mercredi 17 mars 2010

Le Sahel dans le collimateur occidental


International -monde.
L'Humanité
Le Sahel dans le collimateur occidental

Le risque d’intervention de Bruxelles et (ou) Washington, sous couvert de lutte contre le terrorisme, suscite un sommet des ministres des Affaires étrangères des pays du Sahel à Alger.
La rencontre des chefs de la diplomatie des sept pays du Sahel – Algérie, Mali, Mauritanie, Tchad, Libye, Niger, Burkina Faso – hier à Alger devrait déboucher sur des « mesures, au plan bilatéral et régional, pour éradiquer » le terrorisme. « Les voies et moyens de la relance du développement économique au profit des populations de cette région » sont également au menu de cette réunion. La recrudescence des actes terroristes perpétrés par al- Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) – enlèvement de ressortissants européens dont trois espagnols, attaque contre un poste militaire dans l’ouest du Niger le 8 mars (25 morts) – fait courir le risque de voir le Sahel devenir une zone d’instabilité et un sanctuaire djihadiste pouvant conduire à une intervention occidentale.

L’ODEUR DE L’URANIUM
Or cette région renferme un immense potentiel pétrolier, gazier et minier (or, uranium) suffisant pour susciter l’intérêt croissant de Bruxelles quant à sa stabilité. Elle avait donné lieu à un débat lors d’une rencontre informelle des ministres de l’Intérieur de l’UE le 17 janvier à Tolède.

Antonio Camacho, secrétaire d’État espagnol à la Sécurité, a plaidé pour « la nécessité d’une politique européenne de sécurité au Sahel », indiquant que « l’Espagne ne prône pas uniquement une stratégie de lutte contre le terrorisme, mais aussi la mise en place d’une politique d’investissement qui permet de contrôler des régions qui ne sont parfois même pas contrôlées par leur propre gouvernement ». L’Espagne, qui préside l’UE, invite ainsi ses alliés à aller faire le ménage dans une zone que l’Aqmi chercherait à transformer en un nouvel Afghanistan. Qui plus est, la France, la Grande-Bretagne, mais aussi l’Espagne et l’Italie auraient mis au point un plan d’intervention à partir du Mali et du Tchad, où Paris est déjà présent militairement. En outre, selon le journal algérien Liberté de mardi, les services de renseignements de six pays de l’UE se seraient réunis à Niamey (Niger) pour coordonner leur stratégie sécuritaire. Les États- Unis (voir article ci-contre) ne sont pas en reste : ils n’ont pas renoncé à impliquer l’Algérie dans leur stratégie de « guerre contre le terrorisme ». D’où les craintes d’Alger – le pays a une frontière de 3 700 km avec quatre pays sahéliens – qui, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, avertissait que « le Sahel ne doit pas être surmédiatisé comme on tente de le faire un peu trop. Nous devons faire en sorte que les pays de la région gèrent eux-mêmes ce problème ». Ces craintes apparaissent d’autant plus justifiées que Washington, vite suivi par Paris, a inscrit l’Algérie sur la liste noire des 14 pays dont les ressortissants présenteraient un risque pour la sécurité des pays occidentaux. Plus inquiétant est le double discours des Européens. D’un côté, ils menacent d’intervenir dans cette zone mais, de l’autre, ils font pression sur des pays comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso, fragilisés par leur extrême pauvreté, afin qu’ils libèrent des prisonniers islamistes en contrepartie de la libération des otages européens détenus par l’Aqmi. C’est ce qui s’est passé pour le Français Pierre Camatte, libéré le 23 février après la remise en liberté par Bamako de quatre terroristes présumés dont deux algériens.

HASSANE ZERROUKY

Music stars line up to set South Africa 2010 off on right note





















Music stars line up to set South Africa 2010 off on right note
(FIFA.com) Wednesday 17 March 2010


FIFA and Control Room, a leading producer of global music events, today announced the first performing artists for the inaugural FIFA World Cup™ Kick-Off Celebration Concert. Alicia Keys, Amadou & Mariam, Angélique Kidjo, Black Eyed Peas, BLK JKS, John Legend, Juanes, Shakira, The Parlotones, Tinariwen, Vieux Farka Touré and Vusi Mahlasela will take to the stage at Orlando Stadium in Soweto/Johannesburg on the eve of the opening match of the first FIFA World Cup™ on African soil. Further talent announcements will follow.Billed as the greatest entertainment show to date in Africa, it will feature performances from major international musicians and African artists, as well as appearances by football legends past and present and celebrities from other fields. This historic music event will take place in front of a capacity stadium audience of 30,000 will be broadcast to hundreds of millions more worldwide. It is scheduled to begin at 20.00 local time (GMT+2) on 10 June.

“We are thrilled to have a concert of such magnitude and performing talent raise the curtain on the first FIFA World Cup in Africa. It is testament to the universal and unifying power of football and music, and will start the competition off on the right note – of celebration,” said FIFA Secretary General Jerome Valcke.

