jeudi 3 mai 2012


mardi 1 mai 2012

Sahel: L'Algérie déploie son Aviation!

L'Armée de l'Air Algérienne a répondu d'une manière spectaculaire aux différentes menaces au Sahel et semble vouloir donner une autre dimension à son engagement dans la région. 
En effet, depuis le début des troubles au mali l'AAF a constituée une Task Force non négligeable qu'elle a basée dans la base flambant neuve de Tamanrasset. 
Beech 1900, Mi171Sh, Mi24MkIII, Su30 MKR, Su30 MKA
Quelques photos prises récemment montrent le déploiement d'une force aérienne à faire pâlir la plupart des pays voisins. Au moins deux chasseurs multirôles lourds Su30 MKA, au moins un chasseur multirôle lourd Su30 MKR dédié à la reconnaissance électronique et visuelle, un minimum de quatre bombardiers tactiques Su24MK2, des avions ravitailleurs, des hélicoptères d'attaques lourds et ultra perfectionnés Mi24 MkIII, un certain nombre d'hélicoptères de transport et d'appuie Mi171Sh, des avions cargos et de liaison de différentes capacités (C130, Il76, Beech 1900) et surtout le nec plus ultra, trois Beech 1900 MMS, soit la moitié de la flotte d'avions américains de détection électronique et d'imagerie de l'AAF. Il est tout à fait plausible de penser que ce déploiement a été accompagné par celui de Drones Seeker II de l'AAF et de commandos au sol.

Cette task force, bien que réduite en nombre, représente le plus puissant déploiement aérien jamais observé dans cette région d'Afrique et vient de rééquilibrer de manière spectaculaire les forces en présence, la France et les Etats Unis en particulier.
Alignement de Su24 MK2
Une observation conforte cette idée,  la présence en bout d'ailes de missiles air air à courte et à moyenne portée sur les Su30, prouve bien que les Forces Aériennes Algériennes prennent très au sérieux et interdisent les incursions de drones et d'appareils Occidentaux dans la région du Sahel. C'est même la première fois que ces chasseurs apparaissent armés en missiles air-air depuis leur acquisition. Petite explication, les missiles à tête chercheuses (radar ou infrarouge) ont une durée de vie d'une petite centaine d'heures (selon les modèles) en vol, à cause des vibrations, après ce temps de vol, les missiles doivent passer au banc de calibration. Afin de préserver leur durée de vie, les armées de l'air n'installent ces missiles qu'en cas de nécessité (patrouilles armées, combat ou exercices à munition réelle).
Su30 MKA armé de R27 et R73
Les résultats de ce déploiement ne se sont pas fait attendre, les convois d'approvisionnement et les colonnes en déplacements des éléments d'Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) et du Mouvement pour l'Unicité du Jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), sont systématiquement traqués ou détruits au Nord Mali et dans la zone frontalière commune à l'Algérie, au Mali, au Niger et à la Mauritanie. Cette situation a poussée les terroristes islamistes aux abois à lancer un appel aux dons dans un communiqué diffusé hier ou à entreprendre des actions risquées pour récupérer du carburant, comme celle qui a été déjouée hier et qui s'est soldée par la destruction d'une colonne de terroristes qui convoitaient des camions citernes de Naftal au Sud de Tinzaouatine. 
Cette opération s'est soldée par l'élimination du groupe entier composé de 20 terroristes, dont le commandant opérationnel de la région de Tessalit en Azawad. 
Su30MKR et 2 Su30MKA

Mi171Sh

Mi24MKIII



La Cellule Mauritanie de la C.A.T soutien le MNLA, seul représentant de la R.L.D. de l'Azawad

Toumast Presse

coordination-associations-touaregNotre rédaction vient de recevoir un communiqué de soutien de la part de la Cellule Mauritanienne de la Coordination des Associations Touareg. Ce communiqué, signé par des personnalités de premiers rangs représentant l'ensemble des communautés Touareg de l'Ouest de l'Azawad, précise que seul le Mouvement National pour la Libération de l'Azawad est le représentant légitime de la République Laïque et Démocratique de l'Azawad.

