dimanche 22 avril 2012



DIMANCHE 22 AVRIL 2012

L'azawad pour les nuls et l'histoire du bon, de la brute et des truands...


(Envoyé par un azawadien pro-azawadien)

La situation de l'Azawad ressemble à quelques exceptions près à un film western dont la régie et la réalisation se trouvent à Bamako. Comme tout bon film, il rassemble des acteurs de préférence célèbres et quelques ingrédients de base comme la recherche de l'idéal, la méchanceté, l'envie, l'amour, le courage, la trahison, la liberté etc symbolisé par le contexte interne... et une bonne dose de suspens et de revirements symbolisés par la communauté internationale et ses enjeux.

Ainsi, nous allons tenter de voir les acteurs principaux un à un. A commencer par le principal.

Le MNLA, dirigé sur le terrain par le Colonel Mohamed Najim, lui même piloté par un bureau politique, le MNLA joue le rôle du bon qui recherche un idéal d’indépendance et de liberté dans l'unité et la diversité dans un terreau miné par avance par le Mali et ses partis politiques qui ont œuvré sans relâche à diviser pour mieux régner sur les communautés du Nord toute ethnie confondue. Crée à Zakak le MNLA a vu débarquer l'ancien chef de la rébellion des années 90 Iyad ag Ghaly devenu depuis négociateur d'otages puis salafiste. Ce dernier voulant être kalife à la place du kalife a été simplement éconduit devant le fait qu'il jouait encore le rôle d'envoyé spécial  d'ATT et fricotait avec Belmoktar et Abou Zeid. Un cumul de fonction dirait-on impossible sous peine de discréditer la volonté réelle du MNLA de réclamation de l'indépendance de l'Azawad. Plutôt que d'être compris comme tel, Iyad a vu cela comme une humiliation, un lien avec une vieille histoire passée entre Mohamed Najim et lui dans la bande d'Aouzou et un message lui étant destiné comme l'homme du passé et du passif.


Qu'à cela ne tienne ! Iyad qui dit on a de la ressource et loin d'être le dernier des idiots est revenu illico presto dans son Abeibara natal pour préparer le plan du siècle, en partie par méchanceté, en partie par orgueil et en partie par intérêt. Empêcher à tout prix le MNLA de jouir de l'indépendance de l'Azawad ! L'affaire arrange bien quelques uns à commencer par le Mali qui l'encourage à faire appel à leurs amis communs de AQMI et à l'Algérie. Aussi tôt dit aussitôt fait! Iyad se lance, son courage lui fait prendre tous les risques pour montrer qui il est l'homme incontournable.

Adjelhoc arrive, le MNLA ayant une stratégie très particulière qui consiste à faire le moins possible de victimes et à éviter tout affrontement non obligatoire avec des azawadiens, la ville a été encerclé pendant plusieurs jours avec une puissance de feu sans pareil et prête à tomber. Iyad qui avait bien pris le soin de laisser ses "petits" au MNLA est venu cueillir le fruit de la victoire en envoyant quand même un message au Mali disant que ses amis ne sont pas des enfants de coeur et toute rupture de pacte pourrait l'exposer aux pires horreurs. Le Mali a bien enregistré cinq sur cinq et même allé plus loin pour essayer de mettre les événements de Adjelhoc sur le dos du MNLA en guise de réponse.

La "pacte" en question

Depuis la signature des accords de Tamanrasset , Iyad est devenu homme d'affaires. Des mines d'or au GIE, des financements de projets fantômes à kidal aux enveloppes de Koulouba, des otages au réseaux internationaux, rien n'échappait à son escarcelle. Trop gourmand, ATT s'est retrouvé fatigué de donner, donner, donner et a tenté de fermer le robinets à Iyad, mal lui en a pris car derrière Iyad il y a les intérêts puissants et budgétivores de ses alliés.

