mardi 9 novembre 2010

Niger : La Haute Cour de justice de la Cedeao ordonne la libération de Tandja


NDLR: La CDEAO prouve encore son mépris à l'égard des Touaregs en demandant la libération du bourreau de Tchintabaraden en 1990 et de la région d'Agadez en 2007-2009. Il est auteur des milliers d'exactions des civils Touaregs innocents dont le sort n'a jamais émut aucune organisation internationale fut elle africaine..Elle oublie aussi dans quel état ce sinistre personnage a plongé le Niger en violant la constitution et en niant la famine qui faisait des dizaines des milliers des morts, surtout des femmes et des enfants, juste à la frontière avec le Nigeria où siège l’injuste CEDEAO !!La détention de l’ancien chef de l’Etat nigérien, Mamadou Tandja, depuis son renversement en février 2010 par les militaires, a été jugée illégale, ce lundi , par la Haute Cour de justice de La communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest(Cédéao).




La depeche Diplomatique
Afrique

 « Il semblerait que les droits de l'homme aient été bafoués dans le cas de Tandja. Cette juridiction décide par la présente qu'il doit être remis en liberté", a affirmé selon lenouvelobservateur.com, le magistrat Awa Nana Daboya devant la Cour de justice de la Cédéao dont le siège se trouve à Abuja, au Nigéria.

La famille de Tandja obtient ainsi gain de cause, après qu’elle a procédé à la saisine de cette juridiction pour protester contre la détention illégale de l’ex –président par les militaires réunis autour du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD). Présentement, l’ancien homme fort de Niamey est détenu en résidence surveillée dans une villa avoisinant le palais présidentiel.


Mardi 9 Novembre 2010

dimanche 7 novembre 2010

Tanakra - L'éveil (Omar MOKHTAR) - Temoust.org | Le portail du peuple touareg berbère Kel Tamasheq

Tanakra - L'éveil (Omar MOKHTAR) - Temoust.org Le portail du peuple touareg berbère Kel Tamasheq
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Tanakra - L’éveil (Omar MOKHTAR)
samedi 6 novembre 2010
Tous les faits relatés dans ce livre, Tanakra (l’éveil) sont réels mais Abarad, son personnage principal n’existe pas. Ce personnage fictif résulte de l’existence de plusieurs Touaregs dont les chemins se sont, à l’occasion, croisés. Il incarne le parcours suivi par de nombreux jeunes de sa génération. A la croisée de plusieurs mondes, des plusieurs pays, de plusieurs cultures, il cherche sa voix, trace son propre chemin.

vendredi 5 novembre 2010

KEL ASSOUF:Sortie de leur premier album le 19 Novembre:"TIN HINANE "

KEL ASSOUF:

Sortie de leur premier album le 19 Novembre:
"TIN HINANE "

Le groupe bruxellois de musique touarègue et métissée Kel Assouf sort son premier album
«Tin Hinane» sur le label Igloo Mondo.
Avec des musiciens venus de Mauritanie, du Ghana, de France, du Mali et d’Algérie, et à l’image
de la ville de Bruxelles où il évolue, Kel Assouf rassemble et mélange sonorités et influences
autour du chanteur et guitariste touareg Anana Harouna. Celui-ci compose pour le groupe des
chansons en langue Tamasheq (la langue touarègue) sur des rythmes de blues du désert.
Ses textes décrivent notamment les conditions de vie et la réalité politique du peuple touareg
dans le grand désert du Sahara, la rébellion que cela a pu engendrer et ses conséquences. En
parallèle, Kel Assouf veut aussi diffuser un message de paix et d’unité pour les peuples, et
pour la (re)construction de l’Afrique. Ce premier album original est d’ailleurs dédié à Tin Hinane,
l’ancienne reine des touaregs qui a su unir les peuples berbères au-de-là des frontières.
La guitare a joué un rôle majeur pour porter les revendications des droits du peuple touareg
durant la rébellion des années 90. Les autres musiciens de Kel Assouf viennent enrichir cette
musique de rythmes reggae, de jazz, de rumba, de salsa... tout en préservant un bel équilibre
entre tradition et fusion.

Aboubacar Harouna (Anana), guitare, chant


Dia Youba, guitare basse, guitare


Esinam Dogbatse, flûte, pandeiro


Mahassa Walet Amoumene, voix, choeur


Olivier Crespel, guitare


Hakem Abdelwahab, karkabou, choeur


Agbekpenou Komlan, batterie, calebasse, percussions

Concert de sortie à la Tentation le 19 novembre à 20h00
Rue de Laeken, 28 - 1000 Bruxelles
http://www.latentation.org/

Contact Promo: SOWAREX asbl•153 bld Léopold II 1080 Bruxelles •T: 32 2 5389001 begin_of_the_skype_highlighting 32 2 5389001 end_of_the_skype_highlighting• F: 32 25385796

C.Gillaerts +32 475 41 35 19 begin_of_the_skype_highlighting +32 475 41 35 19 end_of_the_skype_highlighting • E-mail: info@sowarex.be • www.igloorecords.be

Réalisé avec le soutien du Ministère de la Communauté française-Arts de la Scène-Service musique


KEL ASSOUF
Management:
Simon THERER


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myspace.com/kelassouf
kelassouf.com


Booking:


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cathy@silex.net

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IDH 2010, le NIGER encore en queue du peloton

IDH 2010, le NIGER encore en queue du peloton

Le PNUD publie l'indice de développement humain 2010
(Belga)

L'indice de développement humain (IDH) 2010, une mesure composite de la santé, de l'éducation et du revenu de 169 pays, a été publié jeudi par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dans la 20e édition de son rapport intitulé "La vraie richesse des nations: les chemins du développement humain".
La Norvège, l'Australie et la Nouvelle-Zélande sont placées en tête de classement tandis que le Niger, la République démocratique du Congo et le Zimbabwe occupent les dernières positions. Le premier Rapport sur le développement humain a été publié en 1990 et présentait l'IDH nouvellement mis au point. Son postulat visait à mesurer le développement national, non pas seulement en termes de croissance économique mais également en termes de progrès dans les domaines de la santé et de l'éducation, mesurables pour la majorité des pays. Pour cette nouvelle édition de l'indice, le PNUD a utilisé des données et des méthodologies qui n'étaient pas encore disponibles dans la plupart des pays en 1990. Le revenu national brut par habitant remplace notamment le produit intérieur brut par habitant. La Belgique occupe la 18e position de ce classement entre l'Islande et le Danemark. Le pays fait donc partie des 42 états dont le développement humain est considéré comme très élevé par le rapport. (MDP)

jeudi 4 novembre 2010

Mali / taisez vous les jeunes !

Jeudi 4 novembre 2010 4 04 /11 /2010 17:58


Mali / taisez vous les jeunes !

Suite à la création du MNA au Nord-Mali (Mouvement National de l’Azawad), une déferlante d'injures éclabousse ce regroupement de jeunes de divers horizons. Il me semble que leur simple but (le MNA) est de participer au développement effectif de leur région laissant aux partis politiques "classiques" le soin de prendre en charge ces revendications au niveau "national". L'avenir de ces pays passe par une jeunesse politisée, motivée, jeunesse qui ne doit pas être stigmatisée du seul fait qu'elle ne s'exprime pas dans un style "politiquement correct". Ci joint un article délétère de Maliweb et une réponse à ce même article.

Pellet Jean-Marc



Sur Maliweb :
Naissance du Mouvement National de l’Azawad à Tombouctou : Nouvelle rébellion ou chantage?