La Cellule Mauritanie, de la Coordination de l'exécutif des Associations Touaregs en action depuis le début des combats félicite l'ensemble du peuple de l'Azawad dans ses différentes couches et ethnies pour la libération totale du territoire national de l'Azawad
Tout en appréciant le respect des droits l'homme, une priorité du MNLA, dans son combat, nous déclarons notre soutien indéfectible et sans condition aux fidèles loyalistes combattants du (MNLA).
Nous considérons MNLA comme le seul et unique représentant légitime du peuple de la République Laïque et Démocratique de l'Azawad. RLDA
Nous prions pour l'unité du peuple de la Azawad sans distinction de race et de religion, et demandons à tous les Azawadiens de se sentir concernés jusque à la fin de cette noble mission.

Les signataires
  • Attaher Ag Illi
  • Cheikh Ag Mohamed Elmaouloud
  • Said Ag Mohamed Ahmedou
  • Attaher Ag Mohamed
  • Oyé Ag Ahmedou
  • Mohamed Elhady Ag El Mehdi
  • Oumar Ag Intiwilou
  • Abouya Ag Mohamed Elmehdi
  • Hammalou Ag Mohamed Ali

Samedi, le 21 Avril 2O12

Débats

Les régions de l’Azawad préparent l’avenir

Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA)
15:31 03/05/2012
Par Arnaud Kalika, de l’université Paris II, pour RIA Novosti
Malgré le lobbying appuyé de Bamako contre l’émergence d’une reconnaissance de la question identitaire touarègue, la situation sur le terrain pourrait finir par infléchir le cours de l’histoire en faveur de la rébellion. C’est à Gao que les notables (chefs des tribus) et religieux connus de la région ont entamé, le 25 avril, une longue assemblée de débats qui s’est achevée au début de la soirée du 26 avril sur l’initiative du MNLA, Mouvement national pour la libération de l’Azawad.
Selon les représentants du mouvement, cette rencontre revêt une importance particulière car elle a permis pour la première fois depuis le début de l’insurrection en janvier 2012, aux chefs des tribus et religieux de se retrouver, et d’échanger en toute franchise sur la crise et ses évolutions possibles. La rencontre a eu lieu au moment où les groupes terroristes islamistes essaiment aux frontières de l’Algérie, de la Libye et de la Mauritanie en faisant montre d’une réelle capacité de renverser le rapport de force en leur faveur contre les mouvements de la rébellion traditionnelle. Les islamistes tentent de trouver des passerelles dans ces régions et d’embrigader les plus jeunes, ceux qui sont étrillés par le chômage.
Dans ce contexte, il devenait donc urgent pour les notables et religieux de penser l’avenir et de réfléchir à un moyen de chasser les radicaux. Après quelques hésitations, ils ont finalement décidé de rallier le MNLA sans condition, en apportant leur soutien à la lutte dans le but d’annihiler les poches islamistes naissantes.
Dans un message diffusé sur l’Internet (Alkhabar Info) à la veille de la rencontre, Hamada Ould Khaïrou, dirigeant du mouvement MUJAO et salafiste mauritanien rappelle que son but est bien d’enrôler le maximum de jeunes de toutes origines dans son mouvement pour former une garde islamique, assécher les mouvements traditionnels et favoriser la création d’un Etat islamique sahélien. Gao et Tombouctou constituent des cibles pour le recrutement. Les chefs de tribus comme les combattants touarègues traditionnels souhaitent sarcler les ambitions du MUJAO. Et depuis cette rencontre et cet accord avec le MNLA, le MUJAO (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest) est dans l’œil du cyclone. L’objectif du MNLA est de saper leur base populaire en gagnant la « bataille des cœurs ». Un bon nombre de jeune auraient déjà quitté ce groupe pour rejoindre leurs familles à Gao depuis la publicité de l’accord entre les chefs de tribus et le MNLA. Pour aller plus loin dans la lutte, le MNLA a cependant besoin de trouver des ressorts et des appuis à l’international. Face à l’atonie de l’Algérie empêtrée dans ses turpides intérieures, les Touarègues espèrent une action de la France, voire de la Russie. 
Pour le MNLA, cette rencontre est assurément une réussite. Les officiers militaires ont engagé des échanges en interne pour mieux s’organiser sur le terrain. Une commission est aujourd’hui mise en place parmi les sages pour approcher M. Yad Ag Aghali à Kidal et ses proches afin d’évoquer avec ces derniers la réunification de tous les combattants de l’Azawad et d’en finir avec la confusion dans la Région. Il s’agit de ne pas confondre les autonomistes avec les islamistes.
Par ailleurs, cette rencontre a donné l’opportunité aux femmes Touarègues pour faire passer leur message très anti islamiste. Ce message a été lu en présence des religieux et des notables présents dans l’après midi du 26 avril 2012 à Gao. Le message indique : « nous attirons l’attention du MNLA sur le rôle combien important que les Femmes Touareg ont apporté au soutien dans les différents combats menés pour la libération de l’Azawad et attendons être impliquées dans tous les processus de libération, d’organisation et du développement du territoire de l’Azawad. Nous, femmes touarègues, appelons à sauvegarder les droits des femmes qui ont mené le combat à leur façon aux côtés des combattants. Et nous condamnons tous les groupes terroristes et demandons qu’ils quittent le territoire de l’Azawad et nous demandons aux autres groupes qui n’ont pas les mêmes objectifs que le MNLA de quitter également le territoire… ».
 Une autre commission du MNLA mène actuellement discrètement une réflexion et une consultation sur la mise en place d’un organe transitoire dans les prochaines semaines qui pourrait prendre en compte certaines réalités sur le terrain et de l’environnement international. D’importantes responsabilités attendent les responsables politiques et militaires de l'Azawad pour donner plus de lisibilité à la Communauté internationale et surtout aux pays frontaliers…

