mercredi 9 octobre 2013

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Al-Qaida : les héritiers de Ben Laden

Al-Qaida : les héritiers de Ben Laden

LE MONDE GEO ET POLITIQUE |  • Par Christophe Ayad
Oussama Ben Laden, en 1998, année de la création d'Al-Qaida.
Parfois, la lutte contre le terrorisme tient de la physique quantique. Al-Qaida est comme le chat de Schrödinger : parfois vivant, parfois mort, tout dépend du moment où on regarde dans la boîte (du chat) et de qui regarde. Au lendemain du raid d’Abbottabad, le 2 mai 2011, Al-Qaida est morte. Presque plus aucun cadre actif au moment des attentats du 11 septembre n’est en vie. En octobre 2013, elle est tellement vivante que les forces spéciales américaines ont mené simultanément deux raids en Somalie et en Libye en un week-end pour s’emparer de dirigeants de l’organisation terroriste ou de ses filiales.
Al-Qaida est morte mais elle est partout : là est la vengeance posthume d’Oussama Ben Laden. Il a légué une appréhension du monde à défaut d’une idéologie, un langage médiatique et une praxis de la violence qui ont fait florès du Sahel au Philippines, de la banlieue de Londres aux quartiers chics de Nairobi, en passant par Denver et Sanaa.
ORGANISATION AUX ABOIS
Al-Qaida, fondée en 1998, est une organisation aux abois mais une marque globale et planétaire : c’est dans l’interstice ouvert par ce paradoxe que se trouve la vérité d’Al-Qaida, partout et nulle part à la fois. Modèle copié et dupliqué à l’infini mais incapable de mettre en oeuvre son projet de renverser les pouvoirs musulmans impies pour les remplacer par un émirat islamique pur et dur.
Lorsqu’en 2011 Oussama Ben Laden est tué dans sa chambre à coucher, comme un vulgaire chef mafieux, et jeté aux requins de l’océan Indien, un coup fatal semble avoir été porté à Al-Qaida. La documentation, les innombrables courriers et les disques durs d’ordinateurs saisis révèlent un homme informé, suivant attentivement ses dossiers, réfléchissant à l’avenir de l’organisation mais incapable d’avoir prise sur la réalité, trop préoccupé par sa propre sécurité pour pouvoir donner des instructions. « Ben Laden avait un rôle symbolique et même politique, mais sa mort a été une perte symbolique plus que pour le fonctionnement de l’organisation, qui avait de toute façon changé de fonctionnement à partir de son expulsion d’Afghanistan fin 2001″, résume Dominique Thomas, spécialiste du mouvement djihadiste et chercheur associé à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.
Avant même le raid meurtrier d’Abbottabad, Oussama Ben Laden avait pu assister à l’écroulement de son projet en direct à la télévision : les révolutions arabes, encore dans leur phase initiale, donnaient le coup de grâce au projet d’un émirat islamique. De Tunis à Damas, en passant par Sanaa, Le Caire, Manama, Bagdad et même Mascate, les foules étaient descendues dans la rue non pas au nom de la charia ou de l’islam, mais pour la liberté, la dignité et la justice sociale. Des valeurs universelles aux antipodes de la charia et de l’émirat voulus par Ben Laden.
LA DIFFICILE RELÈVE POUR AYMAN AL-ZAOUAHIRI
Contrairement à Oussama Ben Laden, son successeur et ancien bras droit Ayman Al-Zaouahiri parle plus souvent qu’à son tour. Il multiplie les ihchadat (« orientations ») dans des vidéos mises en ligne par la « société de production » maison, Al-Sahab.« Ce que l’organisation a gagné en réactivité, elle l’a perdu en charisme », note Dominique Thomas. « Zaouahiri l’Egyptien n’a pas le prestige et la légitimité religieuse de Ben Laden le Saoudien de La Mecque », renchérit Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po et auteur de La Véritable Histoire d’Al-Qaida. Le charisme d’Abou Yahya Al-Libi, un prestigieux cadre libyen tué par un drone en juin 2012, manque cruellement à Zaouahiri, qui, emporté par son tropisme égyptien, a consacré pas moins d’une demi-douzaine d’interventions à retracer l’histoire de son pays, depuis le roi Farouk jusqu’à nos jours. Au point de lasser le public non initié.
Depuis son refuge des zones tribales pakistanaises, Zaouahiri peine à imposer ses vues, notamment aux djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui ont opéré une OPA hostile sur la branche syrienne de l’organisation, le Jabhat Al-Nosra. Portées par le même objectif, les « filiales » d’Al-Qaida n’ont pourtant cessé de s’autonomiser par rapport à un noyau dur originel, contraint de se cacher et de communiquer par émissaires pour échapper aux redoutables frappes des drones américains au Pakistan.