Depuis plusieurs semaines, des messages circulaient sur le Net pour inviter les uns et les autres à un Congrès des jeunes du Nord, dans la ville de Tombouctou. La date de ce forum (le 1er novembre) a même été communiquée.
L’Etat du Mali a laissé faire et la rencontre a eu lieu le jour indiqué, parrainée par le Président de l’Assemblée régionale de Tombouctou, Mohamed Cissé. C’est bien après l’ouverture officielle que Bamako a donné instruction au Gouverneur de la 6ème région de disperser les congressistes et d’arrêter leurs leaders. Ce qui explique l’incarcération de Mossa Ag Achartmane et d’Aboubacrine Mohamed Ag Fadhil, les deux principaux organisateurs. Conséquence: les jeunes se sont retrouvés dans un quartier périphérique de la ville pour poursuivre leurs travaux, sanctionnés par une déclaration dite «Fondatrice du Mouvement National de l’Azawad (MNA)». Et la télévision du Qatar, Al Jazeera s’est fait l’écho de ce mouvement dans son édition de 23 heures du lundi 1er novembre. Nous étions parmi les ampliataires du document, un pronunciamiento qui rappelle les périodes tristes des années 1990. A vrai dire, ce texte est d’inspiration fractionniste et sécessionniste. Présenté comme un parti politique, le MNA doit être immédiatement dissous, en raison du cadre ethnique et régionaliste qui enveloppe ce courant. Le discours d’exclusion, de marginalisation et d’injustice dont serait victime le Nord-Mali est galvaudé, puisqu’aujourd’hui Bamako est résolument engagé à développer cette partie du pays, avec moult programmes sectoriels et un programme spécial de 32 milliards de FCFA que le pouvoir s’apprête à injecter en deux ans.
En clair, il n’existe aucun discours pouvant justifier aujourd’hui une nouvelle rébellion. La création de ce mouvement ne peut-être que de l’ordre du chantage. Le gouvernement devra désormais être ferme sur toutes les questions de sécurité, de rébellion ou de banditisme. Sinon, avec le pétrole qui s’annonce dans le grand désert de Tombouctou, au revoir l’unité et l’indivisibilité du territoire, si chères à tous les Maliens.

Chahana Takiou

******************** Réponse :

Le souffle nauséabond des peshmergas ! (en réponse à l’article de Chahana, voir maliweb du 4.11.2010)

De l'avis de tous les initiés à la chose politique au Mali, les articles relatifs (précisément celui de Chahana Takiou paru ce matin) à la création du MNA constituent un exemple tout à fait symbolique et représentatif d'une paranoïa exacerbée. A défaut de pouvoir la traiter, il ne serait pas inutile de méditer sur cette pathologie, sans cesse entretenue par les flagorneurs et les laudateurs du régime, et les journalistes-mercenaires soucieux de leurs privilèges qui feignent d'ignorer la réalité des choses dans le Nord Mali. Ils refusent de voir que le pouvoir d'achat est anéantie, que l’insécurité est résiduelle et prend des proportions chaque jour encore plus inquiétante incitant toujours plus de jeunes à intégrer ces groupuscules de la mort au péril de leurs vies...

Ces journalistes corrompus aux abois en qui s'installe imperceptiblement l'angoisse d'une fin de règne voit des comploteurs partout alors qu'ils sont en réalité les premiers sinon les seuls responsables de la déformation de l’information et de l'impasse politique et de la dérive mafieuse qui gangrènent la vie publique. Ils appuient et justifient le faux et diabolisent la moindre forme de contestation.

Si ce sont des Kayesiens ou Sikassois qui s’organisent pour dénoncer, on parle d’opposition, si c’est une partie de Gao ou Ansongo, on parle de milice armée et si ce sont des touaregs, arabes et sonrai, on parle de rébellion… cette typologie cynique, c’est vous qui l’avez inventé, vous scribouilleurs véreux et non le MNA qui parle au nom de tous les maliens vivant au Nord, vivant dans l’Azawad qu’ils soient juifs ou bouddha, noirs, blancs ou jaunes !

Je ne pourrai être plus éloquent que ces « maliwebiens » qui vous ont répondus ce matin en ces termes :

« Monsieur Takiou, vous savez très bien que ces 32 milliards, comme d'autres, ne serviront qu'à gonfler les comptes bancaires des barons de Bamako. Aux régions auxquelles ces appuis ont été attribués, il sera servi des discours, des ateliers et forums facilités par des hauts cadres venus de Bamako en grosses cylindrées et qui empocheront des perdiems de 390 jours pour une année qui n'en compte que 365 ! C'est ça que vous appelez "projets de développement" ? Mon œil ! Si vous avez des leçons à donner, allez les donner à ceux qui pensent qu'ils peuvent développer le pays avec des ateliers et des forums. De Léré à Ménaka et de Bourem à Tessalit vous n'avez pas 1 km de route carrossable, alors que des autoroutes et des tramway sont programmés ailleurs, pourquoi pas Bourem-Kidal ?... Le nord à besoin d'infrastructure. Une route bitumée Gao-Kidal-Tamarasset qui va débloquer définitivement le problème du nord. Les gens ont besoin plus d'eau que de pétrole ».

La réalité crève les yeux ici ! mais vous n’êtes jamais là pour la sonder au quotidien ! Vous vous limitez aux scribouillages des chargés de la communication des ministres ou lors des déplacements organisés pendant lesquels on vous achète à vil prix pour reproduire fidèlement ce que l’on vous dicte.

… Mais la réalité est toute autre…

A Tombouctou, Gao et Kidal, la stabilité n’a toujours été que précaire. Car sous les cendres dorment les braises. Et ça il faut avoir le courage de le reconnaître. Il y a des questions de fond que nous contournons, une réalité que l’on préfère ne pas regarder en face. Aujourd’hui, des communautés se regardent en chien de faïence, d’autres se livrent à une bagarre sans merci, encadrées par des forces occultes. Et chaque fois que nous sommes dos au mur, et les projectiles verbaux ou solides volent dans tous les sens, une seule échappatoire : la politique de l’autruche !

Tout cela se passe sans que l’Etat bien au courant de l’implosion en gestation ne se pipe mot alors que les enfants de la Nation s’entretuent sur l’autel des calculs politiciens. Il laisse faire. C’est après tout 1/3 de « terre inutile ». Sauf que les données changent avec le pétrole qui se fait sentir à Taoudéni. Cette fois aussi, on a choisi l’amalgame. On a entretenu et pactisé avec les trafiquants de drogue. Une gangrène qui mine la jeunesse qui s’essaie à sniffer cette substance hallucinante tout en se lançant dans cette activité hyper lucrative. A coté de ce désastre juvénile, nous avons une armée cloitrée dans les villes (Tombouctou, Ber car le camp d’Inokinder a été déserté) qui souffre de la gabegie et ne disposant pas des équipements nécessaires ni les moyens et l’engagement exigés…

La Vérité Tranchante

AFP - Cinq morts dans un "accrochage" avec Aqmi au Mali (armée mauritanienne)

AFP - Cinq morts dans un "accrochage" avec Aqmi au Mali (armée mauritanienne)




NOUAKCHOTT, 4 nov 2010 (AFP) - Un "accrochage très violent" a opposé mercredi Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) à une tribu arabe de Tombouctou, dans le nord du Mali, faisant quatre morts dans les rangs d'Aqmi et un au sein de la tribu, a affirmé jeudi à l'AFP une source militaire mauritanienne.

Cet incident a été démenti par le Mali et par un porte-parole de la communauté arabe de Tombouctou.

"L'accrochage très violent a eu lieu à plus de cent kilomètres au nord-est de Tombouctou. Des hommes d'une tribu arabe de Tombouctou ont attaqué une bande de criminels (d'Aqmi) et en ont tué quatre", a affirmé la source militaire mauritanienne, ajoutant qu'un des membres de la tribu avait été tué.

