jeudi 29 mars 2012


La ville de Tombouctou est très assiégé, selon les informations, suite au refus de Ould meydou et les milices d'entendre la raison, l’assaut va être donné d'un moment à l'autre, selon les gens sur place ce n'est plus une question d'arabes ou de touaregs ou de sonrhais, mais juste l'armée malienne contre l'armée azawadienne, peu importent les compositions! Prions pour tous nos frères qu'ils soient sains et saufs de quels bord qu'ils soient!








Azawad/Flash:Cdt Itouss Ohar/Brigade Fihrun


Kidal 29/03/2012


Les deux camps de Kidal ont été bombardés par notre brigade depuis 2h/Stop
Un des camps est tombé beaucoup des militaires fait prisonniers certains ont fuis:stop
Matériel de guerre impressionnant récupéré/Stop
Déplorons 4 blessés légers/Stop
à suivre /stop

FLASH INFOS:
DES TIRS A L'ARME LOURDE AUPRÈS DES CAMPS DE L’ARMÉE MALIENNE DANS LA VILLE DE KIDAL.
LES COMBATTANTS DU MNLA SONT ENTRAIN DE BOMBARDER LES DEUX CAMPS DE LA VILLE DE KIDAL. A SUIVRE!!!

"L'abandon de la Libye, une erreur fatale"


Le Point.fr - Publié le 29/03/2012 à 12:58

D'après Mahmoud Djibril, ex-Premier ministre du CNT libyen, "tout le monde a disparu dès que le régime s'est effondré".

L'ex-Premier ministre du CNT, Mahmoud Djibril, avait été reçu par Nicolas Sarkozy à l'Élysée en mars 2011.
L'ex-Premier ministre du CNT, Mahmoud Djibril, avait été reçu par Nicolas Sarkozy à l'Élysée en mars 2011. © Marco Longari / AFP
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"C'est une erreur fatale d'abandonner la Libye." C'est phrase, prononcée samedi lors d'un colloque à Bruxelles, est de Mahmoud Djibril. C'est lui qui, il y a un an, le 10 mars 2011, avait été reçu parNicolas Sarkozy. À l'époque, cet ex-économiste du régime de Muammar Kadhafi, devenu émissaire du Conseil national de transition (CNT) libyen, sillonnait les capitales occidentales en quête de légitimité internationale. En France, il avait fait mouche. À l'issue de cette rencontre au sommet, le président français devenait le premier pays à reconnaître le CNT comme "représentant du peuple libyen".
Cette reconnaissance enclenchera, neuf jours plus tard, à l'initiative de Paris et de Londres, l'opération militaire de l'Otan en Libye. Pendant ce temps, Mahmoud Djibril est devenu chef du gouvernement libyen de transition, qui ne va pas hésiter un seul instant à armer les insurgés libyens, notamment à l'aide de la France, contre les forces pro-Kadhafi. Neuf mois plus tard, la Libye est libérée. Muammar Kadhafi n'est plus. Les avions de l'Otan non plus, tout comme Mahmoud Djibril, qui a laissé sa place à Abdel Rahim al-Kib à la tête de la Libye nouvelle. 

Profusion d'armes

Mais les armes, elles, sont toujours présentes, en grand nombre, aux mains des insurgés, désormais rattrapés par leurs origines tribales. S'estimant mal représentés au sein du nouvel exécutif, ces combattants, devenus miliciens, ne sont prêts à rendre leur arsenal sous aucun prétexte. Les nouvelles autorités libyennes avaient pourtant demandé en octobre à l'Alliance atlantique de rester en Libye, le temps que le pays se stabilise ; rien n'y a fait. Grave erreur, le pays semble aujourd'hui sombrer doucement, mais sûrement, vers un inévitable chaos.
"Dès que le régime s'est effondré, tout le monde a disparu" de Libye du côté des pays occidentaux, déplore aujourd'hui Mahmoud Djibril. L'homme n'a pas tort. Tandis que la France et les États-Unis paraissent bien plus préoccupés par leur campagne présidentielle, la Libye risque, elle, d'être divisée en deux. S'estimant lésés par le gouvernement central de Tripoli, des chefs de tribu de la Cyrénaïque, à l'est du pays, pourtant berceau de la révolution, ont annoncé à la surprise générale leur autonomie. Ils ont même désigné un conseil intérimaire parallèle au Conseil de transition.

