lundi 3 juin 2013

Islamistes radicaux et parents maltraitants : bientôt un traitement pour les soigner En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/atlantico-light/islamistes-radicaux-et-parents-maltraitants-bientot-traitement-pour-soigner-

Grands malades

Publié le 3 juin 2013
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 Crédit Reuters
Les fondamentalistes religieux et les parents violents sont malades, selon la neurologue en vue Kathleen Taylor. La chercheuse a donné une conférence à l'occasion du Festival Hay de littérature et d'arts, selon le Times. Interrogée au sujet des futures avancées intéressantes dans le domaine des neurosciences, la spécialiste a évoqué de futurs traitements destinés à guérir les croyances extrêmes.
De nouveaux traitements pourraient éclore, grace à une redéfinition de ce que sont les croyances, les croyances anormales et les troubles mentaux.
"Prenez quelqu'un qui par exemple s'est radicalisé dans une idéologie cultuelle : on pourrait cesser de voir cela comme un choix personnel résultant du libre arbitre et commencer à traiter cela comme une sorte de trouble mental", a-t-elle fait remarquer. "Cela pourrait être très positif, de nombreuses façons, parce qu'il existe sans aucun doute des croyances dans notre société qui font beaucoup de mal, de graves dommages", a-t-elle ajouté.
Toutes les croyances sont à prendre en compte, pas seulement les croyances religieuses, a précisé la chercheuse, en instant sur le fait que les débouchés peuvent être très vastes.
"Et je ne parle pas seulement de l'intégrisme religieux, islamique par exemple. Je parle aussi de la croyance selon laquelle il est normal de battre en enfant." "Ces croyances sont très dommageables mais elles ne sont pas généralement considérées comme une maladie mentale."

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SOGOLO le mythique/Tô Akama Jikki sossey fâ!!

3ème guerre mondiale : Le sein, le sexe et le sens par Kamel DAOUD

Par   | juin 3, 2013 8:34
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L’actualité de la semaine ? Le sexe. C’est ce qui ravage les têtes du monde et divise le monde en deux (seins). D’un côté les anti-femen, anti-seins, anti-femmes surtout.
Contre le corps nu, la nudité, alias la liberté, alias l’indépendance et la tolérance, la différence, le cri. Contre l’autre, la femme, car contre soi et contre le mur. Sans issus sauf dans la violence ou le mégaphone. Pourquoi les femmes femens déchaînent tant les haines, la violence et la passion ? A cause du centre du monde qu’est la femme, sans la femme. On peut se prétendre libéral, intellectuel, libéré, tolérant, cultivé, instruit, voyageur, « ouvert », libre, mais dès qu’une femme montre ses seins, le bonhomme montre se dents. C’est la préhistoire de l’Histoire. L’épreuve des seins montre la femme nue et l’ennemi de la femme, tout aussi nu.
Puis il y a les anti-gays, anti-mariage pour tous, en Occident. Contre la démocratie donc, ou « pour » une démocratie génétiquement correcte. Cela divise la France au-delà de l’homosexualité ou pas : entre gauche et droite, extrêmes et marges, Hollandistes et Sarkozystes, libéraux, altermondialistes, familles et grande famille…etc. Le sexe divise le monde en plusieurs milliers de genres et plus seulement en hommes et femmes. La religion ne relie pas les Hommes mais les allie les uns contre les autres. Dieu n’a jamais autant crucifié qu’en ces temps modernes. Après un millénaire d’avancées vers la lumière, la lune et la Raison, on revient aux langages des signes d’avant l’histoire : seins nus, bras d’honneur et pilosité du visage avec un œil borgne pour Belmokhtar. Le sexe est donc au centre du monde : son nombril et son problème. Il est redevenu moyen de lutte et signe de défaite. Objet de violence et sujet du tabou. Le corps est le lieu de la guerre : par l’immolation chez les « arabes », le dénuement chez les Femen, la revendication chez les gays, l’explosion chez le Djihadiste, le martyrs chez les révoltés contre les régimes et la noyade ou la drogue chez les déclassés de l’univers. L’humanité ne semble plus savoir quoi faire du corps, du monde et du sens qui les lie. Alors l’humanité se divise en espèces et animaux. Le sein qui tient tête à la morsure des yeux. La femme qui reprend son corps à la loi de l’homme et l’homme qui revendique le droit de propriété sur le corps de la femme. L’Etat qui cherche un sexe et le mariage qui divise l’humanité ou les pays et uni des couples. C’est le 3ème millénaire : il commence par des mutilations. La 3ème guerre mondiale est une guerre « corps-à-corps ». « Faites l’amour, pas la guerre » disait-on. Aujourd’hui on fait la guerre en faisant l’amour. Ou en l’interdisant. C’est donc le sujet de la semaine : le corps de la femme contre le corps constitué, le mariage pour tous, vécu comme « mariage contre tous ». Le sexe et le sens. L’homme contre-corps.
Kamel DAOUD