Selon cette source, "il s'agit d'une revanche préparée apparemment par des hommes de cette tribu depuis quelque temps", l'un des leurs, un lieutenant-colonel de l'armée malienne, ayant été assassiné par Aqmi à la sortie d'une mosquée.

L'état-major de l'armée malienne a démenti cette information, de même que l'Association des arabes de Tombouctou. "C'est faux", a déclaré à l'AFP Mohamed Ould Katara, porte parole de l'Association, interrogé depuis Bamako.

En revanche, des sources militaires maliennes dans le nord, ainsi qu'une source sécuritaire étrangère dans cette région, ont indiqué qu'un "sous-traitant d'Aqmi a échappé à une arrestation dans une opération menée par une bande armée non formellement identifiée" qui a fait "un mort du côté de la bande armée".

L'armée mauritanienne est fortement présente dans la région de Tombouctou d'où "elle suit le mouvement des terroristes" dans le cadre de sa stratégie des "frappes anticipées" menées pour "empêcher l'infiltration des criminels sur (le) territoire" mauritanien, a précisé la source militaire mauritanienne.

"Nous sommes prêts à intervenir à n'importe quel moment contre ces criminels qui se retranchent de plus en plus dans les montagnes et osent rarement sortir de leurs repaires" a-t-elle ajouté.

L'armée mauritanienne a mené en juillet et septembre des opérations contre des unités d'Aqmi dans le nord du Mali où elles sont actives.

hos-sd/stb/cr
AFP 041457

Les Touaregs : Seigneurs du désert ou boucs émissaires ?

NDLR:qu'est ce qui a changé depuis??
Les Touaregs : Seigneurs du désert ou boucs émissaires ?

Posté par Touareg le 10/8/2009 1:26:14
photo:Seydou Kaocen Maïga avec le president nigerien Salou Djibo

Seydou-Kaocen MAIGA

Chargé des Relations Extérieures (l’Internationale Touarègue)
http://bellaciao.org/





Les récents affrontements entre les Forces Armées Maliennes et les terroristes de l’Aqmi dans le Sahara, a démontré que ce phénomène de terrorisme dans le nord mali est à prendre au sérieux, d’autant plus que cette fois-ci l’Aqmi promet la guerre ouverte aux militaires Maliens.

De tout cela, il faut en tirer des leçons.

En effet, l’armée malienne est face à un ennemi « imprévu », déterminé, et à la hauteur de sa cruauté, car l’Aqmi utilise les mêmes méthodes que les armées Nigériennes et Maliennes utilisent contre les civils Touaregs : assassinats, exécutions sommaires…

Quand il s’agit de traquer et tuer des civils Touaregs ou Maures (Arabes), l’armée Malienne sait s’y prendre, mais quand il s’agit de poursuivre et combattre un ennemi pour la sécurité du Pays, ils manquent d’inspiration.
Nul ne peut accepter le massacre perpétré par l’Aqmi dans les rangs de l’armée Malienne, mais il faut savoir qu’en ce monde, il y a et il y aura toujours une Justice. A force de tuer des innocents nomades, on retrouve sur son chemin une organisation qui a fait du crime sa vocation, et qui peut rivaliser (avec les armées du Niger et du Mali) en terme d’atrocités.
Ce qui nous inquiète c’est que depuis la signature des accords d’Alger, rien n’a été fait pour rendre la Paix effective, viable et définitive au Mali ; et aujourd’hui on voit un regain d’intérêt pour les Touaregs, afin de les utiliser pour combattre le terrorisme.
La sécurisation et la gestion des nord Niger et Mali a toujours été le souhait de la communauté Touarègue, dans le respect de la loi Républicaine, mais cela n’est pas le souhait de Bamako ou Niamey. Pour exemple, je prendrais le cas du Niger où sur une dizaine de gouverneurs de régions, aucun Touareg ne figure, il en est de même des Directeurs de grandes sociétés nationales (Cominak, Somaïr, Sonichar, Sonidep, Nigelec, Sonitel…), du commandement militaire ! C’est là, le point de départ des inégalités sociales, et le principal alibi des rébellions à répétition.
Les différentes rebellions sont des piqures de rappel, afin que les régimes successifs se souviennent de la Question Touarègue dans les différents Pays, de l’Injustice qui dure depuis les indépendances, et de réduire l’écart entre le nord et le sud du Pays.
Les Touaregs, sont un instrument de propagande folklorique, ou cette-fois-ci, de combat contre le fléau terroriste, dont les états semblent redouter l’impact sur leurs armées.
Bahanga, qu’on caricature à tout vent comme « l’ennemi public numéro 1 », n’a-t-il pas démontré qu’il était soucieux de l’intégrité territoriale Malienne, en donnant une véritable leçon à l’Aqmi en 2006 ? Et pourtant, le fait qu’il soit Touareg, et militant de l’autodétermination, lui a attiré toutes les foudres des opinions de la capitale Mandingue.
Il y va de l’intérêt de tous, que les populations locales Touarègues, Songhais et Maures, soient associées au combat contre le terrorisme, et cela conformément aux lois et règlements nationaux et internationaux.
Ainsi, tout travail de coopération avec les populations autochtones Touarègues, ne doit souffrir d’ambigüité, car il fut un moment, où ces mêmes Touaregs sont qualifiés de terroristes, et aujourd’hui on identifie clairement les terroristes comme étant les salafistes, et les Touaregs, comme le bouc émissaire pour combattre ces derniers.
Mais entre temps, on a oublié que Bamako a armé une milice Arabe pour faire le sale boulot. Et voila qu’on se rend compte à Koulouba, qu’on a peut-être armé les soutiens locaux de l’Aqmi, et que ces mêmes milices refusent catégoriquement de déposer les armes.
Le même scénario est en train de se reproduire au nord Niger, où les Arabes (maures), ont monté une milice qui a emprisonné six (06) civils Touaregs dans le Talak, sous prétexte de défendre leurs intérêts économiques menacés par un groupe de bandits armés issus des fronts (MNJ, FPN) qui ont signé une Paix sans condition avec Tandja. Et d’ailleurs, il n’y a pas que les Arabes qui ont été victimes de ce banditisme, des Touaregs en ont fait les frais ! Donc même s’il y a de « vrais bandits », il faut éviter la prolifération de milices qui sera favorable à la circulation des Salafistes dans le Sahara, du nord Mali vers le nord Niger, même si cela pourrait avoir comme conséquence de forcer Tandja de reconsidérer sa position, et d’intégrer à son tour 10.000 jeunes Touaregs, comme veut le faire ATT.
A mon point de vue, on veut utiliser les Touaregs pour combattre l’Aqmi, non pas pour les aider à être réintégrés, mais pour les envoyer au front anti-terroriste, et donc de les sacrifier en quelque sorte, sur l’autel de la République, pour la Patrie (qui ne les as Jamais reconnus). Mais ce qu’ignore Koulouba, les Touaregs combattront n’importe quel adversaire avec Détermination.
Si la volonté de Bamako d’intégrer les Touaregs était sincère, elle aurait dû intervenir bien avant les événements sanglants où des dizaines de soldats sont tombés sur le champ d’honneur face à l’horreur terroriste.
C’est encore une autre occasion de rappeler ce en quoi la Paix n’est pas le souci de nos dirigeants, qui obéissent plus aux exigences du moment (combattre l’Aqmi, et libérer ses otages), ou du besoin ponctuel de sécurité au nord Mali-Niger, plutôt qu’à une stratégie réfléchie qui doit aboutir à une Paix durable, qui est le souhait des populations autochtones Touarègues.

Faut-il le rappeler haut et fort ? : aucune Paix dans le Sahara ne sera effective, sans la participation des populations Touarègues, qui en sont les maîtres incontestés de tout temps?

