vendredi 25 décembre 2009

Mali : Un ex-ministre un plan pour la bande sahélo-saharienne


PANA - 23/12/09
Mali

L’ancien ministre malien de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga, a proposé un plan prévoyant notamment la création d’un centre régional d’instruction des forces de sécurité pour assurer le contrôle de la bande sahélo-saharienne allant de la Mauritanie au Tchad.

S’exprimant lors d’un entretien accordé à la PANA lundi à Paris, M. Maïga a estimé que la réponse sécuritaire ne suffira pas à elle seule à garantir la paix et la stabilité dans le vaste espace sahélo-saharien.
"Nous soutenons, sur la base d’informations objectives, qu’il ne peut y avoir de stabilité dans cette zone que si les Etats concernés acceptent de mutualiser leurs moyens sécuritaires. Aucun Etat pris tout seul ne peut avoir la maîtrise de cette zone", a dit l’ancien patron de la Sécurité d’Etat (SE, services spéciaux) malienne.

Pour lui, les Etats sahélo-sahariens doivent carrément envisager la création d’un commandement régional unique, capable d’apporter des réponses adaptées à la criminalité transfrontalière.

"Les dispositifs sécuritaires classiques ne marchent pas. J’estime donc qu’il faut évoluer vers la création d’un commandement régional associant l’ensemble des Etats et capable de déployer rapidement des moyens et des hommes pour répondre à une situation d’urgence", a soutenu l’ancien ministre.

Il a par ailleurs exhorté les Etats africains à avoir une démarche concertée face à leurs partenaires non africains, mettant en garde contre le risque d’un abandon de souveraineté nationale.

"L’insécurité dans la bande sahélo-saharienne, c’est d’abord un problème africain. Prenons garde à ne pas y répondre pour satisfaire les besoins sécuritaires de nos partenaires non africains. On a tort de se focaliser sur les aspects sécuritaires dictés par nos partenaires occidentaux", a averti l’ancien directeur de la SE.

Faisant référence à l’initiative américaine PAN-Sahel et au soutien bilatéral de la France au Mali, M. Maïga a estimé que l’aide internationale aux pays africains concernés ne sera efficace que si elle répond à "une demande africaine commune et globale".

"Aujourd’hui, nos partenaires occidentaux, qui veulent nous aider à sécuriser cette zone, ont affaire à plusieurs positions nationales, parfois même contradictoires. Les pays sahélo-sahariens doivent plutôt présenter des demandes d’entraide commune tout en renonçant à se renvoyer la balle", a insisté l’ancien ministre du président Alpha Oumar Konaré.

Le plan qu’il propose prévoit en outre l’installation des administrations nationales dans les vastes étendues de territoires aujourd’hui laissées à la merci de trafiquants en tous genres.

"Je note que tous les pays de cette zone ont des problèmes avec leur Nord. Ce n’est pas un fait de hasard. Il s’agit de parties du territoire sous-peuplées et sous-administrées. C’est pourquoi, je pense qu’il faut commencer par y installer ne serait-ce que des sous-préfectures ou des postes administratifs", a-t-il suggéré.

Plusieurs pays de la bande sahélo-saharienne dont l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger ont connu ces derniers mois des problèmes de terrorisme et de trafics de drogues.

En dépit de l’assistance de pays tiers comme les Etats-Unis et la France, les réponses nationales des pays africains semblent peu adaptées aux défis sécuritaires et logistiques posés par la surveillance permanente de cette vaste étendue de territoire.

Paris - Pana 23/12/2009

jeudi 24 décembre 2009

Un député français dans le nord du Mali, bravant les consignes de Paris


AFP - 22/12/2009
mercredi 23 décembre 2009
TOMBOUCTOU, 22 déc 2009 (AFP) - Un député français, Jean-Pierre Brard (opposition), s’est rendu mardi à Tombouctou pour "apporter son soutien au Mali", en bravant la consigne donnée par la France à ses ressortissants de ne pas se rendre dans le nord du pays pour raisons de sécurité, a constaté l’AFP.

"Je suis avec une délégation de parlementaires français qui eux, sont restés à Bamako, à cause des pressions subies pour ne pas venir à Tombouctou. Moi, j’ai dit +non, je vais à Tombouctou, pour apporter mon soutien au Mali, au moment où il connaît quelques difficultés dans le nord+", a déclaré à l’AFP M. Brard, apparenté communiste, ex-maire et député de Montreuil, ville de la banlieue parisienne qui compte une importante communauté malienne. Il a affirmé que "l’Elysée, la présidence de l’Assemblée nationale (française) et le quai d’Orsay" avaient exercé des pressions en ce sens sur les députés français du groupe d’amitié entre la France et le Mali, dont il est vice-président, actuellement en visite dans ce pays ouest-africain. Depuis l’enlèvement fin novembre d’un ressortissant français à Ménaka (nord), la France a demandé à ses ressortissants de quitter la zone ou de ne pas se rendre dans les trois régions du nord du Mali. Cet enlèvement, ainsi que celui de trois Espagnols en Mauritanie, a été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique. "Ce n’est pas le moment d’abandonner le Mali. Les problèmes de sécurité, il y en a partout," a assuré M. Brard. Le parlementaire Français, accompagné d’élus maliens ainsi que du ministre malien de l’Artisanat et du tourisme, a notamment rencontré le gouverneur de région, ainsi que les représentants de l’Assemblée régionale de Tombouctou. Quelques expatriés Français, travaillant notamment dans l’hôtellerie à Tombouctou, étaient présents au repas officiel offert à l’hôte français. "Le secteur touristique prend actuellement un grand coup", dans la région, a expliqué l’un d’eux.

