mercredi 28 mars 2012


Au coeur du Sahel sous tension, la poudrière malienne

LE MONDE | 28.03.2012 à 08h00 • Mis à jour le 28.03.2012 à 14h28

Par Christophe Ayad
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La scène se déroule le 18 mars 2011. Alors que les chars de Kadhafi foncent vers la ville rebelle de Benghazi, le téléphone sonne dans une rédaction parisienne."Allô, je suis un chef touareg. La "soeur" X, elle est toujours en Libye ? C'est une journaliste amie, on se connaît bien. Dites-lui de quitter Benghazi si elle y est parce qu'on arrive et qu'il va y avoir du grabuge." Le lendemain dès l'aube, Benghazi est attaquée. Quelques heures après, les avions de l'OTAN entrent en action. L'offensive kadhafiste est écrasée sous les bombes de précision : véhicules carbonisés comme s'ils avaient explosé de l'intérieur, blindés décapsulés comme de vulgaires canettes, soldats consumés.

Ceux qui ont échappé au bombardement s'enfuient avec armes et bagages. Les combattants touaregs, enrôlés par Kadhafi depuis des années, tracent à travers le désert pour gagner le nord du Niger et du Mali, leur refuge originel. Tout au long de la guerre de Libye, de mars à octobre 2011, ces scènes de désertion se sont répétées. A chaque fois, les Touareg ont emmené du matériel de guerre : des batteries anti-aériennes montées à l'arrière de pick-up, des lance-roquettes.

Dès l'effondrement du régime Kadhafi, il était évident que sa chute aurait des répercussions dans toute la bande saharienne, où il n'est pas une rébellion ou unpouvoir qu'il n'ait, à un moment ou un autre, financé, armé, combattu ou parrainé durant les quatre dernières décennies. L'onde de choc n'a pas pris six mois pouratteindre le nord du Mali. Depuis le début de 2012, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), du nom du territoire revendiqué par les Touareg maliens, prend les villes les unes après les autres. Désormais, Kidal est sous la menace des rebelles. Plus de 100 000 habitants sont réfugiés hors du pays, 90 000 sont déplacés.

Cette série de défaites a achevé de discréditer le président Amadou ToumaniTouré (ATT), accusé de mollesse et d'incompétence. Un groupe de jeunes officiers en colère l'a renversé le 22 mars 2012. L'élection présidentielle était censée avoir lieu le 29 avril. Désormais, tout est en suspens, et le pays au bord du gouffre.

Le Mali est le concentré explosif des maux d'une zone aussi immense que grise, qui va de l'Atlantique à l'océan Indien et où les trafics alimentent aussi bien les extrémistes islamistes d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), que les mouvements de guérilla touareg et l'état-major d'une armée gangrenée par la corruption. D'une pauvreté extrême, le Mali, à l'instar du Burkina Faso et du Niger, est vulnérable à la moindre sécheresse, qui se traduit immédiatement par un risque de famine, comme c'est le cas cette année.

COMPLICITÉS

La drogue vient d'Amérique du Sud (cocaïne) ou du Maroc (haschich). Elle emprunte un grand axe d'ouest en est, qui se sépare en deux pour partir, soit vers le Sinaï puis Israël par le Nord, soit vers le Golfe persique via le Soudan. La blanche suit aussi une route nord-sud vers des ports méditerranéens, d'où elle est embarquée vers l'Europe. Le convoyage se fait grâce à des complicités dans les douanes, l'administration et l'armée. C'est notamment pour protester contre l'enrichissement de l'entourage d'ATT que les putschistes ont effectué leur coup de force.

Autre source d'enrichissement, le business des otages enlevés par AQMI. Cette résurgence saharienne du Groupement salafiste pour la prédication et le combat algérien est concentrée dans l'Adrar des Ifoghas, un massif aride à cheval sur le Mali et l'Algérie, proche du Niger. C'est là qu'ils détiennent leurs otages - actuellement 13 Occidentaux dont 6 Français - échangés contre de fortes rançons (183 millions d'euros pour 80 otages, depuis 2007). L'argent provient aussi de la "protection" accordée par AQMI au convoyage de la drogue.

Combattre AQMI, pour les généraux maliens, revient donc à se priver des retombées d'un trafic lucratif. On comprend, dans ces conditions, le peu d'empressement d'ATT à se confronter aux katibat (brigades) d'AQMI. Ce qui n'a pas manqué de causer l'exaspération de la France, première visée par les prises d'otages, ainsi que de la Mauritanie et l'Algérie, engagées dans une lutte à mort contre l'islamisme radical. Malgré l'installation d'un commandement commun antiterroriste à Tamanrasset, dans le sud algérien, la coopération ne fonctionne pas.