 
Une volonté d’éradication du terrorisme, doit se traduire tout d’abord par une volonté de Paix véritable dans le nord Niger et Mali. Une intégration sérieuse des ex-rebelles dans des corps militaires et paramilitaires, sans compter un réajustement des effectifs de la fonction publique, proportionnellement aux composantes ethniques, afin que tous s’y retrouvent et que le sentiment d’exclusion disparaisse avec les rebellions répétitives. Oui la proportionnelle !
Cela semble utopique, mais c’est une des voies sans lesquelles, une Paix durable ne sera possible. On ne peut pas continuer à dire aux Touaregs qu’ils sont égaux aux autres ethnies du Niger ou du Mali, si leur représentation au niveau des organes de décision est insignifiante. Qu’il s’agisse de postes ministériel, responsabilité militaire, jusqu’au plus petit poste administratif, il faut que chaque ethnie soit représentée, même si cela doit passer par une politique de quotas. Il faut des leviers législatifs qui obligent les dirigeants à plus de Justice et d’Equité, gages de stabilité, d’Unité nationale, de Cohésion sociale et donc de Paix, pour un développement véritable et durable.
Tout cela relève d’un effort de Bonne Gouvernance, d’autant plus qu’au niveau international, la loi existe déjà, et demande qu’à être appliquée et respectée.

Ainsi, des articles 1èr au 5 de la Déclaration des Nations Unies sur le Droit des Peuples Autochtones, nous lisons :

Article premier

Les peuples autochtones ont le droit, à titre collectif ou individuel, de jouir pleinement de l’ensemble des droits de l’homme et des libertés fondamentales reconnus par la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme(4) et le droit international relatif aux droits de l’homme.

Article 2

Les autochtones, peuples et individus, sont libres et égaux à tous les autres et ont le droit de ne faire l’objet, dans l’exercice de leurs droits, d’aucune forme de discrimination fondée, en particulier, sur leur origine ou leur identité autochtones.

Article 3

Les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel.

Article 4

Les peuples autochtones, dans l’exercice de leur droit à l’autodétermination, ont le droit d’être autonomes et de s’administrer eux-mêmes pour tout ce qui touche à leurs affaires intérieures et locales, ainsi que de disposer des moyens de financer leurs activités autonomes.

Article 5

Les peuples autochtones ont le droit de maintenir et de renforcer leurs institutions politiques, juridiques, économiques, sociales et culturelles distinctes, tout en conservant le droit, si tel est leur choix, de participer pleinement à la vie politique, économique, sociale et culturelle de l’État.

(Source : http://www.un.org/esa/socdev/unpfii/fr/drip.html)
En lisant ces articles, on se croirait dans un autre temps, et pourtant NON !
Cette déclaration des Droits des Peuples Autochtones du 13 Septembre 2007, doit être connue de tous, afin qu’on sache qu’il y a désormais une alternative à la lutte armée.
Si nos états acceptent d’honorer leur engagement de respecter ce texte, il y a tous les éléments à même de garantir aux autochtones quels qu’ils soient, de jouir de droits que leurs reconnaissent le concert des Nations démocratiques.
Ainsi, nous pourrons espérer, qu’au lieu de faire recours aux armes, les Touaregs défendront leurs droits reconnus par les Nations unies par la voie légale, mais nous n’en sommes pas là, car aussi bien le Niger que le Mali boudent cette déclaration alors même qu’ils l’ont signée. Paradoxal !
Ce qui est sûr, c’est que grâce à cet instrument universel qu’est la déclaration des droits des Peuples Autochtones, beaucoup d’autochtones du Canada, et d’Amérique latine ont été réhabilités, et des conflits évités, même les multinationales se sont inclinées.



Niger, Moussa Tchangari : « Difficile d’accepter la présence de soldats français »


Niger, Moussa Tchangari : « Difficile d’accepter la présence de soldats français »
Le 31 octobre 2010, les Nigériens ont été appelés à un référendum sur le nouveau projet de Constitution présenté par la junte au pouvoir depuis le 18 février 2010. Cette première étape doit permettre le retour de la démocratie au Niger. C’est l’occasion de revenir sur ces mois de « transition militaire », marqués par une sévère crise alimentaire et par le retour de l’armée française dans ce pays hautement stratégique pour la France.

Entretien avec Moussa Tchangari, secrétaire général de l’association Alternative Espaces Citoyens et membre du Conseil consultatif national.
Billets d’Afrique - A quelques heures du référendum constitutionnel au Niger, quel regard portezvous sur la conduite de la transition depuis le coup d’Etat ?

Moussa Tchangari - Nous sommes à une étape cruciale, puisque après le référendum constitutionnel, nous entamerons la préparation des scrutins pour les élections locales, législatives et présidentielles. La junte va organiser les élections comme elle s’est engagée à le faire. Tout le monde semble ériger la tenue des élections comme étant le premier critère pour évaluer la réussite de la transition elle-même. Qu’elles soient libres et transparentes, et quels que soient les résultats qui sortiront des urnes, pour la majorité des parties prenantes du processus – les bailleurs, les partis politiques, la junte – l’essentiel est que ces élections aient lieu. Je ne suis pas d’accord avec ce genre de raisonnement.

Il faudra apprécier la qualité de la transition en fonction des résultats. Même si le projet de constitution qui est soumis au vote, est certainement meilleur que les constitutions précédentes, au Conseil consultatif, nous sommes resté un peu sur notre faim. En effet, une partie des propositions majeures que le Conseil consultatif national a faites ont été rejetées par la junte. Le droit de pétition pour les citoyens leur permettant d’initier des projets de lois, ou la possibilité pour des citoyens d’attaquer des textes de lois devant la Cour constitutionnelle, la saisine par voie d’action directe, tout cela a été retiré du texte final par les militaires.

Le type de cadre démocratique qu’ils ont en tête ne correspond pas forcément à ce que nous voulons.

Est-ce que cela aurait pu se passer différemment si le processus avait été mené par une assemblée constituante ?Bien sûr. Les militaires n’ont pas voulu passer par l’étape de la constituante. Ils sont restés sur leur première idée, c’est-à-dire la mise en place d’un comité de rédaction des textes fondamentaux, puis la soumission de ces textes au Conseil consultatif national pour lecture et proposition d’amendements.

La junte aurait pu accepter le projet d’une assemblée constituante, mais cela ne correspondait pas aux intérêts de certaines forces, particulièrement les bailleurs internationaux et les partis politiques nigériens, pour qui il fallait surtout que le processus de transition se déroule rapidement.

Pour eux, l’objectif principal de la transition était surtout que les élections se tiennent rapidement. Pourtant, la démarche de constituante aurait pu être un bel exercice pour le Niger. Nous aurions pu nous passer du régime de transition militaire et réaliser une transition telle que prévue dans la constitution de 1999. Mamadou Tandja avait fini son mandat au moment du coup d’Etat, c’est la Cour Constitutionnelle, qu’il avait auparavant dissoute, qui aurait pu assurer un intérim pour organiser l’élection d’une assemblée constituante.

Les partis politiques nigériens n’étaient pas favorables à cette solution, et même parmi les forces sociales beaucoup ont préféré applaudir le coup d’Etat et suivre les orientations de la junte.

Comment apprécier la place donnée à la société civile dans le processus de transition ?C’est assez faible finalement. Quelques personnes ont été désignées pour diriger des institutions de transition comme le Conseil consultatif national, d’autres personnes comme nous ont été cooptées pour en faire partie, mais cela ne traduit pas forcément une influence de la société civile. Il faut bien voir que tous les pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire..) sont détenus par la junte, même le gouvernement ne représente pas grand-chose, le premier ministre n’est pas chef du gouvernement. De même, le Conseil consultatif ne peut discuter que sur les questions dont il est saisi, il ne peut pas décider de lui-même ce dont il va débattre. L’ordre du jour des discussions est décidé par le président du CSRD (Conseil suprême pour la restauration de la démocratie, intitulé de la junte), qui décide également de la durée des discussions.

