TESHUMAR.BE est dedié à la CULTURE du peuple touareg? de ses voisins, et du monde. Ce blog, donne un aperçu de l actualité Sahelo-Saharienne. Photo : Avec Jeremie Reichenbach lors du Tournage du film documentaire : « Les guitares de la résistance Touaregue », à la mythique montée de SALUT-HAW-HAW, dans le Tassili n’Ajjer-Djanet- Algérie. 2004. Photo de Céline Pagny-Ghemari. – à Welcome To Tassili N'ajjer.
mercredi 31 mars 2010
Arrestation de Rhissa AG BOULA chef du FFR à Niamey : quels enjeux se cachent derrière ?
Nous venons d'apprendre l'arrestation de l'ex ministre du tourisme et chef rebel Rhissa Ag BOULA à Niamey .
A noter qu'une vague d'arrestations se poursuit depuis queques jours à niamey visant les ex dignitaires du regime Tanja,et des centaines des "malfrats" d'après des sources du ministère de l'interieur.
L'arrestation de Rhisa Ag BOULA vient de nous être signalée par des sources à Niamey .Il serait ecroué à la prison civile de Niamey .
Comme tous les chefs des fronts ,il etait present dans la capitale pour la poursuite des négociations entre Pouvoir et cadres de la resistance armée,au lendemain d'une amnesty octroyée par le pouvoir déchu de Tanja MAMADOU sous la mediation du Colonel KADDAFI....à suivre
L'ex-otage français au Mali Pierre Camatte parle sur RFI
L'ex-otage français au Mali Pierre Camatte parle sur RFI
Reuters/Eric FeferbergPar RFI
Le Français Pierre Camatte a été l'otage d'al-Qaïda dans le désert malien durant 89 jours. Le 23 février, il a été libéré contre quatre membres du groupe terroriste. Aujourd'hui, il témoigne sur l'enfer qu'il a vécu. Et comme il parle sur RFI, il adresse aussi plusieurs messages à ses amis maliens. Des amis qui ne vont pas tous le rester.
RFI : Pierre Camatte, bonjour..
Pierre Camatte : Bonjour...
RFI : Ce qui frappe dans votre témoignage, c'est la dureté de vos quatre-vingt-neuf jours de captivité. Plusieurs fois, je crois, vos ravisseurs vous ont menacé de mort. Est-ce qu'ils avaient quand même pitié de vous quelquefois ?
P.C : J’ai subi, surtout au début, des séances d'intimidation avec des menaces de mort directes, à savoir le canon braqué sur moi en me disant : « ça c' est pour toi », ou des gestes mimant l’égorgement en disant : « voilà, ça c'est pour toi également ».
RFI : Ils vous ont fait des simulacres d'exécution ?
P.C : Non. Il n’y a pas eu de simulacre d'exécution. En revanche, de temps en temps des coups... Des coups qui venaient d'ailleurs toujours des mêmes personnes. Souvent, ces coups étaient donnés à l'insu des autres membres du groupe. Donc je me demandais tous les jours, surtout quand je voyais arriver ces deux personnes, quel allait être mon sort ? Et je craignais tous les jours pour ma vie. Il y avait des gentils si on peut les appeler comme ça, et des méchants.
RFI : Et est-ce qu'avec ces « gentils » vous avez pu échanger sur la religion, sur la politique…
P.C : C'était assez difficile d'échanger avec eux, d'abord peut-être parce qu'ils avaient une consigne de ne pas parler à l'otage. Mais par exemple, celui avec qui j'étais le plus en contact, c’était celui qui m'apportait le plus souvent à manger et à boire, le cuisinier. On avait l'occasion de discuter un tout petit peu en anglais. Une des questions qui revient très très vite quand on établit un contact, c'est : quelle est ta religion ? Moi, par conviction personnelle, je ne suis pas croyant donc je me suis rabattu sur les valeurs humaines et universelles.
RFI : Et ça, il comprenait ?
P.C : Il l’entendait. Mais très rapidement, on en revenait à l'islam. Et ce n’était pas tellement une discussion, c’était surtout un exposé qui démontrait l'obligation ou presque d'adhérer à l'islam pour être sûr de gagner le paradis.
RFI : Pour eux, il n'y a pas d'autres religions ?
P.C : Pour eux, la religion qu'ils pratiquent c'est la seule et la vraie religion.
RFI : Pas de respect pour le christianisme...
P.C : Non. On a parlé parfois de Jésus. Parce que Jésus est un de leurs prophètes, mais c’est tout. Il y a un qui m'a dit une fois, d’ailleurs ça m’a surpris, que Jésus avait soi-disant annoncé que lorsque Mahomet viendrait, il le suivrait et les chrétiens n'avaient en fait pas suivi cette voie. C’est sans doute une sorte d'interprétation, ça m’a surpris, je ne connaissais pas ça.
RFI : Quel était votre principal « tort » à leurs yeux ? Le fait de porter un prénom chrétien, Pierre, ou le fait d'être Français ?
P.C : Je ne parlerai pas de tort. Je parlerai plutôt d’avantage. L’avantage de m’avoir comme otage c'était d'avoir un Européen, puisque c’était la marchandise, la monnaie d'échange pour pouvoir récupérer soit une rançon, soit comme ça s’est passé pour moi, « des frères » comme ils les appellent.
RFI : Ils ne vous ont pas plus menacé parce que vous étiez Français ?
P.C : Pas du tout. Enfin, moi je ne l’ai pas senti en tout cas.
RFI : Alors, lors de certains regroupements, vos ravisseurs étaient nombreux, jusqu'à une trentaine je crois. Ils étaient très jeunes. Pourquoi s'étaient-ils lancés dans un tel combat très risqué ?
P.C : Au travers du peu de conversations que je pouvais avoir, j'ai quand même su qu’ils recrutaient plutôt par relation ou par famille. Et il me semblait qu’ils étaient tous arabophones et que la plupart devaient venir d’Algérie. Ce sont des jeunes qui n'ont pas de boulot. Peut-être aussi la perspective d'appartenir à un groupe al-Qaïda... Peut-être est-ce pour eux une référence dont ils peuvent tirer une certaine fierté.
RFI : Et le mot Ben Laden revenait souvent dans leur bouche ?
P.C : Non, non pratiquement pas. Tout au début, quand je leur ai demandé : « mais qui êtes-vous exactement ? », ils se sont identifiés comme Moudjahidine, al-Qaïda. Et puis à ce moment-là, en mimant les avions qui arrivaient sur les tours de New York, ils ont parlé de Ben Laden.
RFI : A quelques occasions, vous avez vu leur chef Abou Zayed. Quelle impression vous a-t-il fait ?
P.C : D'abord, je ne savais pas que c’était Abou Zayed, je l'ai appris seulement après ma libération, quand on en a parlé avec les personnes qui m’ont récupéré. C’est un petit bonhomme qui n’a absolument aucune prestance particulière, avec une petite barbichette, un peu rachitique si on peut dire mais on sentait quand même de la part des autres membres des équipes qu'il avait une autorité. Donc, il était un peu éloigné du reste du groupe et pour venir lui parler, c'était comme si il fallait entrer dans un bureau…
RFI : Il y avait des gardes autour de lui ?
P.C : Oui, il avait souvent une ou deux personnes qui étaient avec lui. Et puis il était toujours dans des documents devant lui ou sur son téléphone satellitaire à Touria. Maintenant, l'impression qu’il m'a faite, c’est l’impression de quelqu'un qui voulait simplement des renseignements. Parce qu’il a procédé à des interrogatoires avec moi, par l'intermédiaire d'un interprète en anglais. Je n'ai jamais senti chez lui quelque forme dhumanité. Une sorte de robot, une machine qui est programmée pour faire ce qu'elle doit faire, le reste ne l'intéresse pas.
RFI : Il était plus âgé que les autres ?
P.C : Oui, il avait environ la cinquantaine.
RFI : Sur le moment, vous ne saviez pas que vous aviez affaire à Abou Zayed. Avec le recul, qu'est-ce que ça vous fait d'avoir été dans les mains de l'homme qui a tué l'otage britannique Edwin Dyer il y a un an ?
P.C : A posteriori, ça me fait des sueurs froides. J’étais loin de me douter que j’étais directement en contact avec cette personne. Je l’ai rencontré trois ou quatre fois et puis je ne l’ai su qu'à la fin, juste après ma libération. La personne qui est venue me libérer m’a demandé si j'avais été en contact avec ce petit bonhomme et c’est lui qui m’a dit que c’était Abou Zayed et que c’est peut-être même lui qui aurait de ses mains assassiné l’Anglais dont vous parlez.
RFI : Donc j'imagine que vous avez encore quelques nuits difficiles...
P.C : C'est pas toujours évident, parce que j'ai passé trois mois à penser que je pouvais mourir chaque jour, chaque nuit. Ce qui fait que la nuit j’étais toujours en état d’hyper vigilance. Le moindre petit bruit me fait sursauter. Et c'est toujours le cas pour les nuits que je passe maintenant, le moindre bruit me fait sursauter, j’ai mon cœur qui commence à battre très très fort, je crains pour ma vie, j'ai peur qu'on vienne défoncer ma porte pour me chercher… Enfin, il y encore ces images très très fortes qui me dérangent. Sinon pour le reste, physiquement ça va, j’ai récupéré et puis le temps fera sans doute son œuvre...
RFI : Alors Pierre Camatte, avant votre captivité, vous étiez plus qu'un Français du Mali, vous étiez un peu Malien. Est-ce que c'est fini tout ça ou pas ?
P.C : On ne peut pas faire une croix sur quinze années de contact, d'amitié et de travail en commun avec les Maliens, avec les touaregs du nord du Mali. Donc on ne peut pas dire que ça soit fini. C'est la forme qui va être finie, c'est-à-dire que je ne suis pas prêt de retourner sur ce terrain avant un temps indéterminé. En revanche, mon projet de lutte contre le palu, je ne l’abandonne pas, le travail va continuer sous une autre forme.