Le soulèvement touareg au Mali menace le Niger voisin

Créé le 03-05-2012 à 13h45 - Mis à jour à 13h45 Réagir

 
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par Nathalie Prevost
TCHINTABARADEN, Niger (Reuters) - Depuis le soulèvement des Touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad qui a coupé le Mali en deux, les autorités nigériennes tentent désespérément de contenir hors de leurs frontières la rébellion nomade.
Au regard de l'Histoire, le Niger a toutes les raisons d'être inquiet.
Depuis le premier soulèvement, il y a près d'un siècle, des "hommes bleus" reconnaissables à leur traditionnel turban indigo, toute tension touarègue au Mali ou au Niger a des répercussions dans le pays voisin.
La situation actuelle ne peut donc rassurer les autorités nigériennes, qui estiment que leur sort est intrinsèquement lié à la gestion de la crise dans le nord du Mali, dont la quasi-totalité est tombée entre les mains des touaregs fin mars, début avril à la faveur d'un coup d'Etat dans la capitale.
"Les populations du nord du Mali et du nord du Niger sont virtuellement les mêmes. Il y a donc bien évidemment des risques", souligne Mohammed Anacko, ancien chef rebelle touareg nigérien et président en exercice du conseil régional d'Agadez.
"Ce qui nous préoccupe c'est comment la situation au Mali va être gérée. Les retombées au Niger seront déterminées par la façon dont la situation (au Mali) sera gérée."
Les combattants touaregs, qui se sont soulevés à cinq reprises dans le Sahara depuis 1916, se plaignent d'être mis à l'écart par le gouvernement central situé à plusieurs centaines de kilomètres.
S'il n'est donc pas historique, le récent soulèvement a toutefois marqué un tournant dans la guérilla menée par les nomades. Après des années de combats avec des moyens dérisoires, les unités touaregs ont profité de la guerre en Libye de l'année dernière pour moderniser leurs équipements.
TOURISTES EUROPÉENS
Contrairement au nord du Mali, dont les richesses pétrolières et minières restent encore sous-exploitées, le nord du Niger accueille des mines d'uranium et des projets du géant nucléaire français Areva et de la Corporation nucléaire nationale chinoise (CNNC).
Prisée des entreprises internationales, la région d'Agadez attire également des touristes européens séduits par les étendues désertiques. Mais les récents enlèvements de ressortissants occidentaux ont d'ores et déjà eu un impact sur le tourisme dans la région.
Désoeuvrés et sans emploi, les jeunes Nigériens constituent en outre des proies faciles pour les recruteurs de combattants touaregs et de trafiquants, notent les autorités nigériennes.
"Ce qui inquiète les jeunes c'est d'être sous-exploités" dit Saadick Idrissa, un travailleur humanitaire, à Tchintabaraden, où le gouvernement tenait une conférence sur la situation dans le nord du Niger. "Pour nous, il est essentiel de régler la question du développement économique".
Karim Alkassoum, un jeune chômeur de 22 ans, n'écarte pas l'idée de franchir la frontière pour rejoindre les rangs des rebelles touaregs. "Je prendrais n'importe quel travail. Mais si j'en avais l'occasion, j'irais au Mali", confie-t-il, sans expliquer toutefois ce qu'il ferait une fois sur place.
INTÉGRATION
Jusqu'à présent, le Niger a mieux réussi que le Mali à gérer le flot des combattants et des armes qui a suivi la chute du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi l'année dernière.
Les autorités nigériennes se targuent en outre d'avoir mieux intégré les groupes ethniques au long de l'histoire du pays que le Mali voisin où les touaregs ont été confinés dans le Nord.
"On voit que les problèmes ne sont pas les mêmes", souligne Alkache Akhada, un touareg et vice-président du gouvernement nigérien. "Il y a des touaregs dans chaque région du Niger et ce n'est pas le cas au Mali. Il y a une mixité ethnique au Niger."
Si Bamako, la capitale malienne se trouve éloignée des zones touaregs, Niamey n'est qu'à 450 km de Gao, une ville malienne tombée sous le contrôle des rebelles touaregs.
Les combats entre les rebelles touaregs et une force internationale au Mali pourraient fournir l'excuse idéale à la rébellion pour franchir la frontière du Niger ou celle d'autres pays voisins, estime Mohammed Anacko.
"Si les pouvoirs internationaux ou régionaux optent pour une solution militaire, il y aura inévitablement des répercussions au Niger et dans le Sahel", dit-il.
C'est aussi l'avis du Premier ministre, Brigi Rafini.
"Nous avons une culture de la protection. Nous avons une unité nationale à protéger. Dans ce sens, nous ne pouvons pas rester indifférents à ce qui est en train de se passer à nos portes", a-t-il déclaré.
Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