Je n’estime pas que la société civile joue un grand rôle. Prenons l’exemple du projet de Constitution issu du Conseil consultatif, ce projet était assez consensuel, il aurait pu être accepté intégralement par la junte, mais ils l’ont changé, ils ont enlevé ce à quoi la société civile tenait le plus, à la demande des partis politiques, minoritaires au sein du Conseil consultatif national.



En début de transition, la junte avait annoncé vouloir revenir sur les méthodes de gestion des sociétés nationales ainsi que sur les relations avec les compagnies minières. Une série d’audits avait été annoncée. Qu’en est-il actuellement ?Il n’y a vraiment rien de sérieux, ils ont mis en place une commission de moralisation, mais c’est du déjà-vu pour les Nigériens et on sait que ça ne sert à rien et qu’ils n’obtiendront pas de résultats significatifs par ce moyen.

Ils auraient pu engager des vrais audits avec des cabinets indépendants et revenir sur la gestion de l’Etat sur dix ou vingt ans, que ce soit des entreprises ou de certaines entités étatiques. Ils ont préféré la mise en place d’une commission de moralisation, qui interpelle des responsables de sociétés d’Etat et autres sur la base des travaux d’inspection faits précédemment. Même si des personnes ont été arrêtées, les plus gros dossiers ne sont pas touchés, les enquêtes ne sont jamais allées au fond. Sur la question des permis, mis à part le fils de Tandja et un ancien ministre qui ont été arrêté, d’après des informations déjà largement diffusées publiquement, le travail n’a pas eu lieu jusqu’à maintenant.

Et l’enquête sur la compagnie minière Semafo des mines d’or de Samira ? Un travail a été fait par les parlementaires, mais aucune décision n’a été prise ni sur ce dossier, ni sur un autre. Ils auraient pu en profiter, dans ce cas précis, pour renégocier le contrat, mais je ne pense pas que ce soit cela qui les préoccupe en ce moment. Je n’ai rien vu dans ce domaine là, personne n’a touché aux positions des compagnies minières pour le moment.

Quelques personnes ont été arrêtées, mais cela ne suffit pas. Au Niger, tout le monde sait qui vole, qui pille et certains sont libres de se promener. On ne les a jamais appelés au niveau de la commission. Il n’y a pas de volonté d’assainir tout cela.

Les associations travaillant sur la surveillance des activités minières ont-elles été sollicitées par cette commission ?Dès que la liste des membres a été connue, beaucoup de Nigériens ont été sceptiques. Certains de ses membres sont connus de la population pour avoir été mêlés aux « affaires », la question se pose de savoir s’ils sont qualifiés pour faire partie de cette commission ?Toutes les personnes avisées ont tout de suite compris que rien ne se ferait. Cette commission n’a aucun rapport avec l’ITIE (Initiative pour la transparence des industries extractives), dont le Niger est signataire.

Chaque fois qu’il y a un coup d’Etat, ou un changement de régime, on met toujours en place ce genre de commission pour faire l’état des lieux et enquêter sur la gestion des précédentes autorités. Cela n’a jamais donné aucun résultat significatif. De toute façon, dans le cas présent, la commission n’a pas la capacité de décider ce qu’elle va regarder, elle regarde où la junte lui dit de regarder. Elle ne va pas décider d’elle-même d’enquêter sur les mines d’or ou sur Areva.

Le Niger a été touché par une grave crise alimentaire cette année. Comment la situation a-t-elle été gérée par les bailleurs et le pouvoir en place ?
Le régime militaire a reconnu dès son arrivée qu’il y avait une situation grave, ils ont lancé un appel à la communauté internationale. Après le régime précédent qui niait l’existence de crises alimentaires. un problème, c’est déjà ça. Mais il aurait fallu véritablement mettre en oeuvre les moyens pour remédier à la situation.

La communauté internationale n’a pas réussi à mobiliser toute l’aide promise. Certaines actions ont permis d’atténuer un peu les souffrances, mais nous avons tout de même perdu près de la moitié du cheptel et les populations ont extrêmement souffert. La gestion de cette crise montre que l’Etat n’a pas fait d’effort extraordinaire, et la crise n’est pas finie, il faut maintenant reconstituer le cheptel, et avoir de bonnes récoltes, les gens sont lourdement endettés. Mais même une bonne récolte une année ne résout pas le problème : cela doit interpeller sur la nécessité de prendre au sérieux la question de la souveraineté alimentaire.

Nous avons organisé un grand forum pour interpeller les pouvoirs publics sur leur devoir de garantir le droit à l’alimentation et de réaliser la souveraineté alimentaire, du 16 au 18 octobre 2010. Nous avons bien sûr invité les autorités actuelles mais personne n’est venu. Les politiques ne semblent pas montrer beaucoup d’intérêt pour ces questions, même si le gouvernement en place a dit qu’il allait organiser un forum international sur la sécurité alimentaire.

Quel est votre avis sur le déploiement important de forces militaires françaises, au Niger et au Burkina Faso, à la suite de l’enlèvement de sept employés d’Areva ?
Pour moi, c’est très grave. C’est très difficile pour moi d’accepter le fait que l’armée française débarque ici. Ils sont venus dans un premier temps pour préparer une intervention militaire, mais très vite ils ont changé de stratégie et préféré négocier, on se demande alors pourquoi ils ont déployé tous ces éléments ici.

C’est très grave que les pays sahéliens, acceptent le déploiement d’une force étrangère, sous prétexte de lutter contre le terrorisme, alors qu’en fait il s’agit de prendre le contrôle du pays, c’est tout !

Cette présence est en lien avec d’autres enjeux, notamment ceux liés à l’exploitation des ressources naturelles. On ne devrait pas accepter cela. Avant les Français, les Américains avaient déjà leur projet pan-Sahel, ce que l’on constate c’est que les Français cherchent à reprendre le contrôle sur ce terrain-là avec la Mauritanie comme tête de pont pour les interventions. La lutte contre Al- Qaïda est une prétexte pour militariser toute la zone, il s’agit plutôt d’une compétition pour accéder aux ressources et les sécuriser. C’est inacceptable, après cinquante ans d’indépendance, d’assister au retour en force de l’armée française sur ce terrain ! C’est une honte !

Le gouvernement ne devrait pas accepter cela, la lutte contre ces groupes-là devrait être l’affaire de nos propres forces armées. Cela remet en cause gravement la souveraineté de nos pays.

Après le déploiement des militaires français au Niger, il y a eu très récemment des arrestations de membres de la junte – tous des militaires de haut rang. Comment analysez-vous cet événement ? Peut-on faire un lien avec la venue des forces armées françaises ?
Vous le faites vous-même ! Même vous, vous pensez qu’il peut y avoir un lien entre les deux choses et beaucoup le pensent ici également parce que le Niger est un pays stratégique très important pour la France. On sait qu’Areva a eu beaucoup de difficultés à un moment pour obtenir la signature du contrat d’Imouraren, ça a été très difficile. Si la situation permet à la France d’avoir une présence militaire renforcée ici, évidemment c’est important, pas seulement pour lutter contre le terrorisme, mais aussi pour contrôler plus étroitement le pays et reprendre les choses en main. Si au sein de la junte il y avait des éléments favorables et d’autres moins favorables à cette présence, cela peut expliquer les arrestations ; en tout cas, beaucoup ici le pensent. Ce n’est pas à un pays étranger de venir s’installer pour faire le maintien de l’ordre chez nous et assurer la défense de notre pays. Rien ne peut justifier cela.

