vendredi 8 juin 2012

Femmes de l’ombre : Tin-Hinan, reine des Touaregs


08 juin 2012


Femmes de l’ombre : Tin-Hinan, reine des Touaregs


En 1925, à Abalessa, ancienne capitale du Hoggar, des archéologues ont découvert un caveau où se trouvait un squelette de femme bien conservé, ainsi qu’un mobilier funéraire, des bijoux en or et en argent et des pièces de monnaie à l’effigie de l’empereur romain Constantin. Ils définirent cette tombe, datée du IVe ou du Ve siècle, comme étant celle de Tin-Hinan, l’ancêtre des Touaregs. La découverte a fait rêver bien des chercheurs et des écrivains. Nous essayerons, sur leurs traces, d’évoquer cette figure de femme que les Touaregs nomment « Notre mère à tous ».


Tin-Hinan, cette femme énigmatique, dont l’existence nous a été révélée par la tradition orale et dont le nom voudrait dire « celle qui vient de loin » ou « celle qui se déplace », aurait été la mère fondatrice du peuple touareg. A travers les récits et les chants véhiculés par ses descendants, les hommes du désert, on peut retrouver son image : « Une femme irrésistiblement belle, grande, au visage sans défaut, au teint clair, aux yeux immenses et ardents, au nez fin, l’ensemble évoquant à la fois la beauté et l’autorité ».
Lorsqu’elle est arrivée dans le Hoggar, « elle venait de loin », indique son nom. Les chercheurs ont localisé cette origine chez les Bérâbers (Berbères) du Tafilalet, une contrée présaharienne du sud marocain qui devait être plus verdoyante qu’aujourd’hui.


Pourquoi quitta-t-elle ces lieux ? Personne ne peut le dire. Alors rêvons un peu et regardons la situation de la région au cours de ces années lointaines. Au IVe siècle, le nord de l’Afrique, et en particulier la Numidie, est dominé par la puissance romaine qui a adopté la religion chrétienne à laquelle s’est converti l’empereur Constantin. Cette Numidie, dont le nom pourrait venir de nomade, est alors le théâtre de révoltes contre le pouvoir romain. Diverses tribus circulent entre la côte méditerranéenne et les régions plus au sud, colportant non seulement des produits divers mais aussi des informations. Quelques membres de la tribu marocaine des Bérâbers, avec Tin-Hinan, ont-ils quitté la région pour des raisons de conviction ou de politique ? Première hypothèse.
Autre hypothèse : un conflit personnel au sein de la famille ou de la tribu qui aurait incité Tin-Hinan à fuir loin de son milieu d’origine. Une femme intelligente, une femme d’autorité qui prend la décision de partir... pourquoi pas ?






Deux femmes dans le désert



Ce que l’on sait, grâce à la tradition orale rapportée par le Père de Foucault qui l’a recueillie dans le Hoggar, c’est qu’elle ne fut pas seule à faire le trajet mais qu’elle se rendit dans ce haut massif du Sahara algérien en compagnie d’une servante nommée Takamat. Ces deux femmes étaient-elle accompagnées d’hommes pour ce voyage aventureux ? Rien ne le dit mais c’est vraisemblable. Traverser le Sahara était une aventure périlleuse, même si ce désert brûlant, dont le nom en arabe signifie le Fauve, connaissait un climat moins aride qu’aujourd’hui. Les vallées, les plaines, les squelettes de rivières, témoignent qu’une réelle végétation existait autrefois, tandis que les peintures rupestres indiquent que des chevaux y circulaient et que les chasseurs y trouvaient du gibier.


Imaginons ces deux femmes effectuant leur trajet à travers le désert. Sans doute ont-elles une monture : dromadaire, cheval, âne ( ?) qui leur permet d’éviter de trop grandes fatigues et quelques bêtes comme des moutons et des chèvres qui leur offrent le lait et la nourriture dont elles ont besoin. Comment auraient-elles pu survivre sinon ? On sait que le chameau a fait son apparition en Afrique au IIe siècle, venant de Libye, et que sa résistance permettant de longues marches a transformé la vie des nomades. Dans le Tafilalet et notamment à Sijilmasa, grand lieu de rencontres commerciales, les caravanes chamelières faisaient halte. Bien que les Touaregs disent n’avoir connu le chameau qu’après leur arrivée dans le Hoggar, il est possible que pour ce voyage, Tin-Hinan ait utilisé un de ces vaisseaux du désert dont le pas lent et sûr inspire confiance et qui reste encore de nos jours pour les Touaregs, leur moyen de transport favori, leur monnaie d’échange, l’insigne de leur richesse.
« J’ai pris ma longe et ma cravache au cuir tanné

et, voulant fuir ce lieu avant la fin du jour, j’ai saisi mon chameau.
Jusqu'à ce que s’apaise le vent d’après l’orage, il avait pâturé en un lieu agréable
où l’herbe d’emshéken était entremêlée de pousses d’ämämmän.
J’ai attaché ma selle ornée d’embouts de cuivre, qu’a fabriqué pour moi un artisan habile, douce pour la monture et pour le méhariste... » (poème touareg).


Tin-Hinan consulte le ciel


On trouve, dans les peintures rupestres du Sahara, la trace d’une « route des chars » très ancienne, dont le trajet permet de trouver des mares, des puisards ou des oueds. La petite cohorte de Tin-Hinan a dû l’emprunter pour se procurer cette denrée rare, l’eau, dont un proverbe dit : aman iman, « l’eau, c’est l’âme ». Les voilà donc suivant ce tracé. Les jours passent, lentement. Parfois, la petite troupe aperçoit quelques nomades, pillards possibles, qu’elle évite soigneusement. Les heures de la journée sont chaudes et les voyageurs du désert qui subissent la brûlure du ciel accueillent la nuit avec soulagement. La pause du soir est bienvenue, surtout si elle se situe près d’un point d’eau et d’un pâturage. Les outres se remplissent et les bêtes se régalent. Il faut faire vite car l’obscurité tombe d’un seul coup. Tin-Hinan connaît les principales étoiles, elle consulte le ciel pour trouver sa future direction. On dresse une tente faite de peaux de chèvres tendues sur des arceaux. Le repas est frugal : une bouillie de farine mélangée au lait que l’on vient de traire.



