jeudi 12 mars 2009

Niger : examen d’un nouveau Code de la presse sans peine de prison


Le Matin.ch / AFP 11-03-09


jeudi 12 mars 2009

Le parlement nigérien a indiqué mercredi qu’il allait examiner un nouveau Code de la presse supprimant les peines de prison pour les journalistes accusés de délits de presse et proposant à la place des amendes. AFP - le 11 mars 2009, 20h40

Selon un communiqué de son secrétariat général, l’assemblée nationale doit examiner et normalement adopter ce texte au cours de sa session ordinaire d’une durée de trois mois qui a débuté ses travaux le 4 mars.

S’il supprime les peines d’emprisonnement, le texte propose cependant de "lourdes amendes" pouvant conduire à la mort des journaux, a relevé Omar Keïta de l’Union des journalistes privés du Niger (UJPN).

Le projet de Code prévoit des amendes allant de 10.000 à 5 millions de FCFA (15 à 7.600 euros) pour les organes de presse coupables de délits de diffamation, d’injure, de diffusion de fausse information, ou ayant refusé de diffuser des droits de réponse, selon M. Keïta qui s’est exprimé dans les médias du pays.

Les délits "d ?offense" au chef de l’Etat, au président du parlement et au Premier ministre notamment, sont passibles d’amendes de 500.000 à 5 millions de FCFA.

Le texte élargit aussi le champ des responsabilités en désignant comme "auteurs principaux" de délits, les directeurs des journaux, des radios ou des télévisions, leurs adjoints et leurs rédacteurs en chef.

Les auteurs des articles incriminés, les éditeurs ou imprimeurs seront eux considérés comme des "complices".

Boubacar Diallo, président de l’Association des éditeurs de la presse indépendante (Anepi) a regretté le "retour pernicieux" du délit d’offense au chef d’Etat, aux ministres et aux diplomates.

Rappelant que ce type de délit avait été supprimé dans une précédente loi en 1997, il a estimé que son retour marquait "un grand bond en arrière".

Depuis une décennie, les journalistes nigériens dénoncent les tentatives de "muselage" par les autorités du pays alors que responsables de parutions et journalistes sont régulièrement présentés devant la justice.

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