vendredi 7 juin 2013

NDLR/operation Serval-Mali bientôt poursuivit pour Crimes contre l'humanité et ethnocide à l'encontre des populations Arabes,Sonraïs et Touaregs???

Mali: violations graves de droits humains

BBC
Dernière mise à jour: 7 juin, 2013 - 08:41 GMT
Malian soldier in the north
L'ONG britannique de défense des droits de l'homme a relevé vendredi dans un rapport, des dizaines de cas de tortures et de disparitions forcées.
"Nous avons pu obtenir des informations précises notamment quant aux exécutions sommaires, disparitions, tortures et mauvais traitements", a déclaré Gaëtan Mootoo, auteur du rapport.
Tous les groupes impliqués dans le conflit au Mali sont indexés par Amnesty International
"Depuis quelques jours nous sommes très très inquiets (...) des rebelles touaregs du MNLA ont procédé à des arrestations au sein des populations civiles noires à Kidal", a souligné M. Mootoo.
Selon lui, plus 25 personnes ont été arrêtées, "maltraitées" et "expulsées" de Kidal dans cette campagne du Mouvement National de Libération de l'Azawad.
Amnesty a également documenté des cas de meurtre sur des civils touaregs.
"Le 26 mai, à Gouessi, deux touaregs ont été exécutés, l'exécution a été attribué aux groupes d'auto-défense Ganda Koy et Ganda Hizo ", a ajouté M. Mootoo qui lie l'attaque contre les populations de Kidal à cette exécution.
Il note également que "les soldats maliens sont derrières des enlèvements" à Tombouctou.
Ces violations des droits de l'homme au Mali s'étendent au Niger voisin où " il y a aussi et malheureusement cette ambiance de règlement de compte", a déploré le chercheur d'Amnesty International en charge de l'Afrique de l'Ouest.
Des violents combats ont opposé mercredi, l'armée malienne aux combattants de la rébellion touareg du Mouvement national de l'Azawad près de Kidal, une ville dans l'extrême nord-est du pays, toujours contrôlée par les rebelles touaregs, qui refusent jusqu'à présent de désarmer.

Mali: rapport accablant d’Amnesty International sur les groupes armés

MALI - 
Article publié le : vendredi 07 juin 2013 à 03:40 - Dernière modification le : vendredi 07 juin 2013 à 03:40


Amnesty se penche également sur les assassinats perpétrés par le Mujao (photos) sur des civils ayant publiquement soutenus l'intervention française.
Amnesty se penche également sur les assassinats perpétrés par le Mujao (photos) sur des civils ayant publiquement soutenus l'intervention française.
AFP PHOTO / ROMARIC OLLO HIEN

Par RFI
Amnesty International vient de publier un rapport sur une mission de 4 semaines au Mali. Prudente, l'organisation parle de conclusions préliminaires mais son constat est simple : tous les groupes armés, et en premier lieu l'armée malienne qui a bénéficié de l'intervention française, se sont livrés à des exactions, certaines pouvant être considérées comme des crimes de guerre.



L'armée malienne ne s'est pas battue pour la reconquête des villes du Nord mais une fois sur place, les soldats ont fait usage de leurs fusils sur des civils désarmés. Faits les plus graves dénoncés par Amnesty International : des exécutions, parfois de vieillards, parfois dans le dos, principalement de Touaregs ou d'Arabes, sans crainte de devoir rendre des comptes.
L'organisation de défense des droits de l'homme dit avoir recueilli des informations sur plus de vingt cas de disparitions forcées et d'exécutions extrajudiciaires. Quand elles ne sont pas tuées, les personnes soupçonnées d'appartenir ou d'entretenir des liens avec l'ennemi jihadiste ou autonomiste sont régulièrement torturées au moment de leur arrestation ou pendant leur détention.
Ainsi entre le 11 et le 14 avril, selon Amnesty, cinq hommes arrêtés dans le Nord sont morts à la maison d'arrêt de Bamako. Si cette enquête toujours en cours est majoritairement consacrée aux violations commises par les soldats maliens, elle se penche également sur les assassinats perpétrés par le Mujao sur des civils ayant publiquement soutenus l'intervention française.
A l'adresse de la France mais aussi des soldats africains de la Misma, Amnesty formule plusieurs recommandations. L'une d'entre elle est de ne plus livrer des prisonniers à l'armée malienne si ceux ci risquent d'être torturés.
 
