mercredi 30 janvier 2013

Dans Gao libérée, désolation et règlements de comptes


Dans Gao libérée, désolation et règlements de comptes

LE MONDE |  • Mis à jour le 
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Des soldats maliens à l'entrée de Gao, le 28 janvier.
Quelques jours avant l'abandon de la ville par le Mujao, le groupe armé qui contrôlait la ville depuis six mois et y faisait régner une loi islamique de fer, un de ses chefs, chargé de la sécurité, avait mis en garde Aboubacar Traoré : Gao allait être le tombeau des "mécréants". Le Mouvement pour l'unicité et le jihad enAfrique de l'Ouest, émanation locale d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), allait y mener un combat décisif contre les forces françaises et maliennes. Gao serait leur tombeau, un piège mortel.
"Ils disaient que leurs hommes se préparaient au martyre avec des ceintures d'explosifs", se souvient le directeur de Radio Koima, qui a tenu tête à tous les groupes rebelles qui ont contrôlé la ville depuis avril 2012. "Et tout à coup, c'était terminé. Quand l'armée française est entrée, ils ont quitté la ville avec leurs derniers chefs. Abdulhakim est parti vers Bourem, à une sortie de Gao, alors que les forces françaises progressaient à l'autre bout de la ville. Il faut croire qu'ils ont eu peur, en fait." Certains chefs, dans une version locale de la disparition du mollah Omar en Afghanistan, se seraient enfuis sur des motos.
Quatre hommes soupçonnés de faire partie de la milice islamiste sont arrêtés par les soldats maliens, le 29 janvier à Gao.

Aboubacar Touré s'autorise un sourire. A plusieurs reprises au cours de l'année écoulée, ses locaux ont été envahis, il a été menacé, on a tiré sur lui, ses journalistes ont été maltraités ; l'un d'entre eux a été laissé pour mort après avoirété roué de coups parce qu'il appelait à manifester contre les amputations. Radio Koima avait réussi à mettre une grande partie de la jeunesse de Gao dans la rue pour protester. En vain. Puis la "radio courage" et son directeur ont dû se taire.

