Que peut le CNRDRE face aux rebelles du Nord ?Par Mame Diarra DIOP - 27/03/2012Kidal est encerclé, Goundam occupé et le MNLA, renforcé par les mouvements djihadistes, est sur le point de prendre la ville stratégique. La junte en appelle aux négociations…Lesquelles ?
« Nous les exhortons déjà à cesser les hostilités et à rejoindre dans les plus brefs délais la table de négociation », a déclaré le capitaine Sanogo lundi soir lord d’un message radiotélévisé à la Nation malienne. Un message qui sonne bien creux face à l’avancée des rebelles dans la partie du nord du pays. Le MNLA avait, via son porte-parole déclaré que le coup d’état ne changeait rien dans leurs revendications. Mais le capitaine Sanogo en appelle aux discussions… D’après le chef des mutins, « tout est négociable, sauf l’intégrité territoriale et l’unité du pays » . Alors comment négocier avec ces rebelles qui ont déjà refusé de s’asseoir face à l’ancien régime et dont la seule revendication est l’indépendance de l’Azawad ?
On voit mal également la junte se rendre au Nord où la hiérarchie militaire est totalement bafouée. Le général Poudougou a lui quitté, la base de Gao, où sont positionnés quelques centaines d’hommes depuis longtemps et les troupes font face à la prise imminente de Kidal. Profitant du chaos de Bamako pour avancer dans leurs positions, les rebelles ont pris Anéfis, puis encerclé Kidal. Autant dire que la junte semble ignorer la gravité de la situation au Nord à coups de déclarations péremptoires. ![]()
Quelle stratégie pour le CNRDRE ?
Appel à négocier avec les rebelles ? Voilà la seule stratégie de communication de la junte qui reçoit journalistes et hommes politiques dans son QG de Kati et improvise chaque sortie médiatique. Lorsqu'on interroge le capitaine Sanogo sur le Nord, et les moyens à mettre en oeuvre pour combattre la rébellion, l'intéressé, se fend de réponses évasives. Mais le temps presse et pendant que la junte distille des communiqués insipides sur les écrans nationaux et à l’heure où le capitaine en appelle aussi à l’aide de la CEDEAO qui se réunit ce mardi à Abidjan, tout le nord, de Léré à Ménaka en passant par Tessalit et Kidal aujourd’hui est presque aux mains des rebelles et des groupes armés islamistes, plus ou moins alliés au MNLA, se sont positionnés sur le terrain face à l’armée malienne en déroute totale. La ville de Goundam serait même aux mains des rebelles depuis ce lundi soir. D’après André Bourgeot, spécialiste du Sahel, dans une interview au site Slateafrique.com, « le coup d’Etat fomenté par la junte a plutôt bénéficié au mouvement de libération de l’Azawad, dans un contexte où l’on ne voit plus la cohérence et la cohésion de l’armée malienne. On ne voit plus comment s’exerce l’autorité». La rébellion du MNLA avait annoncé qu'elle continuerait ses attaques et elle tient parole. De violents combats se sont déroulés ces dernières heures autour de la ville de Kidal. Des tirs d'armes lourdes se font entendre depuis le lundi matin et selon plusieurs sources, les troupes touareg se trouvent à quelques centaines de mètres des portes de la ville, rapporte l’AFP. Il est évident que le capitaine Sanogo qui réclamait à l'ancien ministre de la défense, Sadio Gassama, plus de moyens ce fatidique 21 Mars, ne serait pas plus avancé que ces nombreux soldats au nord et qui auraient fui devant l'ennemi par manque d'encadrement militaire. Quelle réponse donc donner au peupe malien face à la question du Nord ? |
TESHUMAR.BE est dedié à la CULTURE du peuple touareg? de ses voisins, et du monde. Ce blog, donne un aperçu de l actualité Sahelo-Saharienne. Photo : Avec Jeremie Reichenbach lors du Tournage du film documentaire : « Les guitares de la résistance Touaregue », à la mythique montée de SALUT-HAW-HAW, dans le Tassili n’Ajjer-Djanet- Algérie. 2004. Photo de Céline Pagny-Ghemari. – à Welcome To Tassili N'ajjer.
mardi 27 mars 2012
Mali : nouvel avertissement américain
Par Europe1.fr avec AFP
Publié le 27 mars 2012 à 20h38Mis à jour le 27 mars 2012 à 20h38
Les Etats-Unis ont estimé mardi qu'il était "encore temps" pour le chef de la junte au pouvoir au Mali, le capitaine Amadou Sanogo, d'autoriser un retour à un gouvernement civil dans le pays.
"Nous avons eu un, si ce n'est deux, contact avec le capitaine Sanogo", a déclaré à des journalistes la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland. "Le message que nous lui adressons reste inchangé: il est encore temps de défaire ce qui a été fait, d'autoriser le retour à un gouvernement civil et de discuter, calmement, avec le gouvernement", a-t-elle ajouté.
