lundi 23 avril 2012


La revanche des Touareg

 23 avril 2012 0 Comments
Le 6 avril 2012, le mouvement des rebelles touareg (le MNLA) déclarait unilatéralement l’indépendance de l’État d’Azawad au nord du Mali.
Les médias ont mis en avant la composante islamiste en rappelant la contribution d’AQMI dans ces opérations et en faisant le lien avec les événements survenus en Libye ; ce faisant, l’origine profonde du conflit, qui trouve ses racines jusque dans l’Histoire précoloniale, a été souvent occultée.
Nous nous proposons ici de rétablir une vision plus globale des choses en replaçant l’événement dans la longue durée.
 
Question de vocabulaire
Les Berbères nomades du Sahel s’appellent entre eux imochar (au singulier) et imazeran (au pluriel) mais on les connaît surtout sous leur appellation arabe : targui au singulier et touareg au pluriel. En français, on les désigne par le mot Touareg au singulier, Touareg ou Touaregs au pluriel.
Dans la littérature coloniale, ces guerriers mythiques étaient qualifiés d’«hommes bleus», du fait que leur turban couleur indigo avait tendance à déteindre sur leur peau.


Sur la rive du Sahara
 
Afrique subsaharienne : limite de l'isohuète 400 mm (carte : Vincent Boqueho, pour Herodote.net)
Le Sahel (mot arabe qui signifie rivage) est une zone de transition brutale entre le désert au nord et la forêt humide au sud. Ce contraste climatique trouve son corollaire dans le peuplement : les cultures du nord sont très distinctes de celles du sud. La ligne correspondant à 400 mm de précipitations annuelles apparaît comme une frontière naturelle de peuplement.
Guerriers touaregsLes peuples du nord regroupent notamment les Arabes (en Mauritanie et au Soudan) et les Touareg (au Mali et au Niger), ces derniers appartenant au groupe des Berbères. Ils sont les héritiers d’un mode de vie largement nomade.
Les peuples du sud appartiennent au groupe nigéro-congolais (Sénégal, Mali, Niger) ou nilo-saharien (Tchad, sud-Soudan). Ils sont sédentarisés depuis longtemps (à l’exception des Peuls).
L’islam est très majoritaire dans tout le Sahel, que ce soit parmi les peuples du nord ou du sud. La séparation entre islam et christianisme est située plus au sud, et peut y entraîner d’autres conflits, comme au Nigeria, au sud-Soudan ou encore au Tchad. Dans ce dernier pays, les nomades musulmans du Nord l’ont emporté de manière définitive sur les Saras chrétiens et animistes du Sud dans les années 1970.
Une rivalité très ancienne
Les conflits qui opposent les Touareg aux autres peuples du Mali datent de bien avant la période coloniale. La première vision détaillée de la région nous est offerte par René Caillié, qui fut le premier Européen à atteindre la ville mythique de Tombouctou et à en revenir vivant. La découverte eut lieu le 20 avril 1828.
René Caillié Effaçons-nous un instant pour laisser place à sa description des peuples et de leurs relations : «La ville de Tombouctou est habitée par des nègres de la nation de Kissour ; ils en font la principale population. Beaucoup de Maures se sont établis dans cette ville, et s’y adonnent au commerce […]. Ils ont beaucoup d’influence sur les indigènes ; cependant le roi ou gouverneur est un nègre. […] Tous les habitants natifs de Tombouctou sont zélés mahométans. […]
Le commerce de Tombouctou est considérablement gêné par le voisinage des Touariks, nation belliqueuse qui rend les habitants de cette ville tributaires. Ces derniers, pour avoir leur commerce libre, leur donnent, pour ainsi dire, ce qu’ils demandent […] Les Maures ont pour les Touariks un profond mépris. Les Touariks sont riches en bestiaux […] ; ces peuples nomades ne cultivent point. Les Foulahs [Peuls] qui habitent aux environs du fleuve ne sont pas soumis à ces barbares […] : cette race est trop belliqueuse pour subir un joug aussi honteux.»
Tombouctou
Déjà dans ce texte émerge l’opposition entre une population sédentaire dominante d’un point de vue démographique et politique, et des Touareg nomades dominant militairement. L’islam y apparaît déjà comme le point commun à tous ces peuples.
Les rébellions touareg
 