Depuis deux jours, Koima a repris ses émissions en appelant à la raison : "Sivous trouvez un islamiste, ne le lynchez pas, prévenez les autorités". Des combattants perdus du Mujao sont encore embusqués dans les nombreuses maisons vides de la ville. Certains peuvent tenter des actes désespérés. Mais la plupart risquent d'être mis en pièces par la population. Ils ne sont pas les seules cibles de la colère de la jeunesse. Sont également en danger leurs "complices"supposés, recherchés dans les groupes " à peau blanche", touareg ou arabes, qui n'auraient pas quitté la ville.
HOMMES ÉDENTÉS, SANGUINOLENTS
Au bord du fleuve, le matin même, trois hommes ont été découverts sous des bâches dans un entrepôt de grain. Ils ont commencé à être frappés par la foule, accourue depuis le marché voisin. L'armée malienne les a arrachés à la mort, édentés, sanguinolents. Selon les témoins du voisinage, là se trouvait un "marabout", Mohammed Ashimi, qui décidait des jugements et condamnations au sein de l'Al-Hizbah, le bras armé de la police islamique. Il appartient à la communauté arabe, désormais visée dans son ensemble.
Ses membres ont presque tous fui les jours précédant la chute de la ville. Dans le quartier du marché, où les boutiques des commerçants arabes ont été vidées, la belle maison de l'un d'entre eux, importateur de thé, a été pillée. La famille Al-Fatao s'était entassée, à temps, dans une voiture, et a pris la direction du Burkina Faso.
Un homme soupçonné d'être un islamiste, pris à partie par la foule, le 29 janvier à Gao.
Côté touareg, ce n'est pas mieux. Les combattants du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), les premiers à avoir pris la ville aux forces loyalistes en avril dernier, se sont livrés à de nombreuses exactions avant d'en être chassés par leurs anciens alliés islamistes, Mujao et Ansar Eddine. Mais le mal à la réputation des Touareg était fait. "Ces gens, ils rentrent chez toi avec leur arme, ils mangent ton dîner, ils couchent avec ta femme de force et après ils s'en vont avec ta télévision ou ta radio", résume Dadid Maiga, un des petits vendeurs du marché. Lorsque les islamistes du Mujao ont chassé le MNLA, la population avait d'abord accueilli avec soulagement l'imposition de la charia, qui promettait un retour à l'ordre. Puis sont venus les débordements de la police islamique, sous les ordres de leur chef, Aliou Touré, ancien "gargotier" (vendeur de nourriture dans la rue) et ex-vendeur de peaux de chèvres, tout en imposant, à sa manière fantasque et violente, les châtiments les plus durs, y compris les amputations, filmées par ses propres hommes.
Dans la foulée de ces violences, Touareg et Arabes paient le prix fort. Une formed'épuration ethnique s'est mise en place à Gao. Il va falloir travailler la ville au corps pour inverser la tendance, sous la houlette des "sages" de chaque communauté, qui ont déjà appelé à la clémence.
Des soldats tchadiens patrouillent à Gao, le 29 janvier.
Pour la population qui agite des drapeaux français, maliens, tchadiens ou nigériens cousus à la hâte, l'heure n'est pas encore au pardon. Al- Tayeb, guide touristique au chômage, exprime l'ambiguïté qui touche même les plus raisonnables : "D'accord, il ne faut pas céder aux amalgames, mais il faut bien reconnaître que tous ces Arabes les ont nourris et accueillis . Je ne sais pas quand ils pourront revenir et ouvrir leurs boutiques." La communauté arabe de Gao est très active dans le commerce.
SACCAGES
En arrivant en ville, en début d'après midi, dans un C130 français, le gouverneur de la ville, le général Mamadou Adam Diallo, tente de lancer des appels au calme et à la réouverture des magasins. Des gendarmes et des policiers devraientarriver en renfort rapidement. Dans la foulée, il part visiter sa résidence, bâtiment à l'architecture coloniale, ainsi que les bâtiments de l'administration, et reste bouche bée devant les saccages.
Le maire de Gao, Sadou Touré, l'accompagne dans cette exploration des dégâts. Plusieurs de ses hôtels, dont le Bidji, qui faisait aussi boîte de nuit, ont été raclés jusqu'à l'os par les pillards. Rebelles touareg ou population, simples badauds, tout le monde s'est servi. Des montagnes de bouteilles de bière cassées témoignent de l'application des combattants du Mujao. Tout de même, le maire formule un peu d'espoir : "Ce sont des individus qui ont été le cheval de Troie , pas les collectivités (...). Nous pouvons vivre ensemble. Moi, je suis d'ethnie peul, mais je ne peux pas vivre sans mon Arabe, sans mon Touareg."
Une jeune fille malienne achète de la viande au marché de Gao, le 29 janvier.
Pour les pillages, c'est déjà trop tard. Pour les lynchages, il est encore temps d'agir. Dans les rues de Gao, il y a désormais quelques patrouilles de soldats maliens avec une poignée de Tchadiens et de Nigériens, plus quelques éléments touareg de l'armée loyaliste pour éviter le chaos. Le bain de sang redouté n'a pas eu lieu, mais ce qui arrive dans les huit quartiers peut néanmoins échapper à cette force modeste.
LYNCHAGE
La prise de Gao s'est faite selon un schéma implacable. Une colonne de l'armée française et de l'armée malienne, avec près de mille hommes et du matériel lourd, a ceinturé la ville. Les frappes aériennes se sont intensifiées, visant les bâtiments où le Mujao avait ses quartiers et son matériel militaire. Gao était entourée sur plusieurs axes, quand des avions français se sont posés, à l'aube, à l'aéroport. Des véhicules sont sortis des avions, et ont commencé à progresser en ville. Un détachement du Mujao, parti à leur rencontre, a été éliminé. L'un de ses survivants est revenu vers le centre sur une charrette pour donner l'alarme, tirant en l'air. Déjà, des jeunes armés de gourdins et d'armes blanches l'entouraient et le lynchaient.
Mercredi 30 janvier, des forces spéciales françaises ont pratiquement répliqué l'opération à Kidal, la troisième grande ville du nord du Mali, en s'établiassant à l'aéroport. Une colonne de 2 000 soldats tchadiens progresse avec les éléments du général El-Hadj Gamou, essentiellement des Touareg loyalistes, et devraientarriver rapidement à Kidal.
Un soldat français près de Tombouctou, le 28 janvier.
La suite, c'est-à-dire la poursuite des opérations sur le terrain immense du désert, avec la possibilité de voir les combattants des groupes islamistes se réorganiser, promet d'être plus délicate.
En attendant, Gao renoue avec ses habitudes. Dans la cour de Radio Koima, une petite stéréo joue de la musique, avec des lumières qui clignotent au rythme de la guitare. La police islamique qui traquait ce genre d'infractions s'est évanouie. De tous les drapeaux noirs salafistes qui flottaient sur la ville, il n'en reste plus qu'un, que personne n'a encore eu le courage d'aller arracher, au sommet de l'antenne de la radio-télévision nationale. Les autres traces du Mujao sautent aux yeux à chaque pas.
CHÂTIMENTS PUBLICS
Près de la mairie, des soldats français passent au crible les bâtiments administratifs à la recherche de pièges ou d'explosifs. Des ceintures d'explosifs ont déjà été trouvées, affirme une source militaire française. Non loin, la place de l'Indépendance, qui avait été rebaptisée "place de la Charia". C'est sous son préau qu'on exécutait, en public, les châtiments. Pratiquement chaque vendredi, les coups de fouets pour les hommes surpris à fumer, en possession de whisky en sachet ou s'étant rendus coupables d'autres broutilles. Mais aussi, pour les voleurs, amputations, parfois d'une main et d'une jambe à la fois. Al-Tayyeb est venu assister à ces séances du vendredi, comme tout le monde. "Quand on coupait la main ou le pied, ils mettaient un chèche autour de la blessure. Pendant qu'ils coupaient, les hommes criaient, criaient. Ensuite, ils les emmenaient à l'hôpital."
L'avancée des forces françaises et maliennes.