"Chaque jour que vous passez à essayer de diriger le pays est un jour que vous ne passez pas à protéger le Mali des attaques qu'il subit, en particulier celles venant des (rebelles) touareg et d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique, ndlr)", a souligné la porte-parole de la diplomatie américaine.
- Publications actualisées
UNE SEMAINE DANS L'AZAWAD-N°08-27/03/2012
Semaine de Défis
En 1990, la vague démocratique qui déferle en Afrique ne tarde pas à atteindre le Mali. En mars 1991, Amadou Toumani Touré chasse du pouvoir, par un coup d'Etat militaire, le dictateur Moussa Traoré - au pouvoir depuis 22 ans - qui vient de réprimer dans le sang des manifestations. A l'époque de la transition, le président Amadou Toumani Touré aimait à dire que «les civils ne doivent pas s'étonner d'être renversés par des militaires s'ils gouvernent mal ». Et nous qui commencions à nous habituer à l’idée que les coups d’Etat ne font plus partie de la vie politique africaine! En général, ces régimes s’appuient sur une armée politisée, tribalisée au possible. Par nature, ils génèrent la tentation des coups d’Etat, et personne ne vient les pleurer, lorsqu’ils tombent. Après tout, les élections frauduleuses qui permettent à ceux qui sont déjà au pouvoir d’y rester indéfiniment sont aussi une forme, sournoise, de coup d’Etat.
1. Evénements
Cette semaine a été particulièrement riche en évènements qui confortent encore plus la marche de l’Azawad vers sa libération. Dans l’Azawad comme au Mali, les populations sont en train de lever le voile sur les réalités qui font de l’indépendance de l’Azawad une nécessité vitale pour la paix et la stabilité de la région. Les nouvelles adhésions consolident la popularité du mouvement révolutionnaire. Cet état de fait constitue également une perte énorme pour le Mali et sa politique qui fait croire aux sceptiques que les représentants du peuple azawadi ne sont pas impliqués dans la lutte pour l’indépendance.
Toutefois une commission de 15 ministres des affaires étrangères de la CEDEAO s’était rendue à Bamako, le Mardi 20 Mars, pour réaffirmer son soutien à l’Etat malien. La commission, sans prendre en compte les aspirations du peuple azawadi, a même projeté de livrer des équipements et des matériels militaires au Mali afin de réprimer sa révolution. Mais le problème, semble-t-il, n’est pas d’ordre matériel puisque les militaires ont, maintes fois, exprimé leur mécontentement à ces pratiques du gouvernement en place.
Le président déchu s’exprimant sur Rfi le 24 Février dernier avait écarté toute transition probable : «Vous me parlez d’officiers qui peuvent décider de prendre le pouvoir puisque – disent-ils – je ne veux pas mettre fin à cette rébellion dans le nord du Mali. Mais qui sont-ils ? Je ne les ai jamais rencontrés.». Mais l’histoire cède au présent la réponse aux précédentes questions d’Amadou Toumani Touré, puisque ces officiers sont la compagnie d’Amadou Haya Sanogo, et s’il ne les avait jamais rencontrés, il l’a fait le Mercredi 21 Mars 2012.
Après des combats, des séries de pillages et de vandalismes dans la capitale du Mali, les nouvelles autorités ne parviennent toujours pas à stabiliser la situation.
Alors, certaines questions se posent :
* Comment la junte au pouvoir parviendra à s’imposer comme autorité indiscutable ?
* Pourra-t-elle contrôler la vague de banditisme et de vandalisme qu’elle a occasionné dans les rues de la capitale malienne ?
* Enfin, va-t-elle reconnaître le droit à l’autodétermination, base de toute négociation avec l’Azawad ?
Il serait temps qu’une génération accepte de faire face à la réalité. L’autodétermination de l’Azawad est une nécessité à laquelle tous les maliens et tous les azawadis doivent trouver une issue raisonnable.
2. FAITS
- Liberation de Anéfis et de Bourem, après cette situation qui fragilise l’armée malienne, les militaires abandonnent ces villes le 22 et le 23 Mars derniers. ces villes ont été récupérées par les troupes du MNLA qui y ont hissé le drapeau azawadi.
- Destruction d'un convoi de milices de l’armée malienne le 25 Mars dont le bilan fut de 16 Soldats maliens tués, dont le chef de la milice Ganda Iso, Amadou Diallo, 02 Véhicules pleins de munitions récupérées et 01 Prisonnier malien.
- Déclaration de démission des instances maliennes et d’adhésion au MNLA pour démontrer l’implication et la confiance des forces vives de l’Azawad dans la lutte menée par le MNLA, une liste des personnalités civiles et militaires a été publiée dans la journée du 21 Mars 2012. Il est clair, à travers cette liste non exhaustive, que la légitimité du MNLA n’est plus sujette à discussion.
