mercredi 5 novembre 2014

Mali: les Touaregs ont-ils droit à l'autodétermination ?



Les «hommes bleus»CARO ERIC/SIPA

La question touareg, enjeu majeur pour l'avenir du Mali

Le conflit territorial au Mali, survenu à la suite du coup d’État du 22 mars 2012, a rappelé les profondes tensions communautaires qui perdurent, depuis des décennies, dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. Si cette ancienne colonie française, devenue indépendante depuis 1960, regroupe plusieurs ethnies au sein de ses frontières, la question des revendications du peuple touareg, présent au nord, demeure un enjeu majeur pour la stabilité du pays et la source de nombreux conflits armés et traités de paix ces dernières décennies.
Ce peuple nomade du Sahel, basé entre le Niger, le Mali, le Burkina Faso, la Libye et l’Algérie, a vu ainsi la division de son territoire historique actée lors des indépendances des pays de l’Afrique de l’Ouest. Et s'estime, depuis lors, méprisé par le pouvoir central à Bamako. Plusieurs mouvements touarègues, dont le MNLA (Mouvement National de Libération de l'Azawad), ont ainsi pour revendication principale l'autonomie de l'Azawad, la région historiquement habitée par les Touaregs au Mali.
Un temps liée, pour des raisons stratégiques, aux groupes jihadistes dans la conquête du Nord Mali, la rébellion touarègue qui se veut laïque s'est rapidement retournée contre eux, après avoir perdu le contrôle des grandes villes. Et propose aujourd'hui d'assister l'armée française pour reprendre le contrôle d'un désert de 220 000 kilomètres.
De l'avis de nombreux observateurs, le pays – en proie à une crise multiple (politique, religieuse, raciale et sociale) – ne peut maintenir son unité nationale sans une meilleure intégration politique du peuple touareg et la reconnaissance de ses droits culturels. Une démarche rendue difficile par le climat actuel extrêmement tendu. Beaucoup de Maliens considèrent ainsi leurs concitoyens, d'origine touarègue, comme les principaux responsables de la montée en puissance des «terroristes» dans le pays.
Une solution politique durable est-elle envisageable sans la participation des mouvements nationalistes touarègues ? Une partition du Mali est-elle inévitable? Les Touaregs ont-ils droit à l'autodétermination ?
Masquer

Photo de Abdenour AdidetNON
Abdenour Adidet 

La solution réside dans le fédéralisme et l'autonomie.

La solution réside dans le fédéralisme et l'autonomie.

Le séparatisme et le micro-nationalisme ne sauraient constituer une solution moderne, pérenne et faisant droit à chacun de vivre selon sa tradition dans une société ouverte.
La réponse se trouve certainement du coté du fédéralisme, du principe de subsidiarité et l'autonomie.
L'indépendance ne peut s'envisager que dans le cadre de communauté historiques séculaires, adossée à une tradition étatique solide, au risque sinon de créer un "malistan" au coeur de la région Eurafricaine.
J'y reviendrais plus longuement.
http://www.mesdebats.com/monde/1875-mali-les-touaregs-ont-ils-droit-a-lautodetermination/42857-la-solution-reside-dans-le-federalisme-et-lautonomie

Mali unitaire à gestion fédéraliste : occasion ratée ?

Mali unitaire à gestion fédéraliste : occasion ratée ?

MessagePosté par Marcel MONIN » 21 Fév 2013, 17:36
Mali unitaire à gestion fédéraliste :  l'occasion ratée par la classe politique ?

Avenirs Afrique Europe

Forum sur les problèmes politiques et économiques entre l'Afrique et l'Europe

Marcel-M. MONIN
M. Conf. hon. des Universités.
Docteur d'Etat en droit.
consultant.



La manière dont la classe politique de Bamako raisonne, fait penser au comportement des plaideurs dans les procès qu'ils se font.  Lesquels s'imaginent que ce qu'ils soutiennent devant le juge, soit qu'ils y croient, soit qu'ils aient déformé ou inventé les faits, pourra être pris pour argent comptant !

Dans l'affaire du conflit de l'Azawad, ladite classe politique sudiste choisit, s'agissant des Touareg, ce qui l'intéresse pour expliquer qu'il faut s'agripper à l'existant.  
Sans qu'elle se  demande un seul instant si les Touareg n'ont pas, d'aventure, d'aussi "bonnes raisons"  de vouloir le contraire. 
Alors qu'en réalité, si l'on observe les choses à la manière dont le juge examine le dossier de chaque partie, les Touareg alignent des raisons en nombre aussi important que les précédents, de ne plus vouloir supporter l'existant.
Et puis une même personne peut être indifféremment qualifiée de "rebelle" ou de "résistant", "d'assassin" ou de "héros". Comme les uns parlent d' "opérations de maintien de l'ordre" tandis que les autres parlent de "guerre de libération" . Comme les uns et les autres veulent qu'il leur soit rendu une justice opposée.  Ca dépend de l'endroit d'où l'on voit les choses. Ca dépend de ce qu'on a subi. Ca dépend de l'idée que l'on a de l'avenir. 

Au Mali, les faits auront été têtus, et les politiciens peu avisés (1) . 