TAGS: DROITS DE L’HOMME - FRANCE - MALI - MUJAO

Mali : négociations officielles entre l’Etat malien et les rebelles touaregs du MNLA

MALI - 
Article publié le : vendredi 07 juin 2013 à 00:23 - Dernière modification le : vendredi 07 juin 2013 à 02:20


Un tonneau peint aux couleurs du MNLA à la frontière du Mali et du Niger.
Un tonneau peint aux couleurs du MNLA à la frontière du Mali et du Niger.
RFI/Moussa Kaka

Par RFI
Après deux semaines de discussions informelles, les négociations officielles commencent ce vendredi 7 juin entre l’Etat malien et les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Le but est de régler le cas de la ville de Kidal, contrôlée par le MNLA depuis fin janvier, en vue de l’élection présidentielle prévue dans tout le Mali le 28 juillet. Les négociations se tiendront sous les auspices du Burkina Faso. RFI a rencontré le négociateur de l’Etat malien, Tiébilé Dramé, juste avant son départ pour Ouagadougou. Il se veut confiant.

On aurait pu rêver mieux comme contexte pour les négociations. Après des mois de blocage, l’armée malienne a attaqué, mercredi 5 juin, les rebelles touaregs du MNLA et repris la ville d’Anefis, sur la route de Kidal. Bien que la situation soit particulièrement tendue et que la menace d’une attaque militaire sur la ville de Kidal soit brandie par Bamako, les autorités maliennes et la rébellion se sont toutefois déclarées prêtes au dialogue.
Pour Tiébilé Dramé, ce qui arrive est normal. « Quand on avance dans les négociations, la tension monte des deux côtés », a expliqué l’émissaire en charge des négociations pour Bamako. Pour lui, le dialogue n’est en aucun cas remis en cause. « Le processus de Ouagadougou doit se poursuivre. Cela reste la priorité malienne avec, comme résultat attendu, la restauration de l’autorité de l’Etat malien sur l’ensemble du territoire malien », a-t-il souligné tout en précisant que le retour de l’Etat malien signifiait le retour « de l’administration du Mali, des services techniques de l’Etat mais aussi des forces armées et de sécurité du Mali sur l’ensemble du territoire malien. »
Le MNLA ne semble pourtant pas prêt à laisser entrer l’armée malienne à Kidal. Après l’attaque d’Anefis, qui a mis un terme au cessez-le-feu jusqu’ici en vigueur, le groupe rebelle est encore moins prêt à déposer les armes, comme l’exigent Bamako et les Nations unies. Pour autant, les exigences du Mali ne changent pas. Et Tiébilé Dramé se veut confiant :
« Ce qui leur a déjà été demandé, c’est de déposer les armes et de s’inscrire dans une dynamique politique et pacifique. Les discussions vont reprendre et vont être conclues », a déclaré à RFI le négociateur de l’Etat malien.
Optimisme ou détermination, Tiébilé Dramé espère qu’un accord sera signé dès lundi prochain.


LE DÉROULEMENT DES NÉGOCIATIONS ET LES DIFFÉRENTS ACTEURS
Après plusieurs semaines de tractations, la médiation de la CEDEAO va tenter d’obtenir un accord pour la tenue des élections sur toute l’étendue du territoire malien. Si certaines délégations sont déjà à Ouagadougou, d’autres sont attendues ce vendredi matin même, et cet après-midi aura lieu le premier round des discussions.
Le président Blaise Compaoré, médiateur de la CEDEAO, va d’abord rencontrer ensemble les tous les acteurs impliqués dans ces négociations à la présidence du Faso, dans la même salle qui a servi à dénouer les crises ivoirienne et guinéenne.
Coté gouvernement malien c’est Tiebilé Dramé, et son équipe de cinq membres qui seront face aux délégués touaregs. La commission de négociation de la coalition MNLA-HCUA, forte de 35 membres, sera conduite par le vice-président du MNLA, Mahamadou Djeri Maïga, et Mohamed Aharib du HCUA . Bil Ag Acherif, le « grand boss » du MNLA, et Algabass Ag Intalla superviseront les travaux de cette commission.
Une importante représentation de la communauté internationale est là avec les différents représentants spéciaux pour le Sahel et d’autres diplomates européens. La présence de tout ce monde à Ouagadougou n’est pas un fait du hasard. Dans son accord-cadre remis à la médiation, le MNLA et le HCUA ont exigé que « tout accord signé entre le Mali et l’Azawad doit se faire sous la garantie de la médiation et de la communauté internationale ».
L’objectif de ce dialogue direct est de trouver un compromis d'ici lundi prochain pour permettre non seulement l’organisation des élections sur toute l’étendue du territoire malien mais aussi l’établissement d’un agenda pour la suite des négociations après la présidentielle et l’identification des lieux de ces futures négociations.
Et pour le ministre burkinabè des Affaires étrangères, « il y a de très bonnes prédispositions. Tous les acteurs sont d’accord sur les questions essentielles et il ne reste qu’à discuter des modalités pratiques pour la tenue de la présidentielle du 28 juillet »