- Association S-MNLA qui regroupe la plupart des jeunes arabes et cadres intellectuels de l’Azawad réaffirment leur soutien ferme et catégorique au MNLA dans la lutte commune qui est sans équivoque la libération de l’Azawad.
- Des soldats se révoltent à Bamako pour protester contre la guerre dans l’Azawad-Le témoignage d’un soldat mutin, adjudant basé à Gao:« On en a marre, (les officiers) ne font rien de bien… c’est la honte. Nous ne voyons pas qui peut nous venir en aide si ce n’est nous-mêmes… (on veut) changer la hiérarchie militaire et changer le président lui-même. Il est à la base de tout… »
- Selon un Témoignage d'un caporal du camp de Soundiata Kéita de Kati: « Nous voulons de l'armement adapté pour aller c.ombattre dans le nord du Mali »
3. HOMMES
Réaction-MNLA
- Mahmoud Ag Ghaly Président du Bureau Politique « Les Amalgames diffusés par la presse malienne et repris par la presse Internationale sont l’œuvre d’une vaste entreprise de désinformation et de manipulation de l’opinion publique, orchestré par le MALI et ses alliés, dans le but de salir notre noble combat qui est celui de la libération du territoire de l’Azawad. »
- Bakaye Ag Hamed Ahmed, Chargé de Communication, Informations et relais avec les Médias : « Le MNLA rappel que toutes les crises survenus jusque-là dans l’Azawad, sont révélatrices de la résurgence d’actions libératrices, longtemps différées par les citoyens. Elles constituent, l’expression du sanglot d’un peuple meurtris, tyrannisé, bafoué, spolié et manipulé tout au long de sa péripétie historique ».
- Hama Ag Mahmoud-Responsable des Affaires Judiciaires au sein du Bureau Politique-MNLA : «Nous sommes toujours prêts à négocier. Il faut que le pouvoir actuel soit bien installé, qu’il ait la classe politique derrière lui et que nous ayons derrière lui la garantie des grandes puissances telles, l’Union européenne, les Etats-Unis , la France, etc.…Notre inquiétude, c’est que le régime actuel n’a pas encore suffisamment de légitimité pour se prononcer sur un problème aussi important »
- Mohamed Ag Najim-Chef d’Etat-Major-MNLA : « Il y a une importante précision à apporter. Tout le monde sait que notre région ne connaît pas de problème religieux. L’islam est dans nos racines, personne ne peut dire le contraire. Notre combat est mené pour libérer la terre et non pas pour l’islamiser. La question relative aux intentions d’Ançar Eddine est à poser à Ayad Ag Ghaly, son dirigeant. Pour l’instant, notre unique souci est la libération rapide de notre territoire de ses occupants, qu’ils soient de l’armée malienne ou des phalanges d’Al Qaîda. Je répète que notre principale préoccupation est de libérer notre territoire et non pas l’islamiser… »
- Baye Ag Diknane-Officier-MNLA: « Nous ne savons pas dans quelles dispositions ils sont aujourd'hui. Nous, nous avons nos revendications. Nous sommes fermes là dessus...Mais quand même tout ce qui fait tomber le pouvoir d'ATT, ça nous enchante ».
Réaction et Divergence de la Classe Politique-Mali
- Déclaration de l’Assemblée Nationale du Mali : « Condamne sans réserve le coup d’état militaire du 22 Mars 2012; exige le rétablissement de l’ordre constitutionnel normal; exige la tenue des élections dans les délais constitutionnels ;exige la libération de tous les détenus et l’arrêt immédiat des interpellations et des arrestations arbitraires; exige la réouverture immédiate des frontières; demande au peuple malien de soutenir les institutions de la république et de défendre la démocratie et la République. »
- Oumar Mariko, Président du Sadi (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l'Indépendance) : « Le mouvement MP22 a été créé pour accompagner politiquement le CNRDRE dans ses efforts de redressement de la démocratie, et l'instauration de l'autorité de l'Etat, mais un Etat démocratique et populaire.»
- FARE (Coordination des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’émergence): « dénonce, en conséquence, l’arrestation et la détention de Monsieur Modibo Sidibé et d’autres personnalités, retenus contre leur volonté à Kati et sans garantie de leur sécurité ; ….demande à l’ensemble des membres des composantes des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE), de demeurer vigilants et mobilisés pour la libération de leur leader, Monsieur Modibo Sidibé, candidat à l’élection présidentielle ; …demande à tous les amis du Mali de se tenir fermement aux côtés de notre peuple en ces heures si cruciales de sa marche en avant ».
- Capitaine Amadou Yaya Sanogo-Chef des Putschistes Maliens sur RFI: «Nous n'allons pas faire une transition militaire»
Point de Vue de l’Extérieur
- Henri de Raincourt-Ministre Français de la coopération: « La France n’a jamais changé de position et n’avait pas de double langage », a-t-il insisté, tout en reconnaissant dans le même temps que « l’insécurité gagnait du terrain dans le Sahel » et que si le Niger et la Mauritanie faisaient de très gros efforts dans la lutte contre Aqmi, « au niveau du Mali, nous sentions bien une certaine fragilité et faiblesse ».