l'armée malienne vient d'égorger à son tour 25 personnes dont des boutiquiers mauritaniens



Azawad Iyyan Ghass"JEUNESSE TOUAREG" (1963-2012)
Une information vient de tomber à l'instant depuis Tombouctou, ça reste à vérifier mais il semblerait que l'armée malienne vient d'égorger à son tour 25 personnes dont des boutiquiers mauritaniens. Si confirmé c'est très très très très grave!

Crimes commis à l'encontre des populations Touareg


Amassakoul Almarsy
télégramme n° Cl 0/Cem/GA du 13-7-90 envoyé à Gao : “Rappeler protection populations civiles innocentes ne veut pas dire admettre leur complicité-par conséquent vous ordonne abattre sans pitié tout élément soupçonné de complicité et qui refuse de donner des informations-prendre dispositions pour encercler le camp de rapatriés et procéder à un contrôle rigoureux à l’intérieur du dit camp”.

The soldiers of the Republic of Mali adopted this telegram from the presidency of the state and through which killed tens of thousands of Tuaregs and Arabs.

YOUSSOUF ALY

Mali : la communauté touareg prise pour cible, la France réclame des observateurs internationaux


30 janvier 2013, 11:21

Mali : la communauté touareg prise pour cible, la France réclame des observateurs internationaux

ARNAUD ROINE/ECPAD/SIPA
ARNAUD ROINE/ECPAD/SIPA
Alors que l'armée française est arrivée ce mercredi 30 janvier aux abords de Kidal, bastion du mouvement islamiste Ansar Dine, les opérations militaires laissent dans leur sillage une situation de grande instabilité. A Tombouctou, l'armée malienne tente de reprendre le contrôle de la ville, après le pillage de dizaines de boutiques appartenant à la communauté touareg.
«Aucune explosion ni coup de feu»
La répartition stratégique des postes de contrôle (centre-ville aux militaires maliens, faubourgs aux soldats français) a néanmoins permis de maintenir le calme la nuit dernière dans la ville située sur le fleuve Niger. «Aucune explosion ni coup de feu n’a retenti dans la nuit», constate un journaliste de l'AFP cité par Libération.
Pourtant l'apparente tranquillité semble cacher des problèmes plus profonds, comme s'en font l'écho de nombreuses ONG et reporters sur place. Mardi 29 janvier, plusieurs dizaines de commerces appartenant à des habitants d'origine touareg ont été mis à sac par une partie de la population réclamant «réparation contre l'injustice». En effet, la communauté touareg est accusée de connivence avec les islamistes. «La foule, constituée de personnes visiblement très pauvres, s'en prenait à des magasins tenus selon elle par 'des Arabes', 'des Algériens', 'des Mauritaniens', accusés d'avoir soutenu les islamistes armés liés à Al-Qaida lorsqu'ils contrôlaient la ville», rapporte le Monde.
Risque de représailles
Des soldats maliens, appuyés par des militaires français, auraient ainsi découvert des caches d'armes et d'explosifs dans certains des magasins. L’armée régulière, qui a donné une semaine aux habitants pour récupérer toutes les armes, poursuit actuellement ses opérations de sécurisation et «invite la population à l'informer à tout moment de la présence de tout suspect», précise à l'AFP le colonel malien Keyba Sangalé.
L'honneur de la France en jeu ?
Ces représailles contre la commuauté touareg font d'ores et déjà polémique à l'étranger. De nombreuses voix remettent en cause le comportement de l'armée malienne depuis le début de l'opération Serval. «A Seribala, non loin de Niono, un témoin oculaire nous a décrit l'exécution par des soldats maliens de deux civils Touareg, avant que des gens ne pillent leurs maisons», témoingne ainsi dans les colonnes du Monde Philippe Bolopion, directeur des relations avec l'ONU de Human Rights Watch. Ce dernier analyse ces évènements comme un risque pour l'honneur de la France : «Le danger ? Que l'armée française ouvre la route du Nord à des troupes maliennes assoiffées de vengeance qui commettent ou tolèrent des exactions contre des ennemis capturés ou des civils perçus comme ayant soutenu l'ennemi», explique cet ancien correspondant à l'ONU.
Réaction épidermique ou antagonisme durable au sein de la société malienne ? Beaucoup d'observateurs ne cachent leurs inquiétudes. En attendant, Paris a déjà appelé à un «déploiement rapide d'observateurs internationaux» afin de veiller «au respect des droits de l'Homme» sur place.