Les Touareg n'ont jamais admis d'être gouvernés par les Maliens du sud. Ce fait est attesté par ce que les gens du sud appellent des "rébellions", lesquelles se sont répétées. En dépit des "répressions sauvages" / "opérations de maintien de l'ordre" (2). En dépit des "accords" d'Alger ou d'ailleurs. En dépit des "plans" concoctés par les gens de Bamako, et autres projets de  "développement" de "décentralisation" censés apporter le bonheur aux Touareg, mais qui ont  apporté pas grand chose ou rien du tout. (Ce qui rappelle au passage que les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent). 
Le fait que les mêmes Touareg ont réussi à chasser il y a quelques mois les troupes du gouvernement de Bamako, le fait que les soldats d'origine Touareg incorporés dans l'armée du Sud ont immédiatement rejoint les troupes du Nord dès le déclenchement du conflit,  le fait que les Touareg ont réussi à proclamer la création d'un nouvel Etat …  n'ont pas fait réfléchir non plus (3).   

Les politiques meublant l'actuel gouvernement transitoire, s'appuyant sur leurs relais, mettent "dans le même sac", les Touareg et les " Musulmanistes" , ces activistes de l'Islam revu et corrigé.  Et, pour couronner le tout, ils déclenchent des poursuites judiciaires contre les dirigeants du mouvement et des institutions provisoires touareg (au même titre que les poursuites qu'il engage contre les preneurs d'otages ou les coupeurs de mains ou de pieds). 
Cela confirme, s'il en était besoin, la cécité de la classe politique sur le concret. L'absence de réflexion et d'analyse prospectives. L'oubli qu'on ne va pas contre le sens de l'histoire. (Rappelons nous la croyance schizophrène induite par le slogan  - mais combien astucieux pour ceux qui y avaient intérêt-  "l'Algérie, c'est la France"). 

Avec ce risque que la classe politique de Bamako conduise en définitive les Maliens, du sud comme du nord, dans des tracas, des peines et des drames inutiles. Alors que les Maliens dans leur ensemble auraient pu,  vraisemblablement trouver leur compte dans une solution politique qui aurait donné satisfaction à tout le monde. .  
Solution  qui  existait virtuellement puisque les Touareg se "contentaient" , il y a peu, d'une solution de type fédéral.

Nous soutenions  dans un précédent article que la solution "fédérale" pouvait être étudiée. Et, compte tenu de l'acceptation par les Touareg d'un Mali non démembré, nous en venions à penser que cette solution de conciliation, de concorde et de paix  aurait du être étudiée. 
Nous le maintenons (4).

Evidemment pas en important tel quel un modèle de fédéralisme extérieur,  en le plaquant artificiellement et stupidement sur la réalité malienne. Comme un emplâtre sur une jambe de bois. D'ailleurs quel fédéralisme aurait-il fallu …tirer au sort ? Le fédéralisme suisse (que nous n'avons cité que pour faire allusion au fait qu'il a mis fin aux guerres entre les "cantons") ? le fédéralisme des USA ? d'Allemagne ? du Brésil ? d'Inde ? ou d'ailleurs ? Absurdité !

Ce qui n'est en revanche pas absurde, c'est de constater que la construction d'un Mali autour de ce concept (Mali "fédéral" ou "fédératif"), aurait eu un effet immédiat.   Celui de purger les rapports entre les populations de toute connotation de domination, d'oppression, d'inégalité et d'injustice. Et celui de geler des ressentiments croisés (5).

De cette valeur attachée aux concepts et aux mots qui les expriment aurait pu découler un état d'esprit (nouveau) pouvant agir de manière positive sur les relations entre les composantes. Parce que les mots sont toujours chargés d'un sens, et peuvent , en fonction du contexte, provoquer  des  réflexes.
Une rédaction nouvelle des institutions aurait pu donner naissance à la vision d'une  "coopération" et d'une complémentarité . 
Au lieu que les uns continuent à prétendre vouloir gérer unilatéralement, au jour le jour, et mal, les antagonismes et les frustrations (en oubliant et occultant qu'ils en sont en partie responsables).  En invitant la population à prier le Ciel pour qu'ils ne s'exacerbent pas. 
Et au lieu que les autres aient le sentiment exaspéré de subir et attendent un (nouveau) moment propice pour organiser la délivrance et respirer la justice.

Et puis, quel inconvénient y aurait-il eu à changer de vocabulaire ?  Et à être intelligent sur le choix des mots.
La République française est bien (depuis 2008) un Etat "unitaire, dont … l'organisation est décentralisée"  . Dans le genre formule "carpe lapin" , le Mali aurait pu être un Etat unitaire dont l'organisation ou les institutions auraient été  "fédérales" ou "fédératives". 
Les termes de "gouverneur" ou de "premier ministre", raisonnent mieux  que  "président de conseil général".  Parler  "d'assemblée législative", de "chambre des représentants", de "parlement", évoque une responsabilité qui dépasse en "importance" symbolique l'activité  d'un simple "conseil territorial".  Appeler  "constitution" le document qui règle le fonctionnement des institutions locales, donne plus de relief à ce qui est en réalité une sorte de  "règlement intérieur" (6).