RFI/A la Une: le Niger sous tension



Une vingtaine de détenus qui se mutinent et qui s’évadent de la prison de Niamey, samedi, dont plusieurs terroristes. Plusieurs gardiens tués. Sans doute des complicités extérieures qui ont permis d’introduire au moins une arme… Cela commence à faire beaucoup après les deux attentats-suicide d’il y a 10 jours à Arlit et Agadez. « Le Niger dans la tourmente », s’exclameL’Observateur Paalga à Ouagadougou. « Après les attaques du 23 mai et du 1er juin, pratiquement coup sur coup, y a-t-il des raisons de craindre que le Niger, l’un des pays les plus grands et les plus pauvres d'Afrique et dont le contrôle de l’espace par les autorités n'est pas sûr, tangue à son tour après le Mali ? », s’interroge le quotidien burkinabè. « Toujours est-il que son environnement géographique l’expose fortement, relève le journal : il est entouré non seulement du Nigeria, où sévit Boko Haram, du Mali, des cellules résiduelles d’Aqmi, du Mujao, d’Ansar Dine mais aussi et surtout de l’Algérie de Moktar Belmoctar, des Signataires par le sang, sans oublier la Libye, dont le sud-est devenu un sanctuaire de repli des jihadistes maliens.»
Pour Le Pays au Burkina, les pays de la région doivent se serrer les coudes… « Cette énième attaque vient rappeler aux Etats de la bande sahélo-saharienne qu’il est plus que jamais temps de saisir le taureau par les cornes, en livrant une guerre tous azimuts contre les djihadistes ; ces ennemis de Dieu qui s’ignorent et qui croient avoir reçu du Ciel le droit de vie ou de mort sur les autres. Il faut aider le soldat Issoufou qui, malgré les efforts consentis en matière de lutte contre l’insécurité, n’en est pas moins durement éprouvé par les fous d’Allah. (…) Face à un ennemi commun invisible, seule vaut une synergie d’actions. Tous les pays africains doivent faire leur la lutte contre le terrorisme (…). »
« Alors qu’on croyait en finir avec le terrorisme au Sahel avec la fin de la guerre au Mali, le Niger s’invite dans le débat », déplore La Nouvelle Tribune au Bénin. « On a l’impression que l’opération Serval (menée par la France au Mali) n’a fait que déplacer le péril 'terroriste'. Que les terroristes ont échappé aux bombardements des Rafale et Mirage Français pour se mette à l’abri au Niger, autre terre propice où ils ont commencé à se réorganiser. La guerre contre le terrorisme n’est pas encore gagnée dans le Sahel. » Et La Nouvelle Tribune de s’interroger : «La France et les pays engagés au Mali n’ont-ils pas mesuré cette dimension de la guerre ? Ont-ils pensé aux effets collatéraux ? Depuis que Kadhafi est mort, l’arsenal de guerre du tyran est tombé dans de mauvaises mains, constate encore le quotidien béninois. Et les conséquences risquent d’être désastreuses pour tous les pays de la sous-région. »