Les combattants d'AQMI, estimés entre 500 et un millier, ne sont pas forcément très nombreux, mais leur mobilité et des complicités locales, notamment chez certaines lignées touarègues, les rendent insaisissables. Le MNLA défend unislam modéré, mais Ansar Eddine, le groupe d'Iyad Ag Ghali, ancien négociateur de l'Etat malien, est sur une ligne plus radicale et veut instaurer la charia.

Ces passerelles attisent la crainte d'une transnationale terroriste africaine qui réunirait en un triangle infernal AQMI, Boko Haram, dans le nord du Nigeria, et les Shebab de Somalie. Une telle menace ne tient encore que du fantasme, d'autant que les contextes locaux sont très différents. Mais le transfert de savoir-faire en matière de techniques d'attentats suicides inquiète. Et depuis la disparition de Libye de plusieurs milliers de missiles sol-air portatifs, les experts n'excluent plus un attentat contre un avion civil aux abords d'une capitale de la région.

> A voir : notre infographie : Le Mali, une zone difficilement contrôlable





Christophe Ayad

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Mali

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Le Mali, une zone difficilement contrôlable
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Couvre-feu et petits arrangements à la frontière du Mali
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Les dessous de l’arrestation d’Agaly Alambo

Lorsque l’ex chef du Mouvement des Jeunes Arabes du Niger Abta Hamedine avait adressé, il y a presque 5 mois une lettre au Président de la République , aux organisations de défense de droits de l’homme et aux acteurs de la société civile, l’opinion publique avait vite compris que ce compatriote ne se reproche rien apparemment par rapport aux motifs de son arrestation depuis 10 mois au camp pénal de Kollo pour une présumée affaire de trafic d’armes.
Il continue d’être en prison depuis dix mois alors même que le cerveau de l’affaire Agaly Alambo qui était chef de la mission a utilisé ses relations pour rentrer au Niger, se faire promouvoir conseiller à l’Assemblée Nationale et continuer à vaquer à ses occupations sans être inquiété, du moins en refusant de se présenter devant les juges pour répondre des faits qui lui sont reprochés. De quoi s’agit-il ? Selon certains ressortissants de la région d’Agadez, c’est pendant la guerre en Libye en Avril 2011 que Agaly Alambo s’était rendu au domicile de Abta Hamedine pour lui demander de l’aider à rencontrer certaines personnalités libyennes.
Une demande qu’Abta qui à plus de relations et qui maîtrise bien la langue arabe accepta. C’est ainsi qu’il aida Agaly à se rendre en Libye. Avec l’intensité des combats et le bombardement de l’Otan et la chute de plus en plus évidente du régime de Kadhafi, ils décidèrent de rentrer au Niger. Et contre toute attente selon toujours certains connaisseurs de ce dossier, Agaly Alambo décida de faire venir un ressortissant algérien au Niger qui devrait immédiatement se rendre au Mali à la grande surprise des autres membres du convoi notamment ABTA qui attirait leur attention sur les problèmes que cela pourrait entraîner .
Mais face à l’insistance d’Agaly Alambo, Abta Hamedine s’était résigné. Arrivé au Niger, Abta décida de rentre seul, Agaly se serait arrêté non loin de la frontière nigéro libyenne et l’algérien lui a poursuivi son chemin et ce dernier fera face à l’armée. Il perdit la vie au cours de l’accrochage en entraînant aussi la mort d’un militaire. C’est dans le véhicule de l’Algérien que les armes ont été trouvées. Informé de l’incident Abta décida de se rendre à Agadez pour s’expliquer et Agaly Alambo qui avait organisé la mission était parti se réfugier en Algérie avant de rentrer trois semaines plus tard avec son frère Ibrahim Alambo et le libyen Abdallah Mansour.
Abta qui pensait avoir agi en bon citoyen et surtout qu’il avait été sollicité par le Président de la République et le gouverneur de la Région d’Agadez, deux personnalités a qui il voue un profond respect, s’était retrouvé en prison. Voilà pour les faits ! Mais lorsque Agaly Alambo qui avait négocié son retour était rentré au Niger avec les assurances à lui données par le premier ministre Brigi Raffini, il décide d’enfoncer son compagnon Abta et en faisant croire à tous qu’il ne faisait pas partie de la mission (Sic). Une hypothèse qui ne tient pas la route car la justice aurait, après investigation, découvert qu’Agaly a caché la vérité car beaucoup d’indices montreraient qu’il serait pleinement impliqué dans cette affaire.
Qui sont véritablement Agaly et Abta ? Les deux ont une histoire commune, ils étaient tous chefs de fronts lors de la rébellion de 2007. Agaly Alambo ex chef du MNJ ; le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) a déposé les armes en 2009. Il avait difficilement déposé les armes en 2009 sous la médiation de la Libye. Il évite de se rendre à Agadez et mène une vie sobre à Niamey comme conseiller du Président de l’Assemblée Nationale. Abta Hamedine fut le premier chef de front à déposer les armes en 2008 et à fortement contribuer à la fin de la rébellion en 2009 suite à l’appel des autorités. Il est régulièrement sollicité par les régimes successifs sur les questions de sécurité.
Il dirige une Ong de plus de 700 ex combattants à Agadez, qui mène des travaux de récupération de terres et autres activités génératrices de revenus dans le cadre de la réinsertion des ex combattants. Le contexte dans lequel intervient leurs arrestations semble mal choisi selon des nombreux observateurs avec tout ce qui passe autour de nous. D’ores et déjà des grincements de dents se font entendre au niveau des deux communautés touaregs et arabes, en particuliers des ex combattants qui estiment à travers des menaces voilées que leurs patrons ne méritent pas ce traitement au moment où un véritable changement de mentalité semble s’instaurer dans ce milieu.
Tout en saluant l’indépendance de la justice, le commun des Nigériens pense aussi que ces deux ex chefs de fronts doivent être libérés. Abta et Agaly, tout comme Rhissa Ag Boula ont montré la preuve de leur bonne foi à aider leur pays en renonçant définitivement à la violence et en s’inscrivant dans une dynamique démocratique. Les autorités nigériennes , en l’occurrence le Président de la République Issoufou Mahamadou selon certaines sources veut rapidement trouver une solution à ce malheureux dossier pour davantage préserver la quiétude indispensable à la mise en oeuvre de l’idéal commun que constitue le développement économique et social du Niger en proie à une crise alimentaire et qui se fera aussi le devoir de préserver la paix dans notre pays.