jeudi 6 juin 2013

Dans le nord du Mali, des exactions se poursuivent


Des soldats de l’armée malienne sont accusés de crimes par des témoins et des responsables d’ONG de défense des droits de l’homme.
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5/6/13 - Mis à jour le 5/6/13 - 10 H 24
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VERSION PAPIERVERSION WEB
 
Dans un hôpital de Gao, Mohamed Zaccaria soigne les plaies de son arrestation arbitraire.
Laurent Larcher

Dans un hôpital de Gao, Mohamed Zaccaria soigne les plaies de son arrestation arbitraire.

Des civils sont aussi accusés de semer la violence dans la ville du nord du Mali.
AVEC CET ARTICLE
Dans l’hôpital Hangadoumbo Moulaye Touré de Gao, Mohamed Zaccaria, 28 ans, est allongé sur son lit, ses poignets atrocement abîmés. Une infirmière lui change ses pansements avec délicatesse. « Les nerfs ont été touchés », affirme un cousin, assis sur le lit d’en face. Mohamed Zaccaria se laisse soigner, le regard perdu. Lorsqu’on l’interroge, il répond lentement, comme si un ressort s’était brisé en lui.
Il est wahhabite (1), professeur de Coran et cultivateur. Il y a quatre jours, après s’être rendu au marché de Gao, il est contrôlé au check-point de l’armée malienne. Son nom est sur la liste des sympathisants du Mouvement pour l’unicité du djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), le groupe d’islamistes proche des wahhabites qui contrôlait la ville depuis un an.
Mohamed Zaccaria proteste, explique qu’il n’est pas un djihadiste, qu’il est venu au marché pour un oncle, qu’il veut simplement rentrer chez lui. Peine perdue, les militaires l’empoignent, lui lient les mains et les pieds et le conduisent dans leur camp. Et là, ils le couchent à terre, en plein soleil.« Tu vas parler ? » lui ordonnent-ils. 

COUCHÉ SOUS LES 45°

Le jeune homme se tord de douleur, ses liens lui déchirent la peau. Au plus chaud de la journée, la température dépasse les 45 °C. Personne ne s’occupe de lui. Le soleil le brûle. Il souffre en silence, s’attendant à être exécuté à tout instant. Son supplice dure six heures sous le soleil malien.
« Les militaires ont fini par appeler les gendarmes. Ces derniers m’ont pris avec eux, ils m’ont interrogé : il n’y avait rien contre moi. Mon nom se trouvait sur une liste. Mais des Mohamed Zaccaria, il y en a plein la région. Les gendarmes ont vite compris que j’étais hors de cause et ils m’ont conduit à l’hôpital pour me soigner. Je pense que je leur dois la vie », témoigne-t-il.
Ses proches sont effondrés. Comme tous les wahhabites de la région, ils sont soupçonnés d’être liés au Mujao. Ils sont donc particulièrement surveillés par les militaires maliens revenus dans cette ville avec l’armée française, le 26 janvier 2013. Des militaires dont la réputation n’est plus à faire au Mali.