FIFA has selected Emmy Award-winning producer Kevin Wall and his company Control Room to organise and produce the concert. Control Room has masterminded some of the world’s biggest and most complex events, such as Live Earth 2007, which featured 150 artists performing on seven continents over the course of 24 hours to raise awareness of climate change.

“We believe sports and music transcend cultural, language and geographic barriers, and through the official FIFA World Cup Kick-Off Celebration Concert, we will present the sights and sounds of unity and celebration for an unforgettable, must-see experience,” said Wall.

All net proceeds from the concert will be donated to 20 Centres for 2010, the Official Campaign of the 2010 FIFA World Cup South Africa™, whose aim is to achieve positive social change through football by building 20 centres across Africa offering education and healthcare services as well as football training to disadvantaged communities.

Ticket informationTickets for this once-in-a-lifetime concert can be purchased as of today, either online at www.computicket.com or by telephone on (27) 083 915 8000. Tickets are priced at ZAR 450 (Outer Circle standing), ZAR 650 (Inner Circle standing), ZAR 850 and 950 (Upper Level seated), and ZAR 1,150 (Lower Level seated). Ticket prices include VAT, Computicket charges and Park & Ride for all ticketholders.

Découvrez la révélation de l'année Hindi Zahra




Visionnez le clip de son premier single "Beautiful tango" !



Entre ballades folk, soul urbain et blues du désert, Hindi Zahra, jeune chanteuse amazighe de France, explore, avec succès et nostalgie, la part de l’universel dans notre langue. Née à Khouribgha (Maroc), d’origine Berbère et Touaregs, Hindi Zahra fait vibrer une voix sans frontières et pleine d’émotions.

Sa musique est un blues ancestral, un jazz originel, une vibration orientale, où elle parle d’amour, de l’affirmation de soi, du monde et ce que ses rencontres lui inspirent. Ses chansons respirent la nostalgie de son pays, son envie d’être à la fois ici et ailleurs... Issue d’une famille d’artistes berbères qui compte parmi les plus célèbres d’entre eux le groupe Oudaden, sa mère et ses oncles l’initient à la musique traditionnelle du gnawa, à la folk de Dylan, au reggae de Marley, car oui autour d’elle toutes les musiques du monde résonnaient alors elle apprend et pratique avec les siens les rythmes ancestraux et les plus belles mélodies du répertoire Égyptiens.


Autodidacte, musicienne, auteur/compositeur, Hindi se retrouve dans la pluralité c’est ainsi que le magazine américain The Wire va jusqu’à la décrire comme la fille spirituelle de Django Rheinhardt et Billie Holiday... Autant dire qu’elle est sur le chemin d’une belle histoire musicale. Ce qui est important pour elle c’est la scène et toutes les rencontres musicales qui en découlent.

Elle a dernièrement fait fureur au festival Eurosonic (Pays - Bas) et bien qu’elle n’est pas encore d’opus à son actif, les scènes françaises et internationales la réclament : elle participera prochainement en France au festival GénériQ (3 dates) et au festival Chorus des Hauts-de-Seine ; à l’étranger : concert le 12 mars en tête d’affiche à ICA (Londres), festival Womad (Royaume Uni), Essaouira…. Hindi Zahra s’annonce être la révélation de 2010.

Après une Cigale de Paris complète le 15 février dernier, voici que la jeune chanteuse vient de programmer deux nouveaux concerts dans la capitale : elle sera les 31 mai et 01 juin au Bataclan de Paris et toujours en tournée dans toute la France.

Pour en savoir plus sur Hindi Zahra, visitez son MySpace officiel !