Quel inconvénient y aurait-il eu à établir une répartition réaliste des compétences ? Plus adaptée aux besoins locaux que ne le peut l'importation et la copie par des "pauvres" des concepts et des méthodes de la "décentralisation" telle qu'elle a été conçue pour des riches vivant ailleurs.
Quel inconvénient   - à  ce que des lois s'appliquent partout au Mali, mais que certaines lois particulières, dans le respect des principes communs, régissent certains aspects de la vie de populations particulières  (7) ? Dont l'histoire, les coutumes, le mode de vie, la langue ne sont pas les mêmes que ceux autres. 
Quel inconvénient  à ce que les droits des minorités (populations non Touareg dans les territoires sous administration fédérée / fédérative touareg) soient réservés et protégés ? 
Quel inconvénient  à ce que les entités gèrent les questions concernant directement les populations qui en relèvent en trouvant les ressources pour les financer ? Notamment par l'exploitation des richesses du sous-sol. Avec, évidemment la mise en place d'un mécanisme de péréquation  pour que l'abondance à un endroit ne fasse pas injure au dénuement subi ailleurs.
Quel inconvénient à ce que que deux fonctions publiques se partagent la gestion des services publics, et assurent chacune sur son aire géographique, la sécurité des personnes contre les criminels ou les illuminés dangereux ? Et collaborent quand il y a lieu ?-  à ce qu'un policier ou un militaire local, soit également membre de la police et de l'armée commune ?
Quel inconvénient  à ce que les citoyens paient des impôts et des taxes, à l'échelon national ou à l'échelon local, selon qu'ils bénéficient d'un service national ou d'une prestation locale ?
Quel inconvénient  à ce que certains élus représentent l'ensemble des individus et que d'autres se réunissent pour discuter (autour d'une table et non plus à coup lance roquettes) des rapports entre les entités ?
Quel inconvénient  à ce les litiges et difficultés soient traités par une cour de justice commune, mais dont les membres seraient indépendants des uns et des autres ?
Surtout que  l'équilibre qui aurait été ainsi arrêté, pouvait commencer par être expérimenté pendant une certaine durée.  Le temps que les parties apprennent à se regarder autrement, et apprennent à répondre aux besoins des populations. On ne mange peut-être pas la même chose au nord et au sud du Mali. Mais au nord et au sud, chaque enfant, chaque femme, chaque homme a besoin de manger.  Et en a le droit. Et on est loin du compte. Quand chacun mangera à sa faim, quand chacun respectera l'autre,  la forme de l'Etat importera  moins. Le temps que chaque partie observe si l'autre joue le jeu du respect mutuel et de l'intérêt général.

D'ailleurs,  force est de constater que la notion d'autonomie et d'indépendance ont, en dehors des questions du rapport entre les individus d'un groupe et ceux d'un autre groupe (8), une portée singulièrement limitée.

Observons :

D'abord, les Etats eux-mêmes (unitaires ou fédéraux) ont perdu leur indépendance essentielle. Puisqu'ils ont en général renoncé (ce sont certains de leurs dirigeants qui l'ont fait) à battre monnaie, qu'ils ont accepté dans la foulée de vivre avec des emprunts. Et qui acceptent (les successeurs) les directives sur la manière de gouverner et le contenu de leur politique, lesquelles ont été  inscrites dans les traités, ou qui figurent, dans la même logique et à l'identique, dans chaque  plan d'ajustement structurel. Ou qui ont choisi de s'incliner devant la spéculation au lieu de l'empêcher. Se croire "indépendant" est devenu un peu … subjectif ! (9)

Les dirigeants des Etats (c'est particulièrement visible avec les dirigeants des pays d'Afrique), ne le deviennent et ne le demeurent que s'ils sont les représentants de fait de dirigeants de sociétés ou de banques étrangères ou d'institutions internationales qui s'intéressent à ce qui peut et doit être fait dans chaque  pays. Pas forcément, à ce que l'on peut observer, pour l'intérêt des populations.

Et qu'un territoire soit indépendant ou qu'il s'insère dans un ensemble unitaire, fédéral ou décentralisé, ce qui se passe chez lui (un coup d'Etat au sommet ou une guérilla dans une partie du territoire) ont souvent des causes et un mode opératoire extérieurs. Lesquels donnent au concept de souveraineté un contenu relatif de ce point de vue également. 

Et puis, pour mener à bien des projets d'importance, l'indépendance externe comme  l'autonomie interne sont des obstacles ou des handicaps. Beaucoup de projets nécessitent l'abandon de compétences au profit d'un opérateur commun. A tous les niveaux. Avec le transfert de compétences vers une organisation internationale ou régionale,  ou un gouvernement fédéral, ou vers  un organisme de coopération inter collectivités territoriales (10) .

C'est un peu comme la séparation des pouvoirs  qui ne marche bien que pour autant que les pouvoirs séparés collaborent. 

C'est dire que la notion d'indépendance ou celle  d'autonomie ont, du point de vue  technique,  une portée en vérité assez limitée.  Ce qui compte est ailleurs.

Mais foin de tout cela pour l'instant !… 
… Concluons pour les mois à venir.

a)  les richesses sont sous sous les pieds des Touareg.  Et ce ne sont ni les Touareg ni les gens de Bamako  qui peuvent les exploiter. 
b) les politiciens de Bamako (suivis par les malins qui besoin de leur bienveillance et écoutés par les naïfs qui reprennent mécaniquement  les slogans qu'on leur souffle)  se sont illustrés par la corruption, mais n'ont pas brillé par leur réflexion. 
Et en s'en tenant aujourd'hui à des discours en boucle sur le pardon (11) , la réconciliation, la décentralisation (de demain qui serait -on ne sait pas pourquoi- meilleure que celle d'hier), la miséricorde divine et la bénédiction (on va voir combien de temps elle va durer) de intervention de troupes françaises, ils font une fois encore la démonstration qu' "on" ne peut pas compter sur eux pour maitriser (12) la situation dans l'avenir et pour garantir la sécurité et la durabilité de l'exploitation .  