Niger : les Etats-Unis vont suspendre leur aide


AFP - 23/12/09
Niger
mercredi 23 décembre 2009
Les Etats-Unis vont suspendre leur aide au Niger pour protester contre le maintien au pouvoir du président Mamadou Tandja, a indiqué mercredi à l’AFP un responsable américain sous couvert d’anonymat.

"Puisque nous ne voyons pas assez de progrès sur place, nous allons interdire les voyages aux Etats-Unis des personnes qui soutiennent Tandja et nous allons suspendre notre assistance au Niger", a déclaré cette source au sein du département d’Etat.

"Nous pensons que (M. Tandja) doit renoncer pacifiquement au pouvoir et permettre qu’aient lieu des élections transparentes", a expliqué le diplomate. "Or il ne veut pas le faire. Nous avons clairement exprimé notre position depuis des mois".

L’aide américaine au niger s’élevait approximativement à 27 millions de dollars en 2009.

Le deuxième quinquennat successif de M. Tandja devait expirer le 22 décembre mais il a été prolongé par l’adoption controversée d’une nouvelle Constitution en août, suscitant les protestations de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), médiatrice dans les négociations avec l’opposition.

L’Union européenne avait suspendu son aide au développement en novembre.

AQMI/Abou Hannas, le juge du désert


Courrier International - 23.12.2009
mercredi 23 décembre 2009
Le sort des six ressortissants français, espagnols et italiens capturés ces derniers jours dans la zone du Sahel pourrait dépendre d’un jeune imam mauritanien devenu la caution religieuse d’Al-Qaida au Maghreb islamique, avance le quotidien espagnol El País.

Les enlèvements de ressortissants européens se multiplient depuis un mois dans le Sahel. Aux rapts du Français Pierre Cammatte, le 25 novembre à Mékana, au Mali, et de trois humanitaires espagnols le 29 novembre dans le nord-ouest de la Mauritanie, revendiqués par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), est venue s’ajouter, le 19 décembre, la capture d’un couple d’Italiens dans le sud-est de la Mauritanie, près de la frontière malienne.

Concernant les trois Espagnols, leur sort est entre les mains d’un Mauritanien connu sous le nom d’Abou Hannas, croit savoir le quotidien El País. Cet homme, âgé d’une trentaine d’années, ancien imam passé à la lutte armée, est depuis quelques années le référent religieux d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), un groupe issu de l’alliance en 2006 des militants algériens du Groupe salafiste de prédication et de combat (GSPC) et de ceux du réseau d’Oussama Ben Laden. La nébuleuse AQMI est composée aujourd’hui, selon des sources des renseignements français et mauritaniens, de quatre brigades fortes de 300 hommes de sept nationalités différentes. "La forte expansion d’AQMI a obligé ses dirigeants à se doter d’un juge du désert qui puisse expliquer leurs décisions et les bénir", rapporte l’envoyé spécial du quotidien espagnol à Nouakchott, la capitale mauritanienne, sur la foi de sources proches des salafistes.

La gendarmerie mauritanienne attribue au juge du désert Abou Hannas la rédaction d’un document intitulé "Manuel sur les prisonniers étrangers", saisi lors d’une opération policière à Nouakchott. Ces quelques feuillets en arabe expliquent que faire avec les personnes enlevées et comment les traiter : s’il s’agit de femmes, les djihadistes sont autorisés à les prendre pour épouses, s’il s’agit de militaires, à les tuer et dans le cas de civils, ils doivent demander un échange de prisonniers ou une rançon.

mercredi 23 décembre 2009

BEN AZRI, Un Berbère dans le monde




Par Pauline MOUHANNA
24 rue Charles Baudelaire, dans le douzième arrondissement. En plein centre de Paris, Ben Azri fait découvrir ses créations et la décoration d’intérieur dont il s’occupe. Les objets défilent : des bijoux en argent massif, des lampes, des toiles, des sculptures. Pour ce Français originaire de Béjaia, la décoration d’intérieur est comme la mode. Elle n’a pas de frontière et permet d’être fraternel.


Dans son espace au coeur de la capitale française, Ben Azri présente des objets en se réappropriant l’histoire. Il y a d’abord sa collection de bijoux, en argent massif, où l’on découvre l’alphabet amazigh tifinagh. L’artiste a créé avec chaque lettre de tifinagh un bijou. À travers son travail de création, c’est l’histoire des Imazighen que Ben Azri fait découvrir.
Redécouvrir l’histoire et rendre surtout hommage aux 17.000 ans d’histoire berbère. Tel est le but de cet artiste qui n’a pas fini d’éblouir Européens et Français. Outre les bijoux, les toiles s’exposent et permettent de revisiter les écritures berbères.

Zoom aussi, dans son espace plein de couleurs, sur des vêtements uniques. La mode, un domaine que connaît bien Ben Azri. Il explique : « J’ai travaillé dans diverses sociétés de mode (Weston, Orcade, Minelli, Kookaï...) qui m’ont permis d’observer les différents styles. Kookaï fut l’entreprise la plus enrichissante car elle est ouverte au monde et je devais écouter, conseiller, orienter des clients de différentes cultures ». Mais l’artiste ne s’arrête pas là.