mercredi 2 mai 2012

Nina Wallet Intalou sur TV-Sahel

Ibanakal:Hommage à toutes les femmes Touaregs-Berberes du monde.





  • Il y a 22 minutes · 
  • Tomorow May 3rd is the anniversary of women in our Tuaregs society according to the calendar of queens Amazigh-Berber already 2800 years. We want to take this opportunity in this Facebook group to tell to our sisters, our mothers, our friends, our companions, our aunts, our grandmothers, our little sisters, our confidantes:
    Only to see the outline of your smile, we risk our lives.
    to see that you participate in the destiny of your people and you grant the central place you come back we tattooed dawns and twilights defying all hardships and petty colonization and bloody chain us and deprive you of happiness.
    We also tell you today that no woman deserves better than you the freedom, happiness and a smile after so many sacrifices.
    We finally tell you that for you the Azawad will be a cradle where your freedom will be exercised without limit and where no polygamous or seller margins of freedom can not exist.
    For you dear sisters we have changed the world and we are ready to challenge it for centuries to live and flourish your smile and your freedom.
    To your happiness without limit we will defy the gods!
    Ighregh chatma n'étila ighrim
    sibdad fali alam dithkir!!

    Le 3 mai donc demain est l'anniversaire de la femme chez nous Touaregs d'après le calendrier des reines berbero-amazigh depuis 2800 ans.Nous voulons profiter de cette tribune de Facebook pour dire à nos soeurs,nos mères,nos amies,nos compagnes,nos tantes,nos grandes mères,nos pétites soeurs,nos confidentes :
    Que pour voir l'esquisse de votre sourire nous avons risqués nos vies.
    que pour vous voir participer au destin de votre peuple et vous octroyer la place centrale qui vous y reviens nous avons tatouer les aubes et les crépuscules défiant toutes les épreuves et les colonisations mesquines et sanguinaires qui nous enchaînent et vous privent du bonheur.
    Nous vous disons aussi aujourd hui qu'aucune femme mieux que vous ne mérite la Liberté,le bonheur et le sourire après tant de sacrifices.
    Nous vous disons enfin que pour vous l'Azawad sera un berceau ou votre liberté s'exercera sans limite et qu'aucun polygame ou vendeur des marges à la liberté ne saurait exister.
    Pour vous chères soeurs nous avons changé le monde et nous sommes prêt à le défier pour des siècles pour que vive votre grâce et s’épanouisse votre sourire et votre liberté.
    Pour votre bonheur sans limite nous défierons les dieux!!
    Ighregh chatma n'étila ighrim
    sibdad fali alam dithkir!!

mardi 1 mai 2012


Lundi 30 avril 2012

images-copie-2

Depuis plusieurs jours, le monde semble découvrir l’existence d’un peuple jusqu’ici plutôt discret, celui des touaregs.