Alors, ces faits qui sont connus de tous, donc  qui sont analysés par les grandes puissances, ne peuvent qu'engendrer les déductions suivantes : 
Soit "on" (l'exploitant étranger appuyé par son gouvernement) choisit un jour de traiter avec les Touareg (le cas échéant ça se prépare et c'est peut-être déjà en préparation comme "plan B") et c'est  à ce moment là l'indépendance de l'Azawad. 
Soit "on" traite (pour l'instant) avec les politiciens de Bamako.  Et on joue sur la situation de guerre d'intensité moyenne qui est inévitable ( progression de l'islamisme dur aggravée par le non règlement de la question Touareg). Donc, "on" installe une base militaire (13)  que les politiciens de Bamako accepteront en battant des mains, puisqu'ils la réclament  depuis un certain temps. 
Dans un cas comme dans l'autre …

Avec comme prédictions pour le futur des uns et des autres : 

Que vont faire les populations ? 
 - Prier afin que ce qu'elles n'auront toujours pas sur terre …  elles l'aient dans l'Au-delà.  Quand on n'a pas de médicaments, la prière est un excellent somnifère. 
Que va faire la classe politique de Bamako ?
 - Ce qu'elle fait d'habitude ! Mais, contrairement aux précédents … sans besoin de prier.  Puisque le Ciel veillera sans doute à ce qu'elle ne manque de rien ici bas. (14) 



MMM 

(1) Ce qui confirme un certain nombre de vérités pouvant être relevées par les "politicologues" : L'élection confère un poste. Mais pas plus.  Le mandat représentatif tel qu'il est pratiqué permet de faire ce qu'on veut . Pas forcément ce qu'il faut (et même d'agir contre l'intérêt des électeurs). Des mécanismes de responsabilité politique peuvent exister, sans que les politiques  les plus "nuls" ou les plus corrompus soient empêchés de faire carrière.  Le Mali ne fait pas exception. 
(2) Les Touareg nationalistes voulaient même, si l'on croit certains de leurs chefs, que Bamako répare les torts et préjudices  : par ex. taper sur You Tube "Zeidane Ag Siladamine, ex porte-parole des MFUA". Quant à la revendication de gouvernement séparé, on peut remonter loin : rappelons-nous la pétition adressée par le cadi de Tombouctou à De Gaulle sur la nécessité de prendre en compte des spécificités touareg dans le la question territoriale, l'appel de Mohamed Ali Ag Attaher el Ansari à son retour de la Mecque en 1959, la déclaration de Mohamed Mahmoud, Cadi de Tombouctou à l'assemblée du Soudan…
(3) Que les groupes islamistes ont pu se trouver ça et là aux côtés des Touareg et les ont  supplantés pour faire progresser l'Islam revu et corrigé ne change rien à l'essentiel.
(4) Et ce évidemment, indépendamment des analyses des Américains ( John Kerry comme Hillary Clinton), des Français, des Algériens, qui ne font peut-être pas qu'emboiter bêtement (inventent-ils  l'histoire et les faits ?) le pas des Touareg, ou de défendre  leurs intérêts (en ont-ils besoin ?) à travers ces derniers. Et évidemment sans considération (dans tous les sens du terme) pour la logorrhée des laudateurs  patentés ou intéressés des tenanciers du pouvoir. 
(5) En particulier, et pour reprendre les termes mêmes de ce qui est ouvertement dit :  celui résultant du fait que des "Noirs" ont en travers de la gorge d'avoir été réduits en esclavage par des "Blancs" ; et que des "Blancs" ont en travers de la gorge de s'être fait imposer d'être gouvernés par leurs anciens esclaves (. La déclaration précitée du Cadi de Tombouctou à l'assemblée nationale du du Soudan : "Nous les Blancs du Soudan, Touareg, Maures, Berabiches, nous n'accepterons jamais d'être placés sous le commandement des Noirs ( Bambaras, Sonrhaï) qui sont nos anciens esclaves. Nous ne pouvons admettre que les dirigeants noirs fassent établir un recensement des Bellah et des Haratin, ceci dans le but de les séparer de nous". 
(6) La réconciliation de termes ou de concepts anciennement opposés  (comme "la souveraineté -nationale- …. appartient -au peuple- ) est parfois fort utile. Quand il s'agit de montrer que l'on accepte de renoncer aux errements du passé. 
(7) En France, des délibérations de collectivités territoriales peuvent bien déroger à la loi commune. pourquoi pas au Mali pour ce faire ?
(8) Qu'est-ce qui pousse les peuples à vouloir être indépendants ou autonomes d'une manière ou d'une autre ? L'Histoire renseigne. C'est qu'ils paient trop d'impôts ou qu'ils ne reçoivent pas assez d'argent. C'est qu'ils ne veulent pas être commandés par un autre, qui a une autre couleur de peau (et qui en profite pour réduire l'autre en esclavage, ou le priver d'argent ou d'emplois publics ou privés) ou qui s'est installé chez lui. C'est que l'autre parle une autre langue (et qu'ils n'ont pas ou plus envie d'être contraints à la pratiquer et d'oublier la leur). C'est parce que l'autre pratique une autre religion (et qu'il s'ingénie à l'imposer).  C'est parce que l'autre s'est mal comporté dans des histoires récentes ou dans l'Histoire (et qu'il en résulte un ressentiment tel que le divorce s'impose) . C'est parce qu'il y a un magot à ne pas partager. Souvent, ces paramètres sont un peu mélangés. 
(9) v. sur avenirs Afrique Europe, notamment  "séparation des pouvoirs" " conflits d'intérêts, le rôle potentiel des juges", " le commerce de l'argent, jusqu'à où, jusqu'à quand ?", "un traité sur la séparation des pouvoirs ?"
(10) Comme en France où on a donné des compétences à peu près identiques aux communes, aux départements et aux régions .  Ce qui a nécessité la création de structures de coopération superposées (avec leur personnels, leurs locaux et leur matériel, qui doublent les personnels, les locaux, les matériels des collectivités territoriales, sans compter ceux les services de l'Etat qui demeurent avec des missions de gestion de certaines affaires sur la même aire géographique). 
(11) Qui doit demander pardon (v. note 1) ou qui va accepter d'accorder le pardon ? pour quoi exactement ? dans quel but et pour quelles suites ? Quid de la réconciliation : réconciliation pourquoi ? sur quelles bases  et à quelles conditions ?  
(12) Et on passe sous silence la manière dont sont gérés les conflits entre les porteurs de bérets militaires de couleur différentes.
(13) on sait en effet,  comment aider, via les accords dit de défense et l'installation de bases militaires, les politiciens locaux à bien se comporter. (On ne parle pas ici des populations). Avec en attendant, des troupes africaines pour sécuriser les villes, et les troupes françaises pour faire la chasse aux Musulmanistes. 
(14) Jusqu'au moment où, si l'entêtement des politiciens de Bamako devient insupportable aux Touareg -on ne voit pas de signes avant coureurs d'un miracle- , les puissances étrangères mettront  un terme audit entêtement si ce dernier leur complique les choses.
http://avenirsafriqueurope.forumprod.com/mali-unitaire-a-gestion-federaliste-occasion-ratee-t14.html