RFI : Oui, c'est-à-dire que vous gardez vos amis maliens...
P.C : Je garde mes amis maliens même si il me semble que certains d'entre eux, surtout ceux qui ont une certaine autorité sur la région là-bas, ne sont pas exempts de reproches sur ce qui s'est passé, c’est-à-dire mon enlèvement. Parce qu'ils ont certainement eu connaissance d’un certain nombre de choses, mais peut-être n'ont-ils pas voulu les regarder... Donc je ne pourrai jamais oublier qu'il y a quand même certaines personnes qui sont plus ou moins responsables, consciemment ou inconsciemment, de ce qui m'est arrivé et de mes souffrances.
P.C : J’oserais plutôt dire par négligence ou par omission. Si c’était vraiment par complicité, ça serait vraiment de la trahison. Je n’irai pas jusque-là.
RFI : Peut-être savaient-ils des choses mais n’osaient-ils pas en parler par peur. C’est ça ?
P.C : Sans doute une sorte d’omerta où tout le monde se couvre parce que si jamais il y en a un qui parle, c’est toute une chaîne qui s'écroule…
RFI : Est -ce que vous voulez dire quelque chose au président Amadou Toumani Touré ?
P.C : Evidemment, j’ai déjà eu l'occasion de le lui dire en face à face, quand je l’ai rencontré juste après ma libération. Je voudrais d'abord le remercier chaleureusement, parce qu'il a pris des décisions courageuses et pas forcément faciles. Ses partenaires qui lui ont tourné le dos pendant un moment se rendent compte aujourd'hui - parce qu' il y a toujours des otages au Mali – qu’ils sont confrontés eux-mêmes à ce problème. Donc c’est à eux aussi de prendre leurs responsabilités. Cette malheureuse affaire, je peux vous en parler aujourd'hui parce que je suis vivant, mais si mon aventure malheureuse peut apporter quelque chose dans la lutte et la volonté politique de lutter contre le terrorisme et de débarasser le Sahara d’Al-Qaïda, j’en serai le plus heureux.RFI : Pierre Camatte merci et bonne chance dans la vie.
P.C : C' est moi qui vous remercie...
tags : al-Qaïda - Mali
618 personnes interpellées à Niamey dans une opération de sécurisation
DS/od/APA 30-03-10
618 personnes interpellées à Niamey dans une opération de sécurisationmardi 30 mars 2010
APA-Niamey (Niger) Quelque 618 personnes dont 44 femmes ont été interpellées dans la nuit de lundi à mardi, au cours d’une opération spéciale menée par la police nationale, sur instruction du ministre de la Sécurité, a appris APA de source officielle.
Dénommée « patrouille spéciale pour sécuriser Niamey », cette opération a été lancée tard dans la soirée de lundi au camp de la police nationale, par le directeur de la sécurité publique, le commissaire Mounkaila Yacouba.
Le coup de filet qui a concerné plusieurs quartiers de la capitale nigérienne, réputé être des gîtes pour divers malfrats, a permis d’interpeller 618 personnes qui seront soumises à une identification judiciaire, a-t-on expliqué de source policière.
Selon diverses explications, cette patrouille est une promesse de la junte au pouvoir, qui a appris l’engagement d’assurer la sécurité des populations nigériennes, au lendemain du putsch du 18 février, qui a renversé Mamadou Tandja.
La traque des « malfrats » a été lancée, alors que plusieurs proches de l’ancien Président sont arrêtés et détenus dans un camp de la police pour « actes subversifs ». Cependant aucun lien n’a été établi entre ces « suspects » et la série d’arrestations opérée depuis deux jours dans la camp du régime déchu.
Parmi les 14 personnalités arrêtées on cite l’ancien Premier ministre et président de l’Assemblée nationale, Seini Oumarou, et plusieurs autres comme Lamine Zeine, Lamido Harouna et Lompo Garba, respectivement anciens ministres des Finances, de l’Equipement et de la justice.
Moctar Kassoum et Mohamed Ben Omar, tous deux anciens ministres de la communication et porte-parole du gouvernement sont également mis aux arrêts en même temps que Salou Seini et Amadou Dioffo, patrons de la Société du patrimoine des eaux du Niger (SPEN) et de la Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP).
Se prononçant sur cette vague d’arrestations, le ministre de la Sécurité, Ousmane Cissé, a affirmé que « tout acte et toute opinion de nature à perturber la tranquillité et le bon ordre public seront (...) punis conformément aux lois et règlements de la République ». selon M. Cissé Ousmane
Depuis quelque temps, a-t-il dit, « certains individus, sous couvert d’associations ou groupes d’intérêts, s’évertuent à transformer les podiums des médias (…) en tribunes d’expression, d’opinions et d’idées qui ne visent que la promotion d’intérêts égoïstes, sans aucune considération des aspirations profondes de l’écrasante majorité des populations nigériennes ».
Le ministre Cissé a cependant réaffirmé que la junte nigérienne organisée au sein du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) ne dévie pas à sa promesse de « restaurer la démocratie et de moraliser la vie publique ».
DS/od/APA
2010-03-30
618 personnes interpellées à Niamey dans une opération de sécurisationmardi 30 mars 2010
APA-Niamey (Niger) Quelque 618 personnes dont 44 femmes ont été interpellées dans la nuit de lundi à mardi, au cours d’une opération spéciale menée par la police nationale, sur instruction du ministre de la Sécurité, a appris APA de source officielle.
Dénommée « patrouille spéciale pour sécuriser Niamey », cette opération a été lancée tard dans la soirée de lundi au camp de la police nationale, par le directeur de la sécurité publique, le commissaire Mounkaila Yacouba.
Le coup de filet qui a concerné plusieurs quartiers de la capitale nigérienne, réputé être des gîtes pour divers malfrats, a permis d’interpeller 618 personnes qui seront soumises à une identification judiciaire, a-t-on expliqué de source policière.
Selon diverses explications, cette patrouille est une promesse de la junte au pouvoir, qui a appris l’engagement d’assurer la sécurité des populations nigériennes, au lendemain du putsch du 18 février, qui a renversé Mamadou Tandja.
La traque des « malfrats » a été lancée, alors que plusieurs proches de l’ancien Président sont arrêtés et détenus dans un camp de la police pour « actes subversifs ». Cependant aucun lien n’a été établi entre ces « suspects » et la série d’arrestations opérée depuis deux jours dans la camp du régime déchu.
Parmi les 14 personnalités arrêtées on cite l’ancien Premier ministre et président de l’Assemblée nationale, Seini Oumarou, et plusieurs autres comme Lamine Zeine, Lamido Harouna et Lompo Garba, respectivement anciens ministres des Finances, de l’Equipement et de la justice.
Moctar Kassoum et Mohamed Ben Omar, tous deux anciens ministres de la communication et porte-parole du gouvernement sont également mis aux arrêts en même temps que Salou Seini et Amadou Dioffo, patrons de la Société du patrimoine des eaux du Niger (SPEN) et de la Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP).
Se prononçant sur cette vague d’arrestations, le ministre de la Sécurité, Ousmane Cissé, a affirmé que « tout acte et toute opinion de nature à perturber la tranquillité et le bon ordre public seront (...) punis conformément aux lois et règlements de la République ». selon M. Cissé Ousmane
Depuis quelque temps, a-t-il dit, « certains individus, sous couvert d’associations ou groupes d’intérêts, s’évertuent à transformer les podiums des médias (…) en tribunes d’expression, d’opinions et d’idées qui ne visent que la promotion d’intérêts égoïstes, sans aucune considération des aspirations profondes de l’écrasante majorité des populations nigériennes ».
Le ministre Cissé a cependant réaffirmé que la junte nigérienne organisée au sein du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) ne dévie pas à sa promesse de « restaurer la démocratie et de moraliser la vie publique ».
DS/od/APA
2010-03-30
Libye-Suisse/La crise diplomatique n'est pas terminée
Libye-Suisse
La crise diplomatique n'est pas terminée
28/03/2010 à 17h:26 Par AFP
Le ministre des Affaires étrangères libyen exige un "arbitrage international".
© Reuters Berne et Tripoli sont toujours à couteaux tirés, alors que la Libye a réglé son contentieux avec l'Union Européenne. Le différend qui l'oppose aux autorités helvétiques est "un autre sujet"', affirme le ministre libyen des Affaires étrangères.
Le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa, a affirmé dimanche 28 mars que la crise avec la Suisse n'était pas terminée, au lendemain du règlement du contentieux sur les visas entre la Libye et l'Union européenne. La crise avec la Suisse "est un autre sujet", a indiqué M. Moussa, interrogé en marge du sommet arabe à Syrte, en Libye, pour savoir si les levées réciproques samedi des restrictions sur les visas par Tripoli et l'UE ouvraient la voie à un règlement de la crise avec Berne.
Le ministre a indiqué par ailleurs que son pays exigeait toujours un "arbitrage international" pour régler son différend avec la Suisse. "Nous allons accepter les résultats (de cet arbitrage) quels qu'ils soient, négatifs ou positifs", a-t-il affirmé. M. Moussa a indiqué par ailleurs que les négociations avec Berne "ne se sont pas arrêtées" et qu'il pourrait y avoir "des réunions proches sous les auspices de l'Allemagne et de l'Espagne".
Justice et politique
La crise avec Berne est née de l'arrestation musclée à Genève en juillet 2008 d'un des fils du colonel Mouammar Kaddafi, Hannibal, sur plainte de deux domestiques pour mauvais traitements. En guise de rétorsion, les autorités libyennes avaient, entre autres, détenu deux hommes d'affaires helvétiques dont l'un, Max Göldi, purge depuis le 23 février une peine de quatre mois pour "séjour illégal" en Libye.