ZONES D’OMBRE

« L’armée à Gao se caractérise par son indiscipline, son manque de formation professionnelle, sa haine pour les Maliens restés dans le nord du Mali sous les djihadistes, par sa méconnaissance totale des droits de l’homme et de la convention de Genève », constate Ibrahim Mohamed Touré, président de l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), section de Gao.
L’homme reçoit dans un bureau d’une école publique de la ville. Si la situation des habitants, note-t-il, s’est améliorée sur bon nombre de points depuis le départ du Mujao (santé, liberté d’expression, liberté de mouvement, écoles), il ajoute : « Il existe aussi des zones d’ombre sur les droits de l’homme : intimidations, arrestations arbitraires, tortures, exécutions sommaires… Les populations les plus menacées aujourd’hui sont les wahhabites et les membres de la secte Adawa : deux groupes religieux qui partagent avec le Mujao un islam intégriste. Ils sont considérés par l’armée comme des militants ou des collaborateurs Mujao. » 
Selon l’AMDH, 10 % de la population de la région seraient adawa et 25 % wahhabites, aux côtés de 60 % de sunnites et de 2 % de chrétiens et d’animistes.

UN CAPITAINE AVEC UN COLLIER DE DOIGTS HUMAINS

Le bilan des exactions attribuées à l’armée à Gao par le président de l’AMDH est terrible : « Selon nos enquêtes, nous pouvons établir que, de janvier à mai, les militaires ont tué au moins une dizaine de civils, torturé une vingtaine de personnes, violé au moins une femme. Et on leur attribue au moins deux disparitions. Nous avons les preuves, les images, les films. »
Est-ce exagéré ? « Non, ce bilan est conforme à nos enquêtes », constate Corinne Dufka, de Human Rights Watch. « Il y a dans l’armée malienne des éléments extrêmement dangereux, ajoute un observateur à Bamako. À Gao sévissait il y a quelque temps un capitaine qui se baladait avec un collier de doigts humains. Il a été rapatrié, mais pas puni pour autant. »
Les cas de maltraitance comme celle subie par Mohamed Zaccaria ne sont pas isolés. « Les soldats enferment des prisonniers dans des cavités construites dans un puits », affirme un cadre de Gao. « Nous connaissons plusieurs personnes qui ont séjourné dans ce puits », ajoute Ibrahim Mohamed Touré.

UN MODULE SUR LES DROITS DE L’HOMME DANS LA FORMATION

Du côté de l’armée française, on ne confirme pas ces dires : « Nous n’avons pas assisté à des exactions de la part de l’armée malienne à Gao et nous n’avons pas été informés de cela. Si cela se produit, nous interviendrons auprès de l’armée malienne comme nous l’avons déjà fait à d’autres occasions », répond le colonel Zemmer, de l’opération Serval.
Pour autant, l’Élysée n’est pas très rassuré par le comportement de l’armée malienne, même si rien n’est dit ouvertement. Mais on peut entendre ses réserves, discrètement. Ainsi, lors de sa dernière visite à Gao, le 26 avril, le ministre de la défense, Jean-Yves le Drian, s’adressant à un parterre de responsables maliens, lançait : « Je souhaite que cette intervention soit exemplaire… jusqu’à la fin ! Qu’elle soit une référence dans l’histoire ! »
Il en est de même pour l’Union européenne. Dans la formation assurée par elle (l’EUTM Mali, commandée par un général français) pour moderniser l’armée malienne, elle a imposé un module consacré aux respects des droits de l’homme : « Tous les samedis, un cours sur le sujet et sur le droit de la guerre est donné par des ONG aux soldats maliens que nous formons », précise le colonel de Cussac, de l’EUTM Mali.

LA FOULE S’EN PREND AUX DÉPOUILLES DE DJIHADISTES

À Gao, des civils sont aussi responsables de violences collectives. En premier lieu, contre les cadavres des djihadistes : « J’ai vu une foule déterrer ceux que nous avions enterrés devant notre camp. Nous avons dû intervenir pour les arrêter. C’était de la folie », témoigne un soldat français. 
« Effectivement, la foule s’en prend à ces dépouilles. On peut aussi déplorer de nombreux règlements de comptes entre Arabes et Touaregs. Il y a des gens qui s’en prennent avec fureur aux wahhabites et aux Adawa dans la ville », regrette Ibrahim Mohamed Touré.
Une folie qui a failli tuer, deux jours plus tôt, le jeune Seydou Touré, 23 ans, étudiant en géographie de l’université de Bamako de passage chez sa grand-mère à Gao pendant une dizaine de jours. Vendredi, alors qu’il sortait d’une mosquée de Gao avec un ami, il a failli être lynché dans la rue. 