Un jour, enfin, le sable s’estompe et la roche granitique, surmontée de crêtes et de pitons, apparaît. Il faut contourner les montagnes, se faufiler dans les vallées, trouver les trous qui ont conservé l’eau de pluie, et surtout faire manger les animaux. Région magnifique, mais aride et difficile. Pourtant, c’est là que Tin-Hinan s’installe. L’oasis d’Abessala, près de Tamanrasset, lui offre l’hospitalité de ses eaux et de ses pâturages. Y rencontra-t-elle d’autres habitants ? D’après Henri Lhote, qui a écrit de nombreux ouvrages sur l’Ahaggar (Hoggar), le pays aurait connu une population nombreuse, attestée par les palmeraies de Silet et d’Ennedid et des puits creusés avant l’arrivée de Tin-Hinan. Cette population noire, les Isebeten, ayant presqu’entièrement disparu, Tin-Hinan n’aurait pas eu besoin de se battre pour conquérir ces lieux devenus inhabités.


Que se passa-t-il dans les années qui suivirent cette installation dans le Hoggar ? Qui fut le père des enfants de Tin-Hinan ? Un compagnon venu avec elle du Tafilalet ? Un noble voyageur originaire de Libye ou d’Egypte ? Ou simplement un survivant de ces habitants qui occupaient les lieux précédemment ? Le nom de ce « père » n’est pas resté dans les récits véhiculés par la tradition. Mais, chez les Touaregs, la femme jouit d’un statut privilégié et le matriarcat est de règle, ainsi donc, n’est retenue que la descendance féminine.


« L’antimoine enténèbre ses paupières sombres »


D’après la légende, Tin-Hinan aurait eu trois filles : Tinert, l’antilope, ancêtre des Inemba ; Tahenkot, la gazelle, ancêtre des Kel Rela ; Tamérouelt, la hase, ancêtre des Iboglân.
De son côté Takama, la servante, aurait eu deux filles qui reçurent en cadeau de Tin-Hinan les palmeraies de la région que possèdent toujours leurs descendants.
Les voilà donc installés dans l’oasis d’Abalessa. Les tentes blanches se dressent dans ce paysage dominé par le haut massif de l’Atakor. La beauté des paysages, le silence de la nuit, le vent dans les montagnes n’a pu qu’inspirer ces nouveaux venus dans la région. Le tobol (tambour) et l’amzad (violon monocorde) étaient-ils déjà présents à l’époque de Tin-Hinan ? On peut imaginer que cette femme de caractère avait aussi le goût de la musique et de la poésie, tout comme ses descendants et, qu’autour du feu, les habitants du campement montraient leurs dons en ces matières.
Chantez, choristes, chantez pour les jeunes gens !
l’antimoine enténèbre ses paupières déjà si sombres, elle a rehaussé ses sourcils, elle a orné ses joues de taches claires, pareilles aux Pleïades Gaïsha, la chanteuse, que se passe-t-il ?
Frappe des mains plus ardemment, frappe le tambourin ! (poésie touarègue)
Tin-Hinan est l’amenokal (possesseur du pays), la reine de ce petit peuple en voie de création. Est-elle, comme le raconte une légende, à l’origine d’une ancienne écriture touarègue, le tifinagh, que l’on a trouvée ici et là gravée sur des pierres ? Ces signes, composés de bâtons (des jambes d’animaux ?) et d’ idéogrammes ronds (visages, soleil, astres ?) servirent-ils de repères pour marquer les routes du désert ? Le mystère n’est pas élucidé.


Si l’on en juge par les découvertes faites au début du XXe siècle, les nouveaux arrivants auraient trouvé à Abelassa un fortin témoignant d’une occupation militaire romaine avec un certain nombre de pièces ayant servi de chambres et de magasins. C’est dans une de ces cavités que Tin-Hinan sera plus tard enterrée et que la mission conduite par M. Reygasse, directeur du musée du Bardo à Alger, la découvrira en 1925.


De Tin-Hinan à la troublante Antinéa


D’après sa description, elle reposait sur un lit sculpté et portait des bracelets d’or et d’argent. A proximité des chevilles, du cou et de la ceinture, s’éparpillaient des perles en cornaline, agate et amazonite. Une écuelle de bois portait la trace d’une pièce à l’effigie de l’empereur Constantin. Ces objets ainsi que le mobilier témoignent des relations qui ont pu se nouer entre les habitants de l’oasis et les voyageurs venus de l’Orient. Tin-Hinan a donc été capable, non seulement de faire ce voyage à travers le Sahara mais aussi de créer les conditions de vie dans les lieux et de nouer des relations commerciales nécessaires à l’enrichissement du peuple né de sa descendance.