Interrogé au sujet d'une possible grâce de M. Göldi sur décision du colonel Mouammar Kaddafi, le ministre libyen a indiqué qu'il n'y avait "pas de décision politique en justice". "Si le Conseil supérieur des instances judicaires (Cour suprême) est convaincu, il peut prendre une décision (de grâce), sinon personne ne peut l'obliger à le faire", a-t-il précisé. L'avocat de Max Göldi avait présenté une demande de grâce ainsi qu'un recours auprès de la Cour suprême. Me Salah Zahaf avait alors expliqué que la grâce pourrait être accordé sur décision politique.
Ping-pong diplomatique
La Confédération helvétique, membre de l'espace Schengen, avait décidé en 2009 de restreindre, pour l'élite libyenne, l'attribution de visas permettant d'accéder aux pays de l'espace Schengen, impliquant ainsi l'UE dans ce contentieux.
Tripoli avait répliqué en février en annonçant des restrictions de visas à l'encontre des ressortissants des pays de l'espace Schengen, provoquant la colère de plusieurs capitales européennes et finalement une médiation de Bruxelles.
Après l'annonce réciproque samedi de la levée réciproque des restrictions à l'octroi de visas, Tripoli s'est empressé alors de qualifier l'annonce de l'UE de victoire sur Berne. "La Suisse a été vaincue par cette mesure commune européenne", a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué sur son site internet.
mardi 30 mars 2010
Niamey la nommination de Mohamed Ag ANAKO à un poste au sein du gouvernement de transition du CSRD à Niamey
Nous venons d'apprendre des sources à Niamey la nommination de Mohamed Ag ANAKO à un poste au sein du gouvernement de transition du CSRD à Niamey.
Cet homme connu et respecté par l'ensembles des nigeriens aujourd'hui ,est passé de l'enseignement ,à la resistance Touareg dans les années 1990 dont il devient l'un des chefs charismatique,il fut nommé Haut commissaire à la restauration de la paix sous la cinquième republique .
Cette nommination si elle se confirme , sera un signal clair adressé à l'ensemble des nigeriens ,et des rebels du nord Niger à majorité Touaregs .
Fin diplomate ,Mohamed Ag ANAKO ,est connu pour sa gestion et sa connaissance des dossiers de tous les foyers de tensions au Niger et dans toute la sous region .
ABRAY-BONE Tinariwen live at Palace of Fine Arts Theatre, San Francisco - Part I
Tinariwen live at Palace of Fine Arts Theatre - San Francisco, California USA - Sunday, Feb 21, 2010
Le prince de Monaco au son de la musique Touaregue de Moussa Ag GANTA BILALAN d'Agadez
http://fr.euronews.net/nocomment/2010/03/29/le-bal-de-la-rose-a-monaco/
Chrétiens en terre d'Islam : l'impossible cohabitation ?
Une église copte en Egypte.
Chrétiens en terre d'Islam : l'impossible cohabitation ?
30/03/2010 à 09h:50 Par Elise Colette
jeune Afrique
© AFP Flambées de violence au Nigeria, expulsions au Maroc, fusillades en Égypte, exode en Irak... Les conflits interreligieux et les persécutions contre les minorités chrétiennes se multiplient dans les pays musulmans. Enquête sur un phénomène planétaire inquiétant.
Allah. Le mot a été écrit par des chrétiens pour parler de leur dieu. De surcroît, son utilisation par des non-musulmans a été validée par la Haute Cour de Malaisie. Blasphème ! Au début de cette année, le débat a déclenché l’ire des islamistes et un déchaînement de violences contre les églises. Le gouvernement – soutenu par les nationalistes musulmans – n’a mis aucun zèle à éteindre la querelle, laissant la panique gagner le pays. Heureusement pour une nation traditionnellement multiculturelle – et fière de l’être –, la Malaisie n’a eu aucun mort à déplorer après les échauffourées. Et le calme est revenu à Kuala Lumpur. Ce n’est pas le cas en Égypte, où les heurts entre coptes et musulmans reprennent régulièrement. Ni au Pakistan, en Indonésie ou en Somalie. Encore moins en Irak, où les persécutions contre des chrétiens depuis le début de la guerre en 2003 ont mis sur les routes plusieurs centaines de milliers de personnes. Et fait presque 2 000 morts.
Si l’on ajoutait à cette litanie la confrontation violente en cours à Jos, dans l’État de Plateau, au Nigeria, il serait simple de conclure à l’affrontement planétaire entre musulmans et chrétiens. Les autorités catholiques n’hésitent d’ailleurs pas à tirer la sonnette d’alarme pour dénoncer les discriminations dont sont victimes leurs ouailles, partout où elles sont minoritaires et en particulier en terre d’Islam. Une crainte compréhensible, puisque, numériquement, les musulmans l’emportent déjà sur les catholiques et dépasseront bientôt le nombre de chrétiens dans le monde, malgré les efforts déployés par les évangéliques pour convertir à tour de bras.
Certains conflits entre communautés religieuses sont dûs d’ailleurs au télescopage de ces prosélytismes. Parfois leur élimination ou leur oppression est orchestrée directement par les pouvoirs en place (Arabie saoudite, Somalie). Mais la pression accrue que ressentent les chrétiens là où les musulmans sont majoritaires s’explique bien souvent autrement. Pauvreté, partage inégal des richesses, guerre, États peu ou pas du tout démocratiques, laxisme des autorités visant à ne pas donner de grain à moudre aux islamistes locaux : les causes des persécutions des chrétiens sont bien plus politiques ou économiques que théologiques. Raison de plus pour ne pas les tolérer et pour rappeler que, dans certaines contrées, la minorité chrétienne vit très bien (notamment en Afrique subsaharienne, comme au Burkina, au Sénégal, en Tanzanie ou au Mali).
Tour d’horizon d’une planète tremblant sous les secousses religieuses.
Chrétiens en terre d'Islam : l'impossible cohabitation ?
30/03/2010 à 09h:50 Par Elise Colette
jeune Afrique
© AFP Flambées de violence au Nigeria, expulsions au Maroc, fusillades en Égypte, exode en Irak... Les conflits interreligieux et les persécutions contre les minorités chrétiennes se multiplient dans les pays musulmans. Enquête sur un phénomène planétaire inquiétant.
Allah. Le mot a été écrit par des chrétiens pour parler de leur dieu. De surcroît, son utilisation par des non-musulmans a été validée par la Haute Cour de Malaisie. Blasphème ! Au début de cette année, le débat a déclenché l’ire des islamistes et un déchaînement de violences contre les églises. Le gouvernement – soutenu par les nationalistes musulmans – n’a mis aucun zèle à éteindre la querelle, laissant la panique gagner le pays. Heureusement pour une nation traditionnellement multiculturelle – et fière de l’être –, la Malaisie n’a eu aucun mort à déplorer après les échauffourées. Et le calme est revenu à Kuala Lumpur. Ce n’est pas le cas en Égypte, où les heurts entre coptes et musulmans reprennent régulièrement. Ni au Pakistan, en Indonésie ou en Somalie. Encore moins en Irak, où les persécutions contre des chrétiens depuis le début de la guerre en 2003 ont mis sur les routes plusieurs centaines de milliers de personnes. Et fait presque 2 000 morts.
Si l’on ajoutait à cette litanie la confrontation violente en cours à Jos, dans l’État de Plateau, au Nigeria, il serait simple de conclure à l’affrontement planétaire entre musulmans et chrétiens. Les autorités catholiques n’hésitent d’ailleurs pas à tirer la sonnette d’alarme pour dénoncer les discriminations dont sont victimes leurs ouailles, partout où elles sont minoritaires et en particulier en terre d’Islam. Une crainte compréhensible, puisque, numériquement, les musulmans l’emportent déjà sur les catholiques et dépasseront bientôt le nombre de chrétiens dans le monde, malgré les efforts déployés par les évangéliques pour convertir à tour de bras.
Certains conflits entre communautés religieuses sont dûs d’ailleurs au télescopage de ces prosélytismes. Parfois leur élimination ou leur oppression est orchestrée directement par les pouvoirs en place (Arabie saoudite, Somalie). Mais la pression accrue que ressentent les chrétiens là où les musulmans sont majoritaires s’explique bien souvent autrement. Pauvreté, partage inégal des richesses, guerre, États peu ou pas du tout démocratiques, laxisme des autorités visant à ne pas donner de grain à moudre aux islamistes locaux : les causes des persécutions des chrétiens sont bien plus politiques ou économiques que théologiques. Raison de plus pour ne pas les tolérer et pour rappeler que, dans certaines contrées, la minorité chrétienne vit très bien (notamment en Afrique subsaharienne, comme au Burkina, au Sénégal, en Tanzanie ou au Mali).
Tour d’horizon d’une planète tremblant sous les secousses religieuses.
Kaddafi préconise la balkanisation du Nigeria
Kaddafi préconise la balkanisation du Nigeria
29/03/2010 à 11h:10 Par La rédaction web de Jeune Afrique
Mouammar Kaddafi le 28 mars 2010 à Syrte.
© AFP Le numéro un libyen propose une division du pays en plusieurs Etats, après avoir suggeré une partition Nord-Sud la semaine dernière.
La dernière "kaddafiade" n'est pas pour restaurer un climat apaisé entre la Libye et le Nigeria. Dans une déclaration publiée par l'agence Jana, le lundi 29 mars, Mouammar Kaddafi approfondit sa théorie sur la situation politique nigériane. Le Guide libyen recommande de morceller le Nigeria en plusieurs Etats indépendants, sur le modèle de l'ex-Yougoslavie. Après avoir, dans un premier temps, proposé de scinder ce pays en deux Etats distincts pour mettre fin aux massacres religieux, il va donc désormais beaucoup plus loin.