- Jean Ping-Président Union Africaine: « L’Afrique ne peut transiger avec la souveraineté du Mali » Le Mali est suspendu par l’Union africaine tant que l’ordre constitutionnel n’est pas revenu. Il est ferme….Il s'agit de demander le retour du président Amadou Toumani Touré. C'est claire ».
- Le Conseil de Sécurité condamne la prise du pouvoir par la force opérée par certains éléments des Forces Armées Maliennes.
- Maître Hamdi Ould Mahjoub-Ministre Mauritanien de la Communication:« Nous sommes profondément préoccupés (...) Nous condamnons énergiquement cette prise de pouvoir par la force (...) Le Mali a besoin de quiétude et de concorde nationale ».
- Le Gouvernement Tchadien:« invite l'Union africaine, la CEDEAO et l'ensemble de la communauté internationale à user de tous les moyens légaux pour faire respecter la légalité au Mali ».
- Tiken Jah Fakoly -Chanteur Ivoirien:« Les derniers développements au Mali vont aggraver une situation déjà très précaire dans la région ».
POUR LE MNLA
Khoumeidy AG Acharatmane
16h45
Libye : le chef des Toubous dénonce un plan de "nettoyage ethnique"
Issa Abdelmajid Mansour, chef des Toubous en Libye, a dénoncé mardi à l'AFP un plan de "nettoyage ethnique" visant sa tribu, et a brandi pour la première fois la menace séparatiste, au lendemain de violences tribales impliquant des Toubous, au sud du pays.
"Nous annonçons la réactivation du Front toubou pour le salut de la Libye (FTSL, mouvement d'opposition sous l'ancien régime) pour protéger les Toubous d'un nettoyage ethnique, et s'il le faut, nous allons demander une intervention internationale et oeuvrer pour un Etat comme le Sud-Soudan", a-t-il déclaré.
Les Toubous qui vivent à cheval sur la Libye (au Sud), le nord du Tchad et du Niger avaient réfuté à plusieurs reprises des aspirations séparatistes. Les Toubous sont impliqués depuis février dans des affrontements meurtriers avec des tribus locales du sud du pays.
"Nous annonçons la réactivation du Front toubou pour le salut de la Libye (FTSL, mouvement d'opposition sous l'ancien régime) pour protéger les Toubous d'un nettoyage ethnique, et s'il le faut, nous allons demander une intervention internationale et oeuvrer pour un Etat comme le Sud-Soudan", a-t-il déclaré.
Les Toubous qui vivent à cheval sur la Libye (au Sud), le nord du Tchad et du Niger avaient réfuté à plusieurs reprises des aspirations séparatistes. Les Toubous sont impliqués depuis février dans des affrontements meurtriers avec des tribus locales du sud du pays.
27/03/2012 / MALI
Encerclée par les rebelles, Kidal reste défendue par "des soldats livrés à eux-mêmes"

Capture de la vidéo de propagande du mouvement islamiste Ançar Dine, combattants rebelles du nord du Mali.
Alors que la crédibilité des mutins de Bamako est mise à mal, le sort de la ville Kidal, dans le nord du Mali, semble de plus en plus incertain. Deux groupes rebelles touaregs, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et Ançar Dine, d’obédience islamiste, menacent de faire tomber la ville. Les habitants, pris en étau, tentent de fuir.
Depuis le début de leur offensive contre l’armée régulière malienne, en janvier dernier, les rebelles touaregs du MNLA, qui revendiquent l’indépendance de la région de l’Azawad, dans le nord du pays, se sont emparés de plusieurs points stratégiques dont les villes-garnisons de Menaka, d’Aguelhoc et de Tessalit.
Le 11 mars, la diffusion d’une vidéo du mouvement Ançar Dine ("Défenseur de l’islam", en arabe) est venue confirmer les soupçons qui pesaient sur l’éventuelle participation de combattants islamistes à cette avancée. Les images montrent Iyad Ag Ghaly, fondateur du mouvement et ex-chef de fil des rebellions touarègues des années 1990, et ses hommes, parmi lesquels d’anciens combattants revenus de Libye, en plein combat lors de la prise d’Aguelhoc en janvier.
Quelques jours après cette apparition en public, le 18 mars, Iyad Ag Ghaly, qui ne cache pas ses liens avec le mouvement terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), lançait un appel à l’instauration de la charia (la loi islamique) dans les zones contrôlées par la rébellion. La rupture entre Ançar Dine et le MNLA est alors consommée et rendue publique. Ce dernier souhaite pour l’Azawad une république laïque et dit refuser tout autre projet que celui de se battre pour l’indépendance de la région.
