jeudi 19 juin 2014

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Dialogue inclusif inter-malien : Ce sera à Alger en début juillet et non au Mali

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(image utilisée juste a titre d`illustration).(image utilisée juste a titre d`illustration).
Il sera « parachevé » « au Mali, dans la capitale ou n’importe où sur le territoire malien« A révélé avant-hier lundi le Ministre algérien des Affaires Étrangères, Ramtane Lamamra
Le débat est désormais clos sur deux points essentiels du “dialogue inclusif inter-malien” : la question du Médiateur et le lieu où le dialogue se tiendra. Les derniers 15 jours ont permis de clore le débat qui entourait ces deux questions.
Sur le premier point, c’est une victoire pour le Président IBk, puisque le médiateur qu’il a désigné, l’Algérie, est finalement accepté par toutes les parties. En effet, le 9 juin courant, le noyau dur de la rébellion touarègue qui voulait “TOUT SAUF l’ALGÉRIE”, noyau dur constitué du Mnla-Hcua-Maa et partisan de l’autonomie de l’Azawad, s’est finalement engagé à accepter la médiation algériennne en signant la “déclaration d’Alger”.
Le 14 juin, les groupes armés partisans de “l’intangibilité du territoire nationale du Mali” que sont le Cpa, le Maa-bis, la Cm-Fpr ont eux aussi signé une « plateforme préliminaire” à Alger. Ces trois groupes ont eux aussi plaidé “la facilitation de l’Algérie« . Exit donc le Burkina ou autre Maroc.
Sur le deuxième point, le Président IBK devra donc expliquer aux Maliens que la promesse, qu’il avait faite de ne plus tenir de négociations autour de la crise du en dehors du Mali, est “légèrement compromise” compte tenu de la réalité actuelle qui s’impose à notre pays. Parce qu’en fait ce sera en Algérie que le dialogue inclusif inter-malien se tiendra, une circonstance qui exclue d’emblée certaines catégories sociales qui se voyaient déjà au coeur du “dialogue”, en une sorte de grande messe nationale.
En effet, le Ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a annoncé lundi dernier que la phase initiale du dialogue entre le gouvernement malien et les six mouvements activant au Mali sera lancée avec la médiation de l’Algérie et l’aide de l’ensemble des États et organisations qui etaient justement réunis à Alger en début de semaine. Il a précisé que ledit dialogue se tiendra également avec le soutien de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et qu’une feuille de route sera élaborée dans les prochains jours en prévision du dialogue.
M. Ramtane Lamamra a nommément cité les participants qui sont attendus à ce dialogue inclusif inter-malien à Alger le mois prochain. Il s’agit de: le gouvernement malien; les représentants des six mouvements que sont : « le Mouvement Arabe de l’Azawad (Maa)« , « la Coordination pour le Peuple de l’Azawad (Cpa)« , « la Coordination des Mouvements et Fronts Patriotiques de Résistance (Cm-Fpr)« , « le Mouvement National de Libération de l’Azawad (Mnla) » et « le Haut conseil pour l’Unité de l’Azawad (Hcua)« .
Il faut souligner que le Médiateur Algérien a désormais toutes les cartes en main, fort des deux documents, la “Déclaration d’Alger” (à travers laquelle le trio Mnla-Maa-Hcua s’est engagé dans le dialogue inter-malien « inclusif » en vue d’d’oeuvrer à la « consolidation de la dynamique de paix en cours ») et la “plateforme préliminaire” (par laquelle la Coordination pour le peuple de l’Azawad (Cpa) et la Coordination des Mouvements et Fronts Patriotiques de Résistance (Cm-Fpr) sont convenus d’oeuvrer « à la recherche d’une solution politique, pacifique et définitive avec le gouvernement du Mali, à travers la facilitation de l’Algérie« ). Ce qui a fait dire au Ministre algérien des Affaires Étrangères, M. Ramtane Lamamra que “toutes les conditions sont réunies en Algérie pour la réussite du dialogue inter-malien”, avant-hier lundi à l’issue des travaux de la 3ème session de concertation de haut niveau sur le Mali.
Parachever au Mali
Dans ses propos, avant-hier lundi à l’issue des travaux de la 3ème session de concertation de haut niveau sur le Mali, le Ministre algérien des Affaires Étrangères a néanmoins laissé entrevoir la possibilité que la partie finale du dialogue inclusif inter-malien se déroule au Mali, en affirmant qu’après la phase initiale l’objectif « est de parachever le dialogue sur le territoire malien« . Car il s’agit, a-t-il dit, “d’une question interne » et “le plus important est de parvenir à une solution politique de la crise malienne dans les plus brefs délais”.
Le dialogue inclusif inter-malien, a dit M. Ramtane Lamamra, « se poursuivra au Mali, dans la capitale ou n’importe où sur le territoire malien« , et ce conformément aux accords signés avec le gouvernement malien et les mouvements concernés.
C’est dire que l’Algérie et le Mali sont les seuls lieux retenus. Le Ministre algérien l’a d’ailleurs souligné avec force en affirmant que les différentes phases de ce dialogue « n’auront lieu qu’en Algérie ou au Mali », en vertu des engagements du Gouvernement malien et des mouvements.
Baba SANGARÉ 
SourceNouvel Horizon
  