Risque de partition

Regroupant plus de 80 % de la richesse pétrolière du pays, la Cyrénaïque ne pourra avoir que 60 députés sur 200 dans l'Assemblée nationale qui sera élue en juin. Mardi, un responsable politique favorable à l'autonomie est ainsi allé jusqu'à menacer de fermer le robinet du pétrole si le gouvernement central refusait d'accorder une plus grande représentation à la région. Outre l'Est, le Sud pose également problème. 70 personnes ont été tuées, et 150 blessées dans des combats qui opposent depuis lundi l'ethnie des Toubous à des tribus arabes, dans la ville de Sebha.
Cette ethnie de nomades et de contrebandiers à la peau noire, qui vivent à cheval sur la Libye, le nord du Tchad et du Niger, est accusée par les autres tribus de compter dans ses rangs des combattants étrangers, notamment tchadiens, ayant été payés par Muammar Kadhafi pour réprimer les opposants libyens. Le chef des Toubous, Issa Abdelmajid Mansour, a ainsi dénoncé, dans une déclaration à l'AFP, un "plan de nettoyage ethnique" visant sa tribu, non sans brandir la menace séparatiste.
Pendant ce temps, la production de pétrole dans le pays a atteint son niveau le plus important depuis la révolution, avec 1,45 million de barils par jour. Selon le porte-parole du gouvernement, Nasser al-Manaa, la production d'or noir pourrait atteindre un niveau supérieur à celui d'avant la révolution d'ici la fin de l'année.

ACTUALITÉ Monde RSS Mali: trois présidents ouest-africains renoncent à se rendre à Bamako


 - Publié le 29/03/2012 à 14:49


L'annulation de la mission ouest-africaine est intervenue peu après une manifestation à l'aéroport de Bamako où des dizaines de manifestants pro-junte ont envahi le tarmac brièvement dans la matinée.
L'annulation de la mission ouest-africaine est intervenue peu après une manifestation à l'aéroport de Bamako où des dizaines de manifestants pro-junte ont envahi le tarmac brièvement dans la matinée.
Trois présidents ouest-africains (Côte d'Ivoire, Burkina Faso et Bénin), ont renoncé jeudi à se rendre à Bamako négocier avec la junte militaire à la suite d'une brève manifestation a l'aéroport par des partisans des auteurs du coup d'Etat, a appris l'AFP de sources concordantes.
Alassane Ouattara, chef de l'Etat ivoirien et président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) "était dans l'espace aérien malien, il a fait demi-tour", a indiqué une source aéroportuaire.
Blaise Compaoré, président burkinabé et médiateur dans la crise malienne, "ne vient plus", selon une source sécuritaire.
Boni Yayi, chef de l'Etat béninois et président en exercice de l'Union africaine (UA) "ne vient plus" non plus, selon une source proche de la délégation béninoise.
Ils devaient se retrouver à Abidjan pour "une réunion d'urgence" à la suite de cet incident, a-t-on appris auprès de la présidence du Burkina.
L'annulation de la mission ouest-africaine est intervenue peu après une manifestation à l'aéroport de Bamako où des dizaines de manifestants pro-junte ont envahi le tarmac brièvement dans la matinée.
Ils entendaient protester contre la venue de cette délégation pour discuter avec la junte de la manière de revenir au plus vite à l'ordre constitutionnel, une semaine après le coup d'Etat du 22 mars qui a renversé le président Amadou Toumani Touré.