La Côte d’Ivoire aussi ?
En effet, l’inquiétude s’étend, notamment en Côte d’Ivoire… « Outre le Niger, d’autres pays qui participent à l’opération de libération du Mali des mains des islamistes seraient dans le viseur des intégristes musulmans, relève le quotidien ivoirien Nord Sud . Initialement, l’on parlait du Tchad ou de la Mauritanie. Mais, bien des sources pensent que les autres pays de la CEDEAO, notamment la Côte d’Ivoire, ne sont pas à l’abri. D’où la prudence conseillée à ses ressortissants par la France. » En effet, récemment, les autorités françaises ont invité leurs ressortissants résidant ou de passage en Côte d’Ivoire à faire preuve d’une vigilance accrue.
« Alerte ! Menace djihadiste à nos portes… », s’exclame L’Intelligent toujours à Abidjan. Depuis les avertissements de la France, « la psychose gagne les populations. Ils sont nombreux les Ivoiriens à avoir reçu des SMS, les mettant en garde contre des attaques terroristes. » Voici l’un de ces messages qui circulent via les téléphones portables : « Les djihadistes islamistes, selon le ministère des Affaires étrangères de France, sont entrés à Abidjan. Evitons de rester dans les rues, les lieux publics. Que Dieu nous garde. Faites circuler le message, c’est très sérieux. »
La rumeur va donc bon train… Et « comme pour corroborer ces allégations, relève encoreL’Intelligent, huit personnes taxées de djihadistes ont été arrêtées récemment à Azaguié (dans le sud du pays). Pour sa part, la force Licorne a aussi testé son dispositif d’évacuation RESEVAC, le 25 mai dernier. Autant de manœuvres et de suspicions, estime le quotidien abidjanais, qui mettent au goût du jour la question de la présence d’extrémistes religieux sur le sol ivoirien. »
La menace est-elle réelle ? Oui, répond L’Intelligent qui cite les récents propos de plusieurs hauts-responsables ivoiriens, notamment Guillaume Soro, le Premier ministre qui déclarait récemment : « Nous suivons avec beaucoup d’attention l’évolution de la situation au Mali, pays avec lequel nous partageons 532 kilomètres de frontière. En tout état de cause, la problématique sécuritaire régionale exige une coopération entre nos Etats pour endiguer ces fléaux. »