Des troupes françaises sont déployées à l'aéroport de Kidal


DERNIÈRE MODIFICATION : 30/01/2013 

ARMÉE FRANÇAISE - ISLAMISME - MALI - MNLA


France 24

© Wikicommons

Les forces françaises ont pris position sur l'aéroport de Kidal, la dernière des trois grandes villes du Nord-Mali qui était aux mains des islamistes. À Bamako, le Parlement a adopté à l’unanimité une feuille de route de sortie de crise.

Par Serge Daniel , correspondant à Bamako, Mali (vidéo)
FRANCE 24  (texte)
 
Des "éléments français ont été mis en place cette nuit à Kidal", a confirmé ce mercredi 30 janvier à l'AFP le colonel Thierry Burkhard après que plusieurs sources ont rapporté la présence d'avions et d'hélicoptères français, mardi soir, sur l’aéroport de Kidal, dans le nord du Mali. Le porte-parole de l'état-major des armées s'est toutefois refusé à toute précision. Haminy Belco Maiga, président de l'assemblée régionale de Kidal, a confirmé la présence de "quatre avions et des hélicoptères" français sur l'aéroport de la ville. Après Gao et Tombouctou, reprises sans véritable résistance, les troupes françaises pourraient donc entrer dans la ville de Kidal et poursuivre leur avancée dans le nord du Mali.


Kidal, à 1 500 km de Bamako, dans l’extrême nord-est malien, avait été la première ville conquise par les rebelles touareg et les groupes islamistes en mars 2012. C’était le fief d’Ansar Dine, un groupe islamiste armé, dirigé par un ex-rebelle touareg malien, Iyad Ag Ghaly. Mais, depuis lundi, les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) affirment contrôler la ville après le départ des islamistes et ont affiché leur vive hostilité à l'arrivée éventuelle de soldats maliens.
Selon une source de sécurité malienne, les principaux responsables des groupes islamistes, Iyad Ag Ghaly et l'Algérien Abou Zeïd, l'un des émirs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), se seraient réfugiés dans l'Adrar des Ifoghas, un massif montagneux situé au nord de Kidal, près de la frontière algérienne.
Crainte de représailles