DÉCOUVERTE - AFRIQUE DE L’OUEST - MALI - CONFLIT
MNLA : « L’indépendance ne se donne pas, elle se mérite »
Interview du porte-parole de la rebellion au Mali
MERCREDI 28 MARS 2012 / PAR DOUNIA BEN MOHAMED




Mossa Ag attaher porte parole du MNLA
Depuis le 17 janvier dernier, un groupe de combattants touareg, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), s’est fait connaître en attaquant des positions de l’armée malienne dans le nord du Mali, revendiquant l’indépendance de l’Azawad. Allant de victoire en victoire sur les formes armées maliennes et provoquant, indirectement, la chute du président ATT, à la suite d’un coup d’état militaire. Alors que la ville de Kidal, encerclée par les troupes du MNLA, serait sur le point d’être « libérée », Mossa Ag Attacher, chargé de communication du bureau politique du MNLA, au niveau national et international, répond aux questions d’Afrik.com.
http://www.afrik.com/article25192.html 


Afrik.com : Comment avez-vous réagi au coup d’état militaire du 21 mars dernier ? Avez-vous changé de stratégie ? Craignez-vous que les forces maliennes soient davantage équipées comme le réclame les putschistes ?
Mossa Ag Attaher : Nous restons très distants et réservés par rapport à ce coup d’état. Nous ne nous sommes pas du tout exprimés sur le sujet avant aujourd’hui. Je préfère parler d’un malaise au sein de l’armée plutôt que d’un manque de moyens militaires. Je peux vous dire que n’importe quel officier ou homme politique qui arrive au pouvoir ne pourra utiliser plus de moyens. Le Mali a utilisé tous les moyens militaires dignes d’une guerre entre deux pays contre nous. Des avions, des hélicos, des blindés, des chars… mais l’échec a toujours été au rendez-vous. Donc ce n’est ni une question de manque de moyen ni de négligence mais une question de volontés opposées. Nous restons sereins. Nous savons que le Mali ne pourra pas utiliser plus de moyens contre nous, ce n’est pas un jeune capitaine qui arrive avec aucune expérience de l’Etat qui nous fera reculer.