 

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julles il ya 8 heures 12 minutes
Moi jusqu'ici je suis septique au choix du lieu et dans la circonstance comment vont se passer les pouparlers, pour moi la seule option reste à l'usage de la force, mais nous soutenons nos autorités dans sa logique d'un dialogue inclusif. Que dieu bénisse le Mali!
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Djamera Sokhona il ya 8 heures 16 minutes
Je me demande, sans être alarmiste, comment le redécoupage territoriale de notre pays - exigé par des hommes en armes pour toute légitimité - , pourrait être décidé en Algérie même si on nous promet de venir tout entériner au Mali !
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AG AZAMANE il ya 7 heures 40 minutes
"Le papier de Ouagadougou" a un an.
Tiébilé Dramé à malilink , le 18 Juin 2014, par Ipod

Bonjour à tous,

Ce qui suit n'est pas un plaidoyer " pro-domo" mais un rappel qui, je l'espère, incitera à un peu plus de précaution dans nos analyses et prises de position avec le recul du temps, meilleur juge de nos actes et de nos passions.

Moins d'une heure après la signature de l'Accord de Ouagadougou, une journaliste de France 24 me demandait en direct: " qu'est-ce que les Touaregs ont gagné dans cet accord?".
"Madame, ils ont gagné d'être revenus dans leur pays, d'en accepter la constitution et de se soumettre à ses lois. C'est une belle victoire pour tous les Maliens"!

Cette journaliste française semblait avoir compris la portée de l'Accord qui venait d'être signé mieux que beaucoup de Malilinkers qui, à l'époque, faisant fi de toute objectivité et de la bonne foi sans lesquelles il n' y a pas de démarche intellectuelle rigoureuse, ont brocardé et vilipendé l'Accord du 18 juin 2013.

Obtenu après plusieurs semaines d'âpres et intenses négociations, l'Accord de Ouagadougou garantissait l'intégrité du territoire, l'unité nationale du Mali, la forme laïque et républicaine de l'État. Les parties signataires ont aussi accepté le cantonnement, sous supervision internationale, des éléments armés des groupes rebelles ainsi que le redéploiement progressif des forces armées et de sécurité du Mali et le retour de l'Administration dans toutes les régions du Nord, dans celle de Kidal en particulier.

Autre caractéristique importante pour l'avenir: des groupes autres que ceux qui ont pris les armes contre le pays ont été associés à la conclusion de l'Accord comme " adhérents". Cet acte de haute portée politique préfigurait la nature nécessairement inclusive de tout accord de résolution définitive de la crise du Nord.

Favorable en tous points de vue au Mali, unanimement salué en Afrique et dans le monde, l'Accord préliminaire de Ouagadougou a fait l'objet de critiques dans plusieurs milieux au Mali et certains sur Malilink l'ont attaqué avec virulence.

Si les uns ont critiqué avec sincérité "le papier de Ouaga" (!!), quelques autres ( une infime minorité) ont étalé à l'occasion une mauvaise foi et un subjectivisme dont seul le temps permet aujourd'hui de mesurer toute la portée.