Le noyau dur d’Al-Qaida – que l’on appellera par commodité Al-Qaida commandement général (AQCG) – ne compte qu’une centaine de membres actifs installés dans les zones tribales de l’Ouest pakistanais, essentiellement le Nord- et le Sud-Waziristan. Ayman Al-Zaouahiri entretient, avec les talibans pakistanais, une relation quasiment symbiotique. Acquis au djihad global, ces derniers ont même mené des opérations aux Etats-Unis, comme la tentative d’attentat à la voiture piégée à Time Square, à New York, en mai 2010. Ils entraînent, avec l’aide de mouvements périphériques comme le Mouvement islamique d’Ouzbékistan ou Lashkar-e-Taïba, de jeunes candidats au djihad venus d’Occident, comme ce fut le cas, semble-t-il, de Mohamed Merah, auteur des attaques meurtrières de Montauban et Toulouse en mars 2012.
LES TALIBANS SE MÉFIENT
Entre les talibans afghans et Al-Qaida, en revanche, les relations ont changé : « Ils ont appris la leçon du 11-Septembre, note Dominique Thomas, et ne permettront plus à Al-Qaida de mener une opération qui peut leur nuire sans en être informés. » Même en cas de victoire des talibans après le retrait américain d’Afghanistan en 2014,« Zaouahiri ne pourra plus subjuguer le mollah Omar comme le faisait Ben Laden »,prédit Jean-Pierre Filiu.
Faute de troupes et de liberté d’action, Zaouahiri en est réduit à lancer des appels aux « loups solitaires » en Occident et à s’approprier des combats locaux pour les inscrire dans la grille de lecture du grand djihad mondial : Somalie, Palestine, Syrie, Egypte, Libye, Mali, etc. Rien n’échappe à son périscope. « Mais dans les faits, il s’agit d’un effet d’optique », tempère Jean-Pierre Filiu. Zaouahiri ne dirige pas grand-chose à part la filiale yéménite, Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA), née de la fusion des branches yéménite et saoudienne en 2009. « Ce sont les derniers orphelins de Ben Laden (dont la famille est originaire du Hadramaout, dans le sud-ouest du Yémen),explique Jean-Pierre Filiu. Ils entretiennent une relation filiale à la maison mère, dans tous les sens du terme. »
Les dirigeants d’AQPA sont en effet les derniers à avoir travaillé aux côtés du père fondateur. Ils sont nombreux, disciplinés, politisés, aguerris et savent mener conjointement un djihad local et des opérations d’envergure internationale. C’est l’artificier de génie d’AQPA, le Saoudien Ibrahim Hassan Al-Asiri, qui a conçu l’attentat manqué d’Umar Farouk Abdoul Mutallab, qui avait tenté de s’immoler à bord d’un vol transatlantique le soir de Noël 2009. Lui aussi qui a mis au point des cartouches d’imprimante piégées. C’est AQPA, aussi, qui édite le magazine en ligne « Inspire », vade-mecum du djihadiste mondialisé, fondé par le cheikh Anwar Al-Awlaki. Avant d’être tué par un drone américain en 2011, ce dernier avait radicalisé à distance le médecin militaire Malik Nadal Hassan, auteur de la tuerie sur la base militaire de Fort Hood, au Texas (13 morts en novembre 2009).
La capacité de nuisance d’AQPA est telle que les Etats-Unis ont fermé une vingtaine d’ambassades en août 2013 à la suite d’interceptions de communications entre Ayman Al-Zaouahiri et Nasser Al-Wahayshi, l’émir d’AQPA. Le contexte yéménite est favorable : un Etat faible, divisé et corrompu, un fort ancrage tribal, le repoussoir des frappes de drones américains.
La branche yéménite est la première à avoir tenté l’expérience de la « territorialisation » en s’emparant des provinces de Chabwa et d’Abyane de l’été 2011 à juin 2012. Pour ne pas apparaître en première ligne, AQPA a mis en avant une succursale intermédiaire locale intitulée Ansar Al-Charia (« les partisans de la charia »), qui a essaimé dans le sillage des révolutions arabes. « Les populations locales ont plutôt bien accueilli l’administration d’Al-Qaida, d’autant que l’organisation a fait preuve d’une certaine démagogie en supprimant les impôts qui frappaient les pêcheurs, par exemple, note Dominique Thomas. Mais quand l’armée yéménite est repassée à l’offensive avec l’aide de tribus locales, retournées et récupérées, en juin 2012, l’expérience a tourné à l’hécatombe. Elle a été très coûteuse en hommes et a nécessité la mise en place d’une administration. »
PAS DE MODÈLE DE GOUVERNEMENT TROUVÉ