Son art s’exprime sur les lampes, sur les mosaïques, les vaisselles… Pour comprendre les particularités artistiques de Ben Azri, il faut comprendre son parcours singulier. Pendant plus de quinze ans, seul, il a presque fait un tour du monde. Il s’est rendu en Mauritanie, à Attar et a partagé le thé avec les Touaregs (peuple de berbères nomades vivant dans le Sahara central).
Ce sont les descendants des premiers habitants de l’Afrique du Nord et sont parfois appelés les « hommes bleus », d’après la couleur de leur chèche. En hommage à ce peuple, Ben Azri porte toujours sur sa tête un chèche. L’artiste s’est également rendu en Tanzanie et au Kenya. « J’ai porté des bijoux massaï aux couleurs chatoyantes. J’admirais les allures fières de ce peuple vêtu de tunique rouge, la lance à la main, les cheveux tressés luisants et teints en rouge », note-t-il.

Ben Azri a aussi rencontré les Vézous, à Madagascar. Il a pêché avec eux et apprécié le monde aquatique. Son parcours s’est encore enrichi quand il est parti à la rencontre des Amérindiens vivant dans la communauté de la Dominique (île de l’archipel des Caraïbes, située à mi-chemin des îles françaises de la Guadeloupe et de la Martinique). Avec eux, il a bu du rhum. Un voyage qui l’a marqué. Il se rappelle : « Les vallées et les collines sont couvertes d’une extraordinaire et luxuriante végétation tropicale ».
De tous ces voyages et de toutes ces rencontres, Ben Azri a surtout retenu qu’il faut profiter de chaque instant et profiter de la vie. Il tient également à partager son bonheur : « Je conseille à mes clients privés une âme, une décoration d’intérieur, un bien-être dans leur vie. En écoutant leur coeur, leur sensibilité, je les aide à se libérer. »

C’est en 2005 que Ben Azri décide de céder à ses passions artistiques en développant son propre univers. Auparavant, il avait notamment travaillé pour différentes sociétés de mode. Les succès s’enchaînent : en 2007, il expose au Carrousel du Louvre et notamment au salon du patrimoine culturel et des métiers d’art et de création. Aussi, il est membre, depuis la même année, de l’Atelier de l’Art de France... Et les manifestations culturelles et les expositions continuent : Bruxelles Arts en 2007, Europ’Art, la Foire internationale d’art, en 2008 à Genève…

En décembre 2009, et notamment le 11, 12 et 13, il expose à Lille à l’Atelier d’Art de France. Le même mois, il sera les 19 et 20 décembre à Wattignies au centre culturel municipal Robert Delfosse. Pour découvrir cet artiste sur la toile : http://www.benazri.com/

La grand-mère d'Obama dit merci à Kaddafi


23/12/2009 07:42:52 | AFP La grand-mère d'Obama dit merci à Kaddafi
Sarah Obama est la grand-mère paternelle du président américain
© AFP
Le numéro un libyen Mouammar Kaddafi a rencontré mardi à Tripoli la grand-mère paternelle du président américain Barack Obama, venue en Libye pour le remercier de "ses efforts en faveur de l'unité du continent africain", a rapporté l'agence libyenne Jana.

Sarah, la grand-mère kenyane du président Obama "a expliqué au frère Guide qu'elle était venue spécialement pour lui exprimer, en tant que citoyenne africaine, sa fierté pour ses efforts entrepris pour l'unité du continent (africain) et ses initiatives humanitaires en faveur du citoyen africain", a indiqué Jana.

Vivant au Kenya, Sarah est la troisième épouse du grand-père paternel de Barack Obama.

Président en exercice de l'Union africaine (UA), le colonel Kaddafi, qui se proclame chantre de l'unité africaine, s'était fait introniser en 2008 par des chefs de tribus africaines "Roi des rois traditionnels d'Afrique".

jeune Afrique

LUTTE CONTRE LA DROGUE EN AFRIQUE : Le joli coup des Américains au Mali


LUTTE CONTRE LA DROGUE EN AFRIQUE : Le joli coup des Américains au Mali
mardi 22 décembre 2009


Sacrés Américains. Et bravo ! Ils viennent de réussir un exploit dans la pêche aux gros poissons et les narco trafiquants qu’ils ramènent dans leurs filets s’apparentent décidément à de redoutables requins : trois ressortissants maliens savamment appâtés et solidement ferrés à Accra ont été ensuite rapidement transférés aux Etats-Unis où ils ont déjà comparu au parquet de New York pour répondre des chefs d’accusation de trafic de drogue, collusion avec une organisation terroriste et financement d’activités terroristes. Un réel soulagement pour cette zone ouest-africaine qui est en passe d’être la nouvelle zone de prédilection de trafiquants d’un nouveau genre, sans scrupule ni conscience.

Et ce joli coup, les Américains l’auront rondement mené, en toute discrétion, sans tambour ni fanfare. On ne se sera rendu compte de la chose qu’une fois le coup joué. Sans rien dire ni avertir personne. Pas même les autorités des pays à l’intérieur desquels leurs dispositifs se tissaient. On peut comprendre que la susceptibilité de certains gouvernants s’en trouve froissée, mais force est de reconnaître que si les Américains avaient commis l’erreur de les mettre au parfum de la chose, le coup n’aurait sans doute pas connu l’éclat qu’on lui reconnaît à ce jour. Si cela se trouve, l’opération n’aurait peut-être pas connu un début de commencement, ou alors aurait trouvé son aboutissement dans un lamentable coup foireux. Nous sommes bien en Afrique. On peut acheter et négocier un peu de tout. Ces Américains n’auront pas voulu courir le moindre risque. Et pour cette fois-ci, l’acception de « gendarmes du monde » qu’on leur colle volontiers à la peau, porte ici toutes ses lettres de noblesse.