Entretien réalisé par Danyel Dubreuil, le 30 octobre 2010
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4 novembre 2010 par Danyel Dubreuil, Moussa Tchangari
Thèmes :Pillages des ressources Niger,Pillage de l’or, Areva,Terrorisme, Armée française.

mercredi 3 novembre 2010

mouvement national de l'Azawad.3gp

03/11/10
IMIDIWAN - L'émission de novembre est écoutable et podcastable !
1 heure d'émission mensuelle sur l'actu des musiques du Sahara, animée par Sedryk (créateur de Tamasheq.net).

Avec, au programme, Inerane, Houria Aïchi, In Gall (ethno), Faris Amine Botazzi, Umm Mekiya, un portrait d'Abdallah Oumbadougou et enfin, la découverte en avant-première de l'album d'Amanar !
Ecoutez ici :
Ou sur tamasheq.net

Répression au Premier Grand Congrès de la Jeunesse du Nord à Tombouctou au Mali.

Répression au Premier Grand Congrès de la Jeunesse du Nord à Tombouctou au Mali.
Occitan Touaregs





J'annonçais il y a quelques jours la tenue d'une réunion de jeunes Maliens à Tombouctou.
Il semble que la démocratie ne soit pas encore de mise au pays de ATT, le Pharaon.
Deux des principaux organisateurs, Ag Acharatmane et Aboubacrine Mohamed Fadil sont en prison.
Pour plus d'infos merci de passer sur leur site.
Suite à ce déni de démocratie, un ami me fait le plaisir de s'exprimer afin de crier son mécontentement.
Voici sa lettre :

« Le 1er Novembre, les thuriféraires du Pharaon, ont reçu de leur maître, l’ordre de faire du bruit… afin de couvrir la complainte sépulcrale des opprimés. Le Palais a lâché ses crieurs et ses scribes, prompts à l’anathème. Personne ne manquait à l’appel.
Le réseau de la forfaiture s’est refermé comme d’habitude autour d’une vérité qu’on étouffe. Mais la victime est increvable ; même foulée aux pieds, enterrée, elle ne consent pas à se taire.
Alors les littérateurs de service ont élevé leurs clameurs vers les cieux, emplissant l’air d’opprobre et d’invectives contre les morts et les vivants parmi les Justes. En vain. L’innocence assassinée est loquace. Elle parle beaucoup et sa voix porte loin. Elle hante le sommeil du bourreau. Elle témoigne chaque jour contre l’orgueil éphémère de Pharaon et le silence résigné des autres.
Non, l’innocence assassinée n’aime pas l’oubli ; elle nous oblige au souvenir. Certains se sont réfugiés dans l’amnésie volontaire, d’autres, la conscience tourmentée, se détournent du passé proche, non sans quelque pudeur. Nous, nous n’avons pas le choix. Nous (Ag Acharatmane et Aboubacrine Mohamed Fadil) sommes liés par une éthique bien simple. Elle nous dicte de prendre systématiquement parti pour ceux que l’humiliation écrase, les abonnés permanents de la torture, ceux sur lesquels la loterie de l’exécution arbitraire déploie ses fastes sinistres.
Pharaon et les siens s’émeuvent de notre engagement. Ils nous objectent avec cynisme l’unité nationale, l’ordre public, bref cet argumentaire grossier où pointe l’ambition de perpétuer l’iniquité sur la promesse d’un nouveau départ. Notre réponse est là, et ne souffre aucune nuance : il n’y a pas d’intérêt supérieur de la Nation qui tienne lorsque l’autorité attente à la vie des citoyens.
Patrie, cohésion sociale, mots insupportables dans la bouche du bourreau, chape de plomb, dalles de censure coulées sur un tombeau qui s’agite et gronde. Oui, le mort innocent a suivi l’ornière de son cousin, le déporté. Il est apatride. La terre le rejette. Le sol n’en peut plus de contenir ces vagues de cadavres sans noms, qui réclament linceul et sépulture. Les fosses se plaignent de la promiscuité macabre, l’herbe ne pousse plus là et, d’ailleurs, les nuages ont déserté les cieux. Frère de l’Azawad, le sable indiscret accuse l’ignominie des hommes. Il continue à exhumer les preuves. Cette vérité neuve éclate chaque jour comme un défi à la figure des dénégateurs et des sceptiques.
Mais rien n’a changé. Quelque part dans ce pays, un père, la gorge noyée par le sanglot, scrute l’horizon carnassier où la silhouette de son fils vient de s’évanouir pour toujours derrière le cliquetis des menottes. Demain la mère ira aux nouvelles. Si elle ne pleure pas assez, elle ne sera pas écoutée, si elle gesticule trop, elle risque l’arrestation. Tel est le dilemme sous le règne de Pharaon.
D’autres cœurs desséchés attendent encore le réconfort d’une justice qui tarde à venir. Des tombes trop pleines continuent à s’ouvrir. La honte enfouie, se déverse et submerge les digues du secret. Les courtisans de Pharaon glapissent toujours. Les jours s’écoulent ainsi… Mais seule la vérité est éternelle. »

Aziz

lundi 1 novembre 2010

La déclaration fondatrice du Mouvement National de l'Azawad

La déclaration fondatrice du Mouvement National de l'Azawad

Écrit par tagalift n azawad Lundi, 01 Novembre 2010 17:39

Nous, les fils du peuple de l’Azawad réunis dans la ville historique de Tombouctou du 31 octobre au 1 novembre 2010, avons exposé en totalité les défis auxquels fait face depuis plus de 50 ans l’Azawad. La tragédie que ce peuple a vécu de par son passé et l’étape cruciale qu’il traverse aujourd’hui sur tous les plans que ce soit politiques, économiques et sociales ; et par la marginalisation et l’exclusion dont il est victime, l’état de siège et l’encouragement de leur déplacement et la violation des terres sacrées par des individus étrangers, tout cela dans le silence total et le soutien de certaines personnes qui mènent une politique anti-azawadi et instaurée depuis 50 ans dans l’Azawad. Le monde est témoin des actes posés.

Le Congrès constatant que :

l’Azawad est devenu aujourd’hui un espace de conflit et d’influence entre des pays qui ont l’œil sur leurs intérêts et les groupes extrémistes. Quant aux Azawadis, ils se trouvent tout simplement entre le marteau et l'enclume de ces groupes qualifiés de terroriste,
l’Azawad est devenu l’objet des interventions régionales et internationales chacun selon ses intérêts et son agenda propre, situation dans laquelle aucun rôle n'est reconnu pour le peuple de l’Azawad, excepté le rôle de spectateur impuissant observant la dénaturation de leur terre et de son image et la spoliation de leurs richesses de la part du gouvernement et des compagnies internationales, qui ont signés des contrats avec lui sans qu’il sache la nature de ces contrats et en l’absence totale de toute représentativité réelle du peuple de l’Azawad ou de consultation qui reflètent leur position au sujet de se qui se passe sur leur terre,
Déplorant la souffrance que notre peuple subit depuis des décennies et en réponse vivante des fils de la nation soucieux et défenseur de leur identité nationale menacée d’extinction,
Exprimant la continuité de la lutte des ancêtres par leurs fils et l’observance des valeurs humaines universelles et enfin, tenant compte des enjeux de la politique de développement détaché de nos réalités.
Nous déclarons aujourd’hui la naissance d’un Mouvement National de l’Azawad « MNA » qui est une organisation politique de l’Azawad qui défend et valorise la politique pacifique pour atteindre les objectifs légitimes et pour recouvrer tous les droits historiques spoliés du peuple de l’Azawad.
Il lance un appel à tous les fils de l’Azawad sans regarder leur appartenance sociale et géographique pour rejoindre ce mouvement tout en mettant en exergue l’importance de l’unification des rangs et la libre parole, ainsi que la position politique, et faire des efforts dans le but de concrétiser les objectifs nationaux recherchés et chacun selon sa position et son domaine.
Le Mouvement National de l’Azawad déclare qu’il adopte la voie de l’action politique et légale pour recouvrir tous les droits et rejette la violence sous toutes ses formes et condamne le terrorisme sous toutes ses formes, soit celui de l’Etat ou celui des individus. Il déclare sa détermination à mettre l’accent sur la nécessité de faire la distinction entre le terrorisme et la résistance légitime du peuple pacifiste de l’Azawad.
Il invite l’Etat du Mali à la reconnaissance totale des droits historiques du peuple de l’Azawad et à la réponse pour à résoudre le problème de l’Azawad de façon pacifique et définitive.
En outre, le Mouvement National de l’Azawad « MNA » tend la main de la fraternité, de l'amitié et de la coopération à tous les pays frères et amis qu’il accueille et aspire à des relations de coopération efficace avec tous les pays et les peuples du monde, ainsi que tous les organismes internationaux, gouvernementaux et non gouvernementaux.
Le Mouvement National de l’Azawad « MNA » invite toutes les institutions et les compagnies ayant contractées dans la région de l'Azawad à la nécessité de revoir ce contrat parce qu’il a été signé sans le consentement préalable des autochtones comme la loi internationale le stipule.