Afrik.com : Quelles conséquences sur le terrain ? Allez-vous continuer à faire pression par les armes pour contraindre les nouvelles autorités à ouvrir des négociations ?
Mossa Ag Attaher : Nous ne sommes pas dans une logique de chantage avec l’Etat malien. Ce que nous voulons c’est leur montrer, ainsi qu’au monde entier, que la volonté de l’Azawad doit être entendue. Nos objectifs restent les mêmes : libérer les trois villes du nord, Kidal, Gao et Tine-Bouctou (Tombouctou). Notre combat n’a pas changé depuis le 17 janvier. Et l’on va continuer jusqu’à la libération totale de la zone. Si la junte au pouvoir aujourd’hui exprime de manière claire sa volonté de privilégier une solution politique pour le problème qui nous oppose à l’Etat malien, nous sommes disposés à l’entendre. Si l’Etat malien se reprend et accepte le droit du peuple de l’Azawad à l’autodétermination alors nous seront prêts à arrêter les hostilités le jour même. Par contre, si le capitaine qui a pris le pouvoir cherche des moyens nouveaux pour se battre contre nous, alors nous lui disons que le rendez-vous se fera sur le terrain.

Afrik.com : Justement, quelles sont vos positions sur le terrain ?
Mossa Ag Attaher : Aujourd’hui, nous occupons 85% du territoire de l’Azawad. Sachant qu’au moment où nous parlons Kidal est encerclée par nos troupes et devraient être libérées dans les heures prochaines. Nous avons mis en déroute l’armée malienne sur des positions importantes, dont Amachech, le camp le plus important, la ville d’Anéfis, Tessalit, Aguelhok. Des camps stratégiques de l’Etat malien depuis 50 ans.
« Nous occupons 85% du territoire de l’Azawad »
Afrik.com : Si les rebellions touareg, revendiquant l’autonomie de l’Azawad, ne sont pas nouvelles, depuis le 17 janvier, le MNLA est apparu comme une organisation politique structurée et armée qui a réussi à mettre en déroute les forces armées maliennes sur plusieurs points stratégiques dans le nord du Mali. Quelle est la nature de votre mouvement ?
Mossa Ag Attaher : Le MNLA est un « mouvement révolutionnaire » pas une rébellion, qui a deux entités : le bureau politique et l’état-major militaire. Le bureau politique regroupe de jeunes cadres de l’Azawad. L’état-major militaire lui, dirigé par le colonel Mohamed Ag Najim, chargé de la coordination de toutes les actions sur le terrain, est essentiellement constitué d’officiers qui sont issus des rebellions passées, intégrées dans les forces militaires maliennes suite aux accords de paix et qui ont déserté l’armée depuis le 17 janvier. Ainsi que des touareg partis en exil suite à la répression militaire, en Libye notamment.

Afrik.com : Combien comptez-vous d’hommes ?
Mossa Ag Attaher : Un mouvement révolutionnaire ne peut donner le chiffre exact de ses membres. Je peux seulement vous dire que nous sommes plus de deux milliers. On enregistre tous les jours de nouvelles adhésions. La semaine dernière, on a enregistré l’adhésion de plus d’une soixantaine d’élus nationaux et communaux, notamment des maires et députés, de l’Azawad. Avant le coup d’état, ils avaient peur de le faire, par crainte des représailles. Depuis, on voit chaque jour de nouvelles personnes nous rejoindre. Depuis la révolte de 1963, première réelle révolte touareg, la population de l’Azawad ne s’est jamais mise en tête que c’était fini. Ceux qui ont quitté la région, pour aller étudier à l’étranger, ou se sont engagés en tant que militaire dans des armées étrangères, ont acquis un savoir-faire dans l’idée de l’utiliser pour un changement dans leur région. Notamment en Libye. Mais on s’est dit que nous ne pouvions pas continuer à mourir dans d’autres contrées.
« Depuis le 17 janvier, il n’y a aucune négociation. Ni avec l’Etat malien ni avec les puissances étrangères. »