Les nouvelles autorités qui ont accédé au pouvoir au lendemain de l'élection présidentielle sont aussi tombées dans le subjectivisme. Elles ont donné l'impression pendant de longs mois de ne pas avoir mesuré tout l'intérêt pour le pays de l'Accord de Ouaga. Cette attitude est à l'origine de l'immobilisme et de l'impasse qui ont conduit aux événements des 17 et 21 mai 2014 et au fait que le drapeau du MNLA flotte jusqu'à Djebock ( à une cinquantaine de kilomètres de Gao).

Depuis le 21 mai, le gouvernement ne cesse de faire référence à l'Accord de Ouagadougou dont il invoque la mise en œuvre dans un contexte d'humiliation et d'isolement du pays.


Pendant que le gouvernement magnifie désormais " le papier de Ouagadougou", les critiques du " papier" sur Malilink se taisent.

Quelles sont les raisons de ce silence? Sont-ils désormais comme Paul " illuminé(s) sur le chemin"...de Ouaga? Ou voyant que le gouvernement a changé d'avis, ils prennent acte en silence?

De toutes les façons, le temps est meilleur juge de nos paroles et de de nos actes...

Bon anniversaire,

Cordialement

Tiébilé Dramé
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il ya 5 heures 22 minutes
Les Maliens s'accrochent péniblement à ce papier. S'il n'avait pas existé, les Azawadiens seraient à Sévaré aujourd'hui.....
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3s3 il ya 7 heures 39 minutes
Ce dialogue n'aboutira a rien de nouveau:la france dictera tjrs ses pretentions au mnla..Le lieu est tres mal choisi Pourquoi leur merdela recuse le Mali si vraiment on est entre nous Maliens..ON A TOUT COMPRIS.
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MALIAN il ya 46 minutes
IBK DOIT VENDRE L AVION ET SAISIR CETTE OPPORTUNITE QUI EST TOUJOURS D ACTUALITE CAR LA SERBIE A REFUSE L OFFRE !


La Hongrie cherche à revendre 24 MiG-29
Posté dans Europe, Forces aériennes par Laurent Lagneau Le 15-05-2013


En 1993, la Russie avait donné à la Hongrie 28 avions de chasse de type MiG-29 afin de rembourser partiellement sa dette à son égard. D’un entretien coûteux et étant gourmand en carburant, ces appareils n’étaient en outre pas compatibles avec les normes de l’Otan, rejointe par Budapest 6 ans plus tard.

D’où la décision de les remplacer. Ce qui a été fait en 2010, avec une douzaine de JAS Gripen du constructeur suédois Saab. S’est alors posé la question de savoir ce que ces MiG-29 allaient devenir. En 2011, le gouvernement magyar eut l’idée d’en revendre 8 d’entre eux, avec 20 moteurs. L’ojectif était d’en obtenir 18,3 millions de dollars. Seulement, aucun acquéreur ne se manifesta.

Mais cet échec n’a visiblement pas échaudé les responsables hongrois puisqu’ils viennent de faire une nouvelle offre, valable jusqu’au 14 juin prochain. Cette fois, il s’agit de proposer 18 MiG-29B et 6 MiG-29 UB, avec 21 moteurs, pour seulement un peu plus de 50 millions de dollars. Soit 24 avions pour le tiers du prix d’un F-35B américain.

Reste donc à voir si cette occasion sera susceptible d’intéresser un potentiel acquéreur… susceptible d’être approuvé par Moscou étant donné qu’un accord russe préalable est nécessaire avant toute transaction concernant ces avions.

Les forces aériennes serbes auraient pu être clientes étant donné qu’elles mettent déjà en oeuvre des MiG-29 (du moins les derniers qui lui restent de l’époque soviétique). Mais si Belgrade envisage effectivement d’acquérir des appareils de ce type, mais d’une version plus moderne.