Movement National de l'Azawad


Tombouctou le 01/11/2010

Arrestation de Mossa ag achrataman et Boubacar ag Fadil par les autorités malienne.

La tenu du congrès de la jeunesse du nord du mali à Tombouctou a été marqué dans la journée d’hier par l’arrestation de Mossa ag achrataman et Boubacar ag Fadil par les autorités malienne.



Photo:Mossa Ag Acharatamane

Malgré cette mesure d’intimidation incompréhensible au sein d’un état de droit, la rencontre s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui à 10 h GMT.

Mossa ag acharatman et Boubacar ag Fadil ...sont toujours détenus par la police qui compte les transférer à Bamako au mépris des droits de l’homme et de libertés fondamentales dans une démocratie.



Considérant cette grave atteinte aux libertés et au droit des associations au Mali, nous collectif euro-saharien pour la paix appelons le gouvernement malien à mettre tout en œuvre pour libérés les militants de la jeunesse du nord Mali et mettre fin aux intimidations des forces de l’ordre dans cette région.

Mauritanie:Négociations sécrètes avec le gouvernement ?

Négociations sécrètes avec le gouvernement ?
http://www.pointschauds.info/fr/modules.php?name=News&file=article&sid=3999


La Mauritanie serait actuellement engagée dans d’intenses négociations secrètes pour trouver une solution au cas des otages français enlevés au cours de la nuit du 15 au 16 septembre dernier au Niger et qui seraient retenus en captivité dans l’extrême Nord- Est du Mali. Des contacts ont été établis avec leurs ravisseurs qui appartiennent à AQMI. Un scénario se dessine déjà pour leur libération et consiste à les troquer avec les assassins des touristes français condamnés récemment à la peine capitale par la chambre criminelle du tribunal de Nouakchott.

L’information a été révélée la fin de la semaine dernière, par le site d’information continue en Ligne, Sahara Media. Le site, citant des sources dignes de foi, rapporte que le conseiller du président de la République, Mohamed El Mokhtar Ould Mballa, s’était rendu plusieurs fois à la prison civile de Nouakchott afin de rencontrer le trio reconnu coupable de l’assassinat des touristes. Le faqih les aurait rencontré séparément et était venu leur proposer de renoncer à leurs idées extrémistes du Jihad contre une amnistie totale, seule manière de les tirer d’affaires.

Des tractations serrées, dont l’aboutissement et le dénouement semble plus que jamais urgent, avec le cas de la femme otage malade, souffrant notamment de cancer.

Au cours des derniers jours, le président français, Nicolas Sarkozy et son homologue mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, ont eu un entretien téléphonique, dont la teneur n’a pas été officiellement divulguée.

L’ambassadeur de France en Mauritanie, Michel Vandepoorter, a également transmis, dans la même semaine, au président mauritanien un message du chef de l’Etat français, mercredi dernier, au cours d’une audience au Palais de la République.
Message dont la présentation de la teneur comme « ayant trait aux voies et moyens de renforcement des bonnes relations entre les deux pays » est restée dans la pure tradition de la langue de bois et du non-dit.

Une intense activité diplomatique entre Paris et Nouakchott par rapport à laquelle les officiels ne disent rien ou presque rien sur le fond. Et que les adeptes de la lecture entre les lignes et autres spécialistes des signaux diplomatiques tentent de décrypter en la liant au contexte sécuritaire national et sous-régional sahélo-saharien.

La cour criminelle de Nouakchott a condamné pour la deuxième fois Maarouf Ould Haïba et Sidi Ould Sidna à la peine de mort, au même titre que le grand émir Khadim Ould Semane. Un verdict en guise d’épilogue judiciaire de l’affaire des combats du centre émetteur, qui tombe quelques mois après l’arrêt de la même teneur concernant l’assassinat des touristes français.

Une semaine après, on note la tenue d’un colloque visant à élaborer une Stratégie Nationale de Lutte contre le Terrorisme (SNLT), qui apparait quelque part comme un retour à l’option gouvernementale du traitement de la question terroriste par la négociation.

Emissaire officiel nocturne

La semaine dernière, l’agence Sahara Médias a donc fait état de l’ouverture de discussions entre des milieux proches du pouvoir et détenus condamnés à la peine capitale.

Cette nouvelle semble se confirmer avec plusieurs sources concordantes faisant état d’une visite rendue à Sidi Ould Sidna, Mohamed Ould Chabarnoux et Marouf Ould Haïba, par l’érudit Mohamed Mokhtar Ould M’Balle, conseiller du président de la République.

D’autres parlent d’un déplacement du ministre de l’orientation islamique et de l’enseignement originel, Mohamed Ould Neiny.

Le conseiller du président aurait rencontré séparément les détenus proposant un renoncement public au terrorisme et un repentir qui, logiquement, serait suivie d’une amnistie et d’une libération.

Celle-ci ferait partie justement des exigences d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) pour relâcher leurs sept otages.

Ce problème, une fois résolu, le paiement de la rançon deviendrait un simple jeu d’enfants.

La France semble pousser dans cette direction.

Parallèlement à cette activité de la diplomatie secrète, le contingent mauritanien qui se trouvait au Nord du Mali est rentré au bercail marquant une trêve dans la guerre contre le terrorisme. Certains estiment que son retrait s’inscrit dans le cadre des exigences d’AQMI.

Si cette thèse se confirme, la Mauritanie aurait entrepris de prendre contact avec les salafistes en prison pour ne pas donner l’impression que leur libération est faite sous pression étrangère. D’autant plus que les autorités nationales avaient provoqué beaucoup de bruit lorsque le mali avait accepté de libérer des gens accusés d’appartenance à AQMI, mais qui n’ont pas de sang sur les mains.