Territoire de nomadisme des Touaregs (carte : Vincent Boqueho, pour Herodote.net)
La colonisation de la région par les Français a lieu dans les années 1880 et 1890. Les Touareg deviennent le dernier peuple d’Afrique de l’ouest soumis à la colonisation française, en 1902. Les conflits entre les Touareg et les autres populations s’apaisent sous l’administration française.
Mais en 1960, à l’occasion des indépendances, la puissance coloniale confie le pouvoir politique aux «peuples du sud», avec la création de pays comme le Mali et le Niger : cela fait ressurgir les revendications des Touareg.
Tenus en lisière du pouvoir, ils se rebellent en vain dès 1962 au Mali. Les gouvernements tentent de les sédentariser de force, notamment en saisissant leurs chameaux et leurs troupeaux au passage des frontières.
Ces nomades sont aussi les principales victimes de la désertification du Sahel, qui décime leur bétail dans les années 1970. La famine suscite une mobilisation sans précédent en Europe mais n’est guère relayée par les gouvernements malien et nigérien, qui laissent les nomades mourir de faim sur les routes de l’exode. Ce drame crée une source de tensions supplémentaire.
De nouvelles rébellions éclatent dans les deux dernières décennies du millénaire : «guerres des sables» de 1990 à 1995 au Mali et au Niger, en 2006 au Mali, puis de 2007 à 2009 dans ces deux mêmes pays.
Forces en présence
Les Touareg sont au total moins de deux millions. Ils sont présents principalement au Mali et au Niger. Ces deux pays ont l’un et l’autre une population totale d’environ 15 millions d’habitants en croissance très rapide (2011), et une superficie d’environ 1,2 millions de km2 (plus de deux fois la France).

La partition du Mali
L’insurrection de 2012 au Mali, qui a mené à la partition du pays, s’inscrit dans cette même lignée. Elle se distingue toutefois par la rapidité et l’efficacité des insurgés :
- 17 janvier : début de l’insurrection du MNLA dans le nord du Mali
- 21 mars : un coup d’État militaire renverse le président du Mali, arguant de sa faiblesse face aux rebelles touareg. Cela ne fait qu’accélérer la décomposition de l’armée malienne.
- 30 mars : les combattants du MNLA s’emparent de la ville de Kidal. Ils s’emparent de Gao le lendemain et de Tombouctou le surlendemain.
- 6 avril : le MNLA ayant conquis l’ensemble des territoires revendiqués, il met fin aux attaques et proclame l’indépendance de l’Azawad, qui englobe toute la moitié nord du Mali.
Partition du Mali après la rébellion touareg d'avril 2012 (carte : Vincent Boqueho, pour Herodote.net)
L’accélération des succès rebelles par rapport aux précédentes insurrections est principalement due au coup d’État, qui a considérablement affaibli l’armée malienne. Il existe toutefois plusieurs autres raisons extérieures au Mali qui expliquent leur succès.
- Le rôle des islamistes
En 1998, la guerre civile en Algérie entraîne la création du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), branche dissidente du GIA (Groupe islamique armé).
Le GSPC élargit son domaine d’action vers les autres pays sahariens. En 2007, il devient AQMI, «Al-Qaida au Maghreb islamique» : ce changement de nom est principalement motivé par la terreur qu’inspire le nom d’Al-Qaida depuis 2001, ce qui est l’objectif premier d’une organisation terroriste. De fait, cette opération de «marketing» a parfaitement fonctionné auprès des médias occidentaux.
AQMI est avant tout une organisation mafieuse et se finance en grande partie par les rançons obtenues en échange des otages capturés. Le Sahara lui offre un lieu idéal de repli. Le nord du Niger et du Mali sont particulièrement touchés par ses actions, ce qui tend à affaiblir ces deux pays.
Les autorités maliennes ont volontiers associé les opérations d’AQMI au mouvement des rebelles touareg, utilisant le fait qu’ils agissent tous deux dans le nord du pays. Il faut toutefois préciser que les motivations d’AQMI et celles du MNLA sont totalement divergentes : si des islamistes se sont effectivement joints à l’insurrection touareg, AQMI joue surtout un rôle déstabilisateur pour toute la région.
Zone d'action de l'Aqmi au Sahara en 2012 (carte : Vincent Boqueho, pour Herodote.net)
 