Les Touaregs de l’Ahaggar ont donc naturellement conservé le souvenir de cette femme remarquable, et leurs récits, recueillis par le père de Foucault qui vécut en ermite à Tamanrasset au début du XXe siècle, inspira le romancier français Pierre Benoît qui, dans L’Atlantide publié en 1920, met en scène un jeune militaire rencontrant Antinea, une femme énigmatique qui règne sur le Hoggar. « Antinéa ! Chaque fois que je l’ai revue, je me suis demandé si je l’avais bien regardée alors, troublé comme je l’étais, tellement, chaque fois, je la trouvais plus belle.... Le klaft égyptien descendait sur ses abondantes boucles bleues à force d’être noires. Les deux pointes de la lourde étoffe dorée atteignaient les frêles hanches. Autour du petit front bombé et têtu, l’uraeus d’or s’enroulait, aux yeux d’émeraude, dardant au-dessus de la tête de la jeune femme sa double langue de rubis. Elle avait une tunique de voile noir glacé d’or, très légère, très ample, resserrée à peine par une écharpe de mousseline blanche, brodée d’iris en perles noires. Tel était le costume d’Antinéa... »


L’imaginaire de Pierre Benoît nous conduit loin de la réalité et, pour retrouver l’ancêtre des Touaregs, il est préférable de lire des ouvrages scientifiques modernes, mais dans ceux-ci la trace de Tin-Hinan est bien mince. Tin-Hinan reste donc une reine de légende qui préfigure la femme moderne, capable de créer la vie et de gérer le bien public. C’est ainsi que les Touaregs nous ont transmis son image. C’est ainsi que nous avons tenté de la faire revivre.


Source : www.rfi.fr - Jacqueline Sorel (avec la collaboration de Simonne Pierron)


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Publié par VSTV

La marche des femmes Azawadis contre les islamistes.avi

ou est la communauté internationale ?


08/06/2012 à 11h:51 Par Jeune Afrique


Des rebelles islamistes d'Ansar Eddine, le 24 avril 2012 près de Tombouctou. © AFP

Des combats armés ont opposé des combattants du MNLA aux islamistes d'Ansar Eddine jeudi 7 juin dans la soirée, près de Kidal, dans le Nord du Mali.

D'après plusieurs sources concordantes, des combattants de la rébellion touarègue du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et membres du groupe islamiste Ansar Eddine se sont affrontés jeudi soir près de la ville de Kidal, dans le Nord du Mali.

« Les combattants du MNLA et ceux d'Ansar Eddine se sont affrontés dans la nuit de jeudi à vendredi dans la périphérie de Kidal », a déclaré un fonctionnaire de la ville, joint par téléphone depuis Bamako. « Le calme est revenu à l'aube », a-t-il ajouté, tout en précisant avoir «constaté que les quelques drapeaux du MNLA qui flottaient dans la ville ont été enlevés ». « Ça a vraiment tiré. Ansar Eddine était au nord de Kidal, un groupe du MNLA au sud », a déclaré un autre civil. Les deux témoins ont dit ne pas avoir d'informations sur d'éventuelles victimes.

Interrogé par téléphone satellitaire dans la nuit, Mohamed Ag Mamoud, combattant d'Ansar Eddine, a expliqué cet affrontement par le fait que « toute cette semaine, le MNLA a manipulé à Kidal des civils qui ont manifesté » contre le mouvement islamiste. « Ils ont encouragé les femmes et les enfants à manifester contre nous. Maintenant, on va leur montrer notre force » , a-t-il lancé.

« Nous sommes attaqués, on va répondre », a de son côté indiqué Moussa Salam, un élément du MNLA, assurant que les rebelles touaregs avaient « même attaqué la maison de Iyad Ag Ghaly », chef d'Ansar Eddine et Touareg natif de Kidal.

"La crise devient tribale"

Mardi et mercredi, des habitants de cette ville, surtout des femmes et des jeunes, avaient manifesté contre la présence des islamistes et apporté leur soutien au MNLA. La manifestation de mardi avait été violemment dispersée.

Les affrontements de la nuit de jeudi à vendredi auraient opposé essentiellement les Touaregs des tribus tagamalète et idnane aux combattants ifora d'Ansar Eddine.

«La division s'installe au sein des groupes armés touaregs. La crise devient tribale. Après avoir combattu ensemble l'armée malienne, surtout dans le nord-est du Mali et en particulier à Gao (autre grande ville régionale, NDLR), les deux groupes s'affrontent désormais sur des bases tribales. C'est très dangereux », a commenté le journaliste malien Tiegoum Boubeye Maïga.

Des discussions sur un projet de fusion entre le MNLA, au départ sécessionniste et laïc, et Ansar Eddine, qui prône la charia dans tout le Mali, ont échoué ces derniers jours sur la question de l'application de la loi islamique.

Jeudi, à Abidjan, des responsables des Nations unies, de l'Union africaine et de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont annoncé que l'Union africaine allait saisir l'ONU pour obtenir son "appui" à une éventuelle intervention militaire dans le nord du Mali.

(Avec AFP)

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Mali : affrontements entre des islamistes et des touaregs dans le Nord | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
Azawad Flash/Violents accrochages entre le MNLA et Ansar Eddine suite aux violences commises par les islamistes à l'encontre des femmes Touarègues qui manifestent depuis plusieurs jours pour la démocratie.Elle est ou la com internationale ?l'union africaine?la CEDEAO?l'Algérie?la Mauritanie?On passe à l'action ou on reste dans le domaine de fanfaronnades?

jeudi 7 juin 2012


COTE D'IVOIRE / MALI - 
Article publié le : jeudi 07 juin 2012 - Dernière modification le : jeudi 07 juin 2012

A Abidjan, l'UA, l'ONU et la Cédéao réfléchissent à une intervention militaire au Mali

L'envoyé spécial de l'ONU Said Djinnit, le ministre ivoirien des Affaires étrangères Daniel Kablan Duncan, le président de la Commission de l'UA Jean Ping et le Commissaire pour la paix et la sécurité de l'UA Ramtane Lamamra, le 7 juin à Abidjan.
L'envoyé spécial de l'ONU Said Djinnit, le ministre ivoirien des Affaires étrangères Daniel Kablan Duncan, le président de la Commission de l'UA Jean Ping et le Commissaire pour la paix et la sécurité de l'UA Ramtane Lamamra, le 7 juin à Abidjan.
AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Par RFI
Une rencontre entre des responsables des Nations unies (ONU), de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) s'est ouverte ce jeudi 7 juin à Abidjan en Côte d’Ivoire pour évoquer la crise malienne. Cette réunion est la suite du sommet de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) qui a eu lieu mercredi au Togo, et lors duquel le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a entériné le principe d’une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU. Saisine qui pourrait intervenir le 13 juin et qui ouvrirait la voie à l'envoi d’une force internationale dans le nord du Mali.