Et l’opération réussie aura permis de voir en plein jour la vraie réalité de la drogue dans la partie ouest-africaine du continent. Jusqu’à présent, lorsque vous disiez « drogue », l’écho vous répondait « Guinée Conakry, Guinée Bissau ». Les faits prouvent autre chose : d’autres pays se trouvent dans le collimateur des narco trafiquants, et le danger n’en est que plus présent sur le continent noir. Une preuve de plus de la nécessité des chefs d’Etat de la zone de se convaincre de la réalité du problème pour envisager très sérieusement les solutions appropriées, dès maintenant.

Les Américains ont réalisé une opération de salubrité publique. Lorsqu’on se rend compte des ravages causés par la drogue dans certaines capitales africaines, on réalise à quel point, mettre certains gros bonnets du mortel trafic hors d’état de nuire rend un service immense aux jeunes des villes et campagnes africaines. Sans compter que cette opération permettra sans doute de voir un peu plus clair dans certaines pratiques vraiment pas du tout orthodoxes qui ont lieu depuis peu dans la bande sahélo-saharienne et dont les tenants et aboutissants constituent autant de mystères jusqu’à présent sans explication rationnelle. L’épave de l’avion de la drogue découvert à 100 kms de Gao n’a jusqu’à présent rien révélé de la destination de ses passagers et de son contenu. On ne sait pas davantage qui se cache vraiment derrière ce masque de l’aile dure d’AQMI qui s’adonne à un kidnapping tous azimuts dans la bande sahélo saharienne. Mais peut-être plus pour longtemps. La guerre américaine contre le narco terrorisme est en passe de faire tomber bien des masques. Et c’est tant mieux pour la santé économique, sociale et gouvernementale de l’Afrique que des assoiffés d’argent sale tiennent à faire passer pour une vulgaire passoire.

Par Jean Claude KONGO

Le Pays

Mauritanie: arrestation d'un Malien suspecté d'avoir collaboré au rapt des Italiens


AFP - 22/12/2009
NOUAKCHOTT, 22 déc 2009 (AFP) - La gendarmerie mauritanienne a arrêté dans le sud-est du pays un Malien qu'elle soupçonne d'avoir "collaboré" au rapt d'un couple d'Italiens en fin de semaine dernière dans cette région, a-t-on appris mardi de source sécuritaire.
"Le suspect, de nationalité malienne (appartenant aux tribus maures du nord), a été arrêté alors qu'il achetait des provisions de nourriture dans un marché hebdomadaire, à Teidatt, non loin de Kobenni", près de la frontière avec le Mali, a assuré cette source.
Il est soupçonné d'avoir "assuré l'approvisionnement des bases d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)" installées dans le nord malien et d'avoir "collaboré à l'enlèvement" des Italiens, selon la même source. Ce Malien était interrogé mardi à Nouakchott par la police mauritanienne.
L'agence en ligne ANI (Agence Nouakchott d'informations) affirmait, mardi, que l'homme aurait "avoué avoir collaboré avec les preneurs d'otages pour les renseigner sur les mouvements des deux Italiens en contrepartie d'une somme d'argent importante".
Le gouvernement mauritanien a annoncé en début de semaine avoir pris "toutes les dispositions" pour assurer la sécurité des étrangers. Parmi ces dispositions figure la création de brigades mobiles de la gendarmerie, qui devront désormais sillonner tous les grands axes généralement empruntés par les étrangers de passage en Mauritanie.
hos/lbx/bmk

AFP 221613

DECLARATION: CFDR DU 22 DÉCEMBRE 2009



Ce 22 décembre 2009, fin ultime du mandat légal de Tandja Mamadou, aurait pu être une date historique et mémorable inscrite en lettres d’or dans l’histoire de notre pays car elle aurait constitué la toute première alternance démocratique au pouvoir du Niger indépendant. Malheureusement, Monsieur Tandja Mamadou, pris par la soif d’un pouvoir personnel dans un délire autocratique en a décidé autrement.
Comme vous le savez, depuis le 04 mai 2009 notre pays vit une crise politique et institutionnelle du fait de la mégalomanie d’un homme et d’un groupe d’affairistes tapis dans les arcanes du pouvoir à vouloir imposer au peuple nigérien un régime rétrograde et antidémocratique.
Dès les premières heures de cet assaut contre la démocratie et l’Etat de droit engagé personnellement par Tandja, les forces vives de la nation se sont dressées comme un seul homme pour mettre en échec cette opération. Le combat engagé par la CFDR depuis le 16 juillet 2009 contre les velléités de Tandja Mamadou de liquider la démocratie nigérienne trouvera un écho favorable aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières.
A l’intérieur du pays, meetings et manifestations ont été organisés par le véritable peuple nigérien pour amener Tandja Mamadou à respecter l’ordre constitutionnel normal.
Au plan international, plusieurs missions de bons offices se sont succédé au Niger pour tenter d’arrêter cette dérive antidémocratique, mais en vain. Il y a lieu de citer entre autres : la mission du comité des sages de la CEDEAO au mois de mai 2009 ; la mission de l’envoyé spécial du Président en exercice de la CEDEAO en juin 2009 ; la mission de l’envoyé spécial du Président de l’Union Africaine le 28 juin 2009 ; la mission conjointe de la CEDEAO, de l’Union Africaine et de l’ONU le 21 juillet 2009 ; la mission de l’Organisation Internationale de la Francophonie conduite par l’ancien Président burundais Son Excellence Pierre Buyoya, le 24 juillet 2009 et la mission de la CEDEAO conduite par S.E. Mme Ellen Johnson Sirleaf, le 18 octobre 2009.