- Les conséquences de l’indépendance du Sud-Soudan
Partout ou presque en Afrique (la Somalie est l’exception la plus notable), les frontières issues de la colonisation ont coupé des ethnies en deux ou regroupé un grand nombre d’ethnies très diverses comme au Mali. Pour ces peuples, la tentation est grande de contester ces frontières. Pour éviter un effet boule de neige, l’ONU a clairement affiché le principe de la non-remise en question des frontières coloniales.
Or le Soudan, de par son immensité, a longtemps posé problème : l’écartèlement entre les peuples arabes musulmans du nord et les peuples nilotiques chrétiens du sud a provoqué une première guerre civile de 17 ans dès l’indépendance en 1956, puis une deuxième de 21 ans qui ne s’est achevée qu’en 2005.
Le Sud-Soudan a finalement obtenu son indépendance en juillet 2011, suite à un référendum : la scission du pays est aujourd’hui internationalement reconnue. Cette officialisation, si elle apaise localement le conflit, crée en revanche un précédent qui tend à déstabiliser le reste de l’Afrique. En particulier, les Touareg du Mali peuvent mettre en avant ce cas de «jurisprudence» pour légitimer la création de l’Azawad auprès du reste du monde.
- Les conséquences de la guerre de Libye
Le peuple touareg n’est pas lié à un pays en particulier : il s’étend à cheval sur le Niger, le Mali, l’Algérie et la Libye. Les événements survenant dans les pays voisins peuvent donc affecter indirectement le Mali.
Avec la fin de leur rébellion au Mali en 1995, certains combattants touareg se sont retrouvés désœuvrés et ont rejoint l’armée du colonel Kadhafi en Libye. Après la chute du dictateur en octobre 2011, beaucoup sont rentrés au pays, emmenant avec eux des armes lourdes. Ces moyens humains et matériels supplémentaires ont permis de renforcer le MNLA.
Il serait cependant hâtif d’affirmer que l’intervention en Libye a déstabilisé toute la région : beaucoup de combattants vivent de la guerre et se contentent de passer d’un pays à l’autre au gré des conflits. C’est d’autant plus le cas des Touareg, de tradition nomade. Ainsi, la paix survenant à un endroit tend naturellement à renforcer les conflits dans un autre, par simple effet de vases communicants.
De même au Soudan, c’est l’apaisement de la guerre civile au sud qui a facilité l’éclosion du conflit du Darfour à l’ouest, en 2003 : les combattants nordistes désœuvrés y ont trouvé un nouvel exutoire. Il serait pourtant déplacé de condamner la paix au Sud-Soudan sous prétexte qu’elle a entraîné ces tragiques événements…
Quel avenir pour le Mali ?
Aujourd’hui, aucun pays ne reconnaît l’indépendance de l’Azawad revendiqué par le MNLA : cela reviendrait en effet à propager le conflit aux pays voisins, où des prétentions d’indépendance existent également.
Cependant, l’armée malienne semble bien incapable de reconquérir le nord du territoire. Seule une aide massive de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest), voire une éventuelle intervention, pourrait faire bouger les choses. Les autorités maliennes peuvent aussi espérer le soutien de l’Occident depuis que les putschistes ayant renversé le président malien ont accepté de restituer le pouvoir.
En attendant, la principale crainte concerne le sort des réfugiés, la guerre ayant fait fuir une partie de la population malienne vers les pays voisins (Niger, Mauritanie, Burkina Faso), au risque d’aggraver la crise alimentaire et l’instabilité politique dans tout le Sahel.

Par Vincent Boqueho

AZAWAD EXODE et RESISTANCE (Rebellion 1992)


AZAWAD EXODE et RESISTANCE (Rebellion 1992) par CROACLUB

Des milliers de Berbères marocains manifestent à Casablanca pour un « printemps amazigh »

23/04/2012 - 13:31

CASABLANCA (SIWEL) — Des milliers d'Amazighs marocains, 10.000 selon les organisateurs et 5.000 selon la presse, ont manifesté hier 22 avril dans la capitale économique du royaume du Maroc, Casablanca.


Photo amazighword.org
Photo amazighword.org
Cette grande manifestation des Berbères, pour célébrer le 32eme anniversaire du printemps Amazigh né en Kabylie le 20 Avril 1980, était l'occasion de réitérer les revendications identitaires mais aussi politiques des Marocains amazighs majoritaires dans ce pays mais minorisés par les gouvernements successifs. 

Venus de toutes les villes du Maroc, les manifestants entendaient aussi apporter leur soutien aux Amazighs de Lybie ainsi qu'à la nouvelle République de l'Azawad. Des slogans hostiles au nouveau gouvernement marocain islamo-conservateur et au Makhzen ont été criés par des milliers de manifestants. 

La marche a démarré dans le calme à 13h30 depuis la place « Ennaser » du fameux quartier Amazigh « Derb Omar » et a fini à la place du centre-ville vers 18 heures. 

C’est la deuxième manifestation cette année après celle du 15 janvier à Rabat et la troisième après celle du 18 Avril 2011 à Marrakech. Les Berbères d'Afrique du Nord veulent peser lourdement sur les grands changements qui s'opèrent dans la région. 

Après le printemps dit « arabe » qui a débouché sur une prise de pouvoir des mouvances islamistes, les Amazighs du Maroc, d'Algérie, notamment les Kabyles, de Lybie, de l'Azawad et même de Tunisie et d'Egypte aspirent à faire un véritable printemps amazigh aux couleurs de la démocratie et de la laïcité. 