Appelés Kel Tamasheq - « Ceux qui parlent le tamasheq »- ou encore les hommes bleus (à cause de leur turban teint à l’indigo qui finit par déteindre sur la peau), les Touaregs sont un peuple de quelques 2 millions d’habitants, éclatés entre cinq pays (le Niger, le Mali, le Burkina Faso, l’Algérie et la Lybie).

Au nord, le pays Touareg est en contact avec le domaine méditerranéen et pénètre le sahel au sud. Ce peuple est en quelque sorte le pont entre le Maghreb et l’Afrique noire.

Bien qu’éclatés entre différents pays, les Touaregs ont quelques particularités communes : d’abord la culture touarègue, homogène. Ensuite le fait qu’ils habitent toujours dans les zones les plus arides et les plus difficiles d’accès, souvent loin des capitales politiques. Bien que nomades, beaucoup de Touaregs se sont sédentarisés en s’installant autour de grandes villes comme Agadez au Niger ou Tamanrasset en Algérie ou encore Kidal au Mali.

Descendants des premiers habitants d’Afrique du nord, les Touaregs sont des berbères qui disposent d’une écriture le Tifinagh et ont en commun la même base linguistique le Tamasheq.

Ils partagent avec les Maures certaines coutumes comme la cérémonie des trois thé, symbole d’hospitalité. Dernier peuple d’Afrique de l’ouest à être soumis par le colon français, les Touaregs vont être éclatés entre plusieurs pays à l’Indépendance de ceux-ci.

Souvent ignorés par les nouveaux maîtres des lieux, ils apprennent pourtant à s’intégrer dans ces nations nouvelles tout en revendiquant leur spécificité culturelle. L’organisation sociale des Touaregs est assez rigide, chaque touareg devant rester à la place qui est la sienne : nobles (inzajeghen), tributaires (imghad), religieux (ineslemen), serfs ou anciens serfs (iklan ou bella selon la terminologie songhay).

Cependant, « Les Touareg maliens ne peuvent être coulés dans un même moule. Par leur histoire, par leurs migrations anciennes, par leurs implantations actuelles, ils se distinguent les uns des autres. Leur économie, qu’elle soit exclusivement pastorale, pastorale et caravanière, ou encore agro-pastorale, varie en fonction de la région où ils vivent.

Appartenant à une même civilisation, les Touareg occupent au Mali un espace qui va de la zone saharienne à la zone soudanienne, ils forment un pont qui relie l’Algérie et le Burkina Faso. Le « pays touareg » malien, à l’extrême nord-est, est si éloigné de la capitale, que Niamey est son débouché naturel, en cas de crise, beaucoup plus que Bamako [i] ». En effet, les kel Adar (installés autour de Kidal) sont en lien constant avec leurs cousins du nord (Algérie) tandis que les Iwellemmeden kel Ataram, « ceux de l’ouest » (chef-lieu Manaka) sont plutôt liés à leurs frères du Niger, les Iwellemmeden kel Denneg, « ceux de l’est ».

Autour de Tombouctou, les Touareg kel Antesar et Tenguereguif disposent de titres fonciers sur des terres riches et sont souvent en concurrence avec les autres groupes ethniques (paysans songhaï, Peuls). Dans le Gourma et à la frontière du Burkina Faso, les Touaregs s’adonnent à la cueillette et à l’élevage intensif. Il semble donc que les Touaregs sédentarisés se soient adaptés économiquement selon les dispositions naturelles des lieux.

Au Mali, les Touareg ont toujours résisté face à ceux qui voulaient leur imposer un État central.

D’abord contre le colonisateur français, ensuite à partir de 1964 contre l’Etat malien. Ce sont les Kel Adar (région de Kidal) qui se lèvent contre le nouvel État malien en 1964 alors qu’ils avaient été plutôt discret lorsque les Kel Ataram résistaient contre l’envahisseur français (ils perdirent beaucoup de guerriers dans cette résistance). La révolte des Kel Adar durera un an et demi et la répression de l’État malien fut terrible.