Face au refus de Tandja Mamadou de répondre aux appels de la Communauté Internationale, le Niger se retrouve isolé au plan politique et diplomatique : l’État du Niger a été suspendu des instances de la CEDEAO suite au sommet des chefs d’État tenu le 17 octobre 2009 à Abuja (Nigeria). Des sanctions similaires sont en instance d’adoption au niveau de l’Union Africaine et de l’ONU. A cela s’ajoute le rejet de la participation de l’Assemblée Nationale illégale du Niger à toutes les organisations interparlementaires : le parlement de la CEDEAO, le parlement de l’Union Africaine, l’Union interparlementaire, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie et l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE.

En ce qui concerne les sanctions économiques, le Niger vit aujourd’hui une suspension totale ou partielle de la coopération bilatérale et multilatérale, toutes choses qui exposent notre pays à un tarissement de l’aide au développement dans des domaines aussi vitaux comme la santé, l’hydraulique, l’éducation, l’agriculture, le développement rural, les infrastructures pour ne citer que ceux-là.
A titre d’exemples on peut rappeler la suspension de l’aide budgétaire par l’Union Européenne et la suspension de 300 milliards de francs CFA au titre de l’aide au développement. La position de l’Union Européenne aura sans nul doute un effet d’entraînement sur le financement des autres pays membres.

Ainsi après la suspension du financement du Danemark à hauteur de 21 milliards de FCFA destinés à la réalisation d’infrastructures hydrauliques dans les régions de Diffa et Zinder, ce sont quelques 54 milliards de FCFA de la République Fédérale d’Allemagne, 20 milliards de FCFA de la Belgique, 54 milliards de FCFA de la France, 33 milliards de FCFA du Luxembourg, qui sont susceptibles de suspension si le Niger ne renoue pas avec la légalité constitutionnelle. A cela vient s’ajouter la suspension de la coopération canadienne et tout récemment le gel de plusieurs milliards du MCA ainsi que la suspension de 1200 bourses de l’AED par les USA.

Mais Tandja Mamadou affirme sans sourciller que notre pays ne tire aucun bénéfice de ses relations internationales et que les partenaires au développement qui rejettent le référendum anticonstitutionnel du 04 août 2009 et les élections législatives du 20 octobre 2009 n’auront plus droit de cité au Niger.
Au demeurant, dans une utopie aveugle qui n’a d’égale que son désir ardent de rester au pouvoir, Tandja estime qu’il peut transférer sur son partenaire et complice privilégié du moment la République Populaire de Chine la charge de financer le manque à gagner dû au retrait des autres partenaires au développement.
Cet entêtement de Tandja Mamadou de s’incruster au pouvoir et de s’y éterniser n’a d’autres buts que de préserver les intérêts mafieux de son clan et d’une minorité qui prospèrent dans des actes dolosifs. Vous avez sans doute en mémoire les faramineux pots de vin engrangés par le clan Tandja dans l’attribution des permis miniers et pétroliers. Cette gestion que Tandja veut présenter comme une innovation patriotique dans le seul intérêt du Niger n’est en réalité qu’une entreprise de détournement et de mainmise sur les richesses de notre pays.

Face à l’impasse dans laquelle Tandja, son clan et ses courtisans veulent plonger le peuple nigérien, la CFDR, dans un esprit de responsabilité a œuvré inlassablement pour l’avènement d’un processus d’information et de dialogue politique au Niger. Ce processus démarré à Abuja se poursuit actuellement à Niamey.
Mais force est de constater, une fois de plus, qu’à la veille de l’ouverture du dialogue inter-nigériens de Niamey, le porte-parole du gouvernement annonce de façon péremptoire, tout comme il l’a fait au lendemain de la rencontre du 08 décembre 2009 à Bruxelles avec l’Union européenne, que les institutions de la sixième République sont un acquis irréversible.

Malgré nos légitimes appréhensions quant à la volonté du pouvoir à aller vers un dialogue franc et sincère, la CFDR est actuellement à la table de négociation dans l’espoir de voir notre pays renouer rapidement avec la légalité constitutionnelle en vue de retrouver sa place dans le concert des nations.
Ce jour 22 décembre 2009, prend fin le mandat de Tandja Mamadou : Il n’a donc plus ni légitimité ni légalité.
La CFDR lance par conséquent un appel à ses militantes et militants ainsi qu’aux démocrates sincères pour rester vigilants et mobilisés pour répondre, comme à l’accoutumée aux mots d’ordre à venir.