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SIWEL 231350 AVR 12

discours du représentant kurde commémorations du printemps amazigh à Ma...


Concert en l'honneur de l'Azawad indépendant 19-04-2012
TIZI-OUZOU (SIWEL) — Un concert en l'honneur de l'Azawad a été animé par plusieurs artistes kabyles dont le chanteur engagé Oulahlou, à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, à l'initiative du Conseil universitaire du MAK, le 19 avril 2012. (Crédits photos Mqidech V. - SIWEL).

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dimanche 22 avril 2012


dimanche 22 avril 2012

Berbères laïques contre Arabes jihadistes : le "grand jeu" saharien a commencé.


Géopolitique/ Course de vitesse dans l’Azawad
Le printemps arabe de 2011 a débouché sur un « hiver islamique ». En sera-t-il de même du « printemps saharien » de 2012 ? Le 1er avril, les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) se sont emparés des deux grandes villes de la boucle septentrionale du Niger : Gao, à l’est, l’ancienne capitale de l’empire songhaï ; et Tombouctou, à l’ouest, l’ancienne « ville sainte » de l’islam saharien. Mais une autre force est apparue presque aussitôt dans leur sillage : Ansar Dine (« Les Partisans de la Religion »).
17/04/2012 - 22:01 mis a jour le 17/04/2012 - 22:03 par Michel Gurfinkiel