En effet, le vice-Premier ministre et ministre de la Défense serbe, Aleksandar Vučić, a indiqué, le 6 mai, que son pays souhaiterait acheter à crédit des MiG-29M/M2 auprès de la Russie. Il est question d’une commande portant sur 6 à 12 exemplaires.
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Aux origines des Touareg

La préhistorienne Malika Hachid dévoile quelques secrets de ce peuple légendaire
L’origine de ce peuple amazigh légendaire est longtemps restée un mystère. Grande passionnée, la préhistorienne Malika Hachid, chercheure au Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNPPRAH) a pu en dévoiler quelques secrets, divulguant l’extraordinaire épopée de ce peuple altier.
Dans des contrées arides, sous le soleil brûlant et face aux tempêtes de sable, le peuple touareg a survécu à grand nombre d’événements, faisant montre d’une vraie culture dans son mode de vie. Les habitants du désert sont longtemps restés irréels tant ils ne se laissent pas appréhender facilement. Il a fallu beaucoup de patience à la préhistorienne Malika Hachid pour déceler certains secrets. Elle a fait part de certains enseignements de ses recherches lors d’une récente conférence organisée à l’Institut français d’Alger.Cette partie du monde avait fasciné les explorateurs du XIVe siècle par sa richesse. Les textes arabes, réputés pour leur goût de la métaphore et de l’exagération, y racontaient que «l’or y poussait comme des carottes».
Le fait est que les Touareg sont constitués de la sédimentation de deux peuplement amazighs : l’un autochtone, dépeint par les gravures rupestres et la tradition orale touareg, l’autre allochtone, dont la tradition orale et les auteurs arabes (Ibn Battuta et Ibn Khaldoun) en firent le témoignage au XIVe siècle. La découverte de peintures inédites a permis à Malika Hachid de confirmer cette thèse. Car même jusqu’au Moyen-Age, les habitants du Sahara ont témoigné d’eux-mêmes, ornant les parois de leurs abris pour y relater les événements les plus importants, de la même manière que l’on utilise aujourd’hui les médias.
Pour comprendre l’histoire des Touareg, il faut remonter à la nuit des temps, bien avant les pharaons. «Les Egyptiens d’avant les pharaons de l’époque prédynastique ont été parmi les premiers à révéler les Berbères», explique Malika Hachid. Sur des images retrouvées dans la tombe du pharaon Sethi 1er, les Imazighen sont reconnaissables aux plumes de noblesse dans leurs cheveux, à la petite tresse sur le côté appelée «tresse libyenne» ainsi qu’à leur tunique ouverte. Ils portaient aussi un baudrier croisé, qui se maintiendra pendant plusieurs millénaires. «Les tatouages qu’ils portaient sur les bras sont pratiquement les mêmes qu’on retrouve aujourd’hui sur des bracelets plus récents», fait remarquer Malika Hachid.
Au cours de la dynastie des Ramsès (un millénaire avant J.-C.), ils étaient connus en tant que «Lebou», repris par les historien grecs pour désigner toute l’Afrique sous le nom de Lybia. Les peintures rupestres ont montré des personnages portant une cape qui leur dégage une épaule. «Dans le Sud libyen, quand les archéologues pouvaient encore y aller, des photos ont été prises de personnages portant des tuniques et un baudrier croisé, ayant tous des plumes dans les cheveux, c’étaient les cousins des Berbères orientaux qui habitaient le Sahara», précise Malika Hachid.
Ceux qu’elle appelle les «Libyens sahariens» n’avaient rien de commun avec «les sauvages et les monstres» décrits par l’historien grec Hérodote. Ils portaient des armes en bandoulière comme les fantassins grecs, ce qui fait dire à Malika Hachid qu’il y a eu forcément un contact entre le Sahara central et la Méditerranée (plus proche de ces inventions). Cela tranche avec l’idée selon laquelle les Berbères étaient coupés du monde et en retard de toute civilisation. Plus tard, ils évolueront encore, acquérant le char et le cheval 1200 ans avant J.-C. C’est à cette époque qu’apparaissent, selon Malika Hachid, les inscriptions libyques au cours du premier millénaire avant J-C. «Je me base sur des éléments concrets, mais j’ai beaucoup de mal à le faire admettre aux autres chercheurs», sourit-elle.
Les «Garamantes» (dénomination d’Hérodote) portaient ainsi une tunique en cuir, la tebetik. Ils adoraient, selon l’historien grec, la Lune et le Soleil. Ibn Khaldoun le confirmera car certains Amazighs continuaient de pratiquer la même religion au XIVe siècle.