LA FOULE CRIAIT « ÉGORGEZ-LES »

« Un homme a reconnu que nous étions adawa. Il nous a accusés d’avoir prêché le djihad, d’être du Mujao. Des jeunes se sont approchés pour en savoir plus. J’ai eu le réflexe de passer un coup de fil aux gendarmes. L’attroupement a grossi. On nous insultait, on nous menaçait. Le ton est vite monté. Un militaire s’est approché et a demandé aux jeunes de nous attacher les mains. Ce qu’ils ont fait. La foule criait ‘‘égorgez-les’’ Alors le militaire nous a frappés avec la crosse de son arme. Heureusement, les gendarmes sont arrivés. Ils nous ont conduits dans leurs locaux où nous avons été interrogés pendant 72 heures. Ils ont vérifié nos propos et nous ont libérés ce matin. Nous l’avons échappé belle. »
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À KIDAL, LA RÉBELLION TOUARÈGUE ACCUSÉE D’ÉPURATION

Des soldats maliens étaient en route mardi vers la ville de Kidal, dans l’extrême nord du Mali, occupée par des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui s’opposent à la présence de l’armée malienne sur place. 
« Pour le moment, il s’agit d’aller à Anefis en vue de préparer l’entrée à Kidal » , a déclaré Souleymane Maïga, porte-parole de l’armée malienne. Les habitants de Kidal issus des communautés songhaï, peul et bella ont été victimes, ces derniers jours, d’arrestations et de violences de la part de la rébellion touarègue. Bamako a protesté en dénonçant une « épuration raciale » .
Face à ces arrestations, Bamako a dénoncé une « épuration raciale »tandis que Paris a demandé la libération des personnes concernées. De son côté, le MNLA assure avoir arrêté des « militaires infiltrés » . La maison d’un chef du MNLA était mardi la cible d’un attentat suicide.
(1) Ce terme désigne des musulmans affiliés à un courant réformateur et rigoriste de l’islam venant d’Arabie saoudite et implanté au Mali depuis plusieurs dizaines d’années.
LAURENT LARCHER, à GAO (Mali)http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Dans-le-nord-du-Mali-des-exactions-se-poursuivent-2013-06-05-969035

Mossa Ag Attaher/ " Il faut que la France, qui a tailladé notre nation et notre pays, sache que ni l'argent ni le feu ne nous feront jamais accepter d'être dirigés par ses nouveaux serviteurs. Moi aujourd'hui j'ai 95 ans et suis le voisin des cieux. Par les cieux je jure que moi et tous les Touaregs sommes décidés à naviguer dans les maux de notre nation, à naviguer jusqu'à parvenir à tenir de nos bras le gouvernail de nos destinées et de notre pays. Touaregs, nageons, nageons jusqu'à atteindre notre jour et si nous périssons dans l'océan de la libération de notre nation, alors notre résistance sera une leçon pour les mondes qui adviendront." Feu Mohamed Ali Ag Attaher resistant de premiere de la revolte Touareg des années 60 En 2013 encore rien n'a changé et nous sommes à présent face à notre devoir de génération!


" Il faut que la France, qui a tailladé notre nation et notre pays, sache que ni l'argent ni le feu ne nous feront jamais accepter d'être dirigés par ses nouveaux serviteurs.
Moi aujourd'hui j'ai 95 ans et suis le voisin des cieux. Par les cieux je jure que moi et tous les Touaregs sommes décidés à naviguer dans les maux de notre nation, à naviguer jusqu'à parvenir à tenir de nos bras le gouvernail de nos destinées et de notre pays.
Touaregs, nageons, nageons jusqu'à atteindre notre jour et si nous périssons dans l'océan de la libération de notre nation, alors notre résistance sera une leçon pour les mondes qui adviendront."
Feu Mohamed Ali Ag Attaher resistant de premiere de la revolte Touareg des années 60
En 2013 encore rien n'a changé et nous sommes à présent face à notre devoir de génération!