Le peu intelligent ATT mis donc en place deux vaillants soldats en remplacement avec leurs réseaux ramifiés jusqu'aux campements de l'Azawad. L'un qui s'appelle Ould Meydou dont le réseau est géré par Lobbo Traoré sa femme. Il comprend tout un parterre de gens allant de Zahaby ould sidi Mohamed fonctionnaire aux nations Unies, jusqu'à Ould Aweinat en passant par Dyna Ould Deya. Ce réseau est à la fois politique, économique et militaire.

Ensuite le deuxième est celui de Elhaj Gamou, directement lié à ATT lui même, il comprend des douaniers célèbres ex-MFUA, des élus, des conseillers à la présidence et une milice communément appelée Delta très connue à Kidal pour ses actions.

ATT a donc fomenté la mise à mort de l'indépendance de l'Azawad en jouant tour à tour sur ces trois tableaux mettant en avant l'un ou l'autre selon les circonstances.

Parmi les trois, Iyad le plus intelligent et le vrai guerrier prend le dessus et devient aujourd'hui seul soutien pour le Mali. Les deux autres ayant lamentablement échoué ne rencontrant plus que méfiance voire dédain de la part du nouveau maître des lieux, le capitaine SANOGO.

Le « petit nouveau », peu familier des dossiers commence alors à comprendre les enjeux. Avec une armée inexistante, il va donc jouer la carte de la publicité à Iyad contre le MNLA et remettre en scelle la file patriotique du peuple déjà lobo-tomisé par ATT. Ainsi, les vidéos de Anasar Edine font fureur à Bamako d'autant que ces dernières passent par Serge Danièl, représentant de l'AFP qui a réussit lui aussi à se rendre célèbre avec un livre de basse facture sur AQMI l'intitulant vis à vis des occidentaux "spécialiste de la question".

Ainsi, ATT le spécialiste de l’inauguration médiatisée (parfois 3 fois le même bâtiment) est remplacé par Oumar ould Hamaha "le bouc" émissaire visiophonique de AQMI faisant oublier aux maliens que Adjelhoc c'est le même Oumar Ould Hamaha et ses hommes. Le peuple malien toujours Lobo-tomisé même après le départ de ladite Lobo applaudit à nouveau, remerciant Dieu de leur avoir envoyé l’ennemi de leur ennemi qu'il pense en mesure de mieux maîtriser.

Quand à Iyad, habitué des affaires, il laisse parler à sa place, cheickh Aoussa d'abord pour tromper les kel adgah ensuite Oumar Ould Hamaha pour les Bérabiches et pendant ce temps il évacue sur commande le matériel de la SATOM à Tombouctou vers le Burkina Faso et prend ses royalties habituelles pour la libération « avec une certaine facilité » d'une italienne aux mains d'AQMI. Business is business et seul un conseiller célèbre de Blaise Compaoré vers qui a été orienté l'otage est aussi fort en affaires de ce type.

Le MNLA dans tout ça? 


Mouvement indépendantiste, le MNLA couvre géographiquement et militairement de In khalid à Léré, évitant volontairement les affrontements et les provocations des islamistes destinées à lui faire ouvrir un deuxième front et transformer l'azawad en champ de bataille, il souffre de deux choses.

  • L'interprétation de cette stratégie comme une faiblesse dans un monde où l'adversaire aussi petit soit il brille par ses interventions musclées et son efficacité ponctuelle.
  • L'infiltration en son sein d’éléments pro-islamistes dont le neveu direct de Iyad par exemple qui informent de tous les plans ansarEdine.

Mais il faut reconnaître que sa puissance de feu est intacte et toujours impressionnante, sa diversité est réelle (touaregs, arabes, sonrhais) et le nombre de ses adhérents est sans aucune mesure incomparable avec celui des islamistes, mais la presse dans la recherche de sensationnel est plus encline à médiatiser le facteur de frayeur occidental que sont les islamistes que des gentils indépendantistes, à la limite présentés comme idéalistes au même titre qu'un mouvement alter-mondialiste.