Les deux organisations n’ont pas le même drapeau : le MNLA arbore une bannière vert-rouge-noir, avec un triangle jaune en chevron ; Ansar Dine, l’étendard noir des islamistes. Elles n’ont pas les mêmes buts : le MNLA veut créer un Etat-nation dans l’Azawad (« Le Pays des Pâturages »), c’est à dire le nord du Mali actuel, à peuplement touareg, mais ne revendique pas le reste du pays, centré sur Bamako ; alors qu’Ansar Dine parle d’une « république islamique », qui pourrait s’étendre à la fois sur le Sahara et le Sahel. Et si le MNLA affiche des idéaux démocratiques et laïques, ses rivaux veulent instaurer immédiatement la Chariah.
Les deux groupes ont pourtant combattu l’armée malienne ensemble, et semblent s’être réparti le contrôle des « territoires libérés ». C’est le MNLA qui pris Tombouctou : mais trois jours plus tard, la ville était quadrillée par les islamistes. Cette guerre, il est vrai, constitue une revanche historique pour l’ensemble des Touaregs. L’Azawad, territoire plus grand que la France (entre 600 000 et 800 000 kilomètres carrés, selon les définitions), où nomadise une population éparse mais ethniquement homogène (1,5 million d’habitants, dont 85 % de Touaregs berbères) n’a jamais accepté son incorporation au Mali, l’ancien Soudan français, dominé par les populations nigéro-congolaises.
Une première rébellion avait éclaté en 1958, quand les Français préparaient le pays à l’indépendance. Une seconde, en 1963, trois ans seulement après cette indépendance, avait été réprimée dans le sang. Une troisième, au début des années 1990, avait eu plus de succès : les autorités maliennes avaient accepté, lors des accords dits de Tamanrasset, en 1991, de retirer leurs troupes de la région, et donc de concéder à la population locale une autonomie de fait.
La rébellion actuelle a eu pour cause immédiate la chute du régime kadhafiste : des Touaregs maliens qui servaient le dictateur ont pu piller au profit du MNLA, alors qu’ils se repliaient sur l’Azawad, d’importants matériels militaires. Mais elle a deux causes plus profondes : le jeu de l’Algérie ; et un contexte général de « liquéfaction » des structures issues de la décolonisation.
Les Etats arabo-musulmans d’Afrique du Nord ont tous tenté, depuis les années 1960, de s’emparer du Sahara, région sous-peuplée mais dotée d’immenses richesses minérales : pétrole, gaz naturel, uranium, or, bauxite, phosphates. Le Maroc a d’abord revendiqué la Mauritanie, avant d’annexer l’ancien Rio de Oro espagnol (le Sahara Occidental). La Libye a tenté de s’implanter au Tchad ou au Niger. Mais l’Algérie, déjà maîtresse de la moitié nord du Sahara, a cherché à imposer sa tutelle à l’ensemble des pays sud-sahariens : du Sahara Occidental, qu’elle dispute encore aujourd’hui au Maroc, jusqu’au Niger. Sans la France, ex-puissance coloniale qui a constamment assuré un contrepoids, elle y serait sans doute largement parvenue.
Alger a longtemps justifié ses ingérences par la lutte contre « l’insécurité », le trafic de drogue et l’islamisme. Mais il est avéré que ses services soutiennent, depuis plusieurs années au moins, Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), un groupe islamiste armé qui opère dans tout l’espace saharien (Il a notamment procédé à la capture d’humanitaires ou de scientifiques européens - dont plusieurs Français - en Mauritanie et au Mali.)
Cette OPA sur l’islamisme – une forme de stratégie indirecte – modifie le rapport de forces dans la région. La France pouvait naguère contrecarrer les ingérences algériennes directes avec des moyens relativement restreints : pressions diplomatiques, déploiement militaire léger. Aujourd’hui, la diplomatie n’est plus de mise. Un Français installé à Bamako explique : « Quand les gouvernements sahéliens, appuyés par le Quai d’Orsay, leur demandent de les aider à combattre les islamistes, les Algériens répondent toujours favorablement. A condition qu’on passe par leurs conditions. Sinon, fin de non recevoir. » Militairement, la situation s’est « complexifiée », selon le même observateur : « L’islamisme est un adversaire sans visage, difficile à localiser, susceptible de recourir au terrorisme tant en Afrique qu’en France même. L’affronter coûte cher. Financièrement et politiquement. »
L’alliance entre l’Algérie et AQMI suscite un malaise grandissant chez les nationalistes touaregs. Et conduit le MNLA à solliciter l’appui de la France : « Pour nous, c’est Alger l’ennemi principal. Pas Bamako ». De fait, Hervé de Raincourt, le ministre français de la Coopération, n’a cessé d’appeler, depuis plusieurs semaines, à un dialogue entre les autorités maliennes et le MNLA. En distinguant soigneusement cette organisation (« qui n’a pas de lien avec AQMI ») d’Ansar Dine, qui a contrario en aurait.
Pour l’instant, le MNLA ménage Ansar Dine en tant qu’organisation touarègue authentique. Son chef actuel, Iyad Ag Gheli, avait été l’un des chefs de la révolte de 1990-1991. Sa tribu, les Iforas, est l’une des puissante de l’Azawad. Et c’est sur son territoire que se situe Kidal, la capitale. Alors que l’AQMI est perçue comme une organisation totalement étrangère. Mossa Ag Attaher, le porte-parole du MNLA, explique à Valeurs Actuelles : « Le noyau originel d’AQMI, c’étaient des membres du Groupe salafiste pour la prédication (GSP), un mouvement islamiste algérien, à qui le gouvernement malien avait donné asile. Ils ont finalement fait allégeance au pouvoir algérien. Et se sont étoffés avec des renforts arabes, burkinabés, nigérians, mauritaniens. Nous ne tolérerons pas cette intrusion. »
Tout au long du mois de mars, le MNLA a multiplié ses menaces envers AQMI – et ses mises en garde à Ansar Dine. Va-t-on vers des affrontements entre Touaregs et « Arabes » ? Ou même une guerre civile entre Touaregs ? Mais inversement, si le MNLA l’emporte, pourra-t-il éviter d’intervenir en-dehors de l’Azawad ?
De tous les peuples de l’Afrique occidentale, les Touaregs ont été les derniers à se soumettre aux Français, en 1902 seulement. Jusque là, ils disposaient d’un quasi-Etat indépendant : une confédération de tribus, dirigée par un roi élu, l’Amenokal. Aujourd’hui, on compterait de 6 à 10 millions de Touaregs dans l’ensemble des pays sahariens et sahéliens. Avec les autres ethnies berbères de la région, notamment les Maures de Mauritanie, du Sahara Occidental et du Sénégal, ils formeraient une nation d’une quinzaine de millions d’âmes. Pourquoi n’auraient-ils pas droit à un autodétermination collective, qui leur donnerait, accessoirement, pleine souveraineté sur leur fabuleux sous-sol ?
Pendant un demi-siècle, le principe de l’ « intangibilité des frontières issues de la décolonisation » s’opposait, dans le Sahara comme dans le reste de l’Afrique, à une telle évolution. Mais il revêt aujourd’hui moins de force que par le passé. En 2011, le Soudan du Sud, noir et non-musulman, s’est séparé du Soudan, arabisé et islamique. La Libye postkadhafiste semble suivre le même chemin : ses trois régions traditionnelles (Cyrénaïque, Tripolitaine, Fezzan) se sont déclarées autonomes, et il pourrait en aller de même du Nfoussa, le pays berbère situé à l’ouest de Tripoli. La Kabylie est entrée dans une sorte de « sécession douce » face à l’Algérie : un « gouvernement provisoire kabyle », l’Anavad, a même été constitué, sous la direction du barde national Ferhat Méhenni.
Le MNLA ne cache pas ses liens avec l’Anavad, dont il a repris l’idéologie identitaire laïque. Et il a participé au Congrès mondial amazigh, qui réunissait la plupart des mouvements nationalistes berbères à Rabat, le 12 mars.
(c) Michel Gurfinkiel & Valeurs Actuelles, 2012

Voir en ligne : Michele Grurfinkiel 

Azawad / ⴰⵣⴰⵓⴰⴷ / دولة أزواد المستقلة (not recognised state)

Bernard Lugan : « il faut s'appuyer sur Les Touaregs pour lutter contre ...