"Effectivement, le problème du Nigeria ne peut pas être résolu en divisant (ce pays) en deux Etats, chrétien et musulman", a indiqué Kaddafi, avant-dernier président en exercice de l'Union africaine (UA). Ce pays compte d' "autres peuples qui réclament leur indépendance sans considération religieuse", a-t-il rétorqué aux autorités nigérianes, qui s'étaient indignées de sa précédente sortie en rappelant son personnel diplomatique. Le 16 mars dernier, il avait recommandé un modèle de partition calqué sur celui ayant donné naissance en 1947 au Pakistan, qui s'était détaché de l'Inde en faisant des centaines de milliers de victimes.
Le gouvernement nigérian lui avait alors reproché d'"ignorer la réalité du Nigeria". Kaddafi a vraisemblablement retenu la leçon. Progrès notable: pour lui, désormais, le Nigeria n'est pas composé seulement de deux communautés, musulmanes et chrétiennes, mais aussi de plusieurs ethnies. A ce propos, il cite notamment "le peuple du Yoruba à l'est et au sud qui réclame l'indépendance, le peuple Ibo à l'ouest et au sud", ainsi que les Ijaws. "Le modèle qui conviendrait le mieux au Nigeria, qui est composé de plusieurs peuples, est celui de la Fédération yougoslave" [qui a éclaté en six pays, en plus du Kosovo dont l'indépendance n'est pas unanimement reconnue, NDLR], a déclaré Kaddafi.
"Propos irresponsables"
Sa précédente déclaration avait provoqué une mini-crise diplomatique, le Nigeria ayant rappelé son ambassadeur à Tripoli. "Les propos sensibles et souvent irresponsables du colonel Kaddafi, ses attitudes théâtrales et sa grandiloquence chaque fois qu'il en a l'occasion sont trop nombreuses pour être énumérées", avait indiqué le ministère nigérian des Affaires étrangères. Le président du Sénat nigérian David Mark l'avait qualifié de "fou".
Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec environ 150 millions d'habitants, a vécu début mars des violences communautaires meurtrières dans l'Etat du Plateau (centre). Le pays est divisé pratiquement entre le nord musulman et le sud chrétien et animiste. L'Etat du Plateau, avec sa capitale Jos, constitue la ligne de démarcation entre le nord et le sud. (avec AFP)
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Mouammar Kaddafi le 28 mars 2010 à Syrte.
© AFP Le numéro un libyen propose une division du pays en plusieurs Etats, après avoir suggeré une partition Nord-Sud la semaine dernière.
La dernière "kaddafiade" n'est pas pour restaurer un climat apaisé entre la Libye et le Nigeria. Dans une déclaration publiée par l'agence Jana, le lundi 29 mars, Mouammar Kaddafi approfondit sa théorie sur la situation politique nigériane. Le Guide libyen recommande de morceller le Nigeria en plusieurs Etats indépendants, sur le modèle de l'ex-Yougoslavie. Après avoir, dans un premier temps, proposé de scinder ce pays en deux Etats distincts pour mettre fin aux massacres religieux, il va donc désormais beaucoup plus loin.
"Effectivement, le problème du Nigeria ne peut pas être résolu en divisant (ce pays) en deux Etats, chrétien et musulman", a indiqué Kaddafi, avant-dernier président en exercice de l'Union africaine (UA). Ce pays compte d' "autres peuples qui réclament leur indépendance sans considération religieuse", a-t-il rétorqué aux autorités nigérianes, qui s'étaient indignées de sa précédente sortie en rappelant son personnel diplomatique. Le 16 mars dernier, il avait recommandé un modèle de partition calqué sur celui ayant donné naissance en 1947 au Pakistan, qui s'était détaché de l'Inde en faisant des centaines de milliers de victimes.
Le gouvernement nigérian lui avait alors reproché d'"ignorer la réalité du Nigeria". Kaddafi a vraisemblablement retenu la leçon. Progrès notable: pour lui, désormais, le Nigeria n'est pas composé seulement de deux communautés, musulmanes et chrétiennes, mais aussi de plusieurs ethnies. A ce propos, il cite notamment "le peuple du Yoruba à l'est et au sud qui réclame l'indépendance, le peuple Ibo à l'ouest et au sud", ainsi que les Ijaws. "Le modèle qui conviendrait le mieux au Nigeria, qui est composé de plusieurs peuples, est celui de la Fédération yougoslave" [qui a éclaté en six pays, en plus du Kosovo dont l'indépendance n'est pas unanimement reconnue, NDLR], a déclaré Kaddafi.
"Propos irresponsables"
Sa précédente déclaration avait provoqué une mini-crise diplomatique, le Nigeria ayant rappelé son ambassadeur à Tripoli. "Les propos sensibles et souvent irresponsables du colonel Kaddafi, ses attitudes théâtrales et sa grandiloquence chaque fois qu'il en a l'occasion sont trop nombreuses pour être énumérées", avait indiqué le ministère nigérian des Affaires étrangères. Le président du Sénat nigérian David Mark l'avait qualifié de "fou".
Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec environ 150 millions d'habitants, a vécu début mars des violences communautaires meurtrières dans l'Etat du Plateau (centre). Le pays est divisé pratiquement entre le nord musulman et le sud chrétien et animiste. L'Etat du Plateau, avec sa capitale Jos, constitue la ligne de démarcation entre le nord et le sud. (avec AFP)
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Moi, Pierre Camatte, otage d'Al-Qaïda pendant 89 jours
Moi, Pierre Camatte, otage d'Al-Qaïda pendant 89 jours
30/03/2010 à 09h:10 Par Marianne Meunier, envoyée spéciale à Gérardmer
jeune Afrique
Pierre Camatte au Grand Hôtel de Gérardmer, le 15 mars.
© PAscal BAstien/Fedephoto pour J.A Enfin libre, l'ex-otage français Pierre Camatte raconte sa captivité entre les mains d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Il a été enlevé au Mali, et a été relâché après la libération par Bamako de quatre islamistes réclamés par les ravisseurs.
Pierre Camatte extirpe de sa poche un bout de tissu effiloché. Il comporte 89 petits nœuds bien serrés. Un pour chaque jour de captivité. Ce calendrier de fortune et un visage boucané par le soleil sont les seules traces tangibles que l’ex-otage français des séides de l’Algérien Abdelhamid Abou Zeid, l’un des émirs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ait rapportées de sa prison à ciel ouvert, entre les dunes du Sahara.
Enlevé le 26 novembre à Ménaka, dans le nord-est du Mali, le jeune retraité – il a fêté ses 62 ans le 12 mars – a été relâché le 23 février. Depuis, il a retrouvé sa mère et sa compagne, Francine. Il a rasé sa « barbouze toute blanche » et opté pour un look de baroudeur chic, épaisse montre argentée, pantalon de cuir, veste crème, manteau et chemise noirs. Au téléphone, le ton était bourru, les phrases courtes. Dans un salon moquetté du Grand Hôtel de Gérardmer, la ville des Vosges (est de la France) dont il est originaire, l’ancien prof de sport se révèle affable. Dehors, les sapins sont enneigés comme sur les cartes postales. Il fait froid. Camatte s’assied au coin du feu. Le garçon lui propose une coupe de champagne, qu’il accepte volontiers.
« Comme à Monument Valley »
Pendant les trois mois passés « arraché du monde », ce bon vivant a bu une eau glauque, tirée des puits du désert, puis stockée dans des fûts ayant contenu de l’essence. Midi et soir, un menu presque toujours identique : pain cuit dans le sable, riz ou pâtes. Seule variété : la forme des pâtes, parfois macaronis, parfois spaghettis. Le tout est servi dans une gamelle. Le matin, les ravisseurs lui donnent du lait. Et puis c’est tout. Avec l’eau qu’il boit, Camatte doit aussi se laver, « trois ou quatre fois en trois mois ». Il ne changera jamais de vêtements : un pantalon, une djellaba couleur sable, un chèche noir, des godillots. L’uniforme de ses ravisseurs, qui le lui imposent dès le départ.
La tenue est plus discrète que le pyjama bariolé que portait l’otage lors de son enlèvement. Ce soir-là, Camatte dort sur un matelas dans la cour de l’hôtel Minika (« Où sommes-nous ? » en tamashek), dont un ami malien lui avait proposé la gérance quelques mois plus tôt. Il est environ 2 heures du matin quand cinq hommes lui sautent dessus et lui demandent, en anglais, son nom. Premiers coups. Chacun d’eux porte un kalachnikov en bandoulière. Le Français se débat en vain. Il est menotté et traîné jusqu’à un pick-up garé à quinze minutes de marche. Ses agresseurs le jettent dans le coffre débâché, lui ligotent les jambes, qu’ils attachent à ses bras. Le véhicule démarre. Garé à côté, un autre, identique, suit.
C’est le début de l’errance dans le no man’s land d’Aqmi. Camatte est-il resté au Mali ? A-t-il été détenu en Algérie ? Avec des dunes et des pitons rocheux pour seuls repères, il ne saura jamais où il est. Ses ravisseurs ne répondront pas à ses questions. Il sait juste qu’il a changé « trois ou quatre fois de camp ». Le premier voyage a duré deux jours et demi. À une dizaine de jours d’intervalle, il y a eu ensuite deux petits déplacements de 500 kilomètres, « peut-être ». Puis un long trajet de trois jours. Toujours dans le désert. « Il y avait des cordons de dunes infinis, des rochers rouges, noirs, énormes, comme à Monument Valley [aux États-Unis, NDLR]. Des paysages extraordinaires, j’aurais aimé les voir en compagnie de quelqu’un que j’apprécie. »
Pour ne pas être repérés, les preneurs d’otage bâchent leurs véhicules et établissent leur camp au creux des dunes ; des sentinelles se relaient à leur sommet. « Camp » : le mot est trop fort pour ces installations rudimentaires. Aucune construction, pas même une tente. Camatte et ses ravisseurs dorment à la belle étoile. Lui, menottes aux poignets (uniquement la nuit), à l’écart, à une quarantaine de mètres de ces derniers, sur une couverture qui, la journée, lui sert de pare-soleil (la température pouvant grimper jusqu’à 45 °C). Eux sont regroupés près de leurs véhicules. Au départ, deux pick-up composent le « camp ». Mais il y a souvent de la visite, uniquement des hommes. « Parfois, il y avait sept pick-up. Nous avons parfois été trente », se souvient Camatte. Les cinq hommes qui l’ont enlevé étant restés avec lui du début à la fin, il pense qu’il n’a pas été revendu.