La réunion s’est ouverte en milieu de matinée. Côté Nations unies, on relève la présence d’un représentant pour chaque pays membre du Conseil de sécurité. Cette rencontre est une étape importante : jusqu'ici, la Cédéao avait été quasiment seule dans la recherche d’une solution à la double crise malienne. Avec plus ou moins de bonheur, elle a réussi par exemple à faire échec au coup d’Etat du 22 mars. En revanche, l’organisation régionale semble être en panne face à la partition du Mali dont le nord est aux mains de différents mouvements rebelles. La rencontre de ce jeudi 7 juin à Abidjan est destinée à mettre en place une action internationale bien coordonnée, chapeautée par les Nations unies, mais où l’Union africaine et la Cédéao joueraient chacune leur rôle.
Cette réunion vise donc à mobiliser la communauté internationale afin qu'elle apporte un soutien constant aux institutions de la transition malienne où les velléités de la junte du 22-Mars de contrôler le fonctionnement de la transition restent d’actualité. Le « groupe de soutien et de suivi de la situation au Mali » - c’est ainsi que s’intitule la réunion - veut arriver à terme à au moins deux choses : faire respecter l’intégrité territoriale du Mali et mener une lutte efficace contre les réseaux terroristes dans le nord du pays.
Dès lors, une intervention militaire est-elle incontournable ? Selon Kadré Désiré Ouédraogo, président de la Commission de la Cédéao, « les chefs d'Etat vont demander au Conseil de sécurité de l'ONU l'adoption d'une résolution permettant l'usage de la force en cas de besoin. »

Kadré Désiré Ouédraogo
Président de la Commission de la Cédéao
La Cédéao n'exclut aucun moyen pour arriver à ses fins...
 
07/06/2012 par Stanislas Ndayishimiye

Mais peut-on imaginer un calendrier vite mis sur pied pour préparer une possible intervention militaire dans le nord du Mali ? Peut-être pas aujourd’hui, mais tous les participants à la réunion sont conscients de l’urgence. Le temps presse et chaque jour qui passe représente une menace d’enlisement, selon Kadré Désiré Ouédraogo.
Le représentant du président en exercice de l’Union africaine a de son côté dit par exemple que « la voie militaire paraît de plus en plus incontournable, mais que nul ne peut prendre cette décision de manière unilatérale ».
Seulement une intervention nécessite des ressources significatives. La Cédéao est prête à fournir les hommes et va donc incessamment, par le biais de l’Union africaine, introduire une demande au Conseil de sécurité de l’ONU pour le vote d’une résolution autorisant cette intervention militaire au Mali. Mais étant donné le poids de cette décision, il faudra attendre plusieurs semaines avant le déploiement du moindre contingent.
Depuis quelques jours, l'actualité dans le nord du Mali est dominée par la prise de distance des rebelles du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) avec Ansar Dine. Le mouvement indépendantiste touareg, après avoir signé un accord avec le groupe islamiste, l'a suspendu.
Ce recul du MNLA face au groupe Ansar Dine est-il susceptible de modifier le processus de médiation dans la crise au nord du Mali ? Djibril Bassolé est le ministre burkinabé des Affaires étrangères, pays chargé par la Cédéao d’une médiation au Mali. Il participait hier au sommet de Lomé au Togo. Pour lui, les « revendications radicales » que sont l'indépendance du nord du Mali ou l'imposition de la charia, doivent être de toute façon  abandonnées.

Djibril Bassolé
Ministre burkinabé des Affaires étrangères
Ce que nous souhaitons, c'est que le MNLA et Ansar Dine, ensemble, se détachent du terrorisme...
 
07/06/2012 par Muriel Pomponne
TAGS: CÉDÉAO - CÔTE D'IVOIRE - MALI - ONU - TOGO - UNION AFRICAINE
FICHE PAYS :

Déclaration des Femmes Touarègues Réfugiées à Ouagadougou :



Déclaration des Femmes Touarègues Réfugiées à Ouagadougou :


- Considérant la situation qui prévaut dans l’Azawad
- Considérant le rôle prépondérant de la femme dans la société touarègue (rôle de mère d’éducatrice, de socle de la société, gardienne de la culture)
- Considérant que la société touarègue est a 100% musulmane depuis l’avènement de l’Islam en Afrique
- Considérant que l’islam est une religion de tolérance, de paix et d’amour
- Considérant la participation effective de la femme Touarègue dans la vie sociale : tâches quotidiennes du foyer, conduite des animaux aux pâturages, recherche de l’eau et du bois, commerce et autres
- Considérant le nombre élevé de femmes, chefs de famille
- Considérant notre amour particulier pour la patrie, notre culture et notre histoire
Nous, femmes de l’Azawad, réfugiées au Burkina Faso,
- Rejetons toutes fusions, association du MNLA avec ançar dine et les autres groupes intégristes
- Rejetons la menace intégriste sur notre vie de tous les jours, une menace pour notre culture de tolérance et d’ouverture
- Rejetons toutes interventions militaires étrangères (CEDEAO, UA) de quelque nature qu’elle soit dans l’Azawad
- Préconisons le dialogue entre les fils du même pays dans le cadre d’un règlement de conflit afin que cesse le cycle de violence et d’exil
- Exigeons l’implication des femmes à tous les stades de concertations et de négociations
- Exigeons la libération de toutes les femmes détenues dans l’Azawad
- Lançons un cri de cœur pour la libération de Rossella Hury
- Félicitons toutes les bonnes volontés morales et physiques qui ont aidé les réfugiés du Burkina, du Niger, de la Mauritanie et de l’Algérie pour l’accueil desdites populations
- Remercions les gouvernements des pays voisins de l’Azawad pour l’attention particulière qu’ils ont apportée aux réfugiés.
- Demandons l’implication effective de la Coordination Humanitaire des Nations Unies (OCHA), pour une analyse réelle de la question Touarègue aux organes compétents du Système de Nations Unies (SNU)
- Lançons un appel aux Organisations internationales pour l’ouverture d’un corridor humanitaire pour les femmes et les enfants des populations déplacées à l’intérieur de l’Azawad, abandonnées à elles-mêmes
Le 07 Juin 20012