Le bilan est mitigé : Al-Qaida n’a toujours pas trouvé la formule magique du modèle de gouvernement idéal. Etat ou califat, charia progressive ou immédiate ? Rien n’est tranché. Et, dès qu’Al-Qaida apparaît sur le devant de la scène, l’organisation s’attire une répression accrue.
Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a tenté la même expérience dans le nord du Mali de juin 2012 à janvier 2013, dans une relative improvisation. Et sans plus de succès, comme semble le révéler un long courrier (découvert par RFI et Libération) d’Abdelmalek Droukdal, le chef d’AQMI, réfugié quelque part en Algérie, qui reproche à ses troupes de n’avoir pas su « gagner les coeurs » des populations locales, ouvrant ainsi la voie à l’opération « Serval », qui a durablement décimé les rangs d’Al-Qaida.
AQMI est une réplique miniaturisée d’Al-Qaida : une nébuleuse (allant du Mujao à Boko Haram en passant par les Signataires par le sang et Ansar Eddine) dont le chef, très isolé, a le plus grand mal à contrôler ses troupes à distance, à commencer par Mokhtar Belmokhtar, un dissident exclu pour déviationnisme mafieux mais qui apparaît aujourd’hui, avec ses Mourabitounes, comme la principale force combattante sur le terrain. Pour Dominique Thomas, Al-Qaida pourrait être tentée par un « retour à la sanctuarisation » après les échecs de la « territorialisation ».
Tout dépendra de la tournure des événements en Egypte et surtout en Syrie, les deux fronts les plus prometteurs du djihad mondial. La Syrie, avec quelque 15 000 combattants répertoriés par les services de renseignement occidentaux, est l’avenir d’Al-Qaida. « Mais c’est aussi une terre de discorde », souligne Jean-Pierre Filiu. Les excès de l’Etat islamique en Irak et au Levant, qui réplique la dérive sanguinaire d’Al-Qaida en Mésopotamie sous la férule d’Abou Moussab Al-Zarkaoui de 2003 à 2006, sont en train de susciter un schisme au sein du mouvement qaidiste. En Irak, ils avaient provoqué, en réaction, la création des milices sunnites sahwa (anti-qaidistes).
Le modèle et l’idéologie d’Al-Qaida se répandent incontestablement, mais l’organisation n’en profite pas, incapable qu’elle est de nouer des coopérations, comme par exemple entre AQPA et les Chabab somaliens, présents de part et d’autre du détroit de Bab Al-Mandab. La branche somalienne, dont le chef, Ahmed Abdi Godane, a fait allégeance à Al-Qaida en 2012, n’a toujours pas été adoubée par Ayman Al-Zaouahiri. Le mouvement somalien s’est montré jusqu’à présent trop « local », trop rétif à accepter la direction des cadres d’AQCG présents dans la Corne de l’Afrique, Saleh Ali Saleh Nabhan ou Fazul Abdallah Mohamed, tués respectivement en 2009 et 2011 et impliqués dans les attentats de Nairobi et Dar es Salam en 1998. L’attaque du centre commercial de Westgate et son retentissement mondial pourraient changer la donne… si Al-Qaida parvient à surmonter son racisme antinoirs originel. L’une des blagues favorites d’Oussama Ben Laden consistait à dire à ses recrues trop sombres de peau :« Toi, quand tu te feras exploser, même les vierges ne voudront pas de toi au paradis, tellement tu es moche ! »
Pour Al-Qaida, l’alternative à la « territorialisation » est la politisation. Après les révolutions arabes, des cellules d’Ansar Al-Charia ont essaimé au Yémen, en Egypte, en Libye et en Tunisie. Ansar Al-Charia est d’ailleurs un des noms que Ben Laden envisageait pour rebaptiser Al-Qaida, trop élitiste. « Ansar Al-Charia correspond à une tentative de former une base sociale », résume Dominique Thomas. Un courant à droite des Frères musulmans et des salafistes, mais aussi un sas entre le fondamentalisme et le djihadisme. Un sas qui fonctionne dans les deux sens : le sort de l’Egypte constitue un test essentiel à cet égard. Autant Ansar Al-Charia a pu contribuer à politiser des jeunes tentés par le djihad avant la répression anti-islamiste menée par l’armée égyptienne depuis juillet 2013, autant il pourrait servir à drainer la jeunesse salafiste révoltée vers la violence terroriste dans les mois à venir. D’autant que la péninsule du Sinaï offre un terrain idéal à l’enracinement d’Al-Qaida : des tribus bédouines hostiles au pouvoir central, des armes en abondance, une répression aveugle et des années d’épanouissement du discours djihadiste.
 http://abonnes.lemonde.fr/international/article/2013/10/09/al-qaida-les-heritiers-de-ben-laden_3492324_3210.html