Vive la CFDR ;
Vive la démocratie ;
Vive le Niger.
Fait à Niamey, le 22 décembre 2009

mardi 22 décembre 2009

Des tractations secrètes pour libérer les otages européens



Pierre Camatte avec des élèves de l'école des infirmiers de Gao, quelques semaines avant son enlèvement.
Mali / Mauritanie / France / Espagne - dimanche 20 décembre 2009



DRPar Serge Daniel

Des négociations ont débuté pour obtenir la libération des quatre otages européens, dont le Français enlevé dans le nord du Mali. Le correspondant de RFI au Mali, Serge Daniel a pu rencontrer l'homme clé de toutes les tractations en cours. Trois Espagnols et un Français ont été victimes d'enlèvements fin novembre 2009, des opérations revendiquées par la branche maghrébine d'al-Qaïda.

«- Vous avez une heure de retard, sur l’horaire prévu ! Je croyais que vous étiez perdu!
- Non! Mon véhicule a bu beaucoup d’eau, et il ne pouvait plus rouler normalement, donc je me suis arrêté un peu pour lui laisser le temps de se reposer un peu ».
- Après les salutations d’usage, voilà les premiers mots que le chef des ravisseurs, et le principal médiateur (un notable malien) auraient échangés, cette semaine.

Ce médiateur, a de la bouteille. Depuis 2003, il est dans le Sahara, au centre de toutes les libérations d’otages européens. Il connaît tous les émirs (chefs) des mouvements islamistes. Il est influent. Tous ceux qui ont voulu le contourner se sont retrouvés à terre, face à lui. Ses adversaires, (pour le salir ?) disent même qu’il n’est peut-être pas loin de certains enlèvements d’Européens. Il n’empêche, c’est lui qui tient aujourd’hui la corde.

Sa première visite aux ravisseurs, s’est déroulée de « manière classique », avance son homme de confiance. Au cours du premier contact entre ravisseurs et médiateur, on donne le temps au temps. On n’est jamais pressé. On fait même comme si on était venu voir un ami. Donc, on partage ensemble le repas, on boit ensemble le thé, (un, deux voire trois verres), on parle de la saison, avant de passer aux choses sérieuses.
La précision est importante : le chef des islamistes armés rencontré, est le redouté Abou Zéïd.

On se souvient que début juin 2009, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait annoncé pour la première fois avoir tué un otage occidental, le touriste britannique Edwin Dyer, qu'elle détenait depuis janvier 2009, marquant une radicalisation de ce mouvement. La mort du Britannique, c’est la signature de Abou Zéïd d’Aqmi.
Aqmi, dont les éléments sont issus de l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC algérien), enrôle depuis 2006 sous sa bannière les mouvements armés islamistes de Tunisie, d'Algérie et du Maroc, ainsi que ceux du Sahel. Il compterait plusieurs centaines de combattants. Année après année, l'organisation accroît sa présence dans la bande sahélienne, notamment dans le nord du Mali et dans l'est de la Mauritanie, des zones qualifiées de « grises », ou de « non droit » par les experts.

Les quatre otages européens détenus par Al-Qaïda au Maghreb islamique

Abou Zéïd, en face de l’émissaire malien, prend alors la parole : « Je veux éclaircir une situation. Auprès des populations maliennes du Sahara, j’avais pris l’engagement de ne pas enlever un impie (terme par lequel il nomme les Occidentaux), mais cette fois-ci, je l’ai fait. Je l’ai fait, parce que le Mali, veut s’associer à d’autres pour nous combattre ».

Le Mali, le Niger, l’Algérie et la Mauritanie, se concertent pour mener conjointement une opération militaire contre les combattants islamistes. Ce dernier détail est important. Se sentant traqués par les forces de ces pays, les différents groupes au sein de Aqmi, ont semble t-il jeté (pour le moment) leurs querelles à la rivière, pour souder leurs rangs, face à l’ennemi commun. C’est pourquoi, si dans un premier temps, il semble bien que les trois otages espagnols étaient détenus par les éléments de Moctar Ben Moctar, -un autre émir d’Aqmi plus modéré que Abou Zéïd qui détient le Français-, il est plus prudent aujourd’hui de dire tout simplement que tous les quatre Européens sont aux mains d’Aqmi. Il y a désormais des passerelles entre les différents groupes d’Aqmi.

Les enlèvements fin novembre 2009 du Français dans le nord du Mali et ensuite des trois Espagnols en Mauritanie, avaient été « bien préparés » par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui voulait « frapper plusieurs pays à la fois ». C’est au Niger que la série d’enlèvements aurait dû commencer. Des hommes armés, ont tenté sans succès d’enlever des Occidentaux qui sortaient à peine d’un hôtel. Après cet enlèvement raté, plusieurs ressortissants européens au nord du Mali, notamment à Gao, avaient quitté la zone « par mesure de sécurité ». On connaît la suite.

Retour aux négociations en cours

Selon un scénario désormais rôdé, après cette première prise de contact, on aura dans quelques jours, plus de détails : les revendications des ravisseurs d’un côté, et de l’autre, des preuves de vie des otages. Une autre phase commencera, instaurer un climat de confiance. Cela permettra d’envoyer des vivres et médicaments aux otages.
Pour les initiés, il faut s’attendre à plusieurs va-et-vient de la médiation, avant la libération des otages. Il se murmure déjà que parmi les revendications de Aqmi, il faut s’attendre à la demande de libération de certains de ses éléments détenus dans plusieurs pays. Selon l’homme de confiance du notable du Nord, qui apparaît comme le pivot des négociations, Pierre Camatte, l’otage français, se porte « pas mal ».

Il connaît bien le climat qui règne dans la zone. Depuis des lustres, il est installé dans la région de Ménaka. Son épouse Francine qui passe le plus clair de son temps en France, a quitté récemment Ménaka, après avoir assisté à une rencontre intercommunautaire à Kidal. Un témoin se souvient de sa gentillesse et de sa promesse d’envoyer des photos.