En Libye, de violents combats autour du port de Benghazi

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 03.11.2014 à 18h20 • Mis à jour le 03.11.2014 à 19h05
Abonnez-vous
à partir de 1 € Réagir Classer

De violents combats ont eu lieu, lundi 3 novembre, aux abords de la zone portuaire de Benghazi. Dans ce quartier, l'armée libyenne, appuyée par les forces de l'ex-général Khalifa Haftar, est passée à l'attaque contre les insurgés islamistes qui s'y sont retranchés, ont rapporté des habitants.

Un vieux navire de la marine libyenne a été touché lors de ces combats, qui ont engagé des avions et des chars de l'armée, ont rapporté des habitants.

Les forces spéciales de l'armée libyenne, appuyées par les hommes de Haftar, ont lancé voici deux semaines une offensive contre les islamistes présents dans Benghazi, dont ceux du groupe Ansar Al-Charia, tenu responsable par les Etats-Unis de l'attaque en 2012 contre le consulat américain de Benghazi, au cours de laquelle l'ambassadeur américain avait été tué. Cette offensive a fait au moins 250 morts.

Lire aussi (édition abonnés) : En Libye, la bataille reprend entre les factions armées de Benghazi

DES CIVILS PIÉGÉS DANS LA ZONE DES COMBATS

Plus tôt dans la journée, l'armée a appelé les habitants à évacuer le quartier d'Al-Sabiri, situé à proximité du port, où des groupes islamistes se sont selon lui« barricadés au milieu des civils », après plus de deux semaines d'affrontements. Dans l'après-midi, des tirs d'armes lourdes ont été entendus dans ce quartier ducentre-ville où se trouvent également des administrations publiques et des marchés. Un hôpital proche du port a demandé au Croissant-Rouge d'évacuerses patients, pris au piège à l'intérieur.

Des affrontements ont aussi été signalés à Al-Lithi, un autre quartier du centre-ville connu pour être un fief des islamistes radicaux. Les forces pro-gouvernementales, appuyées par des civils armés, s'étaient emparées la semaine dernière de quartiers du sud et de l'est de Benghazi, reprenant notamment le contrôle de camps militaires tombés cet été aux mains de groupes islamistes.

Ces groupes, dont les radicaux d'Ansar Al-Charia, s'étaient emparés en juillet de la quasi-totalité de la ville de Benghazi et en avaient chassé les forces régulières, en réponse à une opération « antiterroriste » lancée en mai par le général Haftar.

Depuis la chute en 2011 du régime Kadhafi après une révolte de huit mois, les autorités de transition ont échoué à former une armée régulière professionnelle et à asseoir leur autorité sur nombre de milices. Celles-ci ont pris le contrôle de la capitale, Tripoli, fin août, poussant les membres du gouvernement à la fuite.

Retrouvez tous les titres à la Une

Nouveau raid attribué à Boko Haram contre une ville du nord-est du Nigeria et une cimenterie du groupe français Lafarge

Par  3 réactions  
Taille de la police: Decrease font Enlarge font
Nouveau raid attribué à Boko Haram contre une ville du nord-est du Nigeria et une cimenterie du groupe français Lafarge
Kano (Nigeria) - Des membres présumés du groupe islamiste armé Boko Haram ont attaqué mardi une ville du nord-est du Nigeria puis ont pénétré dans une usine du groupe français Lafarge, selon des témoins.
Les assaillants ont d'abord affronté des soldats stationnés à un poste de contrôle, à la sortie de la ville de Nafada, dans l'Etat de Gombe, à la mi-journée, avant d'entrer dans le centre-ville.