Ançar Dine: «Nous combattrons la CEDEAO si elle s’engage dans le nord-Mali»

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Senda Ould Boumama, porte-parole d’Ançar EddineSenda Ould Boumama, porte-parole d’Ançar Eddine


(Tombouctou) - Nous combattrons la CEDEAO s’elle s’engage militairement dans le nord-Mali. Et nous disons au président, au gouvernement et au peuple mauritaniens: "Ne nous exportez pas vos problèmes internes". La politique de la fuite en avant est vouée à l'échec. En puis, nous ne dialoguerons jamais avec Ould Abdel Aziz tant qu'il nous considère des terroristes, a déclaré Senda Ould Boumama, porte-parole d’Ançar Eddine dans cette interview accordée à l’envoyé spécial d’Alakhbar à Tombouctou, au Mali.




ALAKHBAR: Comment présentiez-vous le mouvement Ançar Dine ?



SENDA OULD BOUMAMA: Ançar Eddine est un mouvement qui prône l’islam et tire sa référence du salefisme. Et nous sommes actifs dans la zone appelé Nord-Mali.



ALAKHBAR: Quels sont les objectifs du mouvement ?



Notre objectif c’est d’appliquer la Charia (Loi islamique) dans cette partie nord du Mali



ALAKHBAR : Comptez-vous l'appliquer au-delà même du Nord-Mali?




La charia concerne tout le monde. Elle ne se limite pas dans un espace donné. La preuve ; Allah dit dans le coran : «Etablissez la religion; et n’en faites pas un sujet de division» (sourate: 42, Verset: 11). L'instauration de l’Islam ne peut donc se limiter au niveau des foncières imposées par le colonisateur.



ALAKHBAR : Avez-vous au moins commencé cette application dans le nord ?




S.O.B: Oui, dans la mesure du possible et selon les besoins de la population.



ALAKHBAR : Y a-t-il des chiffres par rapport au nombre de peines déjà prononcées?




S.O.B: Des gens trouvés ivres ont été punis. Nous avons également détruit des bars, fermé des maisons closes, et confisqué de grandes quantités de drogue. Ce qu’il faut noter ce pendant c’est que dans cette zone la Charia était absente depuis dix siècles. Et il ne restait de l’Islam de ces gens que le nom. Nous tenons tous ces aspects en considération. A cet effet, nous combinons l'application de la charia et la sensibilisation de la population sur les préceptes de L'Islam. Toutefois, il y'a des choses que nous ne pouvons pas taire comme les maisons closes, les pratiques usurières… Nous d’ailleurs eu la chance de trouver que les banques ont été soit détruites soit saccagées.



ALAKHBAR : Comment trouvez-vous la réaction des populations vis-à-vis ces étapes?




S.O.B: très positive. Incroyable ! Les gens sont assoiffés de l’Islam. Ils veulent le voir appliquer.



ALAKHBAR : Contrôlez-vous toute cette zone où vous voulez commencer à appliquer la Charia?




S.O.B: Nous contrôlons la quasi-totalité de du nord-Mali. Certes, il y'a d'autres mouvements armés qui s’y sont installés après l'effondrement de l'armée malienne. A Tombouctou, le MNLA occupe l'aéroport situé à 5 Kilomètres de la ville. Il y a encore des milices armées et quelques restes du régime déchu. Actuellement, nous ne sommes pas en confrontation avec ceux-ci pour dire que notre contrôle sur la ville est complet.




ALAKHBAR : Comment gérez-vous les zones que vous contrôlez?




S.O.B: Cela dépend de la situation de la zone contrôlée. Il y'a des zones où la situation est nettement à notre faveur, ce qui n’est pas le cas par tout. Par conséquent, nous agissons en fonction de la situation sur place. A Tombouctou, par exemple, nous gérons les affaires en collaboration avec la population représentée par les imams et notables et hommes de confiance, tout en confiant un rôle particulier aux cadres et aux jeunes. Ce pour dire que nous n’excluons personne.



ALAKHBAR : Certains disent que vous êtes l’autre version d’AQMI. Y a-t-il lien entre vous?




S.O.B: Nous ne sommes pas en contradiction avec Al Qaïda au Maghreb Islamique qui est aussi un mouvement islamique jihadiste qui a la même référence que la nôtre. Mais, chacun est indépendant vis-à-vis de l’autre.