La préhistorienne prend à cœur de rectifier certaines contrevérités diffusées par les traditions orales des Touareg de l’Ahaggar. La légende raconte que la région était habitée par une population amazighe, celle des Issabaten, qui serait, selon toute vraisemblance, une descendance de conducteurs de chars peints au Sahara et qui vivaient tant bien que mal dans un désert aride mais peuplé. Selon les textes anciens, ils parlaient un amazigh grossier ; il n’avaient pas d’écriture, pas de dromadaires ni de chevaux et ils étaient païens. La tradition orale décrit un peuple isolé dans un mode de vie inférieur.
Après les conquêtes arabo-musulmanes, des migrants seraient venus s’y installer, dirigés par un chef : Tin Hinan. Ils étaient originaires de l’Ouest (Tafilalet, Sud marocain) mais il n’y a aucune précision de la date de leur arrivée.
«Faux que tout cela !», s’exclame la scientifique. Bien sûr, les Issabaten étaient les habitants autochtones du désert, mais ils ne parlaient pas l’amazigh grossier décrits dans les récits oraux. Evidemment, il y eut des conquêtes musulmanes et des migrants, les «Huwwara», venus s’installer dans cette région ,mais ils n’étaient pas originaires du Maroc.
Ibn Battuta, l’aristocrate sûr de son statut, les avait d’ailleurs rencontrés lorsqu’il s’est intégré à une caravane qui remontait du Niger au Maroc en passant par l’Ahaggar. «Dans son récit, explique Mme Hachid, il les traite de ‘vauriens’ parce qu’ils réclamaient une taxe due pour toute caravane traversant leur territoire.» Il dit néanmoins que ce sont de braves gens et bons musulmans qui ne détroussent personne pendant la période du Ramadhan mais il donne très peu d’indications sur ces Huwwara et sur la région.
Le texte d’Ibn Khaldoun est plus analytique : l’auteur arabe explique ainsi que durant la conquête musulmane, il y avait des tribus qui portaient le nom générique de Huwwara (une déformation de Ihaggaren qu’est l’Ahaggar, d’après lui) ayant quitté la Cyrénaïque par Gaugau (Gao), une cité marchande très prospère, pour s’installer dans le Sahara central, probablement au début du Xe siècle. A force de patience, la préhistorienne algérienne a fini par trouver un dessin rupestre qui confirme cette thèse. L’on y voit un groupe de guerriers portants des pantalons bouffants et des tuniques en tissu. Ils tenaient un bouclier rond et une épée, nommée keskara, jusqu’alors absente dans les peintures. Sur l’image, ils entourent un homme portant une tunique en cuir et pas de pantalon. C’est, d’après Malika Hachid, l’histoire de la conquête du territoire appartenant aux Assabat par les Huwwara, des Berbères pratiquant le rite ibadite.
Deux cultures vont ainsi s’affronter : l’une est locale, c’est sa terre, l’autre est migrante, voulant conquérir le sol.
«Les richesses qui venaient de cette partie du monde pour arriver aux portes de la Méditerranée les avaient attirés dans cette partie du monde», souligne la préhistorienne. Elle poursuit : «Ils sont partis de Tripolitaine jusqu’au Sahara afin de s’intégrer au grand commerce transsaharien. Ils faisaient négoce avec une autre communauté ibadite, les Ouarglis. Ils s’y étaient installés pour s’intégrer au grand commerce caravanier au profit des ibadites de Ouargla.» Les Huwwara avaient, d’après les précisions de la conférencière, rallié le kharidjisme et l’ibadisme en réaction au pouvoir des conquérants qui, dès leur arrivée, ont cherché de l’or.
Les Touareg seraient ainsi le résultat de la sédimentation des deux peuplements : Assabat et Huwwara. A Djanet subsiste encore le dernier minaret à quatre pointes des ibadites, qui a fort heureusement pu être sauvé de la modernisation. Il semblerait qu’ils ont continué à orner les murs, dans le Sahara, jusqu’à l’arrivée de l’islam. Malika Hachid a montré des photos inédites de personnages faisant la prière musulmane. Dès l’arrivée des Huwwara, un processus de «désacralisation» a été entamé. Il y avait un déambulatoire pour que les habitants puissent effectuer des rites autour de la tombe du mort. Lorsque qu’ils ont été islamisés, le déambulatoire a été comblé. «Ils leur ont dit, plaisante la préhistorienne, que c’était haram…Boko Haram», rappelant ainsi les malheureux événements qui agitent actuellement la région des seigneurs du désert.
 
Amel Blidi

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