Libye: un groupe d'activistes proclame l'autonomie de la Cyrénaïque

LIBYE - 
Article publié le : lundi 03 juin 2013 à 05:16 - Dernière modification le : lundi 03 juin 2013 à 08:47


Des femmes brandissent des drapeaux de la Cyrénaïque, le 1er juin 2013 à Benghazi.
Des femmes brandissent des drapeaux de la Cyrénaïque, le 1er juin 2013 à Benghazi.
REUTERS/Esam Al-Fetori

Par RFI
Ahmed Zoubaïr al-Senoussi, le dirigeant du Conseil de la Cyrénaïque, groupe politique fédéraliste, a proclamé ce dimanche 2 juin l'autonomie de cette riche région pétrolière de l'est de la Libye. C'est de cette région qu'est partie l'insurrection contre Mouammar Kadhafi en février 2011. Cousin du défunt roi Idris, renversé en 1969, il n'a cependant aucun mandat officiel et on voit mal comment il compte mettre cette décision en œuvre sur le terrain.



Samedi, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans la ville d'Al Merj, à l'est de la Libye. Le Conseil de la Cyrénaïque y a proclamé l'autonomie de cette région de l'est libyen.
Son dirigeant, Ahmed Zoubaïr al-Senoussi, a annoncé qu'ils allaient réactiver la Constitution de 1951, qui assurait un partage des pouvoirs entre Tripoli et Benghazi, et créer leur propre Parlement.
Les divers mouvements fédéralistes s'accordent sur une décentralisation administrative et financière ainsi que sur le retour à Benghazi d'institutions clés comme la compagnie nationale pétrolière.
Précipitation
Mais plusieurs d'entre eux ont condamné la précipitation et le manque de consultation du Conseil de la Cyrénaïque. Selon eux, le mouvement s'est tiré une balle dans le pied avec cette déclaration. En effet, elle donne raison à ceux qui accusent les fédéralistes de vouloir diviser le pays et qui craignent un scénario à la soudanaise.
Toutefois ce mouvement est révélateur des frustrations et tensions grandissantes dans l'est de la Libye. Presque deux ans et demi après l'insurrection qui a renversé Mouammar Kadhafi, une partie des Libyens de l'est, berceau de la révolution, estime que rien ou peu n'a changé.
TAGS: LIBYE - MOUAMMAR KADHAFI

Les guerres d'Afrique Des origines à nos jours/ Bernard Lugan

31 mai 2013
Des origines à nos jours
Bernard Lugan
Africaniste renommé, récemment auteur entre autres ouvrages d'une Histoire de l'Afrique, d'une Histoire de l'Afrique du Sud et d'une Histoire du Maroc, expert auprès du TPI-Rwanda et éditeur de la lettre d'informationL'Afrique Réelle, Bernard Lugan signe aujourd'hui une nouvelle somme.
Son livre est très logiquement divisé selon un plan chronologique en quatre grandes parties : "Guerres et sociétés guerrières en Afrique avant la colonisation", "Les guerres de conquête coloniale", "Les guerres de la période coloniale" et "Les guerres contemporaines, 1960-2013", tous conflits dont il fait le récit chronologique et factuel. On voit bien l'ampleur du sujet et Bernard Lugan nous fait plusieurs fois traverser le continent de part en part au fil des époques. La grande région sahélienne, celle des Grands Lacs et l'Afrique australe reviennent bien sûr à plusieurs reprises et certaines situations résonnent en écho jusqu'à aujourd'hui. Tous les chapitres, agrémentés d'encarts qui précisent des situations locales ou des données chiffrés, sont intéressants et l'on ne retiendra à titre d'exemple que quelques titres de la dernière partie (sait-on que pour la période 2000-2010 70% des décisions de l'ONU sont relatives aux conflits africains ?) : "La guerre civile algérienne (1992-2002)", "Les guerres de Somalie : clans contre clans (depuis 1977)", "Nigeria : de la guerre du Biafra au conflit ethno-religieux Nord-Sud", "La deuxième guerre du Kivu (depuis 2007)" : autant de coups de projecteur extrêmement utiles et souvent pertinents sur des zones crisogènes dont l'Europe ne peut pas se désintéresser (même si elle le voulait, de toute façon).
L'ensemble de ces chapitres, rédigés d'une plume alerte et toujours référencés, est complété par un cahier central d'une soixantaine de cartes en couleurs, parfaitement lisibles et pédagogiques, et le livre se termine sur un index complet et une bibliographie significative. Ceux qui connaissent déjà tel ou tel engagement pourront regretter que certaines campagnes ne soient pas traitées davantages en détail, mais aborder autant d'opérations et de combats en 400 pages témoigne d'un bel esprit de synthèse. Au total, un ouvrage appelé à devenir très rapidement de référence et que liront avec le plus grand intérêt les étudiants et tous ceux qui soit s'intéressent à l'histoire du continent, soit se préoccupent de l'avenir. 
Editions du Rocher, Monaco, 2013, 403 pages, 32 euros.
ISBN : 978-2-268-97531-0.