MNLA : « L’indépendance ne se donne pas, elle se mérite »
Interview du porte-parole de la rebellion au Mali.
MERCREDI 28 MARS 2012 / PAR DOUNIA BEN MOHAMED

 


Mossa Ag attaher porte parole du MNLA
Depuis le 17 janvier dernier, un groupe de combattants touareg, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), s’est fait connaître en attaquant des positions de l’armée malienne dans le nord du Mali, revendiquant l’indépendance de l’Azawad. Allant de victoire en victoire sur les formes armées maliennes et provoquant, indirectement, la chute du président ATT, à la suite d’un coup d’état militaire. Alors que la ville de Kidal, encerclée par les troupes du MNLA, serait sur le point d’être « libérée », Mossa Ag Attacher, chargé de communication du bureau politique du MNLA, au niveau national et international, répond aux questions d’Afrik.com.
http://www.afrik.com/article25192.html 


Afrik.com : Comment avez-vous réagi au coup d’état militaire du 21 mars dernier ? Avez-vous changé de stratégie ? Craignez-vous que les forces maliennes soient davantage équipées comme le réclame les putschistes ?
Mossa Ag Attaher : Nous restons très distants et réservés par rapport à ce coup d’état. Nous ne nous sommes pas du tout exprimés sur le sujet avant aujourd’hui. Je préfère parler d’un malaise au sein de l’armée plutôt que d’un manque de moyens militaires. Je peux vous dire que n’importe quel officier ou homme politique qui arrive au pouvoir ne pourra utiliser plus de moyens. Le Mali a utilisé tous les moyens militaires dignes d’une guerre entre deux pays contre nous. Des avions, des hélicos, des blindés, des chars… mais l’échec a toujours été au rendez-vous. Donc ce n’est ni une question de manque de moyen ni de négligence mais une question de volontés opposées. Nous restons sereins. Nous savons que le Mali ne pourra pas utiliser plus de moyens contre nous, ce n’est pas un jeune capitaine qui arrive avec aucune expérience de l’Etat qui nous fera reculer.

Afrik.com : Quelles conséquences sur le terrain ? Allez-vous continuer à faire pression par les armes pour contraindre les nouvelles autorités à ouvrir des négociations ?
Mossa Ag Attaher : Nous ne sommes pas dans une logique de chantage avec l’Etat malien. Ce que nous voulons c’est leur montrer, ainsi qu’au monde entier, que la volonté de l’Azawad doit être entendue. Nos objectifs restent les mêmes : libérer les trois villes du nord, Kidal, Gao et Tine-Bouctou (Tombouctou). Notre combat n’a pas changé depuis le 17 janvier. Et l’on va continuer jusqu’à la libération totale de la zone. Si la junte au pouvoir aujourd’hui exprime de manière claire sa volonté de privilégier une solution politique pour le problème qui nous oppose à l’Etat malien, nous sommes disposés à l’entendre. Si l’Etat malien se reprend et accepte le droit du peuple de l’Azawad à l’autodétermination alors nous seront prêts à arrêter les hostilités le jour même. Par contre, si le capitaine qui a pris le pouvoir cherche des moyens nouveaux pour se battre contre nous, alors nous lui disons que le rendez-vous se fera sur le terrain.

Afrik.com : Justement, quelles sont vos positions sur le terrain ?
Mossa Ag Attaher : Aujourd’hui, nous occupons 85% du territoire de l’Azawad. Sachant qu’au moment où nous parlons Kidal est encerclée par nos troupes et devraient être libérées dans les heures prochaines. Nous avons mis en déroute l’armée malienne sur des positions importantes, dont Amachech, le camp le plus important, la ville d’Anéfis, Tessalit, Aguelhok. Des camps stratégiques de l’Etat malien depuis 50 ans.
« Nous occupons 85% du territoire de l’Azawad »
Afrik.com : Si les rebellions touareg, revendiquant l’autonomie de l’Azawad, ne sont pas nouvelles, depuis le 17 janvier, le MNLA est apparu comme une organisation politique structurée et armée qui a réussi à mettre en déroute les forces armées maliennes sur plusieurs points stratégiques dans le nord du Mali. Quelle est la nature de votre mouvement ?
Mossa Ag Attaher : Le MNLA est un « mouvement révolutionnaire » pas une rébellion, qui a deux entités : le bureau politique et l’état-major militaire. Le bureau politique regroupe de jeunes cadres de l’Azawad. L’état-major militaire lui, dirigé par le colonel Mohamed Ag Najim, chargé de la coordination de toutes les actions sur le terrain, est essentiellement constitué d’officiers qui sont issus des rebellions passées, intégrées dans les forces militaires maliennes suite aux accords de paix et qui ont déserté l’armée depuis le 17 janvier. Ainsi que des touareg partis en exil suite à la répression militaire, en Libye notamment.