Pierre Camatte a été enlevé dans un sympathique hôtel de Ménaka qu’il dirigeait et qu’il habitait. La cour de cette bâtisse où nous nous sommes rendus est fleurie. L’hôtel ne fonctionnait pas encore à plein régime. Le Français en profitait pour faire des travaux d’embellissement. « L’espace de convivialité », sorte de bar était en construction dans un angle de la cour. Derrière le bâtiment, au rez-de-chaussée, une dizaine de chaises. C’est là qu’il a été enlevé.

Selon notre reconstitution des faits, il est resté un peu tard dehors cette nuit-là. Il a comme d’habitude acheté et distribué des biscuits aux enfants dans la rue. Sa voiture qu’il appelle « la bagnole » est garée à l'extérieur. Les vitres, les portières ne sont pas fermées comme d’habitude. Il s’est toujours senti en sécurité sur place. Il rentre à la maison. Son gardien a des céphalées. Il lui demande de rentrer à la maison. Minuit sonne. L’électricité est coupée comme chaque jour dans la ville par souci d’économie.

Les circonstances de l'enlèvement

Pierre Camatte, 61 ans, est couché sur un petit matelas rouge-sang sur la terrasse du rez-de-chaussée. Il est seul. Tout seul. Subitement, trois hommes armés débarquent. Le Français résiste. Ses verres correcteurs se brisent. Il s’échappe un moment à l’intérieur. Il tente de défoncer une porte de l’hôtel au rez-de-chaussée qui conduit au premier étage, où il a sa chambre. Impossible visiblement. Il est rattrapé. Ou bien il arrive à monter au premier étape, mais il est finalement rattrapé par les ravisseurs. En tout cas, au premier étage, on voit les traces de soulier sur une porte. C’est Pierre qui intéressait les ravisseurs. Son ordinateur, ses effets personnels, sa voiture, ses documents, sont restés sur place.

« Les gens qui l'ont enlevé étaient dans une Toyota pick up. Ils étaient trois ou quatre, enturbannés et armés », témoigne un enseignant de la localité. « M. Camatte aurait crié "au secours" mais entre les mains de ses ravisseurs, il était déjà trop loin », ajoute la même source.

Dans la zone, le Français était connu. Il est « multicartes » ; il est notamment le président de l’« association Gérardmer (est de la France) - Tidermène (nord de Ménaka) ». Selon l’association française, ce bénévole se rendait « régulièrement » au Mali, où il s’impliquait notamment dans la culture d’une plante thérapeutique pour soigner le paludisme. En fait, il vendait déjà l’infusion, 1 000 FCFA le paquet. Etait-il médecin? Ce n’est pas écrit dans son curriculum vitae. Mais il aimait ce monde.
A Tidermène, à 100 km au nord de Ménaka, il avait aidé à installer un centre de santé. Il avait aussi aidé à former un infirmier local. A Gao, plus au sud de Ménaka, un élève de l’école locale des infirmiers sort une photo. On voit le Français entouré d’élèves.

Pierre Camatte a habité un moment à Ménaka, chez un élu local. Il a tenté ensuite, sans succès, de signer un contrat de bail de location avec le propriétaire d’une maison. Mais il n’avait pas que des amis. On parle beaucoup sur place d’un homme qui ne pouvait plus le voir en peinture. D’après nos recoupements, il était depuis cinq mois, dans le collimateur de certains. Peut-être qu’il s'en doutait un peu. Quelques semaines avant son enlèvement, il s’était renseigné sur la décision prise par certains pays occidentaux, d’interdire le nord du Mali, à leurs ressortissants. Finalement, il avait décidé de rester sur place.

Une opération contre des espèces sonnantes et trébuchantes

Dans la zone, il y a plusieurs tribus. Les éléments d’al-Qaïda ne sont pas venus en pleine ville eux-mêmes enlever le Français. Ce qui se dessine, c'est que l’enlèvement de Pierre Camatte arrange beaucoup de monde : des personnes qui règlent entre elles des comptes. Des personnes qui ne supportaient plus la présence du Français sur place. Des personnes qui exécutaient une « commande » d’al-Qaïda contre des espèces sonnantes.

« Des espèces sonnantes », c’est ce que veulent aussi aujourd’hui une autre race d’intermédiaires autoproclamés qui gravitent autour de l’affaire « avec en mains des informations sûres ». L’un d’eux, porte l’uniforme malien. Il se répand auprès de la presse surtout étrangère. « J’ai vu les otages (…). Je suis mandaté par les Français, par les Espagnols. J’ai les revendications des ravisseurs ».

« Dans ces affaires d’otage, il y a toujours à boire et à manger. Ce monsieur dont vous parlez, n’est pas le seul. A longueur de journée, vous avez des gens qui proposent leurs services contre de l’argent. En début de semaine, il y a même un Irakien, qui est venu ici proposer ses services », explique une source malienne proche du dossier. « Le travail sérieux pour obtenir le libération des otages européens se poursuit. C’est le plus important », ajoute la même source.

Un peu comme s’ils étaient eux-mêmes otages, la France, l’Espagne (pays d’origine des Européens enlevés) ainsi que le Mali et la Mauritanie, (pays dans lesquels ces derniers ont été enlevés) coordonnent leurs actions. D’après nos informations, ils sont tous, pour le moment, contre une opération de force pour libérer les otages.