Bernard Lugan a bien voulu répondre à quelques questions pour nos lecteurs :
Question : Votre livre dresse un impressionnant tableau des conflits en Afrique de la plus haute Antiquité aux guerres actuelles. Par grande période, une introduction présente un résumé des évolutions, mais vous ne tentez pas d'en tirer des enseignements généraux en conclusion. Pourquoi ?
Réponse : Parce que nous ne devons par parler de l’Afrique, mais des Afriques, donc des guerres africaines. Mon livre est construit sur cette multiplicité, sur ces différences irréductibles les unes aux autres et sur leur mise en perspective. Dans ces conditions, il est vain de faire une typologie, sauf pour les guerres de la période contemporaine, ce que j’ai fait, et encore moins une classique conclusion de synthèse.
Question : La grande région saharienne-Sahel est présente dans chaque partie, des "Origines de la guerre africaine" aux "Guerres contemporaines". Pouvez-vous nous en dire davantage sur ce qui semble bien être une zone de conflits quasi-permanents ?
Réponse : Cette zone qui court de l’Atlantique à la mer Rouge en couvrant plus de dix pays, est un véritable rift racial et ethnique en plus d’être une barrière géographique. Ce fut toujours une terre convoitée car elle fut à la fois le point de départ et le point d’arrivée -hier du commerce, aujourd’hui des trafics transsahariens, une zone de mise en relation entre l’Afrique « blanche » et l’Afrique des savanes, un monde d’expansion des grands royaumes puis de l’islam.
Aujourd’hui, cette conflictualité ancienne et résurgente tout à la fois est exacerbée par des frontières cloisonnant artificiellement l’espace et qui forcent à vivre ensemble des populations nordistes et sudistes qui ont de lourds contentieux. Le tout est aggravé par le suffrage universel fondé sur le principe du « un homme, une voix », qui débouche sur une ethno mathématique donnant automatiquement le pouvoir aux plus nombreux, en l’occurrence les sudistes. Voilà la cause de la guerre du Mali, mais ce problème se retrouve dans tout le Sahel, notamment au Niger et au Tchad. Au Mali, le fondamentalisme islamiste s’est greffé sur une revendication politique nordiste de manière récente et tout à fait opportuniste. Or, comme le problème nord-sud n’a pas été réglé, les causes des guerres sahéliennes subsistent.
Question : On a dit beaucoup de choses sur le retentissement de l'échec italien lors de la première tentative de conquête de l'Ethiopie à la fin du XIXe siècle. Si les conséquences en politique intérieure à Rome sont compréhensibles, ces événements ont-ils un écho réel dans les autres capitales européennes et sur le sol africain lui-même ?
Réponse : L’originalité de la défaite d’Adoua est qu’elle a, sur le moment, mis un terme au projet colonial italien. Ce fut une défaite stratégique. Français, Anglais et Allemands connurent eux aussi des défaites, les premiers, notamment au Sahara, mais cela n’interrompit pas la prise contrôle de ces immensités ; les Britanniques furent battus à Isandhlawana, ce qui n’empêcha pas la conquête du royaume zulu ; quant aux Allemands, ils subirent plusieurs déconvenues contre les Hehe et les Maji Maji, mais l’Est africain fut néanmoins conquis. Le désastre italien fut d’une autre nature, d’une autre échelle, alors que, à l’exception d’Isandlhawana, Anglais, Français et Allemands ne perdirent en réalité que des combats à l’échelle d’une section, au pire, d’une compagnie. Quant aux Espagnols, même après leurs sanglantes déroutes lors de la guerre du Rif, leur présence dans le Maroc septentrional ne fut pas remise en cause et, dès qu’ils décidèrent d’utiliser leurs troupes d’élite comme le Tercio et non plus des recrues tant métropolitaines qu’indigènes, ils reprirent le contrôle de la situation. Il faut cependant remarquer qu’avant son éviction par Pétain, Lyautey avait, comme je le montre dans mon livre, rétabli la situation sur le front de l’Ouergha et de Taza, ce qui enlevait toute profondeur d’action aux Riffains.