AQMI essaime dans tout le Sahara

AQMI essaime dans tout le Sahara

LE MONDE GEO ET POLITIQUE |  •  Isabelle Mandraud
Abdelmalek Droukdal, l'émir d'AQMI.
 AQMI recrute. En quelques mois, l’organisation djihadiste Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a perdu plusieurs de ses dirigeants. L’un de ses chefs militaires les plus emblématiques, Abou Zeïd, a été tué lors de l’intervention militaire franco-africaine dans le nord du Mali au mois de février. Des centaines d’autres combattants ont péri sous les bombardements. Deux mois auparavant, en décembre 2012, le porte-parole d’AQMI, Salah Gasmi, alias Abou Mohamed Salah, avait été arrêté à Bouira, en Kabylie. Pour compenser ces lourdes pertes, AQMI bat le rappel dans toute l’Afrique du Nord.
Le 12 septembre, l’organisation djihadiste a diffusé sur son site de propagande Al-Andalus une longue vidéo qui prend pour cible, pour la première fois, le roi du Maroc. Le message est explicite : « Au lieu d’émigrer en patera , les jeunes doivent émigrer vers Allah », y déclare Abdelmalek Droukdal, alias Abou Moussab Abdelwadoud, 43 ans, l’émir d’AQMI. Depuis que ce dernier a fait allégeance, en 2006, à Oussama Ben Laden, donnant naissance l’année suivante à Al-Qaida au Maghreb islamique, l’organisation djihadiste d’Afrique du Nord n’a pas cessé d’évoluer, générant à son tour des groupes affiliés.
INTERNATIONALISATION DU MOUVEMENT
Ses racines sont algériennes. Les confrontations régulières avec l’armée ont cependant contraint les fondateurs d’AQMI, tous issus du Groupe islamique armé (GIA) puis du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), à chercher refuge ailleurs. De la Kabylie, où Abdelmalek Droukdal se trouverait toujours, les islamistes radicaux algériens ont ainsi commencé à investir le nord du Mali dès le début des années 2000. Un territoire immense, et stratégique. Dans un document daté du 20 juillet 2012, trouvé à Tombouctou par deux reporters de Libération et RFI et rendu public dans ces deux médias le 6 octobre, Abdelmalek Droukdal décrit l’Azawad (territoire revendiqué par les Touareg) comme le berceau d’un « Etat islamique ». Il donne ses « directives »pour éviter les « excès » qui pourraient nuire à ce projet, comme les « politiques insensées » menées par des groupes – destructions de mausolées, châtiments corporels – responsables du rejet des populations. Il prône les bonnes relations avec les Touareg.
Bien que les principaux dirigeants d’AQMI restent originaires d’Algérie, de nombreuses nationalités ont ainsi peu à peu rejoint l’organisation. Les Mauritaniens, dont l’un, Abderrahmane, alias Thala, membre d’AQMI depuis 2006, vient d’être promu à la tête de la katiba Al-Fourghan, ont été les premiers. C’est par leur entremise, notamment, que les contacts ont été noués avec des médias privés mauritaniens devenus les principaux pourvoyeurs d’informations sur AQMI, qu’il s’agisse des preuves de vie d’otages ou de revendications. C’est par ce biais que Mokhtar Belmokhtar, autre figure « historique » d’AQMI, a revendiqué l’assaut meurtrier, le 16 janvier, contre le site gazier de Tigantourine, dans le Sud algérien, mené par un commando de djihadistes composé de dix nationalités…
SCISSIONS
Les alliances nouées ont favorisé le développement de brigades et l’émergence de nouveaux groupes, au point de créer la confusion. Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), apparu en 2011, a été présenté comme une scission d’AQMI, et la brigade des Signataires par le sang de Mokhtar Belmokhtar comme une dissidence, avant que ces deux groupes n’annoncent leur fusion dans une entité baptisée Al-Mourabitoune. Malgré les divergences, l’autorité d’AQMI, bien que fragilisée, perdure.
L’organisation djihadiste tente d’élargir son audience. Le terrain s’y prête : l’affaiblissement des Etats après les « printemps arabes » lui offre de nouveaux horizons. Des connexions ont été établies dans le Sud libyen. En Tunisie, un groupe baptisé Oqba Ibn Nafi, implanté sur le mont Chambi, à la frontière avec l’Algérie, aurait fait allégeance à AQMI. Les salafistes tunisiens d’Ansar Al-Charia ne sont pas loin. Sous la direction d’Abou Ayad, ils prônent, comme l’émir d’AQMI, la prédication. Pour commencer.
 http://abonnes.lemonde.fr/international/article/2013/10/09/aqmi-essaime-dans-tout-le-sahara_3492326_3210.html

vendredi 27 septembre 2013

Niger : un autre maillon faible dans le Sahel ?