ALAKHBAR : Justement, comment gérez-vous vos relations avec les autres mouvements de l'Azaouad?




S.O.B: Quiconque nous respect méritera de retour notre respect.



ALAKHBAR : Avant notre arrivée, nous avons été informés d’une marche contre votre présence àTombouctou?




S.O.B: C'est du mensonge. Il y'a eu plutôt une marche d’une centaine de personnes qui nous ont suppliés de ne pas quitter la ville.



ALAKHBAR : Vous voulez dire marche de soutien en votre faveur?




S.O.B: En tout, ils se sont révoltés contre l'Etat qui les a laissés et nous ont demandé de ne pas quitter la ville. Nous avons même pris soin de leur demander s’ils voulaient notre départ comme prétendent certains. C'était en présence de la presse. Vous savez que-est ce qui était leur réponse : «Si vous partez, avec qui vous nous laisserez ? Avec ceux qui ont détruit nos maisons et spolié nos biens !»



ALAKHBAR : Allez-vous aussi réclamer votre Etat et demander, si c’est le cas, la reconnaissance de l'ONU?




S.O.B: En principe, nous ne reconnaissons ni la légalité des Nations Unies ni celle qu'on appelle la communauté internationale. Cela ne nous regard pas. La légalité pour nous, c’est celle de Dieu. Quant à proclamer un Etat, il est très tôt d’en parler.



ALAKHBAR : Comment trouvez-vous les positions des pays limitrophes vis-à-vis de votre mouvement?




S.O.B: C’est une position tout à fait négative. Certains, surtout ceux qui ont des problèmes internes, cherchent par tous les moyens à nous diaboliser.



ALAKHBAR : Même la Mauritanie?




S.O.B: Oui, même la Mauritanie.



ALAKHBAR : Alors comment vous diabolise-t-elle la Mauritanie?




S.O.B: Il y'a une campagne médiatique et beaucoup des rumeurs véhiculés contre nous. Certains parlent d'une étroite collaboration, dans tous les domaines, entre le cheikh Abou Moussab Abdelwedoud (chef d'Aqmi) et Cheikh Iyad Ghali. En les croire cette collaboration serait même couronnée par la nomination de Abou Hammam (un chef d'Aqmi) comme gouverneur de Tombouctou. Nous n'avons pas annoncé un Emirat, et moins encore un Etat. Comment pouvons-nous donc des gouverneurs? Iyad Ghali a en effet confié la gestion de cette ville à Abou Oumar Targui. Il est là et vous pouvez le voir.



En tout cas, nous disons au président, au gouvernement et au peuple mauritaniens: ne nous exportez pas vos problèmes intérieur. La politique de la fuite en avant est vouée à l'échec.



Je signale au passage qu’on ne peut plus empêcher les gens de s’exprimer. Les carcans de la peur sont cassés. Il est temps que la Oumma soit reconsidérée. Les dirigeants doivent désormais savoir que la Nation musulmane n'est plus ce troupeau que le despote conduit à l'abattoir. Cette époque est révolue. Ils se chercher des solutions à ses problèmes internes au lieu de les exporter et de s’aventurer dans une guerre par procuration. C’est le message que nous adressons à la Mauritanie.



ALAKHBAR : Le président mauritanien s'est dit favorable à un dialogue avec quelques mouvements à Azaouad, mais pas avec vous qu’il qualifie de "terroristes". Etes-vous, vous, prêts à dialoguer avec lui ?




S.O.B: Pas du tout. Nous ne sommes pas prêts pour dialoguer avec lui, tant qu'il nous considère un mouvement terroriste.



Pourquoi d’ailleurs Ould Abdel Aziz nos qualifie de terroristes ? C'est quoi le terrorisme? Avons-nous tué des femmes et des enfants dans l'Azaouad? Nos avions ont-ils bombardé des véhicules civils dans un marché populaire? Je trouve qu'il a besoin de réfléchir davantage pour définir le terme ‘’ terrorisme’’.



Et puis, s'il pense que l’instauration de l’Islam relève du terrorisme, nous sommes alors des terroristes selon sa définition. Nous en sommes d'ailleurs très fiers ; ces sur ce plan, Dieu nous a même loués. Allah ne dit-il pas "Préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre" (8:60).



De toute façon, je ne trouve pas une seule voie de coopération avec lui (Ould Abdelaziz) sauf s'il est prêt à l'application de la charia. Mais, actuellement qu'il mène une guerre sans merci contre les vrais croyants, il ne peut y avoir de discussion avec lui.



ALAKHBAR : La CEDEAO menace d’intervenir militairement dans le nord. Craignez-vous ce scénario?