Autre conséquence, auréolée par sa victoire de 1896, puis par sa résistance sous Mussolini, l’Ethiopie eut un statut particulier d’Etat leader du mouvement indépendantiste et ce fut d’ailleurs pourquoi, dès sa création en 1963, le siège de l’Organisation de l’unité africaine fut établi à Addis-Abeba.
Question : Vous décrivez "Un demi-siècle de guerres au Zaïre/RDC", et l'on a finalement le sentiment qu'une amélioration de la situation reste très hypothétique. Comment l'expliquez-vous ?
Réponse : Ici le problème est sans solution car il n’est pas économique mais ethnique et politique. Nous sommes en effet en présence d’un Etat artificiel découpé au centre du continent à la fin du XIX° afin de retirer le bassin du Congo à la convoitise des colonisateurs et cela afin d’éviter une guerre européenne pour sa possession. Cet Etat artificiel, désert humain en son centre forestier, englobe sur ses périphéries de vieux Etats comme le royaume Luba, l’empire Lunda ou encore le royaume de Kongo. Ces derniers ont une forte identité et leurs peuples ne se reconnaissent pas dans l’artificielle création coloniale qu’est la RDC. Quant à l’impérialisme rwandais qui s’exerce au Kivu, il entretient un foyer permanent de guerre dans tout l’est du pays. La raison en est claire : étouffant sous sa surpopulation, le « petit » Rwanda doit trouver un exutoire humain s’il veut éviter le collapsus. De plus, comme 40% du budget du pays provient de l’aide internationale et le reste, à plus de 90% du pillage des ressources du Congo, pour le Rwanda, la fin de la guerre signifierait donc la mort économique du pays. Appuyé par les Etats-Unis qui en ont fait le pivot de leur politique régionale, le Rwanda exploite avec habileté ce que certains ont appelé la « rente génocidaire » pour dépecer sans états d’âme la partie orientale du pays.
Question : Vous intitulez la partie dans laquelle vous traitez de la décolonisation : « Des guerres gagnées, des empires perdus », pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?
Réponse : Parce que la parenthèse coloniale fut refermée sans affrontements majeurs, sans ces combats de grande intensité qui ravagèrent l’Indochine. En Afrique, les guérillas nationalistes ne furent jamais en mesure de l’emporter sur le terrain, pas plus en Algérie où les maquis de l’intérieur n’existaient quasiment plus en 1961, qu’au Kenya où les Britanniques avaient éradiqué les Mau Mau, ou encore que dans le domaine portugais -à l’exception de la Guinée Bissau-, où, et mes cartes le montrent bien, l’armée de Lisbonne était maîtresse du terrain. En Rhodésie, la pugnace et efficace petite armée de Salisbury avait réussi à tenir tête à une masse d’ennemis coalisés, massivement aidés par l’URSS et la Chine avant d’être trahie par l’Afrique du Sud qui pensa naïvement acheter son salut en abandonnant les Blancs de Rhodésie. Partout, la décolonisation fut un choix politique métropolitain ; elle ne fut nulle part imposée sur le terrain. Les combats de grande intensité apparurent après les indépendances, dans le cadre de la guerre froide, et je les décrits dans mon livre : Angola, South African Border War, Corne de l’Afrique, Congo etc.
Merci très vivement pour toutes ces précisions et plein succès pour votre ouvrage. A très bientôt.