Afrik.com : Justement, la crise en Libye, avec le retour de nombreux touareg qui étaient engagés dans les armées libyennes de Kadhafi dans l’Azawad, avec des armes et des équipements militaires dans leur bagage, semble avoir été le moteur essentielle de votre attaque du 17 janvier et de vos réussites militaires depuis ?
Mossa Ag Attaher : Pas du tout. On nous a accusés d’avoir au sein de nos états-majors des mercenaires libyens. Après la révolte de 1963, les touareg ont été victimes d’une répression incroyable, tous les jeunes de 12-15 ans ont dû prendre la route de l’exil en direction de l’Algérie, de la Libye. Au cours de cet exil, ceux qui se sont retrouvés en Libye, ont trouvé un contexte favorable à l’acquisition d’un savoir-faire militaire. C’était l’époque de l’ouverture des camps d’entrainement aux étrangers par l’ancien dictateur. Ces jeunes ont intégrés massivement ces camps. Ils y ont reçu un entrainement militaire très important. Selon les témoins internationaux, les touaregs qui ont intégrés ces camps ont fait preuve d’une aptitude militaire extraordinaire, et ont gravi les échelons de l’armée libyenne. Des militaires engagés dans une armée nationale, ce sont des militaires de ce pays qui obéissent aux ordres au même titre que tout soldat, avec les mêmes missions et les mêmes salaires. Pourquoi faire d’eux des mercenaires ? 500 d’entre eux ont ensuite quitté ces camps pour revenir dans l’Azawad. Quand il y a eu l’insurrection de Bengazi, comme tous les militaires sous Kadhafi, ils ont reçu des ordres. Mais ce que l’on ne dit pas, c’est que les centaines de combattants touareg qui ont rejoint le MNLA, sont arrivés quatre mois avant la prise de Tripoli, et longtemps avant la prise de Syrte. Ce retour à ce moment précis, au moment où Kadhafi avaient le plus besoin de ses forces, confirment qu’ils ont exprimé un désaccord avec le dirigeant libyen au moment de l’insurrection. Dont beaucoup d’officiers qui avaient sous leur responsabilité des camps militaires entiers, où se trouvaient des stocks d’armes importants qu’ils ont ramenées avec eux. Des armes, des véhicules, des uniformes, etc. Ceci étant, il faut préciser que l’apport militaire de ces combattants n’est pas le plus important actuellement. Le plus important est issu des stocks incroyables de l’armée malienne qui, dans le cadre de la lutte antiterroriste que l’Etat n’a jamais mené, ont été envoyé par la France, l’Algérie, les Etats-Unis et que nous avons récupéré au fil de nos victoires sur le terrain.

Afrik.com : Quel était l’état des négociations avec les autorités maliennes avant le coup d’état militaire, et avec les puissances étrangères ? Et depuis ?
Mossa Ag Attaher : Depuis le 17 janvier, il n’y a aucune négociation. Ni avec l’Etat malien ni avec les puissances étrangères. La France a fait des offres pour une rencontre entre l’Etat malien et nous. Le ministre des Affaires étrangères française, lors de son passage à Bamako, a proposé un cessez le feu avant d’ouvrir des négociations. Mais au moment où nous l’envisagions, le Mali a envoyé plus de 200 véhicules pour attaquer nos positions. ATT a saboté la proposition de négociation française. On ne demande pas que la France ou l’Algérie supplie le Mali de nous donner notre indépendance. L’indépendance ne se donne pas, elle se mérite. Par le combat, sur le terrain.

Lire aussi : Mali : le Nord serait aux mains du mouvement armé Ançar Dine




MALI
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Toubous et Touaregs victimes d'attaques de tribus arabes en Libye
mercredi 28 mars 2012
par Masin
Suite aux attaques organisées par les tribu arabes de Oulad Slimane contre les Toubous de Sebha, des affrontements entre les deux communautés ont fait plusieurs morts. Les Toubous, ayant reçu des renforts venus d’autres villes en l’occurrence Marzouk et Gatroune, auraient pris le contrôle de plusieurs quartiers de la ville ainsi que de l’aéroport. Les Arabes de Oulad Slimane se sont attaqués à des civiles notamment les jeunes filles touboues faisant plusieurs morts.
Un quartier, près de l’aéroport, où résident notamment des Toubous et des Touaregs a été bombardé par des avions qui ont décollé d’une base qui se trouverait à 90 kilomètres au nord de Sebha. Tout prète à croire que ce sont des soldats de Zentan (AZmazighs arabisés d’Adrar n Infusen) qui seraient les auteurs de ces bombardements. En effet, les soldats de Zentan seraient du côté des Arabes des tribus de Oulad Slimane.
Par ailleurs, à Oubari une ville à majorité touarègue, ce sont des miliciens de Zentan qui se sont attaqués aux Touaregs. des affrontements ont eu lieu entre les Touaregs et les gens de Zentan.
La Rédaction
http://tamazgha.fr/Toubous-et-Touaregs-victimes-d.html