LES SCÈNES DE PILLAGE SE SONT MULTIPLIÉES À TOMBOUCTOU
Par FRANCE 24

Après la fuite des djihadistes, plusieurs cas de pillages de magasins tenus par des "Arabes" ou Maliens à la peau claire accusés d'avoir soutenu les islamistes armés liés à Al-Qaïda ont été signalés à Gao et Tombouctou ces derniers jours, faisant craindre à des ONG des tensions inter-ethniques dans le nord du Mali. Mardi, le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, s’est déclaré favorable au "déploiement rapide" d’observateurs internationaux pour éviter les "exactions"et veiller "au respect des droits de l'Homme". De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé que les forces françaises quitteraient "rapidement" le Mali.
Une "feuille de route" adoptée à Bamako
Dans la capitale malienne, les députés ont voté le 29 janvier à l'unanimité la mise en place d'une "feuille de route" politique qui prévoit une discussion avec certains groupes armés dans le cadre de la "réconciliation nationale". Cette "feuille de route" ne fixe aucune date pour la tenue d'élections, mais le président malien par intérim Dioncounda Traoré a déclaré qu'il espérait qu'elles pourraient avoir lieu avant le 31 juillet.
Une conférence des donateurs se tenait également mardi à Addis Abeba, en Éthiopie. Union africaine (UA), Union européenne (UE), Japon, États-Unis et ONU ont levé 455,53 millions de dollars (338,6 millions d’euros) destinés aux besoins militaires et humanitaires du Mali.
Londres se décide à apporter une aide aux troupes françaises
Tout en réaffirmant qu'il n'était pas question de déployer des troupes de combat, le Royaume-Uni a par ailleurs proposé, mardi, d'envoyer "jusqu'à 200 formateurs militaires pour entraîner les troupes des pays de l'Afrique de l'Ouest anglophone qui participent à la Misma", la Mission internationale de soutien au Mali, et "de contribuer à hauteur de 40 hommes à la mission européenne de formation de l'armée malienne". Ces soldats s'ajouteraient aux 90 hommes déjà déployés dans le cadre du soutien logistique à la France, avec un avion de surveillance et deux avions de transport militaire. Londres a également proposé de fournir un bateau pour le transport d'équipements lourds destinés aux forces françaises engagées contre les insurgés islamistes et d'aider des pays alliés à effectuer des missions de ravitaillement en vol au départ de bases aériennes britanniques.


 FRANCE 24 avec dépêches

La prise de Kidal: une nouvelle étape dans le conflit au Mali


MALI - 
Article publié le : mercredi 30 janvier 2013 - Dernière modification le : mercredi 30 janvier 2013


Soldats français au Mali
Soldats français au Mali
REUTERS/Joe Penney

Par RFI
Après Gao et Tombouctou lundi, l’armée française poursuit la reconquête du nord du Mali. Les troupes françaises ont atterri dans la troisième capitale régionale du territoire, Kidal. Cette nouvelle étape ne ressemble cependant pas aux précédentes : l’armée française, cette fois, est arrivée seule dans ce qui était jusqu'à aujourd'hui un bastion islamiste pendant plusieurs mois. Sur le front politique, la feuille de route présentée à Bamako le 25 janvier a été votée par les 139 députés présents.

Les hélicoptères et les avions qui se sont posés dès mardi 29 janvier au soir à Kidal transportaient des militaires français, aucun Malien.
Cette particularité explique la suivante : Kidal n’a pas été à proprement parler « reconquise » puisqu’il n’y a pas eu de combats, et il n’était apparemment pas prévu qu’il y en ait. Et pour cause : le MNLA, le Mouvement national de libération de l’Azawad, affirmait depuis lundi qu’il contrôlait la ville et qu’il en avait chassé les islamistes.
Il semble que les Français se contentent, pour le moment en tous cas, de sécuriser Kidal, sans chercher à en chasser les indépendantistes touaregs, qui sont là dans leur fief historique. Dimanche, l’armée malienne avait annoncé que des bombardements avaient eu lieu dans la zone. Des bombardements français annoncés par les Maliens et jamais officiellement confirmés par Paris.
Incompréhension du côté de l’armée malienne
Les militaires maliens n'étaient même « pas au courant » de l'initiative française, « en tous cas pas au niveau de l'Etat major ». C’est un militaire malien qui parle, proche du commandement de l’armée nationale. « C'est très bizarre », ajoute-t-il, même s’il préfère attendre de mieux « comprendre la situation » avant de « juger des intentions » des Français, auxquelles il avoue pour le moment « ne rien comprendre ».
Du côté de la présidence, ainsi que du ministère de la Communication, ce sont les mêmes mots qui reviennent : « aucune information », « pas au courant ». Hier soir, l’armée française a pris le contrôle de l’aéroport de Kidal, sans associer de troupes maliennes ni ouest-africaines. Des bataillons tchadiens et nigériens, partis de Gao et de Bourem, seraient cependant en route pour Kidal, signale-t-on côté malien.
Feuille de route
Sur le front politique, à Bamako, la feuille de route présentée vendredi 25 janvier en conseil des ministres a été adoptée mercredi par le Parlement. Elle a été votée par les 139 députés présents, et elle fixe les priorités politiques de la transition.
Dans l’ordre : la libération du Nord et l’ouverture de négociations avec les groupes armés, mais uniquement avec ceux « qui ne mettent en cause ni l’intégrité territoriale du pays, ni la laïcité de l’Etat ». Second objectif : « L’organisation d’élections générales, transparentes et crédibles », dont le calendrier « reste tributaire de la libération des zones sous occupation ». Pour fixer une date précise, on attend donc la libération complète du territoire.
A noter aussi dans cette feuille de route : le retour des réfugiés, qui ont fui l’occupation et les combats dans les pays voisins, le retour rapide également de l’administration dans les zones libérées, ou encore « la lutte contre les exactions et autres arrestations extra-judiciaires ».
Il s’agit là d’une double allusion particulièrement importante : d’abord aux exactions commises sur la population civile, notamment par des éléments de l’armée ou de la gendarmerie. Ensuite à ces militaires proches de l’ancien président, les bérets rouges, qui ont été enlevés et emprisonnés, pour ceux qui n’ont pas été tués, par les militaires de la junte à l’origine du coup d’Etat du mois de mars dernier.
Une ligne de conduite qui ne comporte donc rien d’inattendu, mais qui reste cependant assez ambitieuse.
Tombouctou reprend vie
Dans la ville mythique du Nord, Tombouctou, la population, après des mois de privations et d'interdits de toutes sortes imposés par la loi coranique retrouve les petits plaisirs du quotidien : cigarettes, musique, télévision...