A cause de la sécheresse de 1972 et 1973, beaucoup de Touaregs du Mali émigrent vers les pays voisins ( Niger, Algérie). Si certains Touaregs maliens installés à Niamey sont rapatriés par camions dès 1974, ceux installés en Algérie ( à Tamanrasset) y restent pour profiter de la richesse de la région ( grâce au pétrole). En 1990, un incident né au Niger enflamme de nouveau le pays Touareg.

Le pays touareg malien entre alors en révolte et la réponse de l’État malien est de nouveau très violente. Fusillades des rebelles, accusation de massacres de femmes et d’enfants touaregs par l’armée malienne (qu’elle dément), cette nouvelle rébellion marque une nouvelle fracture entre le peuple Touareg et l’État malien.

Pourtant, la population malienne, sous la dictature de Moussa Traoré, est plutôt sympathisante de cette révolte des Touaregs au nord du pays. A la chute du dictateur, les heurts entre l’État malien et les touaregs ne s’arrêtent pourtant pas. La blessure ouverte lors de la rébellion de 1990 est difficile à soigner.

Les événements en Libye lors de la chute de Kadhafi donneront l’occasion aux Touaregs du MNLA (Mouvement Nationale pour la Libération de l’Azawad ) surarmés de s’emparer d’une bonne partie du nord du Mali avant de décréter l’Indépendance du pays Touareg.

Moulzo

[i] Edmond Bernus, ORSTOM

Tentative de contre coup d'État avortée à Bamako - Temoust.org | Le portail du peuple touareg berbère Kel Tamasheq

Tentative de contre coup d'État avortée à Bamako - Temoust.org | Le portail du peuple touareg berbère Kel Tamasheq

Prétexte terroriste et «agendas néo-colonialistes»

El Watan-30-04-2012

La conquête et la mainmise sur les richesses que recèle la région du Sahel vont servir aux grandes puissances occidentales de «prétexte pour s’y déployer» sous couvert de la lutte contre le terrorisme, pensent les chercheurs et autres spécialistes de la région.
Le 29 mars dernier, dans la foulée du coup d’Etat au Mali, Serge Michailof, chercheur associé a l’IRIS, professeur à Sciences Po, estimait dans le journal Le Monde qu’«une réponse militaire est nécessaire au Sahel et il faudra pour ce faire renforcer les armées nationales», en soulignant au passage que «le nord du Sahel a besoin d’un plan Marshal pour sortir de la violence».
La France est déjà bien avancée sur ce point, selon Mohamed Saleck, directeur du Centre mauritanien de recherches sur le développement et le futur, puisqu’elle a «des troupes positionnées dans la région du Sahel ou à proximité». Elle dispose de quatre bases militaires permanentes en Afrique : au Sénégal, au Gabon, à Djibouti et l’Île de la Réunion, selon l’état-major des armés français.
Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a indiqué dans un entretien à France 24 le 54 avril que son pays était prêt «à assurer la logistique» en cas d’intervention force d’attente de la CEDEAO au Mali.
Les Etats-Unis, quant à eux, avaient lancé dès 2002 l’initiative Plan Sahel et «organisent régulièrement les exercices militaires avec les armées des pays du Sahel». «Officiellement, il s’agit de renforcer les capacités des armées locales. Officieusement, c’est une manière d’affirmer leur présence militaire», pense Mehdi Taje, chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire de Paris, dans un entretien publié dans la presse mauritanienne.Pour M. Saleck, l’implication de la communauté internationale dans le renforcement des capacités du système régional de sécurité au Sahel prête souvent à «une tentation d’internationalisation de la menace Al Qaîda dans cette région».
Or, cette perspective est «souvent assimilée à une sordide connivence avec des agendas néo-colonialistes dont les objectifs inavoués visent le contrôle par des puissances occidentales (Américains et Européens notamment), de la route de l’ouest des flux énergétiques». Tout cela, dit-il, au détriment des autres puissances régionales ou internationales comme les Russes, les Chinois, les Brésiliens, etc.
Safia Berkouk,http://www.elwatan.com/economie/pretexte-terroriste-et-agendas-neo-colonialistes-30-04-2012-168768_111.php