Mali: après les affrontements d'Anéfis, le MNLA et l'armée attendent les pourparlers de Ouagadougou

MALI - 
Article publié le : jeudi 06 juin 2013 à 16:59 - Dernière modification le : jeudi 06 juin 2013 à 19:36


Manifestation à Gao, le 30 mai 2013. Les participants exigeaient de la France et de la transition malienne qu'elles récupèrent la ville de Kidal, laissée aux mains du MNLA par l'armée française lors de la reconquête du début d'année.
Manifestation à Gao, le 30 mai 2013. Les participants exigeaient de la France et de la transition malienne qu'elles récupèrent la ville de Kidal, laissée aux mains du MNLA par l'armée française lors de la reconquête du début d'année.
REUTERS/Stringer

Par RFI
Au nord du Mali, vingt-quatre heures après des accrochages entre l'armée et le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) dans le village d'Anéfis, à environ 110 kilomètres au sud-ouest de Kidal, la situation est calme. Alors que s'ouvrent, vendredi 7 juin, les premières discussions entre Bamako et les groupes du nord, les deux camps ne devraient visiblement pas bouger.



Une sorte de statu quo précaire règne à Anéfis. Depuis mercredi midi, la bourgade est aux mains de l'armée malienne. Ce jeudi 6 juin, dans la matinée, l'état-major a une nouvelle fois indiqué que ses soldats consolidaient leurs positions.
Après un repli express, les combattants du MNLA sont désormais à 20 kilomètres à l'est du village, au niveau de la piste qui mène à Kidal. En principe, cette situation désormais stabilisée ne devrait pas évoluer, car la communauté internationale a multiplié les contacts pour que les deux camps calment le jeu, à moins de vingt-quatre heures de l'ouverture de négociations à Ouagadougou.
« Le MNLA, mais aussi Bamako, doivent s’abstenir de tout acte ou propos pouvant mettre à mal le processus de paix », affirme un diplomate proche de la médiation. Car l'avancée de l'armée malienne vers Anéfis, décidée par le président par intérim Dioncounda Traoré, a froissé les différents partenaires du Mali, et notamment Paris.

Au moment des combats, paradoxalement, François Hollande s'apprêtait à recevoir un prix pour la paix dans les locaux de l'Unesco à Paris. Le chef de l'Etat français a rappelé la position officielle de la France : « Il ne devait y avoir qu'une seule armée au Mali », estime-t-il.
Mais en coulisses, le président Hollande a visiblement demandé aux officiels maliens de retenir leurs troupes et d'arrêter les discours guerriers.
Ce mercredi, en début d'après-midi, un cadre de l'état-major malien affirmait à RFI que « la guerre est la seule solution pour tenir les élections à Kidal ». Deux heures plus tard, le même colonel indiquait : « Notre priorité, vous savez, c'est le dialogue. »

La diplomatie parallèle a également fonctionné à plein régime à Ouagadougou et Kidal, pour appeler le MNLA a quitter Anéfis, à ne pas répliquer aux attaques de l'armée, et à rester concentré sur les négociations.
Afin d'éviter l'étincelle de trop, et donc un embrassement entre l'armée et le MNLA, la France a envoyé, mercredi soir, un groupe de 15 soldats à Anéfis. Ce « détachement de liaison » est là pour appuyer les soldats maliens en cas de problème, et faire remonter les informations rapidement vers la France.
Officieusement, cela permet à Paris d'avoir un œil sur les deux camps et de s'assurer que la situation ne dégénère pas.
Faire monter les enchères avant les négociations
Bamako a sans aucun doute fait monter l'armée à Anéfis pour mettre la pression sur le MNLA, pour arriver en position de force à la table des négociations - ces dernières doivent commencer, vendredi, à Ouagadougou sous l’égide de la médiation burkinabè et aboutir à un dialogue direct entre Bamako et groupes touareg en vue d’un compromis sur Kidal – et peut-être pousser ainsi le mouvement touareg à la faute, en le forçant à contre-attaquer. Piège dans lequel les combattants ne sont pas tombés hier à Anéfis puisqu'ils ont reculé.
Par ailleurs, le week-end dernier, les autorités maliennes ont multiplié les déclarations guerrières, suite aux événements de Kidal où le MNLA a multiplié les arrestations d'hommes et de femmes au teint noir. Le mouvement azawadien affirmait être à la recherche d'espions de l'armée malienne. La médiation burkinabé a « déploré » ces événements et de son côté, le gouvernement malien a parlé « d'épuration raciale » et ajouté que « la présence de l'armée à Kidal pour les élections n'était pas négociable ».
C'est dans ce climat tendu que doivent donc s'ouvrir les premières discussions de demain à Ouagadougou entre Bamako et des groupes du nord du Mali qui se sont en quelque sorte associés pour être plus efficaces.
En effet, la commission de négociation de l'Azawad regroupe, désormais, des éléments du MNLA et Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), un mouvement tout récent dirigé par les Intallas, la famille régnante de Kidal.
En revanche, le mouvement arabe de l'azawad (MAA), n'est pas encore représenté car le MNLA estime que ce groupe est trop proche du MUJAO.
Un accord-cadre ambitieux
Demain donc, encadrée par la médiation, cette commission du nord doit rencontrer le négociateur de l’Etat malien, Tiébilé Dramé. Les discussions doivent officiellement durer 4 jours et permettre la signature d'un accord-cadre, lundi.
Cet accord serait appliqué en deux temps. Dans un premier temps, imposer, aux mouvements du nord, un cessez le feu et cantonner les combattants pour permettre un déploiement efficace de la force onusienne et de l'administration malienne afin d'organiser le scrutin présidentiel à Kidal, prévu le 28 juillet. Bien évidemment, le MNLA refuse toute présence de l'armée malienne dans son fief.
Et dans un deuxième temps - seconde phase de l'accord - Bamako s'engagerait, une fois le nouveau président malien élu, à négocier sur les problèmes de fond, notamment sur le statut de l'Azawad et sur les projets de décentralisation et de développement pour le nord Mali.
Si les derniers événements d'Anéfis ont envenimé les relations, les deux camps restent cependant et apparemment ouverts au dialogue.
 