Les petits plaisirs retrouvés
Se réunir autour d'un thé, «être au grain» comme on dit au Mali, était mal vu des islamistes. Bonheur retrouve ce petit plaisir
 
30/01/2013 par Guillaume Thibault

Mali, mission remplie ?


François Hollande estime que la France est «en train de gagner» au Mali


Lundi 28 janvier, dix-sept jours après le début de l'intervention française au Mali, François Hollande s'est félicité de la libération des grandes villes du Nord, Gao et Tombouctou, en déclarant: «Nous sommes en train de gagner cette bataille»«Quand je dis nous, c'est l'armée malienne, ce sont les Africains, soutenus par les Français», a-t-il ensuite souligné lors d'une conférence de presse donnée à l'Élysée.
Le même jour, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, atteste sur le plateau du 20H de TF1: «C'est fait, la mission est remplie», tout en se gardant de fixer une date de retrait des forces françaises. En accord avec la résolution 2085 des Nations Unies qui mandatent les contingents africains, «La France aidera (…) à permettre au Mali de retrouver son intégrité, ses institutions, sa démocratie et mener jusqu'au bout les actions contre les groupes terroristes», a-t-il ainsi commenté. Et de préciser dans la foulée que La France «n'a pas vocation à rester» et qu'elle se retirera dès que le relais sera totalement transmis à l'armée malienne et à ses alliés sur le continent.
Pour autant, d'autres observateurs ne partagent pas l'optimisme affiché au plus haut de l’État, soulignant notamment le risque d'enlisement du conflit dans les vastes régions désertiques du nord du pays et la déliquescence de l’État malien, «plongé dans un chaos institutionnel depuis le coup d’État du 22 mars 2012».
Le plus difficile est-il, dès lors, à accomplir? Un scénario afghan est-il possible au Mali? La France peut-elle espérer rapidement passer le relais aux forces africaines? La mission est-elle remplie?
http://www.newsring.fr/monde/1849-mali-mission-remplie/reperes

Le Qatar entre deux feux


29 janvier 2013 à 21:36

Allié de la France en Libye, l’émirat semble avoir misé un peu hâtivement sur les islamistes du Mali.

Après la pique du cheikh, la charge de l’imam. Emboîtant le pas au Premier ministre qatari qui déclarait le 15 janvier que le recours à la force ne réglerait aucun problème au Mali, le prédicateur vedette Youssouf al-Qaradaoui est monté au front la semaine dernière pour fustiger «l’intervention française illégitime». «Paris attise les flammes de la guerre avant d’avoir épuisé les moyens nécessaires à une solution pacifique», a tonné cette figure de l’islam sunnite, et traditionnel relais de...