La présidente des femmes réfugiées à Ouagadougou
Fadimata Walet Ouma

La marche des femmes Azawadis contre les islamistes.avi



Published on Jun 7, 2012 by 
Des femmes enfants jeunes et vieux de l'Azawad se sont manifestés contre les islamistes d'ansar adine et alliés; contre l'acte produit par les islamistes a kidal et crient la liberté et la democratie et demandent une reconnaissance internationale








DERNIÈRE MODIFICATION : 07/06/2012 

AL-QAÏDA AU MAGHREB ISLAMIQUE - MAHAMADOU ISSOUFOU - MALI - NIGER


Le président du Niger prêt à intervenir militairement au Mali "en dernier recours"

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, se dit préoccupé par la situation au Mali, victime selon lui d’une "agression terroriste extérieure". Il se dit prêt à une intervention militaire après vote d'une résolution à l'ONU.

Par FRANCE 24  (texte)
 
Le Mali est victime d’une "agression terroriste extérieure", laquelle "peut se propager au Niger et à toute l’Afrique de l’Ouest", s’inquiète le président du Niger, Mahamadou Issoufou, lors d’un entretien qu’il a accordé à FRANCE 24. Le chef de l’Etat nigérien est attendu à Paris le 11 juin pour une visite au cours de laquelle il rencontrera le président français François Hollande.
"La situation au Mali est préoccupante, en ce qu’elle remet en cause l’ordre démocratique et, plus grave encore, l’intégrité territoriale du Mali", explique Mahamadou Issoufou. À ses yeux, "les jihadistes et les narcotrafiquants contrôlent la situation au Mali", pays séparé en deux depuis que les rebelles touareg du MNLA et les islamistes d’Ansar Dine ont proclamé l’indépendance de l’Azawad le 6 avril dernier.
Mahamadou Issoufou relate l’existence d’une nébuleuse d’organisations terroristes qui entretiennent des liens entre elles, citant les Shebab en Somalie, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) en Algérie et Boko Haram au Nigeria. "Tous ceux-là coopèrent", conclut-il. Mahamadou Issoufou craint l’émergence d’un "Africanistan", soupçon étayé par "des informations précises sur la présence d’Afghans et de Pakistanais dans le nord du Mali, ainsi que l’implantation de camps d’entraînement de Boko Haram à Gao".
Français retenus aux confins du Niger et du Mali
Considérant que la mainmise des jihadistes sur le nord du Mali est un "vrai danger" qui menace non seulement l’Afrique de l’Ouest mais également l’Europe, le président nigérien se dit prêt à intervenir militairement au Mali, une option qu’il envisage "en dernier recours", après "échec des négociations en cours". Le rétablissement de l’intégrité territoriale au Mali est une "cause noble", selon le chef de l’Etat, qui appelle de ses vœux le vote d’une résolution aux Nations unies pour autoriser le recours à la force armée.
Alors qu’une mission de l'Union européenne pour aider le Niger à mieux lutter contre le terrorisme et le crime organisé sera lancée à la fin juillet, Mahamadou Issoufou se réjouit d’avoir su, "pour l’instant", "protéger le territoire et assurer la sécurité des Nigériens". Toutefois, il n’a pas souhaité apporté des précisions concernant les quatre ressortissants français salariés d'Areva actuellement détenus aux confins du Mali et du Niger par Aqmi. Les otages sont "vivants et en bonne santé", assure-t-il, affirmant que le gouvernement de Niamey "suit de très près" ce dossier.



Niger: une mission civile européenne pour renforcer la lutte contre le terrorisme
JEUDI, 07 JUIN 2012 13:27 VUES: 500

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LE PREMIER MINISTRE NIGÉRIEN BRIGI RAFINI ET LE PRÉSIDENT DE LA COMMISSION EUROPÉENNE JOSÉ MANUEL BARROSO, LE 6 JUIN 2012 À BRUXELLES.





Le Niger se trouve en première ligne, face aux répercussions de la crise traversée par le Mali. Lors d'une visite du Premier ministre nigérien Brigi Rafini à Bruxelles, la Commission européenne a annoncé le 6 juin le lancement d’une mission pour aider ce pays à lutter contre le terrorisme et le crime organisé.

José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a annoncé le 6 juin l'envoi d'une mission civile au Niger pour assister et former la police, la gendarmerie et la garde nationale. Cette mission, dont il était question depuis plus de deux ans, suite aux enlèvements de plusieurs employés d'ONG en territoire nigérien par le groupuscule terroriste al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), sera finalement déployée en juillet.

« Nous ne souhaitons pas voir se développer l’insécurité et les risques de violence terroriste qui menacent l’Afrique, a déclaré José Manuel Barroso. Ainsi, nous préparons à l’heure actuelle, et à l’invitation du Niger, le déploiement d’une mission civile d’appui aux forces de sécurité intérieure et à l’Etat de droit. Cette mission devrait démarrer ses activités le mois prochain ».

Cet appui sera donné par 50 policiers venus de toute l’Europe, qui seront basés dans un premier temps à Niamey, la capitale. Au-delà de son mandat initial de deux ans, cette mission pourrait bien être étendue dans le temps au Niger, et dans l'espace à d’autres pays du Sahel. Car la sécurité de toute la région se trouve menacée par la sécession du nord du Mali.