Ils sont arrivés en grand nombre à bord de camionnettes et sur des motos, ils criaient Allahu Akbar, a rapporté à l'AFP Abubakar Galda, un habitant de Nafada, un récit partagé par d'autres témoins et un membre des services de secours.

Selon ces témoins, les forces de l'ordre qui gardaient la route principale, à la sortie de la ville, ont été dépassées par les assaillants.

Une fois dans Nafada, les hommes armés ont fait sauter le commissariat de police avec des lance-roquettes, a rapporté M. Galda.

Selon un autre habitant, Awwalu Ibrahim, le siège local du Parti démocratique populaire (PDP, au pouvoir) a également été détruit. Et plusieurs témoins ont dit avoir vu les assaillants cambrioler une banque.

Ils ont ensuite pris le chemin de la ville voisine d'Ashaka, à 20 km de là, où le groupe français Lafarge a une cimenterie.

Ils ont pénétré dans l'usine, a indiqué dans la nuit de mardi à mercredi à l'AFP un porte-parole du groupe. A l'instant où je vous parle, la situation est stabilisée, a poursuivi le porte-parole. On ne déplore ni victime ni dégât significatif dans le périmètre de l'usine, a-t-il dit.

Selon un employé travaillant sur le site, les hommes qui ont faire irruption dans la cimenterie étaient armés. Ils sont arrivés dans des 4x4 et à bord de motos, aux alentours de 15h00 (14h00 GMT). 

Ils ont volé de la dynamite et ont demandé à être conduits vers les bâtiments où se trouvent habituellement les personnels expatriés, selon ce témoignage. 

La cimenterie était presque vide au moment de l'attaque, beaucoup d'employés ayant quitté le site en apprenant qu'une attaque était en cours, selon cette source.

Nafada est proche de l'Etat de Yobe, un des trois Etats du nord-est du Nigeria où se concentre l'insurrection islamiste qui a fait plus de 10.000 morts ces cinq dernières années, et où Boko Haram a pris le contrôle de plusieurs villes et villages ces dernières semaines.

Cette nouvelle attaque, survenue un peu au sud de la zone la plus touchée par les violences islamistes, n'a pas été revendiquée par Boko Haram, mais qui se finance notamment par le cambriolage de banques et l'enlèvement d'otages contre rançon.

La semaine dernière, un triple attentat à la bombe avait frappé une gare de bus de Gombe, la capitale de cet Etat, faisant au moins huit morts.

Ces nouvelles violences interviennent quelques jours après la publication d'une nouvelle vidéo de Boko Haram, obtenue vendredi par l'AFP, dans laquelle Abubakar Shekau, le chef du groupe islamiste, annonce le mariage forcé des 219 lycéennes enlevées dans cette région en avril, mettant fin à tout espoir de voir les adolescentes libérées. Il excluait toute négociation avec le gouvernement nigérian en vue d'un cessez-le-feu.
(©AFP / 05 novembre 2014 01h52) 
SourceRomandie

« Timbuktu »,film en lice pour les Oscars qui fait la lumière sur les extrémistes

Jemal Oumar à Nouakchott pour Magharebia –
Pour la première fois, la Mauritanie présente un film dans la course aux Oscars.
Le film d’Abderrahmane Sissako, « Tombouctou » fait partie des quatre-vingt-trois films nominés dans la catégorie du meilleur film étranger lors des 87èmes Academy Awards.
« Tombouctou, le chagrin des oiseaux » met en lumière la loi très dure appliquée par les islamistes alliés à al-Qaida lors de leur prise de pouvoir dans le Nord-Mali en 2012.
Ce film pourrait avoir un impact sur les jeunes qui seraient attirés par l’Etat islamique (EIIL) et les autres groupes terroristes, explique l’une des jeunes stars de ce film.
Khalifa Ould Bouy Ahmed, un jeune homme qui joue le rôle d’un extrémiste, a expliqué à Magharebia que ce film aidera à faire la lumière sur la vie contradictoire des fondamentalistes.
« Alors que les islamistes radicaux interdisent de fumer et de parler aux femmes, nous voyons certains d’entre eux fumer en cachette et parler discrètement à des femmes », explique-t-il.
« Au vu des liens d’amitié que nous avions avec nombre de ces jeunes qui sont partis rejoindre les groupes extrémistes, j’ai été convaincu que je devais jouer dans ce film pour tenter de faire la lumière sur les déviations dangereuses et l’idéologie extrémiste dont ces jeunes ont été les victimes », ajoute-t-il.
Selon lui, le cinéma « peut jouer un rôle essentiel en montrant les islamistes radicaux, ce qui aidera d’autres jeunes à ne pas tomber eux aussi dans ce piège ».
« Ce film tente également de présenter une image réelle des origines des terroristes et des motifs qui poussent ces jeunes à recourir à l’extrémisme. Il dépeint également l’esprit de coexistence et de tolérance qui caractérise la vie des habitants locaux et les pousse à rejeter la loi des islamistes extrémistes », explique à Magharebia l’assistant réalisateur Sidi Mohamed Chiker.
« Je considère qu’il est de notre devoir d’aider à dissiper toute ambiguïté et d’expliquer au monde ce qu’est le phénomène du terrorisme et de l’extrémisme religieux dans notre région. C’est le rôle principal du cinéma », ajoute-t-il. « En tant qu’artistes arabes et africains, nous reconnaissons que nous arrivons certes relativement tard, mais nous présentons néanmoins une partie de l’image qui manquait. »
Magharebia a également rencontré Salem Dendou, vétéran du cinéma mauritanien, qui joue le rôle d’un personnage clé dans ce film, celui du magistrat terroriste qui ordonne les exécutions, les lapidations et les amputations des mains.
« Le but de ce film est de montrer l’importance de Tombouctou et de son symbolisme religieux tolérant », explique-t-il.
« Le rôle du cinéma est de présenter la réalité et de faire connaître le véritable visage du terrorisme », ajoute-t-il. « Ce rôle est plus important que celui de la politique et des médias, parce qu’il brosse un portrait direct et vivant de la réalité. »
Ce film, qui a été présenté dans plusieurs salles de Nouakchott en septembre et en octobre, a été tourné dans un cadre similaire, dans la ville historique d’Oualata, dans le sud-est de la Mauritanie.
Lors d’une conférence de presse organisée en marge de la première du film en septembre à Nouakchott, son réalisateur Abderrahmane Sissako a parlé des raisons qui l’avaient incité à faire ce film et de sa vision du cinéma en tant qu’artiste.
Il explique avoir dépeint le concept de la radicalisation religieuse et des conflits internes dans les personnalités des extrémistes et leur vision de la vie, ainsi que le maintien, de la part des habitants de la région, d’une culture qui rejette l’extrémisme et de leur fierté envers leurs spécificités locales, fondées sur un Islam modéré.
Ce film a remporté deux prix lors du Festival international du film de Cannes en 2014, où il était projeté pour la première fois.
http://magharebia.com/fr/articles/awi/features/2014/11/03/feature-02
Articles liés