Cheikh Sidya
Rmibiladi



dimanche 31 octobre 2010

12 Girls band _ Dun Huang

Ma Xiao Hui ,the most famous erhuist in the world

Référendum constitutionnel pour valider la transition au Niger

Référendum constitutionnel pour valider la transition au Niger

par Abdoulaye Massalaatchi

NIAMEY (Reuters) - Les Nigériens étaient appellés ce dimanche à ratifier par référendum une nouvelle Constitution visant à ouvrir la voie au retour à un régime civil d'ici le printemps 2011.
Les frontières de ce pays enclavé du pourtour sahélo-saharien ont été fermées le temps de la consultation, organisée quelques semaines après l'arrestation par la junte militaire au pouvoir de quatre officiers supérieurs accusés d'ourdir un nouveau coup d'Etat.
"C'est un jour exceptionnel. Je viens d'accomplir mon devoir avec l'espoir que la 7e République sera pour le Niger un nouveau départ vers la création d'un système démocratique porteur de stabilité et de progrès", a déclaré, après avoir glissé son bulletin dans l'urne, le général Djibo Salou.
Cet officier préside le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) qui a renversé en février le président Mamadou Tandja, désavoué par ses compagnons d'armes et rendu très impopulaire pour ses tentatives visant à perpétuer son pouvoir.
Le général Salou s'est attiré les faveurs de la communauté internationale et des bailleurs de fonds du Niger en s'engageant à rendre le pouvoir aux civils d'ici avril 2011.
Le scrutin de dimanche, entouré d'un dispositif de sécurité important, s'inscrit dans un processus électoral qui culminera par l'investiture, d'ici au printemps prochain, du successeur civil du général Djibo et le retour des militaires nigériens à la caserne.
La Loi fondamentale soumise à référendum prive le chef de l'Etat des prérogatives nouvelles que s'était arrogées Mamadou Tandja avant sa déposition. Elle a aussi pour ambition d'améliorer la gouvernance de la filière de l'uranium, le Niger étant notamment le premier fournisseur de ce minerai stratégique de la France, l'ancienne puissance coloniale.
Le CSRD espère dimanche un taux de participation d'au moins 70% après la consigne de boycottage du référendum lancée par des groupes et associations musulmanes, très influents dans ce pays, qui estiment que le texte proposé néglige l'islam.
Le projet de Constitition officialise en effet la séparation de l'Etat et de l'islam dans ce pays à 98% musulman.

En cas de victoire du "oui", la nouvelle Constitution garantira l'immunité aux putschistes de février et s'engage à ce que la junte provisoire remette ses pouvoirs d'ici le 6 avril 2011, date à laquelle le nouveau chef de l'Etat doit prendre ses fonctions.

Version française Jean-Loup Fiévet

samedi 30 octobre 2010

Tinariwen "Chet Boghassa"

Tinariwen - live in Leuven (6)

Mali-Mauritanie-Niger : Al Qaïda monte les enchères

Mali-Mauritanie-Niger : Al Qaïda monte les enchères

GABONECO
photo:Aqmi

vendredi 29 octobre 2010



L’Elysée envisage de retirer ses soldats d’Afghanistan en 2011. Selon le ministre français de la Défense, Hervé Morin, qui en a fait l’annonce hier jeudi à Paris, cette intention n’a aucun lien avec les menaces actuelles d’Al Qaïda.
En tout cas, la confirmation que c’est bien l’ennemi public numéro un des Occidentaux qui pilote l’affaire des otages du Sahel nigérien ne peut que plonger Paris dans l’embarras. Car la question se pose de savoir si vraiment la France est en mesure de répondre favorablement aux exigences de Ben Laden et de son organisation. Comment donc parvenir à sauver les otages sans renier les principes et valeurs chers à l’Occident, et prendre le risque de s’attirer les foudres des alliés qui combattent en Afghanistan au nom des mêmes intérêts ?
Un vrai dilemme pour le président Sarkozy qui doit à la fois résoudre les conflits sociaux qui divisent la France, et reconquérir l’électorat mécontent. Après des mois d’attente, la France connaît à présent les exigences d’Al Qaïda, le parrain d’AQMI qui a enlevé les 7 otages en question.
Dans un message diffusé mercredi dernier sur la chaîne de télévision Al-Jazira, Ben Laden s’en est pris directement à la France qu’il invite à retirer ses troupes d’Afghanistan. Le chef d’Al Qaïda va plus loin en désignant l’Hexagone comme étant une cible légitime pour les islamistes et ce, depuis l’adoption de la loi interdisant le port du voile intégral, la burqa.
L’ascendance d’Al Qaïda sur AQMI signifie que le dossier est encore plus corsé qu’on ne l’avait pensé. Reste à savoir si les revendications contenues dans le message de Ben Laden aux Français sont réalistes. Le niveau des revendications paraît, en effet, fort élevé. La barre a été placée très haut sans doute en vue d’embarrasser les autorités françaises qui étaient dans l’attente. Elles doivent à présent se trouver coincées, d’autant que le message met en évidence un véritable conflit de valeurs. « Si vous exercez l’oppression et jugez qu’il est de votre droit d’interdire aux femmes libres de porter le voile, n’est-il pas de notre droit de pousser au départ vos hommes envahisseurs en leur tranchant la tête ? », dit le message.
En parvenant dans des conditions rocambolesques à enlever des otages en plein Sahel, Al Qaïda a confirmé qu’il est effectivement à même de nuire partout et à tout moment aux intérêts français. Aussi n’hésite-t-il pas à lancer une mise en garde à la France à laquelle il reproche en particulier son implication militaire en Afghanistan dans ce qu’il qualifie de « maudite guerre de Bush ».
Il s’agit pour le chef d’Al Qaïda d’une « injustice à l’égard de la nation islamique ». Maintenant que les revendications des ravisseurs sont connues, que va faire la France ? Peut-elle envisager des actions en oubliant qu’en plus des otages du Sahel, deux journalistes de France 3 croupissent depuis bientôt un an (304 jours) dans les geôles afghanes ? Mais peut-on vraiment croire que l’Elysée acceptera d’abroger une loi aussi controversée que celle de la burqa ? Il faut tout de même reconnaître que les marges de manœuvre des autorités françaises sont bien réduites. On sait le contexte sociopolitique national fort perturbé. Le pays est divisé ces derniers temps par des conflits sociaux ayant pour source un train de mesures dont la fameuse loi sur l’âge de départ à la retraite. C’est dire que face à Al Qaïda, Sarkozy aura bien du mal à abdiquer. Autrement dit, il sacrifiera difficilement les grands principes, les valeurs fondamentales de la république (liberté, droits de l’homme, etc.).
Par ailleurs, la France sait qu’il faut ménager les alliés, les Américains notamment. Le président Obama a des soucis en cette période électorale. Il lui faut sauver le peu qui lui reste du Congrès, et par ricochet, redorer son mandat présidentiel. Sarkozy n’a donc aucun intérêt à remuer le couteau dans la plaie par ces temps de tsunami politique et économique. Car, en dépit de tout, la France ne manque pas d’atouts. Elle passe en effet pour le pays occidental le plus islamisé. Et la diplomatie française, l’une des plus vieilles et des plus expérimentées au monde, a aussi ses forces. Elle réside dans la solidité de ses liens historiques avec les pays arabes, son accueil de nombreux réfugiés dont un grand nombre de leaders musulmans très influents. Des carnets d’adresses qui ouvrent bien des portes, et permettent au finish de modérer les ardeurs de l’adversaire. Enfin, le passé instruit. Et il faut se demander si tout ce cirque médiatique ne finira pas un jour par l’incontournable solution discrète du paiement de rançons. On reprendra alors les spéculations sur la réalité des faits, l’ampleur du montant versé, les pertes et les gains au change, l’identité réelle des différents intervenants et le lieu des transactions. Les otages, eux, auront peut-être déjà recouvré la liberté, du moins ceux qui auront eu la vie sauve. Pour l’heure, il va falloir attendre que les principaux acteurs de la situation prennent langue, et trouvent ensemble une porte de sortie honorable, et surtout réconfortante pour tous. Quant aux Africains, ils semblent aujourd’hui dépassés par la tournure des événements. A leur corps défendant, ils devront attendre de voir venir. Car, avec Al Qaïda, les enchères ne pourront que monter, monter.