S.O.B: Nous ne craignons que Dieu. Je pense en revanche que la question de l'intervention militaire est une méthode archaïque. Elle a été expérimentée par tout depuis l'invasion soviétique de l'Afghanistan jusqu'à nos jours. A chaque fois, les résultats ont été toujours en faveur des musulmans. L'URSS n'est plus. L'USA est aussi en voie de disparition à cause de ses interventions contre les musulmans. Personne ne s'attendait à que l'américain vit en SDF, chassé de sa propre maison. Du coup, nous ne croyons pas que la CEDEAO soit prête pour une intervention militaire. Toutefois, nous rappelons que nous avons porté les armes pour combattre et pas pour se reposer dans des bureaux climatisés.



ALAKHBAR

Elections françaises: La "Marine" rapplique!!


FRANCE / PRÉSIDENTIELLE 2012 - 
Article publié le : dimanche 22 avril 2012 - Dernière modification le : dimanche 22 avril 2012

Présidentielle 2012 : François Hollande en tête du premier tour, devant Nicolas Sarkozy

RFI
Le candidat socialiste François Hollande (G) et le président-sortant et candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy.
Le candidat socialiste François Hollande (G) et le président-sortant et candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy.
Reuters/Montage RFI

Par Claire Arsenault
Le combat des derniers jours, à coup de meetings entre les deux favoris, a clos une campagne assez morne sur le plan des idées. Le face-à-face final entre ces deux hommes, si différents, donnera peut-être un peu de nerf à la dernière ligne droite abordée en tête par François Hollande.


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L’image du mou, de celui qui n’a pas la stature d’un président, a bien pâli. En prenant la tête du premier tour de la présidentielle, François Hollande a montré que son air patelin se doublait d’une détermination tranquille. Et plus Nicolas Sarkozy s’est agité, a multiplié les interventions tous azimuts, plus le socialiste a opposé à son adversaire le déroulement d’une campagne sans à-coups.

Mauvaise évaluation
Le président-candidat aurait-il sous-estimé son challenger ? On peut le croire au regard de la stratégie imposée à l’UMP par Nicolas Sarkozy, persuadé d’épuiser Hollande, en le laissant occuper le terrain jusqu’à ce que lui-même se déclare, en février. Or, loin de s’essouffler, le candidat socialiste a tracé sa route. Malgré l’armada de campagne du président-candidat, François Hollande est parvenu à se maintenir en tête dans les sondages, à l’exception d’une courte période durant laquelle Nicolas Sarkozy l'a devancé d’un point ou d’un point et demi.

L’écart s’est un peu creusé ces derniers jours entre les deux principaux candidats en faveur du socialiste. De plus, grâce à une réserve de voix plus importante pour François Hollande, l'avantage pris au premier tour pourrait bien faire basculer le résultat si on en croit les derniers sondages qui donnent un score final de 56% pour le socialiste contre 44% pour Nicolas Sarkozy.

Lesté d’un bilan pas toujours facile à défendre, Nicolas Sarkozy s’est battu comme un beau diable pour dire aux Français qu’« il avait compris », après leur avoir affirmé qu’« il avait changé », dès 2007… Lui dont l’énergie était la marque de fabrique, est passé à l’agitation rendant bien souvent opaque le sens de ses décisions en rafale. Adepte du texte de loi accroché aux faits divers médiatiques, n’hésitant pas à désigner des coupables, il a dérouté jusqu’à ses partisans.

Avantage contre fardeau

Percevant un certain rejet à son égard, Nicolas Sarkozy a même promis aux Français d’être un « président différent » pour « la France forte » de son second quinquennat. Un engagement qui fait écho au « président normal » revendiqué par François Hollande, ce qui lui a d’ailleurs valu bien des sarcasmes. Le vote anti-Sarkozy, s’il se confirme, bénéficierait pour une bonne part à François Hollande. Mais cet apport décisif peut se transformer rapidement en fardeau en cas de faible adhésion au projet socialiste.

Après avoir chassé sur les terres idéologiques du Front national, immigration, viande halal, fraudeurs, chômeurs, etc, Nicolas Sarkozy a tourné casaque pour aller à la pêche, aux électeurs du centriste François Bayrou. Ces derniers jours, le candidat de l'UMP a finalement remis le cap à droite toute, pour tenter de sauver ce qui pouvait encore l'être. Des changements de cap banals chez lui mais qui, dans la situation actuelle, ont pris de court son entourage qui en tenait pour maintenir la même ligne, bien à droite. Mercredi, à quatre jours du premier tour, même Le Figaro le constatait : « Le cœur n’y est plus », écrivait le quotidien parlant d’un Sarkozy curieusement « détaché et détendu ». 
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