Niger

Niger : un autre maillon faible dans
le Sahel ?

Rapport Afrique N°208, 19 septembre 2013

Les premiers attentats-suicides sur des cibles militaires et minières, suivis d’une évasion violente à la prison de Niamey, posent avec une acuité nouvelle la question de la stabilité du Niger, pays fragile dont le voisinage immédiat est particulièrement tourmenté.

dimanche 18 août 2013

L'Etat algérien organise le massacre des Touaregs

 

Des attaques sauvages visant la communauté touarègue à Borj Mokhtar, une ville qui se trouve sur le territoire de l’État algérien, ont été organisées selon toute vraisemblance par les services de renseignements algériens.


Dans un quartier touareg à Borj, le 14 août 2013. APS

Les médias parlent de six morts entre mardi 13 et jeudi 15 août dans des affrontements qui opposent des Maures (ou Arabes) et des Touaregs dans la ville de Borj Mokhta. Il s’agit du bilan que donnent les autorités algériennes.

Pour le wali d’Adrar, Ahmed Abdelhafidh Saci, ce conflit, qu’il qualifie de tribal, "a été provoqué par la tentative d’un individu de voler un magasin, avant que la situation ne dégénère en échauffourées entre les proches du propriétaire du commerce et ceux de la personne impliquée dans la tentative de vol".

L’explication semble trop légère. Comment croire qu’un simple conflit suite à une tentative de vol puisse dégénérer de la sorte et dans une ville frontalière très militarisée où la gendarmerie a élu domicile au sein même de la ville dans laquelle est installée également une caserne de l’armée. Par ailleurs, cette ville regorge de policiers en civil qui assurent un contrôle draconien de la population. Il est d’ailleurs difficile à un étranger à la ville de passer inaperçu et échapper à l’œil vigilant des policiers algériens.

La vérité est que ces affrontements ont été provoqués par les autorités algériennes et ce n’est pas sans lien avec la situation dans l’Azawad. Tous les témoignages que nous avons eus et les personnes que nous avons contactées par téléphone sur place à Borj ou à In Khalil ou encore à Kidal s’accordent à dire que ce sont les autorités algériennes qui sont derrière ces membres de la communauté arabe qui se sont attaqués aux Touaregs et leurs biens. L’armée algérienne a eu même à assister et protéger les assaillants.

Tout a commencé lorsqu’un Touareg proche du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a été tué par des jeunes Maures [1] à bord d’un véhicule mardi à Borj Mokhtar. Lorsque les Touaregs se sont rendus au cimetière pour l’enterrement du jeune homme, les jeunes maures les ont attaqués dans l’enceinte même du cimetière, ce qui a poussé les Touaregs à se défendre. Et c’est là que les affrontements violents entre les deux communautés ont commencé sans que les forces de la police algérienne interviennent. Les Touaregs ont pourtant fait appel aux autorités algériennes afin qu’elles interviennent, mais ces dernières ne sont non seulement pas intervenues mais elles ont protégé les Maures et les ont assistés. Des grenades lancées sur les maisons de Touaregs auraient été fournies par les militaires algériens.

Même El-Watan, un quotidien algérien connu pour être le porte voix du DRS sur les questions internationales et sécuritaires, pour reprendre le jargon algérien, a rapporté dans son édition du 16 août que lorsque des Touaregs de Borj se sont plaints aux gendarmes algériens, ces derniers ont refusé de leur apporter assistance et leur ont dit d’aller demander de l’aide à la France ou au Burkina-Faso. France Inter, quant à elle, parle de "forces de sécurité mises en cause" et rapporte que plusieurs habitants affirment que la gendarmerie aurait mis plus de douze heures avant d’intervenir. France Inter rapporte également que, selon certains, la gendarmerie algérienne aurait eu tendance à protéger en priorité les populations des tribus arabes.

