutes obédiences doivent emprunter la voie de la réconciliation, de l’entente, de la quiétude et de la compréhension réciproque.
Fait à Niamey le 03 décembre 2009

Pour le Cadre Indépendant de la Société Civile
Le Président Khalid Ikhiri

ANDDH, CODDHD, ONDPH, CSTN, CODDAE, ANEPI, TIMIDRIA, ADE, ACTREN, LUSAA, LNDD, RDM TANAFILI
Siège av. de la corniche BP12859 Email anddh@intnet.ne Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. Tél/fax 20732261 Niamey Niger Cél : 96967263, 96968255

Insécurité dans la bande sahélo-saharienne : Quand Paris viole le principe de la liberté de circulation


BrunoSejebdji-L’Indépendant
04/12/2009
Les indépendantistes corses avaient fait planer, pendant longtemps, une insécurité grandissante à Ajaccio, Bastia et dans les contrées environnantes. Cela n’avait poussé aucun Etat dans le monde à décourager le voyage de ses ressortissants vers la France. La mafia sicilienne et son cortège d’assassinats n’ont pu dissuader les touristes du monde entier de visiter les belles plages italiennes. Pour une cigale qui chante aujourd’hui dans Menaka (Mali) ou Tahoua (Niger), Paris s’empresse d’ameuter… l’Europe à s’abstenir de venir dans le Sahel

Le fait est que le gouvernement français n’a jamais apporté son concours pour mobiliser les énergies et les ressources, de par le monde, afin d’appuyer l’initiative du président Amadou Toumani Touré en vue de trouver une solution durable à la question sécuritaire dans la bande sahelo-saharienne. Premier partenaire stratégique du Mali, l’Etat français semble s’accommoder d’un certain laxisme par rapport à l’insécurité dans le Nord-Sahel. Et, puisque la nature a horreur du vide, la Libye du frère Guide Mouammar Khadafi, l’Algérie du président Abdel Aziz Bouteflika ont fini par s’attribuer les premiers rôles dans les efforts de pacification de ces zones plus ou moins prédisposées à un certain nombre d’irrédentismes. Tant au Mali, au Niger, au Tchad qu’ailleurs. Ces efforts de pacification avaient plus que jamais besoin d’être soutenus ; ce ne fut pas le cas.

Au Mali, c’est le moment que certains groupuscules de bandits choisissent pour poser des actes de fragilisation du processus de développement des régions nord. C’est ainsi qu’un ressortissant français, Pierre Camatte, a été récemment enlevé à Menaka, dans la région de Gao. Des efforts sont actuellement en cours pour le retrouver et le libérer des mains de ses ravisseurs. Cela n’a pas empêché les autorités françaises de lancer une campagne médiatique visant à déconseiller tout voyage vers le Sahel aux ressortissants français. "Le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes rappelle que le Sahel dans son ensemble est une zone dangereuse et recommande fortement aux Français résidents ou de passage de respecter les consignes de prudence et de vigilance qui leur sont données, notamment à travers le site " Conseils aux voyageurs " du Ministère ". Ce sont là les termes du fameux avertissement que le président Sarkozy et ses amis donnent à la France " black blanc beurre " ! La France des Alou Diarra, Lassana Diarra, Aly Sissoko, etc, pour ne parler que des Bleus, doit arrêter de venir vers le bercail ! Seulement, François Fillon, Eric Besson et leurs amis oublient qu’en tympanisant par ces communiqués, ils enfreignent les principes sacro- saints de la liberté de circulation des personnes et des biens sur toute l’étendue de la planète. La France, mère-patrie des droits de l’homme et des libertés fondamentales, peut alors se permettre de tuer les efforts de développement du tourisme dans nos pays. Ce qui a mis le ministre N’Diaye Bah de l’Artisanat et du Tourisme dans tous ses états, cette semaine.

Paris a-t-il de si tôt oublié la crise sécuritaire qui l’avait secoué en Corse ? Les vendettas sanglantes avec leurs nombreuses victimes et les assassinats crapuleux à Bastia et dans les environs d’Ajaccio dans les années 2000-2001 avaient-ils émoussé les ardeurs des touristes allemands et belges dans cette zone ? Quel Etat avait en ce moment publié des communiqués déclarant la zone " dangereuse " ? Aucun.