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Les militaires maliens abusent de la menace Al Qaida pour convaincre "les pigeons européens de leur éviter le naufrage"





Publié le 26 mars 2012
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Le coup d’Etat militaire qui a renversé le général Amadou Toumani est bien la conséquence de la défaite de son armée face aux insurgés Touaregs.
Le coup d’Etat militaire qui a renversé le général Amadou Toumani est bien la conséquence de la défaite de son armée face aux insurgés Touaregs. Crédit Reuters
Si le coup d’Etat militaire qui a renversé le général Amadou Toumani est bien la conséquence de la défaite de son armée face aux insurgés Touaregs[1], l’origine du conflit est, elle, clairement inscrite dans la nuit des temps.
Durant des millénaires les sédentaires sudistes noirs et agriculteurs ont en effet vécu dans la terreur des raids lancés contre leurs villages par les Berbères touaregs surgis des immensités sahariennes. La colonisation a libéré les premiers de cette menace puis elle a inversé le rapport des forces en leur faveur. Avec les indépendances, l’espace sahélo saharien fut ensuite cloisonné par des frontières artificielles. Pris au piège de l’utopie de l’Etat-nation, Touaregs et Noirs furent alors forcés de vivre ensemble. La démocratie a aggravé le problème car les seconds étant plus nombreux que les premiers, l’ethno mathématique électorale leur a assuré le pouvoir et ils n’ont pas boudé leur revanche historique. Voilà qui explique les évènements actuels ; mais alors que jusque là les Touaregs se battaient pour obtenir plus de justice, ils exigent aujourd’hui la partition du Mali. Les données du problème ont donc totalement changé.
Face à cette situation que peut faire une Europe condamnée, qu’elle le veuille ou non, à veiller sur son « arrière-cour » saharo sahélienne ? Peut-elle en effet laisser prospérer un irrédentisme touareg venant s’ajouter à des foyers régionaux de déstabilisation situés dans le nord du Nigeria avec la secte Boko Haram, dans la région du Sahara nord occidental avec Aqmi et dans la zone des confins algéro-maroco-mauritaniens où le Polisario qui a perdu sa guerre contre le Maroc s’est largement reconverti dans des activités mafieuses, une partie de la production mondiale de cocaïne transitant désormais par le Sahara ?
Deux options sont possibles :
1-soit l’intervention urgente et massive aux côtés des armées du Mali et du Niger à la fois pour écraser les rebelles touaregs, maintenir la fiction de ces deux Etats, tenter de contenir Aqmi et sauvegarder nos approvisionnements en uranium.
Cette solution, la plus facile, mais sans perspective, éteindra peut-être provisoirement l’incendie, mais elle ne réglera pas le problème en profondeur. En effet, la solution de la question touareg ne passe ni par un engagement militaire, ni par des élections et encore moins par le déversement d’une nouvelle aide aussi inutile que les précédentes, mais par la prise en compte de la forte personnalité de ce peuple.
2-soit tout au contraire, nous reprenons le problème à sa racine et nous revenons au réel en reconnaissant le fait touareg. Puis, nous « sous-traitons » à ce peuple, contre garanties solides, à la fois la lutte contre Aqmi et contre les structures mafieuses qui gangrènent la région. Pourquoi ne pas profiter de la situation pour corriger nos erreurs passées et mettre en pratique la célèbre maxime de Kipling qui est que « le loup afghan se chasse avec le lévrier d’Afghanistan » ?