Libye: des dizaines de morts à Sebha dans des affrontements tribaux

Créé le 27-03-2012 à 20h17 - Mis à jour à 20h17      Réagir

 
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Des dizaines de personnes ont été tuées dans des affrontements entre les Toubous et d'autres tribus à Sebha, dans le sud désertique de la Libye, tandis que les nouvelles autorités tardent à réagir pour contenir la situation qui devient incontrôlable dans le sud du pays.
"Aujourd'hui (mardi) le bilan est de 15 morts et de 63 blessés", a déclaré Abdelrahman Arich, ajoutant que 16 personnes avaient été tuées et 60 autres blessées lundi. Un précédent bilan arrêté lundi faisait état de 10 morts.
Ce bilan prend en compte uniquement les victimes des tribus de la ville de Sebha qui combattent des membres armés de la tribu des Toubous.
Le chef des Toubous, Issa Abdelmajid Mansour, a fait état quant à lui de 40 morts parmi les membres de sa tribu, accusant les autorités libyennes de faire usage d'avions militaires et de chars pour bombarder des positions des Toubous au sud de la ville de Sebha.
Abdelrahmane Seif al-Nasr, chef du Comité de sécurité de la région de Fezzane (sud), a confirmé à l'AFP que des avions avaient bombardé une colonne de véhicules se dirigeant vers Sebha depuis la région de Qatroun, pas loin des frontières nigériennes et tchadiennes, après que ces "avions de reconnaissance" aient essuyé des tirs de canons anti-aériens.
Le colonel Mohamed Boussif, directeur de la sûreté nationale à Sebha, a affirmé que la situation était "dramatique" dans cette ville, pointant du doigt des "gens hors-la-loi appuyés par des éléments de l'extérieur du pays".
"La situation est très mauvaise", a-t-il dit à la télévision Libya Al-Hourra.
Le représentant de la ville de Sebha au Conseil national de transition (CNT, au pouvoir), a indiqué à la chaîne de télévision qu'il démissionnait de son poste pour dénoncer "la passivité" du gouvernement et son "incapacité à réagir".
Le chef des Toubous a accusé de son côté des ex-rebelles de combattre sa tribu sous la bannière du CNT.
Il a ainsi dénoncé mardi à l'AFP un plan de "nettoyage ethnique" visant sa tribu, brandissant pour la première fois la menace séparatiste.
"Nous annonçons la réactivation du Front toubou pour le salut de la Libye (FTSL, mouvement d'opposition sous l'ancien régime) pour protéger les Toubous d'un nettoyage ethnique, et s'il le faut, nous allons demander une intervention internationale et oeuvrer pour un Etat comme le Soudan du Sud", a-t-il déclaré.
Issa Abdelmajid Mansour, un ex-opposant au régime de Mouammar Kadhafi, avait annoncé la dissolution de son mouvement après la chute de l'ancien régime en août.
"Il s'est avéré que le CNT et le régime de Kadhafi ne sont pas différents. Le CNT a un programme pour nous exterminer", a accusé M. Mansour, dont la tribu avait joué un rôle clé dans la rébellion contre Mouammar Kadhafi depuis le sud du pays.
"Nous avions dit que l'unité de la Libye était au-dessus de toute considération. Mais maintenant nous devons nous protéger et protéger les autres minorités", a-t-il encore affirmé.
Les Toubous, à la peau noire, qui vivent à cheval sur la Libye, le nord du Tchad et du Niger, avaient réfuté à plusieurs reprises des aspirations séparatistes.
Les Toubous sont impliqués depuis février dans des affrontements meurtriers avec des tribus locales du sud du pays.
"Aujourd'hui, le problème s'est transformé d'un conflit tribal en conflit racial", a déploré M. Mansour, affirmant que "les attaques ciblent toute personne à la peau noire".
Des affrontements meurtriers avaient déjà opposé durant plusieurs jours en février les Toubous à la tribu des Zwei à Koufra (sud-est) où la situation est toujours tendue.

MALI - 
Article publié le : mercredi 28 mars 2012 - Dernière modification le : mercredi 28 mars 2012

Mali : la junte annonce une nouvelle Constitution et l'instauration d'une transition

Le chef de la junte malienne, le capitaine Amadou Sanogo, à Bamako, le 22 mars 2012.
Le chef de la junte malienne, le capitaine Amadou Sanogo, à Bamako, le 22 mars 2012.
Habibou Kouyate / AFP

Par RFI
La junte au pouvoir à Bamako a annoncé avoir adopté une nouvelle Constitution et instauré une transition. Pendant cette période, dont la durée n'est pas déterminée, le CNRDRE sera l'organe suprême du pouvoir. Mais les membres de cette junte ne seront pas autorisés à se présenter aux futures élections. Une tentative de normalisation de la situation alors qu'au même moment à Abidjan, la Cédéao annonçait l'envoi d'une délégation de six chefs d'Etat à Bamako d'ici deux jours pour plaider en faveur d'un retour à l'ordre constitutionnel. La junte a aussi annoncé la levée immédiate du couvre-feu et la réouverture des frontières.