Le Niger vacille sous des attaques meurtrières

Par Jemal Oumar à Nouakchott pour Magharebia – 04/11/2014

 Le Niger a déclaré vendredi 31 octobre trois jours de deuil national pour les victimes d’une attaque terroriste qui a visé une prison et un camp de réfugiés à la frontière malienne.
Selon les derniers chiffres officiels, douze personnes, dont des militaires et des civils, ont trouvé la mort lors de cette attaque lancée jeudi à Ouallam, dans la province de Tillabéri.
Plusieurs détenus terroristes appartenant au Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ont été libérés, a indiqué RFI citant un communiqué du gouvernement.
Le ministre nigérien de l’Intérieur Hassoumi Massaoudou s’est rendu sur place pour présenter ses condoléances aux familles des victimes et encourager les survivants.
Il les a qualifiés de héros qui ont fait face aux menaces terroristes pour défendre leur pays et des personnes innocentes.
Il a ajouté que le gouvernement poursuivra ses efforts pour lutter contre les gangs terroristes qui cherchent à déstabiliser le Niger et toute la région du Sahel.
« Ces agresseurs n’ont pas encore été identifiés parce qu’aucun groupe n’a revendiqué cette attaque », a expliqué Ismail Ag Inilit, journaliste à Radio Agadez dans le nord du Niger. « Ce qui est en revanche confirmé, c’est que cette attaque a bien été menée par des terroristes et que c’est la première fois que l’ouest du Niger est la cible d’une attaque », a-t-il expliqué à Magharebia
« Les attaquants sont venus du Nord-Mali à motos, et ce sont probablement des membres des groupes terroristes qui opèrent dans le triangle frontalier entre le Mali, la Libye et le Niger », a-t-il ajouté. « L’Etat a renforcé sa présence militaire dans la région de cette attaque ainsi que dans la région d’où ils sont probablement originaires. »
Bien qu’il reste encore à identifier ces agresseurs, certains observateurs pointent le terroriste Mokhtar Belmokhtar, alias Laaouar.
Magharebia a rencontré Lamine Ould Mohammed Salem, chercheur et journaliste mauritanien habitant à Paris, qui a publié un ouvrage sur la vie de Laaouar intitulé « Le Ben Laden du désert. »
« Le groupe de Laaouar est probablement l’auteur de cette attaque armée contre cette prison dans le nord du Niger, parce que Laaouar et son groupe sont très actifs dans la région au-delà de la frontière malienne », a-t-il expliqué.
« Cette attaque a été coordonnée et planifiée par Laaouar lui-même, parce qu’il est en mesure de mener ce type d’opération-surprise légère, qui ne demande pas autant d’efforts que l’attaque contre le complexe gazier d’In Amenas », a-t-il précisé. « Laaouar sait quand le moment est propice et connaît les moyens qui lui permettent de lancer de telles attaques sans s’exposer à un danger quelconque. »
Cet auteur ajoute que ce terroriste activement recherché « planifie avec soin toutes ses opérations depuis la Libye ou depuis le Jebel Chaambi ».
Les efforts du Maghreb n’ont pas encore atteint le niveau qui permettra d’éliminer Belmokhtar, ajoute-t-il.
« Si la Tunisie, l’Algérie et les autres pays avaient su mettre en place une coordination sérieuse, Laaouar aurait déjà été éliminé », poursuit-il.
« La coopération qui se met actuellement en place entre ces pays et leurs homologues au Sahel en est encore au niveau des relations diplomatiques, et non sur le terrain. Cela donne à Laaouar et aux autres éléments dangereux la liberté de manœuvre dont ils ont besoin », affirme ce chercheur.
L’analyste Said Ould Habib explique pour sa part à Magharebia que Laaouar « tente de regagner un nouvel élan après avoir été expulsé du Nord-Mali ».
« C’est la raison pour laquelle il s’est déplacé du Mali au cœur du Niger, afin de faire savoir qu’il existe toujours », ajoute-t-il.
http://magharebia.com/fr/articles/awi/features/2014/11/04/feature-01
05/11/2014 à 16:15
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer
Le lieutenant-colonel Isaac Zida (c), le 4 novembre 2014 à Ouagadougou.Le lieutenant-colonel Isaac Zida (c), le 4 novembre 2014 à Ouagadougou. © AFP
Les présidents Macky Sall, Goodluck Jonathan et John Dramani Mahama ont demandé mercredi à l'armée ainsi qu'aux représentants de l'opposition, de la société civile, et aux chefs traditionnels et religieux de proposer, d'ici ce soir, trois noms de civils susceptibles de prendre la tête de la transition.