Les autorités algériennes et la presse parlent d’un clame précaire alors qu’en réalité les affrontements et les destructions continuent toujours. Le bilan est beaucoup plus lourd que ce que déclarent les autorités algériennes. Au samedi 17 août matin, la communauté touarègue a enregistré 7 victimes et des dizaines de blessés. Dans les rangs de la communauté maure, il y aurait une trentaine de victimes. Les quartiers touaregs ont subit des dégâts considérables.

Mais quel intérêt ont les Algériens à susciter ces affrontements ?
- Alger tient à reprendre son rôle de premier plan dans le dossier de l’Azawad.
Les négociations entre le MNLA et l’État malien sont restés au travers la gorge au régime algérien. En effet, Alger n’a pas supporté l’attitude du MNLA qui a, depuis janvier 2012, refusé de répondre aux appels d’Alger qui s’st proposé d’organiser les négociations entre les différentes parties en conflit au sujet de l’Azawad. Pire, le MNLA a fait savoir son refus de voir l’État algérien jouer les premiers rôles dans ces éventuelles négociations. Les Algériens qui considèrent toujours que l’Azawad est leur chasse gardée ont sans doute mal pris ce affront qui leur est fait. C’est l’une des raisons d’ailleurs qui on conduit Alger à renforcer la présence d’AQMI dans l’Azawad essayant par la même de neutraliser le MNLA tout en imposant Ansar-Dine. Et la conclusion des accords de Ouagadougou n’ayant pas associé Ansar-Dine qui devait représenter les intérêts d’Alger, n’a fait exacerber la colère des Algériens à l’égard des Touaregs et du MNLA.

Un autre fait vient conforter la thèse de la manipulation algérienne dans ce qui se passe à Borj. Lorsque, le jeudi 15 août, des éléments du MNLA ont attaqué les positions d’AQMI, du MUJAO et une frange du Mouvement des Arabes de l’Azawad (MAA) [2] qui n’est en réalité qu’un relais de ces mouvements islamistes, à In Afaregh, sur le territoire de l’Azawad, à quelques kilomètres de Borj, ces derniers se sont retranchés dans le territoire de l’État algérien sans qu’ils soient inquiétés. Cela montre la complicité qu’il y a entre ces terroristes et les autorités algériennes. Mais plus encore, ce mouvement de troupes qui se produite sur les lieux mêmes où on lieu des affrontements mortels sans que les forces dites de sécurité algériennes réagissent, cela montre que tout cela est lié et que ces groupes terroristes sont impliqués dans les événements de Borj. Nos sources à Borj nous assurent d’ailleurs que les Maures auteurs des attaques contre les Touaregs à Borj seraient des éléments d’AQMI et du MUJAO engagés pour cette mission et nombre d’entre eux seraient venus d’ailleurs. Il est d’ailleurs surprenant que la communauté maure se découvre subitement une fougue guerrière...

En effet, les Algériens reviennent assez souvent par là où on ne les attend pas. Le dossier de l’Azawad est loin d’être clos pour la junte algérienne qui n’acceptera jamais qu’elle en soit écartée. Avec ce conflit ethnique que les Algériens viennent d’organiser à Borj et qui a de fortes chances d’être exporté dans l’Azawad, Alger compte réorienter les futures négociations prévues entre les Mouvements de l’Azawad et l’État malien de sorte à ce que d’autres acteurs, qui ne seront que les portes paroles d’Alger, s’inviteront aux négociations. Mais les Algériens comptent aussi s’imposer dans ces négociations en prétextant du fait que le conflit dans l’Azawad a des conséquences sur le territoire algérien ce qui légitimerait leur implication. Et lorsqu’on sait que le nouveau président malien (je veux dire le nouveau gouverneur de Paris à Bamako) est un pro-algérien, l’on peut imaginer les calculs d’Alger pour s’inviter à la gestion du dossier de l’Azawad dont elle a été écartée jusque-là.