Les derniers enlèvements d’expatriés, tant au Mali qu’en Mauritanie, ont ébranlé et meurtri les autorités en général. Les députés et conseillers nationaux en étaient récemment très émus. Ainsi, appelaient-ils à redoubler de vigilance pour retrouver et punir les coupables. Par contre, le dernier message de l’État français appelant au repli sur Bamako de ses ressortissants résidents ou de passage au Mali, inquiète particulièrement nos élus municipaux, notamment les conseillers nationaux et plus d’un Malien en général.

Cet appel risque de compromettre en partie les rapports de coopération et de collaboration avec des collectivités sœurs jumelles tant françaises qu’européennes, a relevé le mardi dernier, le président du Haut Conseil des Collectivités Territoriales, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara.

Les collectivités maliennes en général et celles du nord en particulier, déplorent, a-t-il assuré, toute action de violence et ne pensent pas que la situation sécuritaire actuelle au Nord-Mali, soit en proportion avec les mesures exceptionnelles préconisées par les autorités françaises. Les ressortissants de nos pays ont souvent été victimes de cette insécurité résiduelle condamnée par nos peuples et nos gouvernements à travers des actes toujours empreints de sagesse et de pondération, a rappelé le président du Haut conseil des collectivités territoriales.

En définitive, on ne peut prêcher que la pondération pour que Paris ne torpille les efforts de développement de nos pays sous prétexte de vouloir protéger ses ressortissants. Des ressortissants à propos desquels le Gouvernement français ne montre aucune gêne à ordonner le rapatriement alors que leur terre d’accueil est en train de brûler.

Bruno D SEGEBDJI

jeudi 3 décembre 2009

Le sang et le business des kidnappings


Le sang et le business des kidnappings
03 Décembre 2009 -
L'Expression DZ.com


Depuis 2003, pas moins de neuf enlèvements ont été inscrits dans les registres des forces de sécurité des pays concernés.

Climat d’insécurité, les kidnappings se multiplient et l’Europe s’inquiète. Le contexte sécuritaire est singulier et la menace terroriste pilotée par ce qu’on appelle Al Qaîda est revenue au-devant de la scène au niveau de la bande du Sahel. Désormais, les enlèvements des ressortissants européens sont devenus un vrai business dans les pays compris dans la bande du Sahel. Une chose est sûre: il faut faire quelque chose. L’Europe vient de réagir. Une importante délégation sera prochainement à Alger pour de plus amples recherches sur les moyens d’instaurer une situation sécuritaire stable. C’est lors d’une conférence organisée par le quotidien Ech Châab, que cette information a été rendue publique par M. Rezzeg Bara, conseiller à la Présidence de la République, à laquelle ce dernier prenait part. La conférence avait pour thème: «Politiques des grandes puissances dans le Sahel africain»
Une conférence qui intervient quelques jours après la visite de William Word, le commandant de l’Africom. Ce déplacement coïncidait justement avec une reconnaissance des grandes puissances quant aux rôles et efforts consentis par l’Algérie dans sa lutte contre le terrorisme et sa volonté d’écarter la menace terroriste de la bande du Sahel. Loin des rivalités franco-américaines, à vouloir chacun de son côté, marquer sa présence dans cette région, la question de l’heure exige une contribution d’intérêt commun devant être véhiculée par l’engagement d’une stratégie en mesure d’éliminer la menace de cette zone de grande influence. D’autant plus que la situation sécuritaire est de plus en plus inquiétante et la présumée branche d’Al Qaîda au Maghreb, qui s’applique à exécuter le plan «B» suite aux appels subversifs du numéro 2 d’Al Qaîda, Ayman Al Zawahiri, ne ratera aucune opportunité pour d’autres opérations de kidnapping. Pour ainsi dire, Al Qaîda a réussi à trouver un consensus de financement, car c’est certainement des rançons qu’elle espère engranger à la suite des derniers enlèvements enregistrés au Mali et en Mauritanie.
Quatre personnes sont actuellement détenues par cette organisation terroriste. Toutes des humanitaires.
Alors qu’un Français sera enlevé au Mali, trois Espagnols dont une femme seront kidnappés en Mauritanie.
Depuis 2003, pas moins de neuf enlèvements ont été inscrits dans les registres des forces de sécurité des pays concernés. Cela avait commencé en Algérie quand Abderrezak El Para enlevait 32 touristes européens au sud du pays. Alors que 15 d’entre eux seront libérés suite à une intervention militaire des forces spéciales de l’armée algérienne, 16 ne seront libérés que grâce à une rançon. L’une des victimes avait décédé d’une mort naturelle.