Afrik.com : Combien comptez-vous d’hommes ?
Mossa Ag Attaher : Un mouvement révolutionnaire ne peut donner le chiffre exact de ses membres. Je peux seulement vous dire que nous sommes plus de deux milliers. On enregistre tous les jours de nouvelles adhésions. La semaine dernière, on a enregistré l’adhésion de plus d’une soixantaine d’élus nationaux et communaux, notamment des maires et députés, de l’Azawad. Avant le coup d’état, ils avaient peur de le faire, par crainte des représailles. Depuis, on voit chaque jour de nouvelles personnes nous rejoindre. Depuis la révolte de 1963, première réelle révolte touareg, la population de l’Azawad ne s’est jamais mise en tête que c’était fini. Ceux qui ont quitté la région, pour aller étudier à l’étranger, ou se sont engagés en tant que militaire dans des armées étrangères, ont acquis un savoir-faire dans l’idée de l’utiliser pour un changement dans leur région. Notamment en Libye. Mais on s’est dit que nous ne pouvions pas continuer à mourir dans d’autres contrées.
« Depuis le 17 janvier, il n’y a aucune négociation. Ni avec l’Etat malien ni avec les puissances étrangères. »

Afrik.com : Justement, la crise en Libye, avec le retour de nombreux touareg qui étaient engagés dans les armées libyennes de Kadhafi dans l’Azawad, avec des armes et des équipements militaires dans leur bagage, semble avoir été le moteur essentielle de votre attaque du 17 janvier et de vos réussites militaires depuis ?
Mossa Ag Attaher : Pas du tout. On nous a accusés d’avoir au sein de nos états-majors des mercenaires libyens. Après la révolte de 1963, les touareg ont été victimes d’une répression incroyable, tous les jeunes de 12-15 ans ont dû prendre la route de l’exil en direction de l’Algérie, de la Libye. Au cours de cet exil, ceux qui se sont retrouvés en Libye, ont trouvé un contexte favorable à l’acquisition d’un savoir-faire militaire. C’était l’époque de l’ouverture des camps d’entrainement aux étrangers par l’ancien dictateur. Ces jeunes ont intégrés massivement ces camps. Ils y ont reçu un entrainement militaire très important. Selon les témoins internationaux, les touaregs qui ont intégrés ces camps ont fait preuve d’une aptitude militaire extraordinaire, et ont gravi les échelons de l’armée libyenne. Des militaires engagés dans une armée nationale, ce sont des militaires de ce pays qui obéissent aux ordres au même titre que tout soldat, avec les mêmes missions et les mêmes salaires. Pourquoi faire d’eux des mercenaires ? 500 d’entre eux ont ensuite quitté ces camps pour revenir dans l’Azawad. Quand il y a eu l’insurrection de Bengazi, comme tous les militaires sous Kadhafi, ils ont reçu des ordres. Mais ce que l’on ne dit pas, c’est que les centaines de combattants touareg qui ont rejoint le MNLA, sont arrivés quatre mois avant la prise de Tripoli, et longtemps avant la prise de Syrte. Ce retour à ce moment précis, au moment où Kadhafi avaient le plus besoin de ses forces, confirment qu’ils ont exprimé un désaccord avec le dirigeant libyen au moment de l’insurrection. Dont beaucoup d’officiers qui avaient sous leur responsabilité des camps militaires entiers, où se trouvaient des stocks d’armes importants qu’ils ont ramenées avec eux. Des armes, des véhicules, des uniformes, etc. Ceci étant, il faut préciser que l’apport militaire de ces combattants n’est pas le plus important actuellement. Le plus important est issu des stocks incroyables de l’armée malienne qui, dans le cadre de la lutte antiterroriste que l’Etat n’a jamais mené, ont été envoyé par la France, l’Algérie, les Etats-Unis et que nous avons récupéré au fil de nos victoires sur le terrain.