Geste de défi face aux condamnations extérieures et à son rejet par l’essentiel de la classe politique malienne? Bravade avant l’arrivée de la délégation des chefs d’Etat de la Cédéao, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest? Quelles que soient ses intentions, la junte qui a renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars, pose des actes.
Mardi peu après 22 heures, alors que la télévision nationale diffusait des danses traditionnelles, dix hommes, huit en tenue militaire et deux en habit civil, sont intervenus sur les écrans pendant un peu plus d’une demi-heure pour présenter une Constitution provisoire.
Ce nouvel acte fondamental lu par le magistrat lieutenant Jacques Koné est décliné en soixante-dix articles. Soixante-dix articles pour rappeler le caractère indivisible et démocratique du Mali mais aussi pour définir les attributions du président qui n’est autre que le chef du CNRDRE, Comité national pour le redressement et la restauration de l'Etat, Amadou Sanogo.
L'essentiel des pouvoirs revient aux putschistes
Si cette nouvelle Constitution prévoit la formation d’un gouvernement, l’essentiel des pouvoirs revient aux putschistes. Ces derniers auront notamment la charge, selon ce texte, d’organiser les futures élections, présidentielle et législatives, dont la date n’est pas précisée. Des scrutins auxquels les membres de la junte n’auront pas le droit de concourir sauf s’ils venaient à décider de réviser cette nouvelle Constitution. En attendant, le chef de la junte, le capitaine Sanogo assume les fonctions de chef de l'Etat et nomme le gouvernement.
Par ailleurs, le FDR (Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République), le front qui rassemble 38 partis maliens et une vingtaine d'associations opposés au coup d'Etat, a annoncé vouloir engager un dialogue avec les mutins. L'organisation réclame leur retour dans les casernes et la restauration de l'ordre constitutionnel au Mali.
Enfin, deux des quatorze personnalités prisonnières de la junte ont été libérées, hier. Parmi elles, deux candidats à la présidentielle qui était prévue le 29 avril prochain : l'ex-Premier ministre Modibo Sidibé et l'homme d'affaires Jamil Bittar. Ils étaient détenus, comme douze autres personnalités politiques dont des membres du gouvernement d'Amadou Toumani Touré, au camp de Kati.
TAGS: AMADOU TOUMANI TOURÉ - MALI
FICHE PAYS :