Envoyés par la Cedeao pour faciliter la transmission du pouvoir aux civils, les présidents Macky Sall (Sénégal), Goodluck Jonathan (Nigeria) et John Dramani Mahama (Ghana, président en exercice de l'organisation régionale) sont arrivés mercredi matin à Ouagadougou, où ils ont présenté leur plan de sortie de crise et de remise du pouvoir des mains de l'armée aux civils.
Après avoir reçu séparément les représentants de l'opposition, de la société civile, et les chefs traditionnels et religieux, ils ont demandé à chaque groupe de proposer chacun, d'ici ce soir, trois noms de civils susceptibles de prendre la tête de la transition. L'armée, l'ex-majorité et le Conseil constitutionnel (dont des membres vont également s'entretenir avec Sall, Goodluck et Mahama) doivent faire de même. Au total, sauf recoupements éventuels, ce sont pas moins de 21 noms qui devraient ainsi être proposés. Le candidat le plus consensuel devant être désigné.
Sortie précipitée
Les trois présidents ont annoncé qu'ils ne quitteraient pas Ouagadougou avant d'avoir reçu les propositions de chaque entité. Arrivés en premiers, vers 10h, Macky Sall puis Goodluck Jonathan se sont rendus directement au grand hôtel Laico où était organisé la réunion. Le lieutenant-colonel Zida, homme fort de la transition, est arrivé sous bonne escorte une petite heure plus tard, accompagné par le président Mahama.
Les quatre hommes se sont d'abord retrouvés dans un salon de l'hôtel à l'abris des regards. Les leaders de l'opposition, parmi lesquels figuraient Zéphirin Diabré, Roch Marc Christian Kaboré, ou encore Ablassé Ouedraogo, ont ensuite été invités à rejoindre les trois chefs d'État de la Cedeao. Après près d'une heure de discussion, les opposants ont quitté l'hôtel précipitamment, sans un mot pour les nombreux journalistes présents.
Macky Sall, Goodluck Jonathan et John Dramani Mahama ont ensuite reçu les représentants de la société civile, puis les chefs traditionnels et religieux, dont le cardinal Philippe Ouedraogo.
__________
Benjamin Roger, envoyé spécial à Ouagadougou
Jeune Afrique
04/11/2014 à 15:10
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer
François Hollande et Blaise Compaoré.François Hollande et Blaise Compaoré. © AFP
Le 31 octobre, Blaise Compaoré a quitté précipitamment le palais présidentiel de Kosyam, à Ouagadougou. Un long périple se préparait jusqu'à Yamoussoukro. Une opération menée sous la houlette de la France, a appris "Jeune Afrique".
Blaise Compaoré quitte le palais de Kosyam vers midi, le vendredi 31 octobre. Déjà en contact avec les autorités françaises, il prend la direction de Pô, dans un convoi de 28 véhicules civils, sous escorte militaire. Il n'aura cependant jamais le temps d'atteindre son fief du sud.
Averti que la population l'y attend, le convoi est arrêté dans la région de Manga et de Nobéré à environ cinquante kilomètres au nord de Pô.
C'est alors que la France entre véritablement en jeu. Un hélicoptère français, probablement des forces spéciales basées à Ouagadougou, est envoyé sur les lieux, a appris Jeune Afrique de sources diplomatiques concordantes. L'appareil exfiltre Blaise Compaoré et quelques proches, tandis que la majeure partie des membres du convoi est laissée sur place pour des raisons logistiques, avant de se diriger nuitamment vers le Bénin.
L'ancien président est ainsi héliporté vers Fada N'Gourma, à une centaine de kilomètres dans l'est du Burkina. Là, une piste d'atterrissage a permis à un avion français venu de Côte d'Ivoire de se poser. Le groupe embarque à son bord et décolle en direction de Yamoussoukro, où il arrivera en fin d'après-midi.
"Cette évacuation, nous ne l’avons pas faite nous-mêmes", affirmait pourtant Hollande
Lundi, le président français, François Hollande, avait déjà avoué que la France avait joué un rôle dans l'exfiltration de Blaise Compaoré vers la Côte d'Ivoire. "Cette évacuation, nous ne l’avons pas faite nous-mêmes, mais nous avons fait en sorte qu’elle puisse se faire sans drame", avait-il seulement expliqué.
L'ex-chef de l'État burkinabè réside désormais à l'hôtel Président de Yamoussoukro, avec son épouse. Il y reçoit notamment la visite du président ivoirien, Alassane Ouattara, mardi après-midi.