Depuis le coup d’État, les deux mouvements rebelles semblent tirer côte à côte leur épingle du jeu, profitant de l’instabilité politique à Bamako pour progresser. Les anciens alliés revendiquent aujourd’hui tous deux le contrôle de la région nord. Et depuis quatre jours, les deux groupes affirment, l’un et l’autre, encercler la ville stratégique de Kidal et préparer un assaut imminent. L’armée régulière malienne, dont certains soldats auraient déserté dimanche, assure repousser leurs attaques et tenter de négocier avec les rebelles du MNLA.
CONTRIBUTEURS
"Les militaires ont réquisitionné les véhicules de la police, de la gendarmerie et mêmes ceux des ONG pour faire face à l’assaut"
Issouf est un jeune diplômé en ethno-sociologie et habite à Kidal.

Depuis vendredi, on entend des tirs sporadiques aux abords de la ville. Les gens sont vraiment paniqués et la plupart du temps, ils préfèrent rester chez eux. Seuls les commerçants continuent d’ouvrir leurs magasins mais les services administratifs ne tournent plus depuis que les fonctionnaires sont partis, notamment après le coup d’État. La situation est tendue ici depuis janvier mais le putsch militaire de jeudi dernier a fait clairement monter la tension d’un cran.
Ces dernières semaines, par crainte des violences, beaucoup d’habitants avaient déjà fui la ville pour rejoindre Bamako, Gao ou la frontière algérienne. Mais ces trois derniers jours, les gens font tout pour partir et il faut se battre pour avoir une place dans un des deux bus qui assurent la liaison pour Gao quotidiennement. La route est d’ailleurs chaotique et des témoins rapportent que les rebelles fouillent les cars pour voir si des militaires ne s’y cachent pas.
"Les combattants d’Ançar Dine nous font davantage peur que le MNLA"
Les deux garnisons de la ville ont reçu du renfort de Gao pour assurer la sécurité aux check-points qui ont été installés tout autour de Kidal. Ici, les combattants d’Ançar Dine nous font davantage peur que le MNLA. D’après mes informations au sein de l’armée régulière, ils sont bien mieux positionnés autour de la ville et plus entraînés au combat que le MNLA [Ançar Dine compte dans ses troupes d’anciens combattants touaregs rentrés lourdement armés de Libye après la chute de Mouammar Kadhafi]. D’ailleurs, nous avons tous du mal à croire que le MNLA s’est vraiment désolidarisé d’Ançar Dine. Les Touaregs ont moins de moyens que les islamistes qui sont aidés par AQMI, donc ont tout intérêt à continuer à collaborer avec eux.
Sans commandement de Bamako, les soldats de Kidal sont livrés à eux-mêmes. Il y a eu quelques désertions dans les rangs des militaires mais la plupart sont déterminés à défendre la ville pour ne pas qu’elle tombe aux mains des rebelles. Ils ont réquisitionné tous les véhicules de la police, de la gendarmerie et mêmes ceux des ONG pour faire face à l’assaut."
Ce billet a été rédigé avec la collaboration de Peggy Bruguière, journaliste à FRANCE 24.
Rébellion touarègue : Gao, QG de l'armée et dernier rempart avant les combats au Nord-Mali
AQMI(558) - rébellion touarègue(63) - MNLA(60) - armée malienne(37)
27/03/2012 à 08h:47 Par M. G.-Bada et B. Ahmed, à Gao

Mai 2010, près de Gao, l'armée malienne en exercice avec l'armée américaine. © SIPAReportage à Gao au Mali. C'est là que l'armée a installé son QG. Là qu'affluent des milliers de réfugiés chassés par les combats. Là enfin que pourrait se jouer l'avenir de l'Azawad, ce vaste territoire du Nord où militaires et rebelles touaregs s'affrontent, depuis la mi-janvier.
« Ceux qui ne s'inquiètent pas ne mesurent pas la gravité de la situation. »* Au Mali, Assarid Ag Imbarcaouane est le numéro deux de l'Assemblée nationale. Il est aussi originaire de Gao, aux portes de ce Nord dont les rebelles touaregs revendiquent l'indépendance, depuis qu'ils ont attaqué Ménaka, le 17 janvier. Lui, ce qui le préoccupe, c'est la chute du camp militaire d'Amachach, aux abords de la ville de Tessalit. Réputé imprenable, il est tombé le 10 mars aux mains du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA). Deux mois et demi de siège qui ont contraint Bamako à solliciter l'aide des États-Unis et de l'Algérie, le 15 puis le 28 février, pour assurer le ravitaillement des militaires et de leurs familles. Une grande victoire pour les combattants du MNLA, dont beaucoup sont d'anciens membres de la Légion verte de Mouammar Kaddafi et dont le drapeau flotte désormais sur le mât de la garnison. L'armée insiste, affirme que c'est « une non-défaite », et maintient que l'évacuation s'est faite pour des raisons humanitaires, mais le choc est rude pour le moral des troupes. Surtout, les yeux se tournent maintenant vers Kidal et Gao, dont les garnisons figurent en tête de la liste des places fortes que convoitent les rebelles.