- Mais le régime algérien n’a jamais abandonné son projet d’arabisation et d’islamisation totales des populations qui y résistent. C’est donc un nettoyage ethnique que le régime algérien est entrain de planifier.
Oui, sinon comment expliquer cette indifférence des militaires algériens devant cette violence meurtrière à laquelle sont exposées les populations touarègues de Borj Mokhtar. Encerclées depuis quatre jours, attaqués par des grenades et bombes lacrymogènes jour et nuit. La quasi-totalité de leurs biens ont été saccagés et brûlés. Les Touaregs qui se réfugient dans les locaux de la gendarmerie pour échapper au lynchage des Maures, ils sont arrêtés par la gendarmerie et considérés comme des assaillants alors qu’ils en sont les victimes. Les blessés Touaregs ne sont pas soignés. Les populations encerclées manquent de tout y compris de l’eau et personne ne leur vient à l’aide. Pire encore, les gendarmes qui encerclent les quartiers touaregs empêchent l’accès à ces quartiers ce qui rend toute aide impossible. Et comment croire que dans une ville qui compte des dizaines de milliers de militaires, les autorités ne puissent pas assurer la sécurité des habitants ? Comment expliquer que les assaillants utilisent des moyens assez sophistiqués comme les bombes lacrymogène ?
Ce que les autorités algériennes sont entrain de faire à Borj n’est que le prolongement de cette politique d’arabisation et d’islamisation par tous les moyens de cette Terre amazighe. Le but recherché est de pousser les Touaregs qui résistent encore à l’arabisation (il faut dire que l’islamisation est presque achevée !) à quitter la ville et aller dans la brousse.
C’est dans ce contexte que, si l’on croit ce que rapporte e site touareg Toumast Presse, les autorités algériennes auraient destitué le Maire élu de la ville, Akli Ag Imale, qui est bien entendu touareg. Un autre touareg, le commandant de la commune, Marmori Amoumine, aurait été également démis de ses fonctions. C’est une guerre anti-touarègue à laquele se livre l’Etat algérien.

Ce nettoyage ethnique à huis-clos organisé par les autorités algériennes ne fait pas réagir la communauté internationale qui prétend être sensible aux droits de l’Homme. La France très présente dans la région, notamment depuis l’opération Serval dans l’Azawad, ne semble pas inquiétée outre mesure par ce drame humain que vivent les Touaregs de Borj. Et ce n’est, bien entendu, pas l’AFP qui va informer l’opinion sur ce drame.

Dans ces conditions, il nous appartient, à nous Amazighs, d’agir et de ne pas laisser nos frères Touaregs à Borj se faire tuer en silence. Nous avons le devoir d’être solidaires avec eux et de faire en sorte que ce drame qu’ils vivent cesse. Nous n’avons pas le droit de les abandonner à ces barbares décidés à les éradiquer.

Masin Ferkal.
Notes

[1] Les Maures s’appellent aussi “Arabes”. Ce sont comme tous ces Berbères d’Afrique du Nord qui se sont arabisés, notamment par l’islamisation, et qui, par ignorance, pensent qu’ils sont descendants d’Arabes venus d’Arabie Saoudite.

[2] En réalité, le MAA est un mouvement sans aucune base. Tout comme Ansar-Dine, il a été impulsé par Alger afin de fausser les cartes dans l’Azawad et le mettre dans les pattes du MNLA, ce qui explique les liens entre le MAA et l’ensemble des mouvements islamistes et terroristes de la région. Par ailleurs, une frange du MAA semble échapper au contrôle d’Alger puisque des membres du MAA ont signé avec le MNLA et le HCUA un protocole d’entente à Nouakchott, le 5 août 2013, pour aller avec un projet commun aux négociations prévues avec les nouvelles autorités de Bamako au sujet de l’Azawad.
http://www.tamazgha.fr/L-Etat-algerien-organise-le.html
Source: 
Tamazgha.fr
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Dans le sud de l’Algérie, les affrontements tribaux continuent

 

Dans le sud de l’Algérie, les affrontements entre communautés arabe et touarègue se sont poursuivis pour le troisième jour consécutif dans la ville de Bordj Badji Mokhtar, ce vendredi 16 août. Le bilan s’alourdit et l’intervention des forces de sécurité suscite les premières critiques.
Dès le vendredi 16 août au matin, les affrontements entre les deux tribus ont repris. Et juste après la prière de la mi-journée, ils ont redoublé de violence. Trois personnes sont mortes, des voitures ont été incendiées.
Selon des témoins, des membres du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) ont participé aux combats. Dans la journée, de nouvelles troupes de l’armée algérienne se dirigeaient vers la ville.
Des membres du MNLA et du MAA sont parties prenantes du conflit, selon des témoins.
Des membres du MNLA et du MAA sont parties prenantes du conflit, selon des témoins.
AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD
Jusqu’à présent, ni la gendarmerie, ni les forces spéciales n’avaient réussi à maintenir le calme dans la ville. Les forces de sécurité ont arrêté 40 personnes dans la journée de jeudi. Mais la population réclame désormais la démission des autorités locales et du responsable de la caserne de la gendarmerie.
Si les affrontements étaient à la Une du journal El Watan ce vendredi matin, les médias officiels n’ont pas évoqué les violences en cours. Mais ce qui intrigue certains spécialistes de la zone, c’est que les forces spéciales algériennes ont été envoyées d’Alger, alors que depuis le début de la crise malienne, des unités d’élites sont postées à proximité des villes comme celle de Bordj Badji Mokhtar, et qu’elles possèdent des avions de chasse et des hélicoptères.
http://www.rfi.fr/afrique/20130816-sud-algerie-affrontements-communaut%C3%A9-touareg-arabe-bordj-badji-mokhtar