mardi 27 mars 2012


Les petits secrets du Coup d’Etat : Comment ATT a fui Koulouba

Tous les coups d’Etat au monde ont leurs petits secrets qu’ils ne livrent généralement que des décennies plus tard. Mais celui intervenu au Mali le 22 mars dernier n’a pas tardé à lever certains coins de voile que nous vous révélons par indiscrétion. Morceaux choisis.
 Sadio Gassama, le catalyseur
Nommé ministre de la Défense à la faveur de la trouble situation au nord, Sadio Gassama, précédemment ministre de la Sécurité et de la protection civile, a commis l’erreur de ne jamais mesurer son degré d’impopularité auprès des militaires. Or, la majorité des hommes en uniforme n’a jamais admis que ce soit lui qui soit nommé ministre de la Défense, alors que le général Gabriel Poudiougou était, de l’avis de ceux-ci, l’homme le plus compétent à ce poste. Suite donc à la grogne qui s’est amplifiée dans les casernes par rapport à la gestion chaotique des hommes et des moyens déployés sur le front au nord, Sadio s’est entêté à vouloir faire plier la troupe à ses quatre volontés. Mal lui en pris lorsque, le mardi déjà, il avait échappé à des jets de pierre dans le camp de Kati.
Au lieu d’en tirer les leçons, le généralissime Gassama monte gaillardement à Kati le mercredi. Loin de réussir à calmer la tension qui culminait déjà au paroxysme, Sadio a plutôt jeté de l’huile sur le feu. Excédés, les militaires l’ont brièvement séquestré avant de le relâcher suite à l’intervention du commandant de zone. Dans les minutes qui ont suivi, la tension est vite montée et les éléments ont décidé de demander directement des explications au chef de l’Etat lui-même et à son palais de Koulouba.
Le magasin d’armes et de munitions a été violé et les soldats se sont emparés de tous les types d’armes et de munitions pour faire cap sur Bamako. Sadio aura été donc le vrai catalyseur de ce coup d’Etat qui, en principe, devrait intervenir le jeudi.
 Comment ATT a fui Koulouba
Lourdement armés, plusieurs dizaines de militaires ont quitté le camp de Kati avec des Brdm et des lance-roquettes pour faire cap sur Bamako. La nouvelle est parvenue au bataillon de la garde présidentielle.
Une unité a été vite dépêchée sur la route principale de Kati pour freiner l’avancée des éléments. Légèrement armée, cette unité a dû se replier face à la puissance de feu des frères d’arme d’en face. Mais en attendant, au lieu de protéger en priorité le Palais et son locataire ATT, les soldats appartenant à la compagnie para, ont préféré mettre en priorité leurs familles à l’abri. Le temps de se regrouper, les Katois étaient déjà aux portes du Palais de Koulouba. C’est alors que le commandant de la compagnie Para, Abedine Guido, a envoyé quelques éléments pour une opération d’exfiltration du président ATT. Au moment où les premiers coups de feu annonçant l’assaut ont retenti, ATT était toujours dans les locaux. Les éléments de Abedine ont réussi, sous les feux nourris, à faire dégager ATT par une sortie dérobée à partir du versant de la colline de Koulouba. Ils ont dû braquer une Mercédès blanche et dégager son occupant pour acheminer ATT précipitamment au Camp Para où des dispositions avaient déjà été prises pour le mettre en totale sécurité. Mais visiblement, les hommes du capitaine Sanogo avaient reçu consigne de ne pas toucher à l’intégrité physique du président et des membres de sa famille. C’est pourquoi, ils ont soigneusement évité un affrontement armé contre le bataillon para dont plusieurs éléments ont rallié la junte.
 Après le contrôle du Palais, Sadio a été cueilli
Après avoir pris le contrôle du palais présidentiel de Koulouba, les éléments de la junte se sont aussitôt mis aux trousses du général Sadio Gassama qui a été capturé sans aucune résistance. Seulement, il aurait reçu quelques coups de certains éléments en colère.  Mais à la fin, pour éviter le pire, il a été mis à la disposition de la hiérarchie de la junte qui l’a conduit manu militari au camp de Kati. Devinez la joie de l’ex-directeur de la police, Niamé Kéita !
 Visite nocturne chez Modibo Sidibé
L’ancien Premier ministre et candidat déclaré à l’élection présidentielle du 29 avril préparait un meeting géant le 25 Mars au Stade du 26 Mars dans le cadre de sa campagne. Dans la nuit du 22 mars 2012, certains éléments de la junte lui rendent visite à sa résidence, à Faladiè, un quartier de Bamako.
Ils font des tirs de sommations pour annoncer leur présence sur les lieux. De sa chambre à coucher, Modibo entend les crépitements des armes automatiques. Il sort pour s’enquérir de la réalité. Les éléments lui font croire qu’ils étaient venus pour sa propre sécurité. Quoi de plus normal ? Modibo, même s’il n’a rien compris, se met à leur disposition. Il est poliment embarqué à bord d’une 4×4 V8 blanche. Arrivé au niveau de la Mairie de Kalaban, sur la route de l’aéroport, une crevaison survient. Les éléments s’en réfèrent au Commissariat du 11 éme arrondissement et trouvent un autre véhicule de rechange qui leur a permis de rallier Kati avec leur «otage». Mais en partant, les soldats ont abattu, à coups de feu, le gros bélier domestique de l’ancien Premier ministre.
 Le PM, Mariam Kaïdama sidibé, sauvé par son garde du corps
Contrairement à ce qui se raconte, le Premier ministre, Mariam Kaïdama Cissé et son époux n’ont pas été arrêtés par la junte militaire. En réalité, sentant la menace venir, le garde du corps a instruit à sa protégée et son époux d’embarquer dans un véhicule banalisé pour une destination plus sûre. Depuis, malgré l’insistance de la junte, le garde du corps n’a pas encore accepté de livrer ses «otages». Les gardera t-il encore longtemps ? Patience !
 Séméga redoutait le GMS
Le super ministre de l’Equipement des transports, Ahmed Diane Séméga, redoutait une seule chose lorsqu’il a été cueilli par les éléments de la junte. Grelottant de peur, Séméga a supplié ses «ravisseurs» de ne pas le conduire au Gms. Pourquoi ?
En effet, il a un antécédent avec les policiers de l’aéroport à qui il avait jeté une chaise à la figure. Ses éléments qui menaçaient même d’aller en grève pour protester contre cette agression, ont la rancune très tenace. Et Séméga n’a pas oublié. Pour protéger son intégrité physique, la junte a accédé à sa demande sans condition.
Révélés par Abdoulaye Niangaly
    du   27 mars 2012.