C'est à Gao justement que l'armée a établi son quartier général (1 100 hommes y sont stationnés). C'est là aussi que sont soignés les militaires blessés au combat - les cas les plus graves sont évacués vers Bamako. Le chef d'état-major des armées, le général Gabriel Poudiougou, a été rappelé dans la capitale malienne le 30 janvier, mais le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Kalifa Keïta, est resté sur place, à la tête de ce camp qui - ironie de l'histoire - porte le nom de Firhoun Ag Alinsar, héros touareg de la lutte anticoloniale.
Ceux qui ne s'inquiètent pas ne mesurent pas la gravité de la situation.
Assarid Ag Imbarcaouane, numéro deux de l'Assemblée nationale
Check-point. Nous sommes en mars et, en dépit de l'heure matinale, un char d'assaut au pot d'échappement fumant est déjà de sortie. Il fait un, deux tours sur le terrain sablonneux qui borde le camp, avant de regagner l'enceinte de la caserne. Une heure auparavant, c'est un avion de reconnaissance qui a pris son envol depuis l'aéroport mitoyen de Korogoussou.
Entre Gao et Bamako, 1 400 km de bitume de qualité inégale. Le voyageur traverse des paysages de plus en plus arides, avant de déboucher sur la bourgade de Wabaria et son check-point. Ensuite, il faut passer le contrôle de gardes méticuleux aux équipements flambant neufs. Le soleil tape, le vent charrie la poussière... On est à la lisière du désert, dans une région où 50 km peuvent séparer deux points d'eau et où l'on peut passer une journée sans croiser âme qui vive.
Il fait encore frais et la ville est aussi paisible qu'à son habitude. En apparence seulement, car derrière le rituel de l'eau offerte au voyageur et les sourires aimables pointe l'inquiétude des Gaois, parmi les premiers à sentir les contrecoups de cette guerre fratricide.
Ici, on évite de parler des tribus qui s'affrontent sur le champ de bataille et l'on préfère rappeler que Songhaïs (plus de 75 % de la population), Arabes, Bozos, Peuls et Touaregs cohabitent en bonne intelligence depuis des siècles. Personne n'aime admettre que les Ifoghas, les Idnanes et les Chamanamasses constituent le gros des troupes du MNLA, tandis que ce sont surtout des Imghads qui combattent dans l'armée malienne. À Gao, on craint de raviver les tensions ethniques. Et il ne viendrait à l'idée de personne de traiter les rebelles de « bandits armés », comme le font les autorités ou la presse locale. « Les gens sont partagés, explique Mahoudou Touré, un instituteur de Gao. Ils ne connaissent pas les tenants et les aboutissants de cette nouvelle rébellion, mais souvent, ils ont un cousin ou un ami qui en fait partie. Tout comme ils ont un cousin ou un ami dans le camp Firhoun. »
Si l'on en croit les chiffres officiels, au moins 18 000 personnes ont trouvé refuge à Gao depuis le début des combats. Elles viennent de toute la région : de Bourem, de Niafunké, de N'tillit ou d'Andéramboukane - des villes attaquées courant janvier, parfois assiégées durant quelques heures seulement, mais dont le MNLA affirme qu'elles sont toujours sous son contrôle. Des déplacés parfois difficiles à identifier et à recenser, « puisqu'ils s'installent souvent auprès de leur famille et qu'ils se débrouillent par leurs propres moyens », explique le chef de la sous-délégation locale du Comité international de la Croix-Rouge, Attaher Zacka Maïga.