Après le Mali, le Niger doit-il craindre une nouvelle guerre ?


 
Ce samedi 1er juin 2013, deux gardiens de la prison de Niamey ont été tués lors d'une tentative d'évasion par des détenus inculpés de terrorisme. Après le double attentat qui, jeudi 23 mai, visait l’armée nigérienne et la compagnie française Areva à Arlit, des groupes de "jihadistes” menacent désormais de "déplacer la guerre” du Mali au Niger. Qui sont ces groupes et leur menace est-elle plausible ? 

Débris du véhicule utilisé pour un attentat suicide, 23 mai 2013 à Agadez, dans le nord du Niger
02.06.2013Par Anna RavixC’est Mokhtar Belmokhtar, que le gouvernement nigérien croyait mort, qui aurait "supervisé lui-même” les deux attentats suicide commis jeudi 23 mai 2013 au Niger. Son groupe, les "Signataires par le sang”, aurait mené ces attaques conjointement avec le Mouvement pour l’Unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao) et menacent désormais de "déplacer la guerre {au Niger} si ce pays ne retire pas ses troupes de mercenaires” au Mali. 

Les Signataires par le sang ont précisé que ces attentats étaient leur "première réponse à une déclaration du président du Niger {Mahamadou Issoufou} inspirée de ses maîtres à Paris, affirmant que les jihadistes ont été écrasés militairement” dans la région. La situation est en réalité plus complexe qu’une victoire nette, comme le résumait le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui affirmait début mai : "Au Mali, nous avons gagné la guerre, reste à gagner la paix.” 

"Il y a deux choses”, explique Jean-François Daguzan, le directeur-adjoint à la Fondation pour la recherche stratégique. "L’opération Serval a détruit les moyens lourds, une très grande partie de la force de combat de l’Aqmi, sa logistique, et ses bases de repli. C’est donc un très grand résultat, une opération exceptionnelle. Néanmoins, dans la mesure où il ne s’agit pas d’un combat conventionnel, les survivants s’éparpillent, comme dans toute guérilla, et vont s’installer dans des endroits plus favorables comme l’immensité du Niger qui est à côté, ou le sud Libyen que Tripoli n’a pas les moyens de contrôler”. 

La guerre continue


De fait, la guerre continue, mais elle s’est déplacée. Au sud libyen notamment, où de nombreux djihadistes chassés du Mali ont trouvé refuge. "Le sud de la Libye est ce que le nord du Mali était hier,” résume ainsi un conseiller de Diouncounda Traoré, le président malien par intérim, auprès de l’agence Reuters. On y trouve le même désert immense, délaissé par un Etat faible et régulièrement secoué par des violences ethniques. 

Ce qu’on trouve en plus en Libye, ce sont des armes : depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011, la frontière libyenne a servi à écouler les armes et les munitions pillées dans les arsenaux de l’armée loyaliste. "La France paye en ce moment la note d’une opération en Libye qui a été menée sans anticiper sur les conséquences en matière de sécurité régionale,” estime Pascal Le Pautremat, géopolitologue auprès de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS). 

"Aujourd’hui il y a un vrai problème de sanctuarisation de ces groupes, autour de la ville de Sebah, dans le sud libyen,” explique Richard Labévière, le rédacteur en chef d’Esprit Corsaire, un observatoire de la défense et de la sécurité, spécialiste de la région. "Ces différents groupes prennent refuge dans cinq camps principaux d'entrainement qui sont cadrés par des djihadistes qui viennent d'Egypte, du Yemen, voir du Pakistan.” Pour les autorités nigériennes, c’est là qu’ont été formés les quatre kamikazes responsables des deux attentats qui ont fait 25 morts au Niger jeudi 23 mai dernier. 
Zoom:
Mokhtar Belmokhtar, le leader du groupe des "Signataires par le sang”

Qui sont ces groupes armés ?


Qui sont ces groupes armés qui se diffusent dans le Nord du Mali, le Sud Libyen ou le Nord du Niger ? Pour Adamou Idé, célèbre écrivain nigérien, "ils n’ont rien de musulman. Le Jihad n’a rien à voir avec des pratiques de suicide ou d’attentat. Ils ont avancé la religion islamique pour justifier leurs actes, mais c’est un mensonge pur et simple pour s’emparer de l’espace sahélien pour leur commerce barbare”. 