Un noyau d’Al Qaîda au Mali depuis 2008
En août 2006, c’est au Niger que pas moins de 20 ressortissants étrangers, pour la plupart des Italiens seront kidnappés. On parle aussi d’une rançon. En 2008, deux touristes autrichiens et deux diplomates canadiens connaîtront le même sort en Tunisie et au Niger. En 2009, c’est l’année où l’on a constaté le plus d’enlèvements, particulièrement au Mali et en Mauritanie. Depuis le mois de janvier, cinq enlèvements ont été enregistrés et pour la première fois, un otage est exécuté. Il s’agit du Britannique Edwin Dyer.
Selon la lecture faite par des experts, le Mali abriterait un noyau dur d’Al Qaîda depuis 2008, l’année où le Gspc en Algérie connaîtra une régression notable dans ses activités à cause des difficultés dans l’enrôlement de nouvelles recrues et l’absence d’argent. Dans ce contexte justement, un chercheur à l’Institut français des relations internationales de Paris, Alain Antil, déclare qu’Al Qaîda est en manque d’argent et les otages représentent un vrai business au niveau de cette zone. Un spécialiste d’Al Qaîda et chercheur à l’Institut d’études politiques à Paris, Jean- pierre Filliu, souligne qu’Al Qaîda rencontre de graves problèmes financiers et ces enlèvements permettront à cette organisation de trouver une solution en réclamant des rançons pensant également que c’est là qu’elle devient plus menaçante et dangereuse. Pour l’Algérie, il n’est plus question de céder au diktat des réseaux terroristes. Le Président Bouteflika avait fermement recommandé le mois de septembre dernier devant l’Assemblée générale de l’ONU, l’interdiction absolue du paiement des rançons aux kidnappeurs.
Le Président avait souligné que le phénomène avait atteint des proportions inquiétantes et ce qui encourage les preneurs d’otages, c’est justement le fait de céder à la demande de rançon. Il va sans dire que ce produit, selon toujours le chef de l’Etat, est devenu la principale source de financement des bandes terroristes, notamment dans le Sahel.

La rébellion touarègue n’est plus un problème
Ceci dit, le département d’Etat américain avait annoncé, lors d’un congrès le mois dernier, qu’Al Qaîda n’a pas réussi à atteindre ses objectifs au Sahel, grâce, a-t-on souligné, à la pression exercée par les forces de sécurité algériennes. Les hauts cadres de leur institution avaient d’ailleurs tenu une rencontre le mois d’août dernier à Tamanrasset avec leurs homologues maliens, nigériens et mauritaniens pour dégager une stratégie de lutte commune contre l’hydre terroriste dans la bande du Sahel. Etant donné que la rébellion touarègue ne posait plus problème, l’Algérie avait conçu une coopération entre ces pays pour ramener une sécurité durable dans la région. C’est autour de cette question qu’aura lieu la prochaine rencontre algéro-européenne devant tracer les grands paramètres des moyens qui doivent permettre de lutter contre les réseaux terroristes dans la bande du Sahel et notamment le crime organisé tel que le trafic de drogue. Il s’agit, en somme, de dégager une stratégie pour sécuriser cette zone devenue a priori, un lieu de prédilection des activités criminelles et subversives.

Ikram GHIOUA

Un groupe menace de mort trois otages français au Tchad et en Centrafrique


De GUILLAUME LAVALLEE (AFP) – Il y a 2 jours

KHARTOUM — Un groupe revendiquant les rapts de trois humanitaires français au Tchad et en Centrafrique a menacé lundi de les tuer si la France ne négociait pas directement avec lui, semblant vouloir faire monter les enchères en échange de la libération des otages
.

"Nous voulons négocier directement avec la France, mais la France veut négocier via une tierce partie comme le Tchad. Or nous rejetons cela", a dit Abou Mohamed Rizeigi, un porte-parole des ravisseurs, joint sur son téléphone satellitaire par l'AFP.

"Nous allons donc les tuer parce que la France ne veut pas négocier directement avec nous", a-t-il ajouté sans toutefois fixer d'ultimatum.