Rencontre avec Abou Zeid
Derrière les chèches, il distingue des visages jeunes. Selon lui, ses geôliers ont, pour la plupart, entre 20 et 25 ans. Exception : le chef, Abdelhamid Abou Zeid. Petit, rachitique, l’émir à la barbichette doit avoir la cinquantaine. Il n’est pas en permanence avec le Français, mais lui rend visite à trois reprises. La première fois, deux jours après son enlèvement. Abou Zeid pose à Camatte des questions « qui vont droit au but », en arabe. Un interprète traduit en anglais. Ton nom ? Ta profession ? Ta formation (université ? quel niveau ? licence ?) ? Des enfants ? L’interprète menace : « On va vérifier si tu mens. » La deuxième rencontre intervient une semaine plus tard, pour des photos, où les ravisseurs, en armes, posent autour de leur proie. Dernière discussion quelques heures avant la libération. Abou Zeid annonce alors à l’otage que l’État malien a répondu favorablement à leur ultimatum : quatre prisonniers djihadistes seront élargis. Camatte est donc libre. Ce n’est que par la suite qu’il entendra le nom d’Abou Zeid et apprendra que l’émir avait fait exécuter, en juin 2009, l’otage britannique Edwin Dyer.
Il a néanmoins su tout de suite à qui il avait affaire. Dès l’arrivée dans le désert, il interroge ses ravisseurs, qui l’orientent en lâchant quelques mots – « moudjahidine », « Al-Qaïda », « Ben Laden » – accompagnés d’un geste imitant un avion, et des tours qui s’effondrent… Certains se montreront violents, le molestant lors du rituel ligotage du soir, mimant de la main un couteau sur sa gorge. Avec le cuisinier – c’est toujours le même –, la relation est différente. Camatte ose l’interroger. Il apprend ainsi, avant l’annonce d’Abou Zeid, la libération des quatre prisonniers djihadistes. Avec d’autres, il y aura quelques discussions sur l’islam. Camatte essaie d’expliquer l’existence de valeurs universelles, au-delà des religions. Mais « ça finissait toujours par la même chose : “La seule vraie religion est l’islam.” »
Toujours le kalachnikov en bandoulière, les ravisseurs s’occupent parfois en tirant sur des boîtes de conserve. Car outre des réserves de nourriture, chaque pick-up dispose d’un armement identique : lance-roquettes, mitrailleuse lourde, grenades, pistolets. Autre passe-temps : les psalmodies du Coran et, parfois, des vidéos, dont l’otage, privé de ses lunettes, n’a que le son. Des prêches, apparemment. Camatte apprendra que ses ravisseurs disposaient d’une connexion internet. Ils écoutent souvent des lecteurs MP3 et, parfois, la radio en arabe. Le matériel électrique est rechargé avec les batteries des pick-up.
« La peur au ventre en permanence », l’otage, lui, passe le temps avec « deux ou trois trucs pour ne pas craquer » : faire discrètement des pompes et des abdominaux tous les soirs, « se nourrir d’idées positives, revoir des scènes plaisantes de sa vie », y croire. Il a quatre côtes cassées, cinq kilos en moins et n’arrive toujours pas à dormir. Et le syndrome de Stockholm l’a épargné.
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Enlevé le 26 novembre à Ménaka, dans le nord-est du Mali, le jeune retraité – il a fêté ses 62 ans le 12 mars – a été relâché le 23 février. Depuis, il a retrouvé sa mère et sa compagne, Francine. Il a rasé sa « barbouze toute blanche » et opté pour un look de baroudeur chic, épaisse montre argentée, pantalon de cuir, veste crème, manteau et chemise noirs. Au téléphone, le ton était bourru, les phrases courtes. Dans un salon moquetté du Grand Hôtel de Gérardmer, la ville des Vosges (est de la France) dont il est originaire, l’ancien prof de sport se révèle affable. Dehors, les sapins sont enneigés comme sur les cartes postales. Il fait froid. Camatte s’assied au coin du feu. Le garçon lui propose une coupe de champagne, qu’il accepte volontiers.
« Comme à Monument Valley »
Pendant les trois mois passés « arraché du monde », ce bon vivant a bu une eau glauque, tirée des puits du désert, puis stockée dans des fûts ayant contenu de l’essence. Midi et soir, un menu presque toujours identique : pain cuit dans le sable, riz ou pâtes. Seule variété : la forme des pâtes, parfois macaronis, parfois spaghettis. Le tout est servi dans une gamelle. Le matin, les ravisseurs lui donnent du lait. Et puis c’est tout. Avec l’eau qu’il boit, Camatte doit aussi se laver, « trois ou quatre fois en trois mois ». Il ne changera jamais de vêtements : un pantalon, une djellaba couleur sable, un chèche noir, des godillots. L’uniforme de ses ravisseurs, qui le lui imposent dès le départ.
La tenue est plus discrète que le pyjama bariolé que portait l’otage lors de son enlèvement. Ce soir-là, Camatte dort sur un matelas dans la cour de l’hôtel Minika (« Où sommes-nous ? » en tamashek), dont un ami malien lui avait proposé la gérance quelques mois plus tôt. Il est environ 2 heures du matin quand cinq hommes lui sautent dessus et lui demandent, en anglais, son nom. Premiers coups. Chacun d’eux porte un kalachnikov en bandoulière. Le Français se débat en vain. Il est menotté et traîné jusqu’à un pick-up garé à quinze minutes de marche. Ses agresseurs le jettent dans le coffre débâché, lui ligotent les jambes, qu’ils attachent à ses bras. Le véhicule démarre. Garé à côté, un autre, identique, suit.
C’est le début de l’errance dans le no man’s land d’Aqmi. Camatte est-il resté au Mali ? A-t-il été détenu en Algérie ? Avec des dunes et des pitons rocheux pour seuls repères, il ne saura jamais où il est. Ses ravisseurs ne répondront pas à ses questions. Il sait juste qu’il a changé « trois ou quatre fois de camp ». Le premier voyage a duré deux jours et demi. À une dizaine de jours d’intervalle, il y a eu ensuite deux petits déplacements de 500 kilomètres, « peut-être ». Puis un long trajet de trois jours. Toujours dans le désert. « Il y avait des cordons de dunes infinis, des rochers rouges, noirs, énormes, comme à Monument Valley [aux États-Unis, NDLR]. Des paysages extraordinaires, j’aurais aimé les voir en compagnie de quelqu’un que j’apprécie. »
Pour ne pas être repérés, les preneurs d’otage bâchent leurs véhicules et établissent leur camp au creux des dunes ; des sentinelles se relaient à leur sommet. « Camp » : le mot est trop fort pour ces installations rudimentaires. Aucune construction, pas même une tente. Camatte et ses ravisseurs dorment à la belle étoile. Lui, menottes aux poignets (uniquement la nuit), à l’écart, à une quarantaine de mètres de ces derniers, sur une couverture qui, la journée, lui sert de pare-soleil (la température pouvant grimper jusqu’à 45 °C). Eux sont regroupés près de leurs véhicules. Au départ, deux pick-up composent le « camp ». Mais il y a souvent de la visite, uniquement des hommes. « Parfois, il y avait sept pick-up. Nous avons parfois été trente », se souvient Camatte. Les cinq hommes qui l’ont enlevé étant restés avec lui du début à la fin, il pense qu’il n’a pas été revendu.
Rencontre avec Abou Zeid
Derrière les chèches, il distingue des visages jeunes. Selon lui, ses geôliers ont, pour la plupart, entre 20 et 25 ans. Exception : le chef, Abdelhamid Abou Zeid. Petit, rachitique, l’émir à la barbichette doit avoir la cinquantaine. Il n’est pas en permanence avec le Français, mais lui rend visite à trois reprises. La première fois, deux jours après son enlèvement. Abou Zeid pose à Camatte des questions « qui vont droit au but », en arabe. Un interprète traduit en anglais. Ton nom ? Ta profession ? Ta formation (université ? quel niveau ? licence ?) ? Des enfants ? L’interprète menace : « On va vérifier si tu mens. » La deuxième rencontre intervient une semaine plus tard, pour des photos, où les ravisseurs, en armes, posent autour de leur proie. Dernière discussion quelques heures avant la libération. Abou Zeid annonce alors à l’otage que l’État malien a répondu favorablement à leur ultimatum : quatre prisonniers djihadistes seront élargis. Camatte est donc libre. Ce n’est que par la suite qu’il entendra le nom d’Abou Zeid et apprendra que l’émir avait fait exécuter, en juin 2009, l’otage britannique Edwin Dyer.
Il a néanmoins su tout de suite à qui il avait affaire. Dès l’arrivée dans le désert, il interroge ses ravisseurs, qui l’orientent en lâchant quelques mots – « moudjahidine », « Al-Qaïda », « Ben Laden » – accompagnés d’un geste imitant un avion, et des tours qui s’effondrent… Certains se montreront violents, le molestant lors du rituel ligotage du soir, mimant de la main un couteau sur sa gorge. Avec le cuisinier – c’est toujours le même –, la relation est différente. Camatte ose l’interroger. Il apprend ainsi, avant l’annonce d’Abou Zeid, la libération des quatre prisonniers djihadistes. Avec d’autres, il y aura quelques discussions sur l’islam. Camatte essaie d’expliquer l’existence de valeurs universelles, au-delà des religions. Mais « ça finissait toujours par la même chose : “La seule vraie religion est l’islam.” »
Toujours le kalachnikov en bandoulière, les ravisseurs s’occupent parfois en tirant sur des boîtes de conserve. Car outre des réserves de nourriture, chaque pick-up dispose d’un armement identique : lance-roquettes, mitrailleuse lourde, grenades, pistolets. Autre passe-temps : les psalmodies du Coran et, parfois, des vidéos, dont l’otage, privé de ses lunettes, n’a que le son. Des prêches, apparemment. Camatte apprendra que ses ravisseurs disposaient d’une connexion internet. Ils écoutent souvent des lecteurs MP3 et, parfois, la radio en arabe. Le matériel électrique est rechargé avec les batteries des pick-up.