Afrik.com : Quel était l’état des négociations avec les autorités maliennes avant le coup d’état militaire, et avec les puissances étrangères ? Et depuis ?
Mossa Ag Attaher : Depuis le 17 janvier, il n’y a aucune négociation. Ni avec l’Etat malien ni avec les puissances étrangères. La France a fait des offres pour une rencontre entre l’Etat malien et nous. Le ministre des Affaires étrangères française, lors de son passage à Bamako, a proposé un cessez le feu avant d’ouvrir des négociations. Mais au moment où nous l’envisagions, le Mali a envoyé plus de 200 véhicules pour attaquer nos positions. ATT a saboté la proposition de négociation française. On ne demande pas que la France ou l’Algérie supplie le Mali de nous donner notre indépendance. L’indépendance ne se donne pas, elle se mérite. Par le combat, sur le terrain.

Lire aussi : Mali : le Nord serait aux mains du mouvement armé Ançar Dine




MALI
• La CEDEAO exige le retour à l’ordre constitutionnel au Mali

• "AQMI, l’industrie de l’enlèvement" : radioscopie d’un mouvement terroriste

• Le Cameroun condamne le coup d’Etat au Mali

• Tous les articles Mali

Trois Amadou contre Un !

    Décidément le Mali n’a pas encore fini de finir avec les actes d’une autre époque. Les démons du pillage et du vandalisme avaient pris congés, mais ont subitement récidivé.
Voilà que Amadou Sanogo, Amadou Konaré et Amadou Keita font partir leur homonyme Amadou Touré, sans une dose de pitié ou de pardon. Le premier est le président du CNRDRE, le deuxième  porte la parole et le troisième est le traducteur en Bamanankan. Le quatrième et le seul, est le général ATT, abandonné par les siens. Ces homonymes lui reprochent beaucoup de choses et surtout ce qu’ils appellent le laxisme dans le traitement de la crise du Nord. En plus de ce mal, d’autres maux s’ajoutent au lot : la crise de l’école, la cherté de la vie, la corruption, le favoritisme, le clientélisme, le je-m’en-foutisme… C’est vrai, un coup d’état est toujours condamnable sous une ère démocratique, mais quand la démocratie, au lieu de soigner les plaies, contribue à les rendre béantes, il faut agir et avec manière. C’est à cette scène que les Maliens ont assisté, du 21 au 22 mars. ATT est tombé de manière rapide et civilisée, sans difficulté majeure par des jeunes militaires déçus de la gestion catastrophique de la crise du Nord. Le général président n’a plus d’ami acquis à sa cause. Sa chute vertigineuse fut plus rapide que l’éclair et la population, en très grande partie, applaudit à dix doigts, comme si ATT était fortement « attendu au tournant » par le peuple Malien. A moins de cinq semaines des élections, la sanction divine a frappé aux portes du palais de Koulouba et le prince qui y vivait n’y est plus.
En effet, Amadou Haya Sanogo et ses hommes sont sous pression internationale et doivent aller vite pour remettre le pouvoir aux civils. La CEDEAO hausse le ton et menace d’intervenir avec force, si le CNRDRE refuse leur proposition de retour constitutionnel dans un bref délai. Si ce coup d’état est salué par un nombre important de maliens, les militaires ont d’autres défis à relever : la garantie de la sécurité des populations et l’organisation rapide des élections. Le capitaine Amadou Haya Sanogo se doit de mettre rapidement un gouvernement en place pour une transition de très courte durée. Le peuple l’observe !
Si chaque chose a son temps, chaque temps a sa chose.
Par le Shérif
    du   29 mars 2012.    