Ce groupe peu connu du Darfour, "les Aigles de libération de l'Afrique", revendique le rapt d'un employé français de la Croix-Rouge internationale (CICR), enlevé il y a trois semaines dans l'est du Tchad, à une dizaine de kilomètres du Darfour, une région de l'ouest du Soudan en guerre civile.

Il revendique aussi le rapt de deux humanitaires français de l'ONG Triangle GH kidnappés il y a une semaine à Birao, ville de la Centrafrique jouxtant le Darfour.

Un journaliste de l'AFP a pu entrer en contact jeudi dernier avec l'employé du CICR kidnappé, mais pas avec les deux autres otages.

Ce même groupe avait revendiqué l'enlèvement en avril au Darfour de deux humanitaires -une Canadienne et une Française- de l'ONG Aide médicale internationale. Il avait aussi menacé de les tuer avant de les libérer après 26 jours de détention.

Contacté la semaine dernière par l'AFP, ce groupe avait dit ne pas viser des organisations humanitaires, mais la France à laquelle il reproche "sa politique dans la région".

Soutien à la Cour pénale internationale (CPI) dans son bras de fer contre le président soudanais Omar el-Béchir, accueil d'un important chef rebelle du Darfour à Paris, présence militaire au Tchad voisin: les relations entre le Soudan et la France sont tendues.

Mais plusieurs observateurs estiment que les ravisseurs soufflent sur ces braises pour justifier des enlèvements dont le seul but serait de toucher une rançon.

"Il n'y a jamais eu de revendications politiques claires exprimées par les ravisseurs. Les motivations ont toujours semblé économiques", a indiqué lundi à l'AFP une source humanitaire sous le couvert de l'anonymat.

Ces preneurs d'otages avaient en effet exigé il y a trois semaines le versement d'une somme d'un million d'euros en échange de la libération de Laurent Maurice, l'employé français du CICR enlevé au Tchad.

Vaste région de l'ouest soudanais, le Darfour est le théâtre depuis 2003 d'une guerre civile complexe à l'origine de 300.000 morts selon les estimations de l'ONU - 10.000 tués d'après Khartoum - et 2,7 millions de déplacés.

Aucun enlèvement d'humanitaires étrangers n'avait eu lieu au Darfour jusqu'à l'émission en mars d'un mandat d'arrêt de la CPI contre le général Béchir accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.

Or depuis le mandat de la CPI, quatre prises d'otages ont ciblé des humanitaires étrangers au Darfour et une des employés civils de la mission de paix ONU-Union africaine (Minuad).

Deux employés de la Minuad, enlevés en août, et un franco-britannique employé du CICR, Gauthier Lefèvre, kidnappé fin octobre, sont toujours aux mains de différents groupes de ravisseurs.

Les prises d'otages ont modifié les modes opératoires des ONG qui ont réduit leurs déplacements dans les zones reculées et le temps passé par leur personnel international sur le terrain.

Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus

L'UE accorde un sursis d'une semaine au Niger sur le dialogue


02-12-09


NIAMEY, 1er décembre (Reuters) - L'Union européenne a accordé une semaine de répit au Niger pour que ses dirigeants ouvrent un dialogue politique avec l'opposition après la décision controversée du président Mamadou Tandja d'amender la Constitution afin de perpétuer son pouvoir, a-t-on appris mardi de sources politiques à Niamey.

Début novembre, les Vingt-Sept avaient gelé leur aide au développement à cet Etat sahélien riche en uranium mais déshérité pour protester contre une "grave violation" de l'ordre constitutionnnel.

Dans le même temps, l'UE donnait un mois à Niamey pour dépêcher un émissaire à Bruxelles pour s'entretenir des craintes nourries par les organisations syndicales nigériennes et lancait un appel pour "un retour à l'ordre constitutionnel dans les plus brefs délais".

"Le gouvernement a demandé un délai, que l'UE a accepté (...) Les Vingt-Sept ont accordé cinq jours (supplémentaires) ", a expliqué Morou Amadou, porte-parole de l'opposition et militant des droits de l'homme.

D'après ces sources, un émissaire du pouvoir se rendra à Bruxelles d'ici le 8 décembre.

Les Européens auraient accepté ce délai en raison de leur volonté d'agir de concert avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), qui a aussi ouvert un dialogue avec le pouvori en place à Niamey, ajoute-t-on.