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2010-03-29 12:35:39
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2010-03-30 10:54:21
Le Niger s’achemine vers la dépénalisation du délit commis par voie de presse
Afriqueavenir.org / DS/od/APA 29-03-10
Le Niger s’achemine vers la dépénalisation du délit commis par voie de presse
mardi 30 mars 2010
Des professionnels de l’information du Niger et leurs confrères africains se pencheront sur l’élaboration d’un avant projet de loi sur la dépénalisation du délit de presse au cours des états généraux de la presse qui s’ouvrent lundi au Palais des congrès de Niamey, a appris APA de source officielle.
Divers sujets seront débattus au cours de ces assises dont des communications sur les nouvelles technologies de la communication, la convention collective des professionnels des médias, a expliqué Aminatou Takoubakoye, la ministre nigérienne de la Communication et de la Culture.
Les états généraux de la presse, qui s’achèvent mercredi, permettront également d’explorer les possibilités en vue de l’adoption d’un avant texte portant suppression des peines privatives de libertés en cas de délits commis par voie de presse, a-t-elle indiqué.
Parmi les invités africains à ce forum, figurent notamment l’Ivoirien Alfred Dan Moussa et le Sénégalais Madiambal Diagne, respectivement président de l’Union internationale de la presse francophone (UPF) et directeur du groupe Avenir Communication.
La presse nigérienne, dont la composante privée est née à la faveur de la démocratisation au début des années 1990, fait face à plusieurs problèmes liés souvent à la précarité des entreprises de presse et au déficit de professionnalisme constaté chez nombre de ses animateurs.
De même, souligne-t-on, plusieurs journalistes ont été emprisonnés au cours de ces dernières années comme en 2009 lorsque huit éditeurs de la presse indépendante ont été auditionnés à la police, après avoir dénoncé un cas présumé de corruption impliquant des proches de l’ex-Président Mamadou Tandja.
Les assisses de Niamey accordent une place importante aux discussions sur ces « nombreux problèmes afin d’en trouver les solutions », a souligné Abdoulaye Mamoudou, président du comité national d’organisation de ces états généraux de la presse qui se tiennent 18 ans après le premier forum national sur la communication.
Le paysage médiatique nigérien est constitué d’une cinquantaine de titres, six chaînes de télévision dont quatre privées, une trentaine de radios commerciales et une centaine de radios communautaires.
DS/od/APA
2010-03-29
Le Niger s’achemine vers la dépénalisation du délit commis par voie de presse
mardi 30 mars 2010
Des professionnels de l’information du Niger et leurs confrères africains se pencheront sur l’élaboration d’un avant projet de loi sur la dépénalisation du délit de presse au cours des états généraux de la presse qui s’ouvrent lundi au Palais des congrès de Niamey, a appris APA de source officielle.
Divers sujets seront débattus au cours de ces assises dont des communications sur les nouvelles technologies de la communication, la convention collective des professionnels des médias, a expliqué Aminatou Takoubakoye, la ministre nigérienne de la Communication et de la Culture.
Les états généraux de la presse, qui s’achèvent mercredi, permettront également d’explorer les possibilités en vue de l’adoption d’un avant texte portant suppression des peines privatives de libertés en cas de délits commis par voie de presse, a-t-elle indiqué.
Parmi les invités africains à ce forum, figurent notamment l’Ivoirien Alfred Dan Moussa et le Sénégalais Madiambal Diagne, respectivement président de l’Union internationale de la presse francophone (UPF) et directeur du groupe Avenir Communication.
La presse nigérienne, dont la composante privée est née à la faveur de la démocratisation au début des années 1990, fait face à plusieurs problèmes liés souvent à la précarité des entreprises de presse et au déficit de professionnalisme constaté chez nombre de ses animateurs.
De même, souligne-t-on, plusieurs journalistes ont été emprisonnés au cours de ces dernières années comme en 2009 lorsque huit éditeurs de la presse indépendante ont été auditionnés à la police, après avoir dénoncé un cas présumé de corruption impliquant des proches de l’ex-Président Mamadou Tandja.
Les assisses de Niamey accordent une place importante aux discussions sur ces « nombreux problèmes afin d’en trouver les solutions », a souligné Abdoulaye Mamoudou, président du comité national d’organisation de ces états généraux de la presse qui se tiennent 18 ans après le premier forum national sur la communication.
Le paysage médiatique nigérien est constitué d’une cinquantaine de titres, six chaînes de télévision dont quatre privées, une trentaine de radios commerciales et une centaine de radios communautaires.
DS/od/APA
2010-03-29
lundi 29 mars 2010
Censure sur le Net a Issikta /Touaregs ?
Depuis ce matin certaines images qui illustrent nos articles sont censurées ,par qui? pourquoi?
Nous recherchons les causes et vous tiendrons informés de la suite !!
Merci à tous nos lecteurs pour vos remarques et vos aides .
Amitiés
Webmaster Issikta
Nous recherchons les causes et vous tiendrons informés de la suite !!
Merci à tous nos lecteurs pour vos remarques et vos aides .
Amitiés
Webmaster Issikta
Areva encore et cette fois ci en France même :Nucléaire : le scandale des déchets enfouis sous nos pieds
Rue 89
Nucléaire : le scandale des déchets enfouis sous nos pieds
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 27/03/2010 | 22H50
Mines d'uranium : le scandale de la France contaminée
envoyé par figra. - L'info internationale vidéo.
Le scandale des mines d'uranium en France
envoyé par rue89. - L'info video en direct.
(Du Touquet) L'ingénieur promène son compteur Geiger sur le parking du stade de Gueugnon. La machine pousse son cri strident, qui va crescendo : les tribunes et le parking sont situés sur des déchets radioactifs de l'ancienne usine de la Cogema. La moitié des régions françaises abritent ainsi 300 millions de tonnes de résidus nucléaires.
Lauréat du prix spécial du jury au Figra, le film « Mines d'uranium : le scandale de la France contaminée » est de ceux qui font peur. Peur quand les journalistes qui l'ont réalisé, Emmanuel Amara et Romain Icard, marchent avec des citoyens engagés contre ce scandale qui leur disent ne pas vouloir rester trop longtemps dans un pré ou un bois par crainte d'être contaminés.
Peur encore quand on voit que les supporters de Gueugnon, et une bonne partie des habitants de cette ville bourguignonne, ont pu être irradiés en assistant à des matchs de foot ou en faisant leur footing, puisqu'un parcours de santé avait aussi été créé sur les 30 000 tonnes de déchets nucléaires enfouis… (Voir la vidéo)
Au total, l'usine de la Cogema (aujourd'hui Areva) de Gueugnon a planqué ainsi 220 000 tonnes de déchets avant sa fermeture, en 1980. A deux pas du centre-ville. Des dizaines de cas similaires existent en France, où 210 sites ont été exploités. La plupart du temps, ces résidus sont des « stériles » (déchets radioactifs, mais modérément).
Mais dans le film d'Amara et Icard, un ingénieur de la Criirad, le seul laboratoire indépendant de mesure de la radioactivité, découvre du yellowcake (concentré d'uranium) sur le parking d'un club de ski de fond…
Les journalistes nous emmènent aussi à Saint-Pierre (Cantal), village entièrement construit sur un site d'enfouissement. Et dans un coin de la Loire où la Cogema vendait à vil prix du remblai aux habitants, ravis de l'aubaine. Aujourd'hui, ils déchantent : on s'aperçoit que même des maisons sont radioactives.
A Limoges, une partie des habitants boivent de l'eau contaminée. C'est la grande ville française la plus touchée, puisque le Limousin concentrait le plus grand nombre de mines.
L'enquête édifiante d'Amara et Icard pose beaucoup de questions. Elle a suscité quelques réponses au moment de sa diffusion dans l'émission de France 3 « Pièces à conviction », en février 2009 : tentative de censure de la part d'Areva, procès de la ville de Limoges, et engagement solennel du ministre Borloo (non respecté). (Voir la vidéo)
Tant que les ingénieurs de la Criirad et les citoyens engagés n'auront pas fini leur travail de fourmi, on aura du mal à connaître la réalité de la contamination en France : tel qu'il est actuellement organisé, le contrôle de la radioactivité n'est pas indépendant d'Areva. Notamment parce que les ingénieurs qui l'effectuent sont presque tous issus du corps des Mines, comme les dirigeants du groupe nucléaire.
A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
► Bientôt de la radioactivité dans nos objets de consommation ?
► « Déchets, le cauchemar du nucléaire » jusqu'en Sibérie
► Palmarès du Figra, monté en puissance cette année
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envoyé par rue89. - L'info video en direct.
(Du Touquet) L'ingénieur promène son compteur Geiger sur le parking du stade de Gueugnon. La machine pousse son cri strident, qui va crescendo : les tribunes et le parking sont situés sur des déchets radioactifs de l'ancienne usine de la Cogema. La moitié des régions françaises abritent ainsi 300 millions de tonnes de résidus nucléaires.
Lauréat du prix spécial du jury au Figra, le film « Mines d'uranium : le scandale de la France contaminée » est de ceux qui font peur. Peur quand les journalistes qui l'ont réalisé, Emmanuel Amara et Romain Icard, marchent avec des citoyens engagés contre ce scandale qui leur disent ne pas vouloir rester trop longtemps dans un pré ou un bois par crainte d'être contaminés.