MALI : ATT, du fond de son trou, boit son petit lait

Jamais une junte n’a été aussi isolée que celle qui a renversé le président malien Amadou Toumani Touré. Amadou Sanogo, le chef du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE), et ses hommes sont plus que jamais voués aux gémonies. Tels des indésirables, ils sont présentés comme des fossoyeurs de la démocratie malienne plutôt qu’en redresseurs de tort comme ils veulent le faire croire. Car, outre les multiples condamnations qui fusent de partout, dans le monde entier, les putschistes doivent désormais faire face à une fronde interne soutenue par les principaux leaders de la classe politique malienne. En effet, pas plus tard que le 26 mars dernier, de nombreux Maliens (un millier s’il vous plaît) ont pris d’assaut les rues de Bamako pour exiger le départ immédiat et sans condition du capitaine Sanogo et sa bande du pouvoir.
De quoi troubler le sommeil de ces « fantassins » qui croyaient pourtant qu’en alléguant la mollesse et le laxisme du président ATT face à la rébellion touareg et aux multiples prises d’otages d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ils s’attireraient sans coup férir la sympathie de l’opinion malienne et internationale. Que nenni ! Et l’étau semble se resserrer davantage autour d’eux puisque, réunis en session extraordinaire à Abidjan en Côte d’Ivoire, les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) les a enjoints de quitter sans délai le pouvoir sous peine de sanctions militaires et pécuniaires. Un unanimisme sans précédent qui, s’il est suivi d’actions concrètes, pourra rehausser l’image de marque de la CEDEAO qui dame d’ailleurs le pion à sa sœur puinée, c’est-à-dire l’Union africaine, réputée pour son indolence et son impéritie.
Et c’est pourquoi, acculée et coincée jusqu’à l’étroit, la junte qui fait feu de tout bois pour légitimer son pouvoir, appelle les rebelles touaregs à déposer les armes et à venir autour de la table de négociation. C’est à ne rien comprendre. On perd parfois le nord à vouloir suivre la logique de ces prétoriens qui, non seulement confirment par-là qu’ils sont arrivés au pouvoir par défaut, mais semblent aussi manquer d’intelligence politique à tout point de vue. On s’attendait de fait à ce que ces derniers jouent les Zorro en se jetant sur le casse-pipe des dunes pour en découdre avec les rebelles touaregs ; ATT, comme ils le disent, ayant fait la preuve de son incompétence en privilégiant une solution négociée. Mais le constat est tout autre. Une chose est de prendre le pouvoir, une autre est de savoir s’assumer, surtout quand on se fait passer pour un Don Quichotte.
Et c’est sans doute, le président ATT, du fond de son trou jusque-là tenu secret, qui s’en trouvera réconforté de voir que ses contempteurs, ceux-là mêmes qui l’accusent de tous les maux, n’ont pas mieux fait que lui. Bien au contraire, ils auront contribué à enliser la crise. De toute évidence, le compte à rebours semble avoir commencé pour la junte malienne qui gagnerait, pendant qu’il est encore temps, à négocier, la queue entre les jambes s’il le faut, une sortie honorable, en gardant toujours à l’esprit que, comme le dit la sagesse, tout ce qui vient par la flûte s’en ira un jour par le tambour.
Boundi OUOBA

Sahel sous les projecteurs de l’Occident: les alibis d’une intervention militaire