Certes, mais l’on nous assure que les Touaregs ont partie liée avec Aqmi. Or, à y regarder de plus près, cette affirmation repose sur une profonde méconnaissance de la géographie ethnique de la région, les observateurs confondant en effet trop souvent les Touaregs qui sont des Berbères avec notamment trois autres populations sahariennes qui, elles, sont Arabes ou arabisées :
-les Chaamba  qui ont pour coeur territorial l’oasis de Timimoun en Algérie ;
-les Reguibat qui nomadisent entre la Mauritanie et le Sahara occidental ;
-les  Maures qui sont installés en Mauritanie.
Ce que n’ont pas vu les observateurs est qu’Aqmi prospère essentiellement chez certains de ces Arabes sahariens, pas chez les Touaregs, à quelques exceptions près liées à des clivages opportunistes internes à certains sous clans. Pour le moment, les Touaregs non acculturés sont en effet, et par nature, imperméables au fondamentalisme musulman : leurs femmes ne portent pas le voile, elles sont libres économiquement et sexuellement et ils sont farouchement opposés à la charia.
Le problème est que la rébellion touareg ayant perdu son protecteur libyen, elle est à la recherche de soutiens et Aqmi lui tend une main intéressée pour sortir de son propre isolement. Mais comment cette nébuleuse terroriste et mafieuse dont les forces sont à la fois très peu nombreuses et dispersées et qui, de plus, ne dispose ni de base arrière, ni d’arsenal,  pourrait-elle soutenir matériellement la guerre « classique » que mènent les Touaregs, aujourd’hui contre le Mali et peut-être demain contre le Niger? Tant qu’elle ne sera pas appuyée sur un Etat, Aqmi ne sera pas en mesure de fournir véhicules, carburant, pièces de rechange et armement adapté aux combattants touaregs. En dehors de réseaux dont l’importance réelle reste à démontrer, Aqmi ne peut rien offrir de « solide » ; tout au contraire, l’appui qu’il pourrait donner aux Touaregs condamnerait immédiatement ces derniers aux yeux des Occidentaux.
La réalité est qu’Aqmi est un appeau utilisé par l’Etat malien pour attirer les pigeons européens qui, seuls, peuvent lui éviter le naufrage.
Cependant encore, et là est le vrai danger, si l’option du soutien au Mali et au Niger était choisie par les Européens, les Touaregs seraient poussés dans les bras d’Aqmi. Comme ils sont présents dans la totalité des immensités désertiques du Sahara central et au contact de tous les autres foyers de déstabilisation de la sous région, les conséquences d’une telle association seraient alors incalculables, tant pour tout l’arc sahélo saharien que pour nos intérêts.
Nos responsables politiques doivent donc faire un choix, et vite. Or, comme ils sont formatés à travers le double prisme de la démocratie individualiste, celle du « un homme, une voix » et sur celui de l’Etat-nation unitaire, il est à craindre qu’ils ne soient pas en mesure d’appréhender la réalité régionale qui repose tout au contraire sur les groupes et sur les peuples. Dans ces conditions, il va être difficile de leur faire comprendre que le règlement de la crise passe par une profonde redéfinition de ces deux façons d’Etats que sont le Mali et le Niger…

[1]Voir à ce sujet le dossier publié dans l’Afrique réelle du mois de février 2012

En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/aqmi-est-appeau-utilise-etat-malien-pour-attirer-pigeons-europeens-bernard-lugan-317563.html#duzULlIH4pGJFI6E.99