Peur encore quand on voit que les supporters de Gueugnon, et une bonne partie des habitants de cette ville bourguignonne, ont pu être irradiés en assistant à des matchs de foot ou en faisant leur footing, puisqu'un parcours de santé avait aussi été créé sur les 30 000 tonnes de déchets nucléaires enfouis… (Voir la vidéo)
Au total, l'usine de la Cogema (aujourd'hui Areva) de Gueugnon a planqué ainsi 220 000 tonnes de déchets avant sa fermeture, en 1980. A deux pas du centre-ville. Des dizaines de cas similaires existent en France, où 210 sites ont été exploités. La plupart du temps, ces résidus sont des « stériles » (déchets radioactifs, mais modérément).
Mais dans le film d'Amara et Icard, un ingénieur de la Criirad, le seul laboratoire indépendant de mesure de la radioactivité, découvre du yellowcake (concentré d'uranium) sur le parking d'un club de ski de fond…
Les journalistes nous emmènent aussi à Saint-Pierre (Cantal), village entièrement construit sur un site d'enfouissement. Et dans un coin de la Loire où la Cogema vendait à vil prix du remblai aux habitants, ravis de l'aubaine. Aujourd'hui, ils déchantent : on s'aperçoit que même des maisons sont radioactives.
A Limoges, une partie des habitants boivent de l'eau contaminée. C'est la grande ville française la plus touchée, puisque le Limousin concentrait le plus grand nombre de mines.
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Niamey/Les dignitaires de l’ancien régime nigérien dans le collimateur du pouvoir

Les dignitaires de l’ancien régime nigérien dans le collimateur du pouvoir
Par RFI
Niamey, la capitale du Niger a été, hier 28 mars, le théâtre d'une vague d'arrestations. D’anciens ministres de l’ex-président de la République Mamadou Tandja, mais aussi des directeurs généraux d'entreprises ont été interpellés. Parmi eux, Ibrahim Foukori, directeur général de la Nigelec (société d’électricité), Amadou Dioffo de la Nigérienne des hydrocarbures, Lamine Zen, ancien ministre des Finances, ou encore Lampo Garba, ex-ministre de la Justice. On ne connait pas encore le nombre total d’interpellations, mais on parle d'une dizaine de personnes détenues dans les locaux de l'école de police de Niamey. Ils sont soupçonnés par les nouvelles autorités d'actes de subversion contre le régime en place. Les interpellations pourraient bien se poursuivre aujourd’hui.
La première vague d’interpellations concerne une dizaine de personnalités toutes proches de l’ancien président Mamadou Tandja. Il s’agit entre autres des anciens ministres des Finances, Ali Mahamane Lamine Zène, et de la Justice, Garba Lompo.
Du côté des sociétés d’Etat et d’économie mixte, on peut citer le puissant directeur général de la Société générale d’électricité (Nigelec), Ibrahim Foukori, et Seyni Salou de la Société des patrimoines des eaux du Niger (SPEN).
Selon Ousmane Cissé, le ministre de l’Intérieur et de la sécurité, qui contrôle ces interpellations, « toutes ces personnalités se livreraient à des activités subversives ». La police a décidé de passer à la vitesse supérieure après plusieurs rapports concordants. Ousmane Cissé qui confirme également que les interpellations vont se poursuivre, a toutefois précisé que « s’il s’avère qu’il n’y a rien à leur reprocher, ils seront libérés ».
Depuis quelques jours en tout cas, les renseignements généraux de la police sont à pied d’œuvre. « Toutes opinions de nature à perturber la tranquillité de l’ordre public seront, à compter de ce jour, punies », affirme le ministre de l’Intérieur qui ne mâche pas ses mots : « toutes ces personnalités, a-t-il martelé, traînent des casseroles ».
En tout cas, ces interpellations ont surpris plus d’un Nigérien et nombreux sont ceux qui se demandent si ce n’est pas le début de l’assainissement tant réclamé par le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD).
Greenpeace accuse Areva de négliger la santé des Nigériens

atlasinfo.fr / AFP 28-03-10
Greenpeace accuse Areva de négliger la santé des Nigériens
lundi 29 mars 2010
L’organisation internationale de défense de l’environnement Greenpeace a accusé le groupe français Areva de mettre en danger la santé des riverains des mines d’uranium qu’il exploite dans le nord du Niger, dans un rapport publié lundi.
Greenpeace exige qu’une étude indépendante établisse le niveau de radiation dans deux cités minières, Arlit et Akokan (nord-ouest du Niger), et demande leur décontamination. Areva, numéro un mondial du nucléaire civil, est le premier employeur privé au Niger, pays sahélien très pauvre, où l’entreprise exploite des gisements d’uraniumun.
"Les habitants d’Arlit et d’Akokan vivent entourés d’air empoisonné, de terres contaminées et d’eau polluée. Chaque jour qui passe, les Nigériens sont exposés aux radiations, à la pauvreté et aux maladies", assure Greenpeace.
L’organisation a mené une enquête à Arlit et à Akokan en novembre 2009 en collaboration avec la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD, France) et le Réseau des Organisations pour la Transparence et l’Analyse Budgetaire (ROTAB, Niger).
Dans un rapport de trente pages, non exhaustif selon l’ONG, Greenpeace a mis en évidence des concentrations anormales d’uranium dans le sol, et de radon, un gaz naturel radoactif, dans l’air, ou encore la présence sur les marchés de matériels radioactifs recyclés, provenant des mines. Les prélèvements ont été effectués aux abords des mines comme dans les deux localités, où vivent environ 80.000 personnes. Ainsi, par exemple, "dans quatre échantillons sur cinq d’eau recueillis par Greenpeace dans la région d’Arlit, la concentration d’uranium était supérieure à la limite recommandée par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) pour l’eau potable", écrit l’organisation écologiste.
Areva a assuré en janvier qu’il organiserait "d’ici fin 2010" une inspection générale des sites qu’il expolite au Niger pour démontrer l’absence d’exposition radioactive de la population.
Dimanche 28 Mars 2010 AFP
dimanche 28 mars 2010
L’espace touareg - 2003

L’espace touareg - 2003
dimanche 28 mars 2010
Carte thématique de l’espace touareg et de ses tribus les plus importantes,
et des grandes zones naturelles de localisation :
zone désertique et semi-désertique
zone sahélienne semi-aride
zone de savane
Synthèse d’ouvrages et de cartes , avril 2003
J.Dupuis
temoust
L’espace touareg dans l’espace africain - 2008
LA LEGENDE TRACY CHAPMAN speciales dédicaces à Emma et a tous les infirmiers du Niger
talking about a revolution (tracy chapman)
Tracy Chapman - fast car Video
Tracy Chapman crossroad
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Tracy Chapman crossroad
Anne-Marie Salomon, la nouvelle Soeur Emmanuelle

Grand format
La Vie
Anne-Marie Salomon, la nouvelle Soeur Emmanuelle
Armelle Breton - publié le 25/03/2010
C’est un incroyable hôpital installé dans le désert touareg, au Mali. À sa tête, une femme française atypique, Anne-Marie Salomon. Depuis 22 ans, cette religieuse et médecin partage le quotidien des nomades, avec un credo : préserver leur dignité, en les aidant à se développer, via notamment la santé et l’éducation.
Le soir tombe sur l’hôpital de Kaïgourou, à Gossi, en pays touareg. Après les tensions de la journée, une discrète rumeur parcourt désormais le camp. Un transistor crachote ses nouvelles, les coqs poussent leur dernier chant… Quelques braseros vacillent, près des tentes où l’on s’apprête pour la nuit. Dans la pénombre, une charrette s’immobilise. Avec précaution, deux hommes et une femme en descendent une silhouette frêle dont on ne distingue que le visage, émergé d’un enchevêtrement de tissus colorés. Ils la couchent sur une natte, à même le sol, à l’entrée du bâtiment. En silence. Aucune panique, aucun débordement. D’où viennent-ils, combien de kilomètres ont-ils parcouru ? On l’ignore et quelle importance…
L’urgence ici se cale sur le pas des nomades, dans un temps et un espace aussi étirés que la brousse environnante. À la lueur de sa torche, qu’elle tient coincée dans le creux de son épaule, le Dr Salomon – ici, on ne parle que de Anne-Marie – se penche sur la patiente dont la vie semble déjà presque retirée, tant son corps est raide. En tamasheq, la langue des tribus de cette région du nord du Mali, ses proches expliquent que, depuis deux jours, elle ne peut plus manger ni parler. "Tétanos", présume la sœur, qui a repéré une plaie sur le pied de la malade. Autour d’elle, l’équipe des soignants, avec, en tête, Zado, son fidèle adjoint, regarde, écoute, enregistre le traitement à mettre en œuvre.
Fin d’une journée ordinaire à Kaïgourou, cet hôpital vraiment pas comme les autres. Pour s’en rendre compte, il faut attendre le lendemain, dans la lumière éblouissante du matin. Pas un lit à l’horizon, pas de carrelages immaculés, ni d’appareils sophistiqués. À Kaïgourou, on vient avec paquetage, famille et bêtes. Et le temps de se soigner, on vit comme au désert. Imaginez donc trois modestes bâtiments en banco – briques de terre séchée – et, autour, un campement
de tentes hétéroclites mêlant peaux de bêtes, bâches en plastique ou tentures…
Des femmes pilent le mil, d’autres déambulent avec des jarres d’eau sur leur tête, pendant qu’au loin un dromadaire chaloupe, ignorant superbement l’interdiction de pénétrer dans l’enclos de l’hôpital. Sous un arbre, deux malades sont allongés, une perfusion piquée dans le bras. Plus loin, un lépreux, le pied déjà à moitié disparu, discute avec son enfant. À l’écart, un jeune homme lit, son pansement tout propre laissant entrapercevoir des chairs encore à vif. « Il est là depuis deux ans et demi déjà, explique Anne-Marie. Un accident lui a broyé la jambe et le muscle de son mollet est descendu à la cheville. Il faut attendre que les greffes de peau prennent, ensuite, on lui remontera le muscle. » Il trompe le temps avec les livres que la sœur lui apporte. Rêvant de pouvoir un jour devenir traducteur. Et puis, toujours allongée sur sa natte, la malade de la veille. Elle remue légèrement la tête et a même pu boire. Elle vit !