http://www.liberation.fr/monde/2013/01/29/le-qatar-entre-deux-feux_877771

Exactions, règlements de compte: la grande crainte d'un débordement au Mali


MALI - 
Article publié le : mercredi 30 janvier 2013 - Dernière modification le : mercredi 30 janvier 2013
Des soldats maliens à bord d'un pick-up, à Diabaly, le 26 janvier 2013.
Des soldats maliens à bord d'un pick-up, à Diabaly, le 26 janvier 2013.
REUTERS/Joe Penney

Par RFI
Après la conquête de Gao et Tombouctou par les forces françaises et maliennes, la vie reprend son cours dans ces villes. Mais le départ des islamistes semble loin d'avoir tout réglé : l'ombre de représailles ciblées contre les Touaregs et les Arabes planent sur le pays. Ce mardi 29 janvier 2013, la procureure de la Cour pénale internationale a notamment mis en garde le gouvernement malien contre d'éventuels abus de l'armée.

Vingt-quatre heures après la libération de Tombouctou, l'armée malienne qui sécurise la ville tente d'empêcher les pillages. Certains habitants sont accusés d'avoir fait preuve de bienveillance à l'égard des islamistes. En guise de vengeance, des magasins supposés leur appartenir ont été pillés par une foule en colère.
Ce mardi, lors d’une réunion avec le colonel malien qui a mené l’opération de reconquête de Tombouctou, le premier vice-président du Comité de crise de la ville a demandé à la population de rester calme. « Nous en appelons maintenant à éviter tout esprit de vengeance », a-t-il lancé.
« On nous conseille de rester cachés »
A Gao, où se sont déployés les militaires maliens, nigériens et tchadien, la situation est relativement calme. Mais il règne désormais une certaine psychose parmi les Touaregs de la ville. Des maisons et des boutiques auraient été pillées, et nombreux sont les habitants qui fuient.
Ci-dessous, le témoignage d'un homme qui vient d'un village de brousse et se cache depuis plusieurs jours, par peur d'être pris à partie par des jeunes délinquants. Il s'est vu conseiller par les autorités de rester caché le temps que la situation se normalise.

Témoignage d’un villageois qui s'est caché
Des jeunes gens s’en sont pris à tous ceux qu’ils croisent dans la rue (….). On nous a conseillé de rester cachés là en attendant que les autorités et les militaires gèrent la situation (…). Ce sont les Arabes et les Touaregs qui sont visés.
 
29/01/2013 par Olivier Rogez
Mises en garde internationales
Face à la polémique qui enfle, à propos d'exactions et d'exécutions sommaires perpétrées par les soldats maliens, Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale, a mis en garde ce mardi le gouvernement de Bamako.
Certaines exactions commises par des soldats maliens ont été rapportées à la Cour. La procureure « invite les autorités maliennes à mettre immédiatement fin ces actes et à ouvrir des enquêtes à l'encontre des responsables ».

Aymeric Rogier
Chef de la section analyse de la CPI
Les informations nous ont semblé suffisamment sérieuses pour que le procureur de la CPI émette un rappel au droit applicable (…). Nous pourrions élargir le champ de nos investigations. Ça s’adresse aux combattants de base mais aussi et surtout aux officiers, à ceux qui les commandent.
 
29/01/2013 par Olivier Rogez
La France a joint sa voix à celle de la CPI. Elle a demandé le déploiement d'observateurs internationaux dans le pays, pour veiller « au respect des droits de l'homme » face au « risque d'exactions ».
« Déploiement d'observateurs internationaux »
Jean-Marc Ayrault a demandé de rester prudent concernant les accusations d'exactions attribuées à l'armée malienne, et affirmé qu'aucune preuve n'avait été rassemblée par la Croix-Rouge internationale. Le Premier ministre français s'est exprimé publiquement sur le sujet, devant les parlemenaires.

Jean-Marc Ayrault
Premier ministre français
Nos forces ont reçu pour consigne de se montrer d’une extrême vigilance (…) Le gouvernement français est favorable au déploiement d’observateurs internationaux qui veilleront au respect des droits de l’homme.
 
29/01/2013 par Florent Guignard
A Addis-Abeba, où il assistait à la réunion des donateurs pour le Mali, le ministre français des Affaires étrangères s'est lui aussi montré très ferme sur les éventuelles exactions de l'armée malienne.

Laurent Fabius
Ministre français des Affaires étrangères
Il faut qu'il soit bien su, par les uns et les autres, que s'il y avait des exactions, ils sont susceptibles d'être poursuivis devant les tribunaux et les tribunaux internationaux
 
29/01/2013 par RFI