Les grandes puissances.

Détentrices de tous les moyens, les grandes puissances jouent le chaud et le froid, loin du temps où fut crée la Société Des Nations, elles ne fonctionnent plus en terme de droits de peuples à l'autodétermination mais de droit de leurs peuples à exploiter les matières premières pour endiguer la crise planétaire que leur spéculations financières ont crée.

Tout comme en ailleurs dans le Monde, elles sont incapables de voir que le retardement de la reconnaissance d'un état de l'Azawad est, au point où vont les choses, et dans l'Etat de délitement du Mali, la seule alternative à permettre une coopération fructueuse de lutte antiterroriste mais aussi de règlement de l'actif humanitaire qui ne fera basculer l'ensemble de la sous-région dans le chaos.

Comme tout bon film hollywoodien, la suite est attendue dans le 2 ou le 3 avec un changement de réalisateur ou d'équipe de tournage ?

Mali: l’otage suisse aux mains d’un groupe armé prêt à la libérer

Capture d'écran d'une vidéo montrant des combattants du groupe islamiste Ansar Dine, le 3 avril 2012 (AFP)
BAMAKO — Une otage suisse enlevée le 15 avril à Tombouctou, dans le nord du Mali, se trouve entre les mains d’un mouvement armé qui, après l’avoir reprise à ses ravisseurs à l’issue d’affrontements samedi, veut la libérer, a appris l’AFP dimanche de source sécuritaire.
« Samedi, deux groupes armés se sont affrontés dans la région de Tombouctou autour de l’otage suisse », a expliqué cette source d’un pays voisin du Mali.
« Après la bataille, l’otage a été arrachée des mains du groupe qui la détenait. Actuellement, elle est à Tombouctou dans les mains d’un (autre) groupe armé qui cherche à la rendre à son pays », a expliqué la même source.
Interrogé par l’AFP, un adjoint au maire de Tombouctou a affirmé sous couvert de l’anonymat avoir « appris que Béatrice Stockly est effectivement actuellement à Tombouctou, dans les mains d’un groupe armé ».
Cette Suisse d’un quantaine d’années avait été enlevée il y a une semaine à Tombouctou, ville contrôlée par différents groupes islamistes armés depuis le 1er avril.
Vivant depuis longtemps à Tombouctou, cette chrétienne très impliquée dans les actions sociales avait refusé de quitter la ville après sa chute aux mains du mouvement islamiste Ansar Dine, appuyé par des éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui a des bases dans le Nord-Mali.

 AFP 
22/04/2012

MALI - 
Article publié le : dimanche 22 avril 2012 - Dernière modification le : dimanche 22 avril 2012

Mali : grand meeting pour la démocratie et le retour à l'ordre constitutionnel

Manifestation de populations originaires du nord du pays, à Bamako le 10 avril 2012 pour exiger la libération des villes du nord (Gao, Tombouctou, Kidal) occupées par les rebelles.
Manifestation de populations originaires du nord du pays, à Bamako le 10 avril 2012 pour exiger la libération des villes du nord (Gao, Tombouctou, Kidal) occupées par les rebelles.
REUTERS/Joe Penney

Par RFI
Plus de 4 000 personnes ont assisté le 21 avril à Bamako à un meeting pour réclamer le retour effectif à l'ordre constitutionnel au Mali et la libération de la région Nord. Le rassemblement était organisé par le Front pour la sauvegarde de la démocratie et la république (FDR), composé d'une cinquantaine de partis politiques et d'associations. Parallèlement, la Croix-Rouge malienne a pu acheminer des vivres et des médicaments vers Tombouctou, l'objectif étant également de discuter avec les groupes islamistes de la mise en place d'un couloir humanitaire vers le nord du Mali.
 