« Nous avons tenu à attirer fortement l’attention de nos amis sur les dangers qui guettent la stabilité des pays sahélo-sahariens, de toute la région et du monde entier », a affirmé le Premier ministre nigérien Brigi Rafini, un membre de la communauté touarègue du Niger, qui désapprouve la rébellion du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) au Mali voisin.

Rfi

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Mali : Iyad Ag Ghali, la charia à tout prix

JEUNE AFRIQUE
jeudi 7 juin 2012
Le fondateur du groupe Ansar Eddine, Iyad Ag Ghali, exige l’instauration d’un régime islamique rigoriste dans le nord du Mali. Quitte à faire échouer l’alliance nouée avec la rébellion touarègue laïque du MNLA.
Au sein du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), la colère gronde. « On a fait des concessions en acceptant un État islamique, s’emporte un membre du mouvement sécessionniste. Maintenant, c’est à lui de faire des efforts. » « Lui », c’est Iyad Ag Ghali, fondateur du groupe islamiste Ansar Eddine. Au MNLA, on était sûr que cet enfant des Ifoghas, de la tribu Irayakan, reviendrait au bercail sans conditions. Las, au contact des salafistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), il a changé.
Désormais, celui qui se fait appeler Abou Fadil exige un État de l’Azawad wahhabite, dirigé selon les principes les plus rigoristes de la loi islamique. Ne s’exprimant plus qu’en arabe, il a tendance à prendre de haut ceux qui ont adopté la langue des mécréants. Au lieu de rompre avec ses alliés d’Aqmi, il propose à présent de leur faire une petite place dans la région. Des positions qui ont conduit, le 1er juin, à la rupture : en grande majorité favorable à un islam tolérant, le MNLA a récusé le protocole d’accord scellant la fusion avec Ansar Eddine. « On se bat pour la démocratie, pas pour [l’intégrisme], maugrée Nina Wallet Intalou, l’une des principales figures du MNLA, exilée en Mauritanie. Il est hors de question que je sois obligée de porter le niqab, ce n’est pas notre culture ! »
Légion verte
Comme beaucoup d’autres Touaregs, rebelles d’hier ou d’aujourd’hui, elle ne reconnaît plus le fringant « Iyad », amateur de bonne chère et de virées nocturnes. Celui qui savait parler et convaincre, « sans jamais un mot plus haut que l’autre », selon l’un des anciens de la rébellion de 1990. Et encore moins l’« Iyad » d’Abeïbara (région de Kidal), la ville où il est né, en 1958.
Fils d’un ancien guide colonial, il a arrêté ses études après l’école élémentaire, au début des années 1970. Le contexte de l’époque est difficile. La grande sécheresse de 1974 a décimé les troupeaux et contraint les populations à migrer vers de meilleurs pâturages : le Niger, l’Algérie, la Libye... C’est d’ailleurs dans ce pays qu’il touche sa première arme, enrôlé dans la Légion verte de Mouammar Kaddafi. Il fait le coup de feu en Palestine, dans la bande d’Aouzou (Tchad), au Liban aussi. Et c’est fort de son expérience de guerrier qu’en 1990, de retour au Mali, il se donne une nouvelle mission : libérer les Touaregs du joug des « Sudistes ». À la tête du Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA), Iyad Ag Ghali rassemble derrière lui tous les « Blancs », Touaregs et Arabes. En 2006, lorsqu’il prend la tête d’une nouvelle rébellion, il ne fait plus autant l’unanimité : les peuples du Nord sont las de la guerre. Sans compter qu’« il n’y avait que les chefs qui tiraient leur épingle du jeu », se souvient, amer, un ex-combattant.
Proximité avec les cercles salafistes
Mais Ag Ghali reste influent dans sa région d’origine. Depuis son premier séjour à La Mecque, en 2003, il passe même pour un sage. Usant de son entregent, il parvient à se faire nommer vice-consul du Mali en Arabie saoudite. Entré en fonction en 2008, il n’occupera ce poste que deux ans avant d’être rappelé à Bamako, en raison de sa « trop grande proximité avec des cercles salafistes », soutient-on dans l’entourage de l’ex-président Amadou Toumani Touré. Une proximité que le pouvoir utilisera néanmoins pour obtenir la libération d’otages, comme celle du Français Pierre Camatte en février 2010.
Soutenu financièrement par Aqmi, renforcé par les ralliements de jeunes Touaregs, Iyad Ag Ghali pourrait bien disputer au MNLA - et à son chef militaire, Mohamed Ag Najim - le leadership dans la zone. « C’est un homme de pouvoir, et il fera tout pour l’obtenir », prédisait un de ses anciens compagnons d’armes au début du conflit, en janvier. Au risque d’embraser l’Azawad ?

MALI - 
Article publié le : jeudi 07 juin 2012 - Dernière modification le : jeudi 07 juin 2012

Mali : l'Union africaine va saisir l'ONU sur la situation dans le Nord

Le chef de l'Etat béninois Boni Yayi, président en exercice de l'UA et membre de l’Uemoa, évoque la prochaine saisine du Conseil de sécurité de l'ONU sur la crise malienne.
Le chef de l'Etat béninois Boni Yayi, président en exercice de l'UA et membre de l’Uemoa, évoque la prochaine saisine du Conseil de sécurité de l'ONU sur la crise malienne.
© Reuters/Noor Khamis

Par RFI
Dans les jours qui viennent, l'Union africaine devrait saisir le Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation au Mali, sur demande de la Cédéao. Une décision prise à Lomé, au Togo, lors du sommet des chefs d’Etats de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), en présence des représentants de la Cédéao et du Congolais Sassou Nguesso, président du Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Cette saisine du Conseil de sécurité ouvrirait la voie à un possible envoi d'une force internationale dans le nord du Mali. La région est contrôlée par des mouvements armés touaregs et islamistes.