Des déplacés comme Yahya, 58 ans, éducateur à Ménaka. Il a déjà vécu les rébellions des années 1990 et de 2006. « En 1991, se souvient-il, les rebelles ont terrorisé les populations. Ils volaient le bétail, tiraient dans tous les sens. Mais cette fois, il y a quelque chose de différent. Ils ne s'attaquent pas directement à la population, mais ils pillent les bâtiments publics, les casernes, les écoles... » Il n'empêche. Cette fois, Yahya a préféré partir. À Gao, où il est arrivé au début du mois de février, il a élu domicile dans une maison sans électricité, en compagnie de sa femme et de leurs cinq enfants. Pas trop le choix : son école a été déplacée à Gao, et, s'il voulait continuer de percevoir son salaire, il fallait déménager. « La direction de l'académie nous a dit que ceux qui restaient à Ménaka ne seraient pas payés », affirme-t-il. Et il avait peur pour ses filles. Bien que le MNLA se défende de telles accusations, Asta (le nom a été changé), une jeune Songhaï de 19 ans, affirme avoir été enlevée et violée par des combattants quand ils ont su qu'elle était en couple avec un militaire bambara. « Ils ont braqué un fusil sur mon père et m'ont fait monter dans leur pick-up pour m'emmener chez leur chef. Il m'a dit qu'à partir de ce jour j'étais sa femme. »
Faire rentrer l'argent. Depuis la fin du mois de janvier, Ménaka est passé sous le contrôle du colonel Iba Ag Moussa (alias Bamoussa), déserteur de l'armée malienne et combattant du MNLA. Une nouvelle administration gère la ville. Chef de bataillon, préfet et agents de police... Tous ont été nommés par le MNLA. Comment sont-ils payés ? Le porte-parole du mouvement élude, évoque les « bonnes volontés au service de la cause » et assure que les plus fidèles - combattants ou membres du bureau politique du MNLA - ont vendu certains de leurs biens pour faire rentrer l'argent. Une chose est sûre, souligne un travailleur humanitaire, « les rebelles essaient d'instaurer une relation de confiance avec les populations. Ils paient leurs achats comme tout le monde, ils ont rétabli l'électricité et ils diffusent des messages à l'intention des Tamasheqs pour qu'ils reviennent chez eux ».
En terrain conquis
Le Mali est-il ouvert aux quatre vents ? Le 11 mars, deux appareils mauritaniens à hélice de type Tucano basés à Néma ont attaqué un convoi de véhicules à 70 km au nord de Tombouctou. Selon Nouakchott, il s'agissait de la colonne d'un émir d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Yahya Abou Hammam. Le raid aurait fait plusieurs morts. Selon deux sources maliennes, les pilotes se seraient trompés de cible et auraient blessé des civils.
Depuis la vaine tentative de libérer l'otage français Michel Germaneau, en juillet 2010, les raids mauritaniens au Mali sont fréquents. Le président malien ne s'en offusque pas. « La clé du succès contre Aqmi, c'est la maîtrise de l'espace, dit-il. Voilà pourquoi j'accepte qu'un détachement mauritanien lancé aux trousses d'un convoi suspect exerce son droit de poursuite sur notre territoire, sans même attendre le feu vert » (L'Express, 26 octobre 2011). Le problème, c'est que ce droit de poursuite ne marche que dans un sens... Christophe Boisbouvier
Car cette fois, les enjeux de la rébellion sont bien différents. Il ne s'agit plus seulement d'obtenir l'intégration de Touaregs dans l'administration et dans l'armée, ou de confier la sécurité du nord du Mali aux Touaregs, comme le prévoient le pacte national signé en 1992 et les accords conclus en 2006 à Tamanrasset (Algérie). En jeu, aujourd'hui, l'indépendance de l'Azawad, terre mythique dont les frontières diffèrent que l'on soit Songhaï ou Touareg. Pour les premiers, le territoire se limite à la région située au nord de Tombouctou. Pour les seconds, il est bien plus vaste et englobe les trois régions de Kidal, Gao et Tombouctou - pas moins de 800 000 km2, soit les deux tiers du pays, pour seulement 1,4 million d'habitants, à peine le dixième de la population malienne. Quelle en serait la capitale ? Serait-ce une république ? « Nous n'avons pas encore tranché sur toutes ces questions, rétorque Mahmoud Ag Ghali, président du bureau politique du MNLA. Chaque chose en son temps. Nous déciderons au moment opportun et dans le pur respect des procédures démocratiques. »
Un point toutefois ne fait d'ores et déjà plus débat : cet État serait islamique. Le MNLA nie toujours s'être allié aux salafistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Il reconnaît en revanche que le groupe islamiste Ansar Dine, fondé par Iyad Ag Ghali, figure historique des précédentes rébellions touarègues, a combattu à ses côtés à Aguelhok, en janvier. Ansar Dine revendique 300 combattants (il les appelle « moudjahidine ») et peut compter sur le soutien d'Alghabass Ag Intalla, fils de l'influent chef des Ifoghas. Par téléphone, depuis son fief d'Abeïbara, Intalla n'hésite pas à dire à Jeune Afrique qu'il se bat pour l'instauration de la charia dans le nord du Mali. À Bamako, où les négociations sont au point mort (des contacts ont été pris mais n'ont pas abouti, les rebelles refusant un cessez-le-feu), beaucoup y voient une preuve supplémentaire des liens entre Aqmi et le MNLA.
À Bamako, on en veut à ces rebelles auxquels on a le sentiment d'avoir tout donné.