« Plus jamais d'arrestations arbitraires au Mali! », « L'armée au front et non dans un palais! » , « Non à la manipulation et à la désinformation! », tels sont les slogans scandés par la foule rassemblée dans la capitale malienne pour exiger le retour effectif à l'ordre constitutionnel dans le pays, victime d'un coup d'Etat militaire le 22 mars dernier. Reportage à Bamako.
Meeting du front anti-junte
Reportage à Bamako
 
22/04/2012 par Serge Daniel

Réactions des militants du FDR au meeting anti-junte à Bamako
 
22/04/2012 par Serge Daniel

Interrogé sur ce meeting, Siaka Diakité, secrétaire général de l'UTM, Union des travailleurs du Mali, qui préside le FDR, Front pour la sauvegarde de la démocratie et la république n'en est que satisfait et ferme sur ses revendications.

Siaka Diakité
Secrétaire général de l'Union des Travailleurs du Mali, et président du FDR, Front pour la sauvegarde de la démocratie et la république.
Nous sommes pleinement satisfaits de ce meeting. Et notre message est clair : nous demandons le retour à l'ordre constitutionnel, la libération du nord du Mali.
 
22/04/2012 par Ghislaine Dupont
Situation dans le Nord

NOTRE DOSSIER SPÉCIAL MALI
La situation est préoccupante dans cette zone du pays. Selon des témoins, trois civils ont été tués par balles le 21 avril et un enfant est mort en sautant sur une mine. Sur le plan humanitaire, les difficultés sont tangibles. Une délégation de la Croix-Rouge malienne vient d'effectuer une mission de deux jours à Tombouctou, l'objectif étant également de discuter avec les groupes islamistes de la mise ne place d'un couloir humanitaire vers le nord du Mali.

Adama Diarra
Président d'honneur de la Croix-Rouge malienne
Nous avons rencontrés séparément les responsables des deux mouvements, le MNLA et Ansar Dine. Certains ont demandé que l'aide humanitaire soit acheminée à condition qu'elle le soit dans des véhicules sans le signe de la croix, le symbole de la Croix-Rouge.
 
22/04/2012 par Marie-Pierre Olphand

L'ONG a rencontré les responsables locaux du mouvement MNLA, Mouvement national de libération de l'Azawad, et du groupe islamiste Ansar Dine, mais aussi des représentants des communautés locales des environs de Tombouctou. La Croix-Rouge malienne a pu acheminer hier cinq tonnes de vivres et de médicaments lors de cette mission, et se dit satisfaite des discussions qu'elle a pu avoir avec les acteurs locaux.

Adama Diarra
Président d'honneur de la Croix-Rouge malienne
L'aide, médicaments, vivres et couvertures, a été acheminée aux personnes dans le besoin. Elle a été remise à un comité de gestion des dons à l'hôpital de la ville de Tombouctou, chargé de la distribuer.
 
22/04/2012 par Marie-Pierre Olphand

La Croix-Rouge malienne a constaté le désarroi de certains habitants, et la peur surtout. Mais elle promet de maintenir le contact avec les groupes rebelles pour pouvoir venir en aide aux populations dans les prochaines semaines

Adama Diarra
Président d'honneur de la Croix-Rouge malienne
Dans tous les cas, les contacts seront maintenus avec les responsables de ces mouvements, de façon à ce que que les humanitaires continuent de faire leur travail de leur mieux.
 
22/04/2012 par Marie-Pierre Olphand

L'impact sur les otages français
Cette situation au nord du Mali ne rassure en rien les familles des otages détenus par Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique. Parmi eux figurent six Français - quatre enlevés il y a un an et demi au Niger - et deux enlevés en novembre dernier dans la ville de Hombori au Mali.
Vendredi, les familles de ces deux derniers otages, Philippe Verdon et Serge Lazarevic, ont été convoquées au Quai d'Orsay à Paris pour visionner la dernière vidéo qui aurait été tournée il y a déjà deux mois. Les familles sont sorties de là, très éprouvées. Le père d'un des otages a à peine reconnu son fils qui dit souffrir de problèmes rénaux.