NOTRE DOSSIER SPÉCIAL MALI
Les chefs d’Etat ouest-africains ont donc finalement entériné la proposition du président béninois Boni Yayi qui préside actuellement l’UA, de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies. Cette saisine sera effectuée sur requête de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), par le Conseil de sécurité de l’UA dont le président le Congolais Sassou Ngesso a fait tout exprès le déplacement à Lomé hier.
L’Afrique de l’Ouest souhaite ainsi que la communauté internationale marque son engagement en faveur d’un règlement de la crise malienne. L’objectif est d’obtenir un soutien à la consolidation du processus de transition au Mali qui peut passer si nécessaire par le déploiement d’une force de stabilisation. Un soutien également aux efforts de médiation pour une solution négociée en vue de restaurer l’intégrité territoriale du Mali. Mais en cas d’échec, une intervention armée n’est pas exclue.
Enfin, il s’agit d’un appel pour obtenir un appui diplomatique mais aussi militaire et stratégique contre le terrorisme. Quelle place pour le dialogue et la négociation entre les groupes armés et Bamako ? Quelle place pour le rapport de forces ? Faut-il amalgamer groupes armés touaregs et groupes terroristes ?
Derrière l’unanimité affichée, tous les Etats ne font pas la même analyse. Le Mali est en tous cas désormais invité à suivre les initiatives des pays de la région, les chefs d’Etat de l’Uemoa soulignant la fragilité du régime de transition.
A Bamako, l'envoi de troupes au Nord est soutenu, notamment par le FDR, Front du refus. Une coalition de partis qui a rejeté le récent coup d’Etat. Amadou Koïta, le secrétaire politique du Front du refus explique quel devrait être, selon lui, le mandat de cette force.
Amadou Koïta
Secrétaire politique du FDR, Front du refus.
Le mandat de cette force, c’est d’appuyer le Mali dans son ambition de reconquête des régions du Nord et sécuriser les organes de transition.
 
07/06/2012 par Cyril Bensimon

Par ailleurs, très critique à l’égard du gouvernement, le FDR demande l’ouverture sans délai de consultations avec les forces politiques et sociales en vue de mettre en place un Premier ministre et un gouvernement d’union nationale.
Le mouvement indépendantiste du nord du Mali, après avoir signé un accord avec le groupe islamiste, a suspendu cet accord. Est-ce que ce recul du MNLA face au groupe Ansar Dine est susceptible de modifier le processus de médiation dans la crise au nord du Mali? Djibril Bassolé, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, pays chargé par la Cédéao, d'une médiation au Mali s'en explique.

Djibrill Bassolé
Ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso
Ce que nous souhaitons c’est que le MNLA et Ansar Dine , ensemble, se détachent du terrorisme et des groupes armés terroristes qui ont pris possession des lieux . Et qu’ensemble, ils renoncent à la partition du pays.
 
07/06/2012 par Muriel Pomponne


Ces réfugiés à l’intérieur de leur propre pays
Du fait des affrontements et de la conquête du nord du pays par Ansar Dine et le MNLA, près de 300.000 personnes ont fui leur maison ces derniers mois. A Bamako, ils sont au moins 15.000.
A Nimana, particulièrement, dans la banlieue de Bamako, ils sont une centaine, essentiellement des chrétiens, à avoir trouvé refuge dans une institution catholique. Les conditions d’accueil sont plutôt bonnes, la solidarité a fait son œuvre, mais deux mois après sa fuite de Diré, Seydou Sangaré, un fonctionnaire, ne décolère pas :
« Si nous, nous étions restés là-bas, ils nous auraient égorgés. Faut-il attendre à ce qu’ils nous attaquent ? Ici, il n’y a pas d’activité, donc on ne fait rien. On prend du thé, on cause de la rébellion. Voilà notre seule activité. Comment allons-nous retourner chez nous ? C’est une autre affaire. Aujourd’hui, s’ils déposent les armes, moi je retournai chez moi, même s’il faut aller à pied. Mais, je ne peux pas rentrer parce que ma vie sera en danger ».
Madina Traoré, elle, a fui Gao après la chute de la ville. Cette jeune fille de 17 ans, élève dans une école d’infirmière, est aujourd’hui réfugiée au sein de sa famille à Bamako : «Pour le moment, je suis à la maison, sans rien faire puisque je n’ai pas pu avoir l’opportunité d’aller à l’école. Donc c’est un peu trop difficile pour moi d’accepter cette année blanche. Jusqu’à présent, je n’arrive pas à l’accepter. Je ne compte pas rentrer pour le moment, je préfère attendre un peu parce que ce n’est pas encore calme là-bas »
Tiefolo Coulibaly, lui, est arrivé il y a seulement un mois de Kidal et le désœuvrement lui pèse déjà.
« Je vis chez mon frère qui s’occupe de moi, dit-il. Je me sens comme un poids parce qu’avant j’étais quelqu’un d’indépendant. Je travaillais, j’étais salarié. Je subvenais à tous mes besoins. La situation est triste, aujourd’hui. J’espère retourner à Kidal quand il y aura de meilleures conditions de vie, quand la ville de Kidal reviendra comme au temps où je l’ai connue, quand il y aura une vraie vie ! » .

TAGS: BÉNIN - BURKINA FASO - CÉDÉAO - CONGO-BRAZZAVILLE - MALI - ONU - TOGO - UNION AFRICAINE


MALI / ALGÉRIE - 
Article publié le : mercredi 06 juin 2012 - Dernière modification le : mercredi 06 juin 2012

L'Algérie tente de résoudre la crise au nord du Mali

Acteur clé dans la région, l'Algérie tente de résoudre la crise dans le nord du Mali.
Acteur clé dans la région, l'Algérie tente de résoudre la crise dans le nord du Mali.
Eric Gaba / Wikimedia

Par RFI
La communauté arabe malienne tente de s'organiser. Un congrès tenu en territoire mauritanien proche de la frontière avec le Mali a abouti à la création d'une Alliance démocratique de la communauté arabe qui se veut « pour l'unité et l'intégrité territoriale du Mali ». Les différentes composantes communautaires du nord du Mali s'opposent sur leur vision de l'avenir de l'Azawwad. L'Algérie, acteur clé de la région, souhaiterait organiser un grand forum qui rassemble toutes ces composantes.