Areva au Niger: Greenpeace pointe des risques de contamination radioactive


02-12-09
Areva au Niger: Greenpeace pointe des risques de contamination radioactive
RFI

Greenpeace vient de publier un rapport sur les mines d’uranium du nord du Niger. Une équipe de cette organisation s’est rendue du 1er au 9 novembre 2009 dans ces mines exploitées par le groupe français Areva. Le rapport de Greenpeace évoque d’importants risques de contamination radioactive pour les populations locales.

L'association de défense de l'environnement Greenpeace relève des niveaux élevés de radiation dans les rues d’Akokan à l’ouest d’Arlit. « Les enfants qui jouent dans ces rues, explique le rapport, sont exposés à des risques inacceptables des rayonnements radioactifs.» A certains endroits de cette cité minière du Niger, la dose de radiation au niveau du sol est 500 fois plus élevée que le niveau naturel constate Greenpeace. « Même les passants peuvent être exposés gravement » note le mouvement écologiste.

Ces rayonnements proviendraient des roches radioactives utilisées pour remblayer les routes. Greenpeace, qui recommande « une action immédiate pour protéger la population», affirme n’avoir pas pu se déplacer librement autour de la zone des mines en raison des restrictions imposées par les autorités locales.

Joint par RFI, Areva s’est dit « surpris par le résultat de ce rapport ». Le groupe soutient que «les emplacements identifiés comme radioactifs ne comportent pas un risque de problème de santé majeur.» Areva rappelle qu'un plan de décontamination est en route depuis 2007 sous le contrôle des autorités administratives.

Niger / Uranium -


Article publié le : mercredi 02 décembre 2009

Editorial du "Républicain" : La grande gêne


Adam Thiam- Le Républicain, 03/12/2009
Mali
jeudi 3 décembre 2009
En décodant les propos du Président de la République, et en écoutant les sources proches de l’enquête sur l’avion de Tarkint, on perçoit une grande gêne. Tout Malien doit partager cette gêne. Car elle part d’un souci de discrétion, trahie par la suite, mais une erreur tout de même de notre part en tant qu’Etat et qui devrait désormais nous édifier pour l’avenir.

Car notre pays a suffisamment de défis pour s’ajouter la mauvaise publicité résultant d’affaires aussi sensibles que le narcotrafic et les enlèvements d’otages. Là-dessus, ne nous faisons aucune illusion : même si la drogue ne fait que quelques heureux ici, en enrichissant une filière qui est en vérité internationale, c’est nous qui récolterons les pots cassés parce que nous sommes vulnérables de nos méthodes et de nos moyens. Et même si à l’exception de celui récent du Français à Ménaka les enlèvements se passent sur d’autres territoires, c’est chez nous qu’ils connaissent jusque-là leurs dénouements. Dans une sorte de happy end à la trame toujours mystérieuse. Ou dans le sang, quoiqu’exceptionnellement comme pour le Britannique Dwyer.

Indiscutablement, le pouvoir malien a un problème à s’approprier la communication de crise. On l’a remarqué avec les émeutes de Kita. On l’a remarqué avec les différents épisodes des conflits au Nord. On le remarque maintenant avec l’affaire de l’avion de Tarkint dont la presse dit qu’il a appartenu à la Libye alors que le gouvernement, selon nos enquêtes, n’a reçu aucune notification officielle sur ce sujet ! Mais espérons qu’il n’en sera pas de même pour les dépêches de ces dernières heures disant que les otages espagnols capturés en Mauritanie ont fini leurs courses au Nord-Mali.

Nous n’avons rien à cacher en tant que nation. Car l’initiative de la rencontre Sahélo-saharienne, seul cadre viable de la réponse au défi sécuritaire de cet espace, est une initiative du Mali. Or, elle est sans cesse ajournée par des angines diplomatiques à répétition. Tous nos voisins le savent pourtant : aucune de ces menaces comme l’a dit ATT n’est née au Mali. Cela ne saurait être un passeport pour l’inaction, certes. Mais il faut savoir que des Maliens ont déjà payé de leur sang le combat contre le salafisme.

Que notre pays aux ressources déjà limitées est obligé de se passer de plus d’écoles et de centres de santé pour équiper une armée qui ne pourrait que limiter les dégâts. Car ce n’est pas que l’espace sahélo-saharien n’est pas une bande. Mais une immensité de terres, de complicités, et de besoins. Or quand le GPS et le téléphone Thuraya unissent leurs adversaires, nos Etats continuent à s’étriper pour des broutilles.

Adam Thiam