La scène sécuritaire dans cette région s'est considérablement détériorée avec le retour de l'opposition malienne menée par le Mouvement national de libération de l'AzawadLa scène sécuritaire dans cette région s’est considérablement détériorée avec le retour de l’opposition malienne menée par le Mouvement national de libération de l’Azawad
Les ingrédients d’une ingérence étaient déjà présents avec Al Qaîda, les réseaux de la contrebande et les narcotrafiquants…
Le coup d’Etat au Mali était-il l’élément manquant du puzzle, pour ainsi donner raison à une intervention militaire occidentale dans cette région hautement sensible? Tout porte à croire que c’est réellement le cas avec ce coup d’Etat qui intervient à moins de deux mois de l’élection présidentielle au Mali.
C’est en tout cas ce que pensent des stratèges bien avertis. Les ingrédients d’une ingérence étaient déjà présents avec les réseaux terroristes affiliés à Al Qaîda au Maghreb, la contrebande et les narcotrafiquants, notamment avec la prolifération des armes en provenance de Libye, ce qui a d’ailleurs permis aux Etats-Unis d’envoyer des équipes militaires, à tort ou à raison, sur ce territoire encore sous le contrôle de la rébellion, pour redresser la situation et récupérer les armes qui circulent dans toute la région, le Sahel compris. La scène sécuritaire dans cette région difficile à maîtriser s’est considérablement détériorée avec le retour de l’opposition malienne menée par le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla).
C’est justement sous prétexte que le gouvernement malien ne fournissait pas suffisamment de moyens pour combattre ce mouvement suspecté même d’avoir des liens avec Al Qaîda, une raison de plus pour inciter une ingérence étrangère, que l’armée malienne décide de renverser le pouvoir. Ce dernier, qu’on a toujours accusé de regrouper des responsables corrompus, manquait d’autorité, comme rapporté par la revue l’Observateur, qui interrogeait le directeur du Centre d’études des mondes africains Pierre Boilley, lequel souligne que «l’armée est aussi bien équipée que le Mnla mais a l’impression de ne pas être soutenue, de ne pas être tenue au courant de ce qui se passe, de perdre du terrain et se trouve commandée par une hiérarchie militaire de hauts gradés qui sont pour la plupart d’entre eux assez corrompus». Maintenant, en l’absence d’une stratégie, avec le vide politique et une désorganisation de l’armée, on peut s’attendre au pire.
Beaucoup d’observateurs s’accordent à dire que cette situation sera mise à profit pour une intervention étrangère et que de toute façon, rapporte encore la revue, citant Philippe Hugon, chercheur à l’Iris, qui soutient, «je ne vois pas très bien comment ils peuvent tenir s’ils restent isolés et sans beaucoup d’expérience. Ils auront besoin d’alliances». Alors que certains parlent tout simplement d’affrontements interethniques. Ce qui n’est que la face visible de l’iceberg, peut, en effet, constituer des alibis pour la France qui a déjà un pied au Sahel et les Etats-Unis, pour décider d’envoyer leurs troupes militaires dans la région. Ça ne sera certainement pas pour des raisons purement sécuritaires, mais surtout pour des ambitions d’intérêts sachant que cette zone désertique est riche en ressources.
Jusqu’à présent, l’Algérie qui appelle à un retour à l’application de la Constitution, connaissant bien la situation réelle dans le Sahel et les enjeux géopolitiques et stratégiques, a réussi à freiner toute ingérence en pesant de tout son poids, avec des solutions politiques, malheureusement rompues à cause d’un manque de volonté du pouvoir malien, ont fait remarquer des spécialistes. L’Algérie est intervenue, notamment, par la création d’un centre de coopération commun de lutte contre la criminalité organisée sous toutes ses formes, regroupant les pays du Sahel.
Cependant, avec la situation qui prévaut actuellement au Mali et non loin de ses frontières, l’Algérie est appelée à déployer d’autres moyens. En ce moment, on parle d’un retour au calme trés précaire, a-t-on noté, car si les auteurs du putsch n’arrivent pas à redresser la situation et en l’absence d’une stratégie, on assistera à la naissance d’une seconde Somalie. A qui donc aura profité ce coup d’Etat?.