vendredi 16 août 2013

L’élection présidentielle au Mali, équation à plusieurs inconnues tant attendue

Issàlan Ahàrodj


www.electionmali.com
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Le 28 juillet les autorités maliennes attendent un vote en masse des électeurs de Kidal. C’est un droit reconnu pour chaque citoyen. Petit problème: les habitants de Kidal et des alentours sont des citoyens qui ont toujours été considérés  par les différents gouvernements en place comme des citoyens de seconde zone…
Les conditions sont très loin d’être propices pour la tenue d’une élection sur toute l’étendue du territoire. Particulièrement à Kidal, ce que confirme ce passage du communiqué de presse du PARENA de M. Tiébilé Dramé,  candidat de l’Alliance Populaire pour la Renaissance Nationale :« L’établissement des listes électorales dans la région de Kidal, qui s’est fait en quelques heures dans la journée du 10 juillet de manière illégale, est loin d’assurer le vote, pourtant essentiel, des habitants de Kidal. Ce qui s’est passé ici le 10 juillet n’a été qu’une mise en scène, parce que la DGE avait exigé d’avoir les listes de Kidal au plus tard le 11 juillet, faute de quoi, elle ne pourra pas garantir la tenue de l’élection le 28 juillet. »
La fraude, la corruption  et le bourrage des urnes sont les actes les plus fréquents lors d’une élection au Mali. Ce n’est un secret pour personne.
Le cas de Kidal
Pour les populations nomades de la région, l’élection du Président de la République ne les concerne pas directement, et celui qui sera élu ne viendra pas un seul jour sur place pour se préoccuper de ce qu’elles vivent.Comme d’habitude.
C’est seulement pendant les  campagnes  électorales qu’on s’intéresse à elles. La population sait d’avance que c’est un certain Keita ou un Sissoko qui sera élu et non pas un Ag (fils de… en Tamasheq) ou un Ould (fils de…  chez les arabes). De toute l’histoire de ce pays on retiendra que le vent a toujours soufflé dans une seule et unique direction. L’impossible n’est plus malien.
La sagesse de tous les jours, ou un simple pragmatisme des nomades les fait se passionner pour des élections communales ou législatives, mais une élection présidentielle est trop lointaine ou peu concrète. Ceux qui se déplaceront le feront pour faire plaisir aux représentants de ces candidats sur place, pour faire le « boulot ». Il va falloir leur offrir un moyen de déplacement et leur faire des promesses pour le plus souvent mensongères sinon elles ne bougeront pas d’un iota le jour du scrutin. Les nomades ont des priorités plus urgentes que d’aller en ville à Kidal pour voter, en ces périodes de ramadan et de chaleur extrême, leurs bêtes doivent boire et avoir de quoi se nourrir, et c’est cela la priorité. Il faut être bien naïf ou cynique pour demander à ces populations de quitter leur campement en brousse pour venir voter en ville dans un tel contexte. D’habitude, il y a des bureaux de votes itinérants qui vont à la rencontre des populations nomades au niveau des endroits des grands regroupements, le plus souvent autour d’un puits.
Cette année, le contexte ne le permet pas, tout comme l’organisation de ce scrutin qu’on veut finaliser coûte que coûte sur toute l’étendue du territoire. Les partenaires du Mali, qui coulerait sûrement sans eux, ne lui donnent pas une seconde pour prendre le temps nécessaire afin d’organiser des élections dignes de ce nom.
La classe politique malienne n’aurait pas l’honnêteté intellectuelle de dénoncer de telles incohérences, et les faiblesses de ce scrutin ne finiront pas de faire parler de lui, celui que la France impose à marche forcée. Une note de l’OSIWA souligne ce silence de la classe politique :
« La majorité des acteurs politiques maliens – les candidats notamment – par leur silence sur les multiples insuffisances du processus et par l’état de leur préparation à y participer donnent l’impression d’adhérer au processus électoral tel qu’il est actuellement conduit. Cependant, il est peu probable qu’ils soient tous disposés à en accepter les résultats quels qu’ils soient, comme on a pu le voir ailleurs dans la sous-région. Bien au contraire, les « recalés » seront les premiers à rappeler toutes les faiblesses du processus, pourtant actuellement bien visibles, et à s’en servir pour contester les résultats. »
Espérons que des urnes et du matériel électoral ne disparaîtront pas trop d’ici dimanche.