L'Algérie mène des consultations tous azimuts auprès des leaders rebelles : MNLA ; Ansar Dine ; chefs de tribus ; élus ; Coren, le collectif des ressortissants du nord. Alger compte inviter tous les représentants des communautés maliennes avec l'objectif de mettre au point une feuille de route qui permette d'aboutir à un processus de paix. L'initiative est lancée mais pour l'heure, ni le lieu ni la date n'ont pu être fixés.
De nombreux groupes du nord du Mali ont une grande proximité avec les Algériens, à travers notamment des liens familiaux ou même économiques. Mais l'Algérie, considérée comme la puissance régionale incontournable, peut-elle régler par le dialogue la crise dans laquelle a sombré le Mali, avec un sud sans institution stable et un nord fragmenté par des groupes terroristes et mafieux ?
Les risques de somalisation du pays renforcent les partisans d'une intervention armée. Dans cette hypothèse, l'Algérie ne s' impliquera pas directement mais pourrait apporter un soutien logistique a une opération militaire. Des sources régionales précisent d'ailleurs que les deux officiers maliens loyalistes, les colonel-majors Ould Meidou et Gamou ont été reçus à Alger.
Les Algériens cherchent-ils des partenaires locaux pour imposer la paix au nord ? Gamou et Ould Meidou pourraient en tout cas constituer le noyau autour duquel l'armée malienne, appuyée par la communauté internationale, pourrait envisager la reconquête du nord.
TAGS: ALGÉRIE - MALI
FICHE PAYS :

Déclaration du Chargé de Communication du MNLA suite à l'agression des femmes de Kidal

Toumast presse
Mossa-Ag-Attaher-France-24
Des évènements graves se déroulent, depuis hier, à Kidal. Evènements qui touchent au cœur même de notre être identitaire et culturel. Graves, parce qu'ils portent atteinte à ce que nous Touaregs, avons de plus sacré: la femme.
Dans la journée du 05 Juin 2012, nos femmes, nos filles, nos sœurs, nos mères et grand-mères, ont pris la ferme décision de manifester dans les rues de Kidal pour exprimer leur rejet catégorique de l'obscurantisme religieux qui tente, par le biais de l'AQMI et d'Ançar-Edine, de s'implanter dans notre pays, l'Azawad. Et quelle réponse ont-elles eu? Elles ont été frappées par les éléments d'Ançar-Edine! Un grand sacrilège que le MNLA ne saurait admettre, ni tolérer!
Cet obscurantisme veut, tout simplement, empêcher tout souffle de vie sur notre terre ancestrale. Comme tous les obscurantismes, il le fait en commençant par porter atteinte au plus sacré des sacrés chez les Touaregs, nos femmes! Ces dignes héritières et gardiennes de notre culture millénaire. La femme Touareg qui a de tout temps suscité l'attention et l'admiration de tous les peuples de la terre, à commencer par le sien.
Pour nous, authentiques Touaregs, cette situation est inacceptable. Elle est intolérable et ne peut en aucun cas être l'œuvre de Touaregs. Ces "hommes" d'Ançar-Edine qui ont commis ce sacrilège viennent d'apporter la preuve aux Touaregs d'abords, puis aux autres peuples de la terre, qu'ils n'ont plus rien de Touaregs. Ils ont opéré une mutation qui fait d'eux désormais les ennemis du peuple Touareg qui portent atteinte à la femme Touareg, portent atteinte à la culture et à l'identité de notre peuple!
Lorsque l'obscurantisme, par cet acte ignoble et déshonorant, ose toucher à nos anciennes, nos mères, nos sœurs, nos filles, nos épouses, il atteint un degré intolérable et franchi la ligne rouge qui interpelle, non seulement le MNLA, qui mène son combat pour un Azawad libre et indépendant pour l'ensemble de ses citoyens sans distinction de race, de religion ou de sexe... mais il interpelle aussi toute la communauté internationale, l'Union Africaine notamment.
Par cet acte très grave, nous interpellons une nouvelle fois l'Union Africaine, l'ONU, tous les pays et tous les organismes et instances internationales sur la réalité concrète des dangers de l'islamisme afin qu'ils mesurent la justesse de nos multiples appels à la solidarité pour combattre ce fléau mondial qui n'épargnera personne. Nous les interpellons pour qu'ils prennent leurs responsabilités quant aux atteintes portées à notre identité et à notre culture à travers les tirs croisés que nous subissons dans ce qu'il y a de plus sacré en nous, notre liberté, notre dignité qui ne peut en aucun cas s'accommoder du mépris de nos femmes et à plus forte raison de leur agression. L'indépendance de l'Azawad que nous avons proclamée grâce à notre très long combat, commencé bien avant les indépendances africaines, ne saurait être bafouée par des forces obscurantistes, quelles qu'elles soient. Nous en appelons, ainsi, à la compréhension de notre cause, au soutien du MNLA par toutes les parties éprises de paix, de justice et de liberté; comme nous en appelons à la condamnation internationale de ce qu'entreprennent les obscurantistes dans l'Azawad en touchant à la dignité de notre fondement culturel et de notre identité: la société touarègue est matriarcale depuis des millénaire, nous ne permettrons pas que des apprentis sorcier, dépourvus de tout repère et de toute racine viennent menacer ce qui fait notre honneur et notre fierté.

Mossa Ag Attaher,
Chargé de Communication du MNLA.