Suspicion. Pas étonnant que les Touaregs installés dans la capitale malienne se sentent pris entre le marteau et l'enclume. Considérés comme des traîtres par le MNLA et avec suspicion par le reste du pays, qui a le sentiment « de leur avoir déjà tout donné », ils ont été pris à partie, début février. « Je me sens impuissant, frustré et amer », lâche Mohamed Ag Erlaf, directeur de l'Agence nationale d'investissement des collectivités territoriales (Anict) et coordonnateur du Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement du Nord-Mali (PSPSDN). Lui a fait partie de la première vague de Touaregs nommés ministres après la signature du pacte national. Il a passé dix ans au gouvernement. « En vingt ans, plus de 1 500 milliards de F CFA [2,3 milliards d'euros, NDLR] ont été investis dans le Nord, dans les infrastructures routières, sanitaires ou scolaires, énumère-t-il. Mais la zone est si vaste, les villages parfois si éloignés les uns des autres que certains ont l'impression que l'État ne fait rien. » À demi-mot, il reconnaît aussi que, bien trop souvent, des fonctionnaires mutés dans le Nord ont délaissé leur poste. « Nos régions génèrent malheureusement peu de richesses et l'on se demande de quoi pourrait vivre un État indépendant. »
Des ressources du sous-sol peut-être ? Les prospections menées dans le Nord sont encourageantes. Les 5 bassins sédimentaires du Mali ont été divisés en 29 blocs, dont 5 alimentent les espoirs d'entreprises minières italiennes et anglo-australiennes. Elles rêvent de manganèse, d'uranium, de pétrole et même de gaz, « mais nous n'avons aucune certitude tant qu'il n'y a pas de forages, insiste un expert de l'Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière au Mali (Aurep). Et quand bien même il y en aurait, toute cette insécurité n'encouragerait aucun investisseur ».
« C'est bien le drame de ces régions, se désole Malick Alhousseini, secrétaire général du Collectif des ressortissants du Nord (Coren). D'une part, nous blâmons l'État et sa prétendue inaction, de l'autre, nous faisons monter l'insécurité. Nous sommes à la fois les victimes et les bourreaux. »
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Malika Groga-Bada et Baba Ahmed, envoyés spéciaux à Gao
* Ce reportage a été réalisé juste avant le coup d'État du 22 mars au Mali et publié dans le J.A. n° 2671
Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Rébellion touarègue : Gao, QG de l'armée et dernier rempart avant les combats au Nord-Mali | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
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Libye: plus de 10 morts dans des affrontements tribaux à Sebha
TRIPOLI - Plus de dix personnes ont été tuées lundi dans des affrontements entre des membres de la tribu des Toubous et les habitants de la ville de Sebha (sud), a-t-on appris auprès de responsables locaux.
Plus de dix personnes ont été tuées aujourd'hui (lundi) dans des affrontements violents entre les Toubous et les habitants de la ville, a indiqué à l'AFP Abdelrahmane Seif al-Nasr, chef de sécurité de la région de Fezzane (sud).
Selon Ali Al-Dhib, un ex-rebelle joint par téléphone à Sebha, les affrontements ont eu lieu au centre de la ville et ont fait entre quinze et vingt morts parmi les ex-rebelles.
Nous avons récupéré les locaux du conseil militaire qui avait été occupé par les Toubous. Les combats continuent et sont de plus en plus violents, a-t-il ajouté, alors que des tirs d'armes automatiques et lourdes étaient audibles au téléphone.
Interrogé par l'AFP, le porte-parole du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir), Mohamed Harizi, a refusé de s'exprimer.
Un membre du CNT, Mokhtar al-Jadal, a confirmé pour sa part les affrontements, ajoutant que le chef du Conseil, Moustapha Abdeljalil, était réuni avec des représentants du sud du pays pour trouver une solution à la crise.
Des affrontements meurtriers avaient déjà opposé en février les Toubous à une autre tribu à Koufra (sud-est) où la situation continue à être tendue.
(©AFP / 26 mars 2012 18h16)

Appel Urgent
L’Association des Réfugiés et Victimes des Répressions de l’Azawad (ARVRA) alerte sur l’enlèvement de deux notabilités touarègues de la commune rurale de Tienkour, cercle de Diré, Région de Tombouctou.
Il s’agit de MM. Warinogh Ag Nock , adjoint au maire de la commune de Tienkour, fils de l’honorable Nockh Ag Atia, député élu à Diré, et Ousmane Ag Ghoula, conseiller municipal de la même commune.
L’enlèvement s’est produit dans la journée du 26 mars 2012, au chef lieu de la commune de Tienkour. Une patrouille de l’armée malienne arrivée dans la localité a procédé à une fouille systématique des maisons avant d’enlever les deux personnalités et les emmener à Niafunké, une localité où se trouve un important détachement de l’armée malienne.
Selon les informations recueillies laissent penser que le choix de ces personnes n’est pas anodin et que les militaires maliens se constituent ainsi un bouclier humain contre d’éventuelles attaques du MNLA.
ARVRA dénonce ces pratiques que l’on croyait révolues,. ARVRA craint que le silence de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme ne conduise à leur généralisation. De telles pratiques, si elles se poursuivent impunément, sont susceptibles d’enclencher un engrenage aux conséquences dramatiques pour les différentes communautés dans cette partie du Sahel
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