"Au départ, il y a effectivement deux logiques qui ne se rejoignent pas, explique Jean-François Daguzan Il y a celle des jihadistes issue du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), devenu Aqmi (Al-Quaïda Maghreb islamique), qui ont une approche morale du conflit et défendent un certain comportement. L’autre logique, c’est celle des trafics de cigarettes, de drogue, d’armes et d’hommes qui traversent la région. Tout ça s’imbrique dans un schéma assez traditionnel de mariages locaux et d’alliances claniques, si bien que si des jihadistes n’ont pas à proprement parler trempé dans ces trafics, ils peuvent les protéger et en toucher les dividendes.” 

Mokthar Belmokthar, l’homme qui a revendiqué l’organisation du double attentat au Niger, "s’est imposé comme la synthèse des deux logiques : le Jihad, et le trafic,” explique J-F Daguzan. Surnommé "mister marlboro”, il a quitté Aqmi en 2012 pour fonder son mouvement : les "Signataires par le sang”. Il s’est allié au Mujao pour attaquer le Niger, un groupe qui est lui aussi sorti du giron d’Aqmi, même si Richard Labévière rappelle que "l’allégeance à Aqmi est de toute façon purement formelle, symbolique,” à l’instar de Pascal Le Pautremat qui parle d’une "franchise Al-Qaïda”. 

Avant d’attaquer le Mali, le Mujao distribuait aux jeunes nigériens de la région du fleuve entre 100 et 150 dollars, ainsi qu’une arme à chaque nouvelle recrue. Une aubaine dans ce pays très pauvre classé parmi les "moins avancés”. Rentrés au Niger après l’opération Serval, ils constituent une menace intérieure pour le gouvernement nigérien. Les journaux locaux évoquent d’ailleurs la possibilité qu’ils aient aidé à la réalisation du double attentat commis jeudi 23 mai. Interrogé sur TV5 monde en février, le président nigérien Mahamadou Issoufou affirmait déjà que "la crise malienne constitue un problème de sécurité intérieur pour le Niger”. 
A Niamey (photo AFP)

La question Touareg


Les attaques des "Jihadistes” trouvent aussi un écho dans les revendications des populations qui habitent le désert nigérien, comme les Touaregs. En effet, depuis les années 1990, ils se soulèvent contre les gouvernements de Bamako et de Niamey pour dénoncer leur mise à l’écart politique, mais aussi économique, car les ressources sont très mal distribuées. Des accords ont été votés, "mais ils ont systématiquement été violés” constate Richard Labévière. 

Ce n’est pas l’avis d’Adamou Idé, qui estime que le Niger a su "proposer un cadre démocratique dans lequel tout le monde est intéressé, et nous vivons, tant bien que mal, la paix avec la population touareg”. Des élections communales et régionales ont en effet été organisées début 2011, à l'issue desquelles d’anciens rebelles ont été élus. Nommé la même année, le Premier ministre, Brigi Rafini, est un Touareg. 

En paix relative avec le gouvernement nigérien, les Touaregs continuent de dénoncer une mauvaise redistribution des ressources engendrées par l’exploitation d’uranium, les mines exploitées par Areva près d’Arlit se trouvant justement sur leur territoire. De nombreux Touaregs y travaillent depuis l’installation du groupe français, il y a quarante ans, dans des conditions régulièrement dénoncées par les ONG. 

La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) et l’ONG Sherpa ont mené des enquêtes sur place de 2003 à 2005 et ont prouvé l’existence d’une importante pollution radioactive des eaux : en zone urbaine, l’eau dépasse dix fois la norme admise. "Toutes les zones Touaregs sont contaminées, dénonce Pascal Le Pautremat. L’uranium a pollué toutes les sources et les gens meurent de cancer dans un silence odieux.” Révolté par ce "déni de la réalité humanitaire”, il précise que "le facteur sécuritaire n’est pas le seul à prendre en compte. La logique d’exploitation-confiscation menée par l’occident a contribué à faire de cette région une poudrière.”