« Ils sont bien ici mes malades », s’exclame la sœur. À un Occidental nanti, habitué à une médecine de haute technicité, les moyens peuvent sembler dérisoires, et les méthodes, déroutantes. Mais, bien vite, on comprend qu’il faut laisser ses codes au vestiaire et que, dans cette zone déshéritée du Gourma – entre Sahara et Sahel –, tenaillée par la faim, et où l’espérance de vie se limite à 45 ans, Kaïgourou est une sorte de miracle. Un îlot d’humanité et de dignité dans un océan de dénuement. Avec, à sa tête, une femme hors du commun : Anne-Marie Salomon, 75 ans et une vitalité à faire pâlir nombre de trentenaires. Sur le pont de 6 heures du matin à… impossible de donner une limite, un accouchement – et il y en a 300 par an – peut la tenir debout une bonne partie de la nuit. Il faut la voir au volant de son pick-up bringuebalant sillonner les rues de Gossi, escortée par des ribambelles d’enfants scandant : « Anne-Marie Biscuit, Anne-Marie Biscuit » (surnom hérité du temps où elle distribuait de la nourriture aux réfugiés affamés). Elle houspille, elle rigole, elle commande, elle épuise même parfois. Mais on lui pardonne car, comme le confie Zado, « rien de ce qu’elle fait n’est pour elle ».
Impossible de ne pas se laisser aller à la comparaison avec une autre dame de cœur, sœur Emmanuelle : même faconde, même facétie, même volonté – pensez qu’elle a entamé ses études de médecine à 45 ans – et même énergie phénoménale… Quand on l’interroge sur la source à laquelle elle puise autant de force, cette femme de foi répond invariablement : « Dieu ! » Consentant du bout des lèvres à étayer son propos : « Dieu a besoin d’interprètes pour transmettre son message d’amour. Il a besoin de bras, de jambes… de têtes aussi. Je suis une de ses interprètes. »
Son histoire de cœur avec les habitants du Gourma remonte à 1985. À l’époque, externe en médecine (voir son portrait dans La Vie n° 3336, du 6 août 2009), cette sœur de la Retraite, originaire de Bretagne, atterrit en stage au centre de soin public de Gossi. Une ville perdue dans les sables, à plus de 1 000 km de Bamako. Elle y découvre les réfugiés de la sécheresse, attirés par la « mare » – entendez un lac – qui borde la ville. « Ils avaient perdu leurs troupeaux. Ne sachant pas vivre dans les agglomérations, ils se sentaient très humiliés, parqués par les autorités de l’autre côté de la mare, et attendant leur nourriture des seules distributions d’urgence. Je leur ai promis que je reviendrai, sans autre but que de
les aider à trouver des solutions pour lutter contre la misère dans laquelle ils s’enlisaient. » La sœur n’étant pas
du genre à parler en l’air, elle tient promesse et, en 1988, sa thèse en poche, elle s’installe à Gossi.
Zado se souvient de leurs débuts ensemble : « Kaïgourou n’était qu’une dune de sable. On consultait sous les arbres, plantés par les missionnaires de l’Église norvégienne. Ils avaient imaginé convertir les nomades à l’agriculture, sourit-il, avec, dans les yeux, l’ironie d’un Touareg qui sait bien l’improbabilité d’un tel dessein. Les nomades sont des pasteurs, pas des cultivateurs ». Visiblement, Anne-Marie Salomon a retenu la leçon. « J’ai compris que, dans ce pays, Dieu ne me demandait pas d’agir par moi-même, mais d’être là, auprès de mes frères, pour les aider à réaliser eux-mêmes ce que seuls ils ne pouvaient entreprendre. » Et, de fait, depuis 22 ans, elle est toujours là, à accompagner de très nombreux projets de développement touchant à la santé et à l’éducation : puits, dispensaires de brousse, formations de jeunes soignants, écoles… Une nouvelle maternité ainsi qu’un petit bloc opératoire sont actuellement en chantier.
Aujourd’hui, les ONG d’Anne-Marie sont devenues le premier employeur de Gossi, salariant 21 personnes : techniciens de santé, aides-soignants, laborantin, secrétaire, matrones, chauffeur, gardiens. Une petite entreprise qui lui dévore son temps, après l’hôpital : l’urgence de récolter soutiens matériels ou financiers est une quête quotidienne. Outre son stéthoscope, la sœur ne se sépare donc jamais de son portable, instrument vital pour être au contact des donateurs – effectifs ou potentiels – en France. Les autres revenus proviennent des patients, qui doivent payer une partie des soins – toujours le respect de la dignité des personnes : 200 francs CFA la consultation (0,30 €), 5 000 francs CFA (7,60 €) pour une hospitalisation de deux mois. Les piqûres sont payantes, mais les vitamines, gratuites, comme les 6 kg de mil distribués une fois par mois aux hospitalisés ou le lait en poudre donné chaque quinzaine aux femmes enceintes et jeunes mamans. Il est midi et la file des consultations s’est singulièrement allongée.
Aujourd’hui, c’est le jour des tuberculeux. Huit nouveaux cas déjà depuis le début du mois. Visages émaciés, regards absents… « Les gens du désert ne laissent rien paraître », explique Anne-Marie. Un homme s’avance. Il a 55 ans, pèse 37,5 kg. « Tu as la mauvaise toux, lui dit la sœur, tu craches des microbes. Tu dois manger et boire tout seul. Ta maladie, il faut la soigner pendant un an, et rester ici deux mois. Sinon, on ne commence pas le traitement. » Zado traduit. L’homme est d’accord pour rester. Il est même déjà installé avec sa famille. Suit une jeune femme, si fatiguée qu’elle ne peut plus porter son bébé. C’est son mari qui le tient dans ses bras. Elle aussi a la mauvaise toux, mais rester deux mois… Dilemme pour le mari. On appelle à la rescousse Radijatou, la femme de Zado qui le connaît un peu. « Si tu veux garder ta femme, il faut la ramener », tente-t-elle de le convaincre. « Tant qu’elle n’est pas installée ici, elle n’aura pas de traitement. » L’homme et son épouse repartent ensemble, sans que celle-ci ait dit un mot. Qui sait s’ils reviendront ? Laisser sa femme ou son troupeau – qui fait vivre toute la famille – au Sahel, on mesure autrement le prix d’une vie. Dans la salle d’à côté, Aboubakrim a pris le relais de Zado et vaccine les bébés. Pleurs vite consolés par un bonbon, rires et palabres des mères, l’ambiance est plus légère.
Imaginé au départ pour les nomades, Kaïgourou est aussi devenu, au fil des ans, l’hôpital des habitants de Gossi. Et la sœur, le seul médecin à 150 km à la ronde. Toute la journée, un ballet de pirogues fait la navette d’une rive à l’autre de la mare pour amener les patients à la consultation. Fièvres dues au paludisme, carences alimentaires, grossesses, diabète et, depuis quelque temps, sida sont les motifs de visite les plus fréquents. Certaines femmes ignorent leur âge, les grandes famines de 1973 ou de 1984 servent alors de repères : « Tes enfants, ils étaient nés à la grande famine ? », questionne la sœur. Les filles hésitent sur la date de leurs dernières règles : « C’était combien de jours avant le carême ? » Plus étonnant : « Les fourmis, elles viennent sur ton pipi ? », c’est pour dépister un diabète, nous éclaire Anne-Marie. Et quand elle suspecte un sida : « Tu es allé à Abidjan ? » Une ville où de plus en plus d’hommes échouent pour trouver du travail et contractent le virus. À Kaïgourou, on leur distribue antirétroviraux et préservatifs. Sur ce dernier point, la sœur préfère soutenir une politique réaliste de prévention que discourir sur la fidélité ou l’abstinence, dans un pays où la polygamie reste la norme. Car, en plus de 20 ans de Gossi, Anne-Marie Salomon a appris les codes et les coutumes des différentes ethnies qui se côtoient ici, elle connaît leur fonctionnement et leurs relations. Lucide sur tout, dupe de rien, elle avance en acceptant les personnes telles qu’elles sont, « Inch’Allah ».
Le muezzin a lancé son dernier appel à la prière depuis bien longtemps déjà quand Anne-Marie est de retour chez elle. Son antre, c’est une cour plantée de trois acacias et meublée de tout le nécessaire. C’est là qu’elle dort, mange, travaille, reçoit ou renvoie – sans ménagement – les importuns. Au grand air, sous le soleil ou sous les étoiles, comme ses chers nomades. Il n’y a que deux moments où elle pénètre dans sa maison en dur, quand elle s’arrête pour prier, tôt le matin et tard le soir. Alors seulement, elle semble se retirer du monde.
Une rencontre à La VieAnne-Marie Salomon ouvre le premier cycle des Éloges de La Vie, sur le thème de la fragilité. Nous vous invitons à venir écouter sa conférence le jeudi 8 avril, à 19 h, au nouveau siège de notre journal. Cliquez ici pour plus de renseignements.
Un livre J’ai choisi d’être médecin chez les Touaregs, un témoignage pour entrer dans l’intimité de cette femme de cœur, de foi et d’action. (Anne-Marie Salomon avec Jacques Duquesne et Annabelle Cayrol, Plon, 18 €).
Une émissionSur France 2, retrouvez Anne-Marie Salomon à la fin du journal, le samedi 27 mars, à 13h15.
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