Paris a même dépêché une équipe de spécialistes ici au Mali. Mais ils étaient trop visibles, avec le physique de l'emploi, installés dans un hôtel de Bamako où ils déjeunaient et où ils exprimaient leur desiderata : la presse ne doit pas dire un seul mot de la situation des otages jusqu’au dénouement de l’affaire... Dommage pour eux, à chacun son métier.


SOURCE RFI

Niger: la Cédéao prend acte de "la fin légale" du mandat de Tandja au 22 décembre


Niger
(AFP)

ABUJA — La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a "pris acte" mardi de la "fin légale" du mandat du président nigérien Mamadou Tandja, qui devait expirer ce 22 décembre mais qui a été prolongé par l'adoption controversée d'une nouvelle Constitution en août.

"La Cédéao prend acte du fait que le 22 décembre 2009 sanctionne la fin légale du mandat du président Mamadou Tandja", a indiqué l'organisation dans un communiqué daté d'Abuja, où elle siège.

M. Tandja, 71 ans, dont le deuxième quinquennat devait initialement expirer mardi, a obtenu lors d'un référendum constitutionnel le 4 août une rallonge d'au moins trois ans au pouvoir.

Il s'est attiré des critiques de toutes parts et le pays est plongé dans une grave crise politique.

A la suite d'élections législatives contestées le 20 octobre, le Niger a été suspendu de la Cédéao et l'Union européenne a suspendu son aide au développement.

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Niger : Le 22 décembre passera et Tandja restera


Séni Dabo Le Pays N°4517 du 22-12-09
mardi 22 décembre 2009
S’il n’avait pas substitué la Constitution de 1999 par celle taillée sur mesure du 4 août 2009, le président nigérien Mamadou Tandja serait aujourd’hui 22 décembre 2009 en train de faire son paquetage pour quitter le palais qu’il occupe depuis 10 ans. Et cela conformément à la loi fondamentale de 1999 qui lui interdisait de renouveler son bail au terme de son deuxième et dernier mandat de 5 ans. S’il voulait revenir, il devrait se mettre en retrait un temps avant de songer à un nouveau destin national. C’est dire qu’après ce 22 décembre, on aurait assisté à un passage de témoin – comme on le voit rarement sur le continent - entre Mamadou Tandja et son successeur démocratiquement élu. A l’occasion, on se serait remémoré par exemple la jolie passation de charge au Ghana en janvier dernier entre John Kufuor, président sortant, et John Atta Mills, opposant et vainqueur de la présidentielle ghanéenne de la fin 2008. Et avant cet exemple, celui de Amadou Toumani Touré (ATT) passant les commandes à Alpha Omar Konaré qui les lui a refilées quelques années après. Malheureusement, on ne verra pas ces belles images qui nourrissent l’alternance au sommet des Etats et crédibilisent la démocratie. Tandja a tout simplement décidé de ne pas suivre ces bons exemples. Au lieu donc de quitter son fauteuil, l’homme fort de Niamey va au contraire s’y engoncer, favorisé en cela par la Constitution d’août dernier votée par référendum qui lui a donné un mandat-cadeau de 3 ans sans oublier la possibilité de se succéder à lui-même autant de fois qu’il veut. L’alternance, c’est finalement pour les autres. C’est la conviction de Tandja aidé dans son projet controversé par un entourage de courtisans beaucoup plus préoccupés par les privilèges qu’ils allaient perdre avec la fin du bail du locataire du palais présidentiel. Malgré les oppositions et les protestations internes et extérieures, les sanctions d’organisations sous-régionales, continentales et internationales, la division et le risque d’explosion sociale, l’ancien Colonel tient bon jusque-là. Il n’en a cure quitte à conforter l’image de maître en tripatouillage de Constitutions qui colle bien à la peau des dirigeants des pays africains francophones.

Tout compte fait, et à moins d’un cataclysme, Tandja restera toujours vissé à son fauteuil présidentiel après la date butoir du 22 décembre. Et le 31 décembre prochain, il s’adressera, assis dans ce même fauteuil, à ses compatriotes dans un discours à la Nation dans lequel il ne manquera pas de remercier ces derniers de lui avoir accordé un bonus de 3 ans pour « terminer ses chantiers ». Il ignorera royalement que le référendum en question qui a aussi enterré la Ve République n’a pas été consensuel, que les élections législatives d’octobre dernier ont été boycottées par l’opposition dans son ensemble. Une opposition qui, d’ailleurs, n’a cessé d’exiger son départ du pouvoir après le 22 décembre à travers notamment des manifestations de rue comme ce fut le cas le 22 novembre et le 13 décembre passés. Logiquement, du fait de l’amorce d’un dialogue inclusif sous la médiation du Nigeria, on ne devrait pas s’attendre aujourd’hui à des manifestations au Niger pour rappeler à Tandja qu’il devrait quitter le pouvoir à la date du 22 décembre 2009. D’ailleurs, pour un bon déroulement du dialogue, il n’est pas exclu que le médiateur ait demandé que cette exigence ou les manifestations pour le départ du pouvoir soient abandonnées ou, à tout le moins, mises en veilleuse. Cela donne du répit à Tandja, desserre l’étau autour de lui. Du même coup, la date butoir passera tranquillement comme un train que les autres se contenteront de regarder. Le 22 décembre passera donc et Tandja restera.

Par Séni DABO