Après l’Afghanistan, le Sahel


L'Expression : 17 Mars 2010
Après l’Afghanistan, le Sahel

L’Algérie ne se satisfait pas d’avoir réussi à réduire sur son territoire le terrorisme. Elle est décidée à le poursuivre au-delà, en aidant les pays où il se «replie». C’est l’objet de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays du Sahel, qui s’est tenue hier à Alger. C’est également l’objet de la 27e session des ministres arabes de l’Intérieur tenue hier et aujourd’hui à Tunis. Medelci et Messahel à Alger, Zerhouni à Tunis. C’est dire que l’Algérie se dresse de toutes ses forces contre le terrorisme. Elle y met toute son expérience et la force de sa diplomatie. Elle y consacre beaucoup de ses moyens financiers et militaires. Il est clair que tant que subsiste une seule poche de cette criminalité organisée sur le moindre point de la planète, notre pays ne considérera pas sa mission achevée.
S’agissant du terrorisme, qui a installé ses «bases» au Sahel, notre ministre des Affaires étrangères avait, hier, dans son discours d’ouverture devant ses pairs de la région, toutes les raisons pour leur demander une «coopération franche» en mettant en exergue les «vertus de la loyauté».
En effet, on ne peut combattre un fléau qui touche toute une région sans une rigoureuse discipline et une solidarité sans faille de tous les pays concernés.
D’ailleurs et sans être devin, la réunion des pays du Sahel a été motivée par les derniers événements qui ont eu lieu récemment au Mali à l’avantage des groupes terroristes. Ces derniers ont réussi, avec l’aide de la France, à imposer leurs conditions et ont obtenu la libération de leurs acolytes détenus au Mali. Leur contrepartie a été de libérer un agent des renseignements français qu’ils avaient pris en otage.
Bon nombre d’observateurs n’hésitent pas à parler de «coup monté» par les services français.
Leurs arguments se fondent sur les deux déplacements en une dizaine de jours du ministre français des Affaires étrangères au Mali. Le premier voyage s’était soldé par un refus des autorités maliennes de céder au chantage des terroristes, avalisé par l’Etat français. Le second (le 13 février 2010) a dû être certainement plus «persuasif».
Il a même précédé le coup d’Etat au Niger de quatre jours seulement (le 17 février 2010). De là à penser que les autorités maliennes aient été sensibles au risque de «contamination» et aient pu avoir le sentiment d’avoir été entre le marteau et l’enclume, il n’y a qu’un pas que ces mêmes observateurs n’hésitent pas à franchir.
Revigorés d’avoir fait aboutir leurs exigences, les terroristes peuvent échafauder de nouvelles actions surtout si la rançon exigée en même temps que la libération des terroristes leur a été versée. Rien n’a filtré à ce sujet.
Quoi qu’il en soit, les Africains en général et les pays du Sahel en particulier, se doivent de mettre leurs forces en commun et ne compter que sur eux-mêmes pour se défendre contre toutes les formes de menace.
Toute «aide» d’un autre continent a son prix.
C’est d’ailleurs pour ce fameux «prix» que l’Europe a interdit à la Grèce, en pleine déconfiture, de demander l’aide de l’Amérique.
C’est cette discipline que gagneraient à adopter l’Afrique et l’ensemble des pays arabes.
Surtout quand on sait que le terrorisme afghan va bientôt être contraint de se «délocaliser».

Zouhir MEBARKI

NOUVEAU MESSAGE D’AL QAÎDA AU MAGREB «Les USA et la France veulent brûler le Sahel»


L'Expression - 17 Mars 2010
NOUVEAU MESSAGE D’AL QAÎDA AU MAGREB
«Les USA et la France veulent brûler le Sahel»

Le texte a été signé par un certain Abou Obaïda Youssouf, qui s’est présenté comme étant le chef d’Al Qaîda au Maghreb.


Curieusement, c’est au moment où se tenait hier à Alger une rencontre regroupant sept pays du Sahel : l’Algérie, la Mauritanie, le Mali, le Niger, la Libye, le Burkina Faso et le Tchad qu’Al Qaîda au Maghreb diffuse un enregistrement on line dans lequel elle menace les Etats-Unis et la France.
Dans son message, Al Qaîda met en garde également les pays du Maghreb contre les «traquenards que préparent les croisés contre ces pays».
Le message comporte, sous couvert de la religion, un testament en direction des pays qui luttent contre le terrorisme.
Il va sans dire que ce message ne contient rien sur le plan de la conviction en ce sens qu’il ressemble aux précédents.
De l’avis d’un spécialiste américain, Richard Halbrook: «Al Qaîda, a tout loupé à cause de sa brutalité excessive et subit désormais une formidable pression en raison de la perte de plusieurs de ses cadres.»
Le message est signé par un certain Abou Obaïda Youssouf, qui s’est exprimé au nom d’Al Qaîda : «Nous assistons aujourd’hui à une conférence et à des pressions sans précédent, exercées par les juifs et les Nazaréens sur le continent africain, en général et sur les Etats du Sahel plus particulièrement», est-il dit dans ce message qui attire l’attention des pays de la région sur le fait que les Américains et la France n’ont d’autre objectif que ceux «de faire de cette région un nouveau front de la croisade américaine contre l’Islam».
Une ruse par laquelle Al Qaîda a toujours tenté d’attirer la sympathie et l’attention des populations.
Le fait nouveau dans cette vidéo est cette tentative d’inscrire le rôle d’Al Qaîda au niveau de tout le continent africain.
«La France s’ingère militairement dans la région chaque jour un peu plus, et ils attendent que leurs suppôts apostats et agents traîtres essayent de satisfaire avec le plan dit l’Initiative militaire des pays du Sahel pour combattre le terrorisme», ajoute Al Qaîda dans ce message.
Il est clair que par ce message la nébuleuse souhaite l’arrivée des armées occidentales pour mettre à exécution sa menace, alors que l’on sait par des sources très au fait du contexte que cette organisation peine à trouver de nouveaux candidats au djihad. Les rapports établis par des stratèges avaient précisé que cette organisation a du mal à se redresser à cause de la pression qu’elle subit dans la région du Sahel, notamment de l’Armée algérienne.
En rappelant des faits d’histoire comme l’esclavagisme, Al Qaîda se découvre subitement parangon de vertu d’une organisation qui défend les Africains et lutte pour les bonnes causes.
Cette nébuleuse n’a-t-elle pas commis des crimes horribles contre des civils?
Faisant croire à une guerre qui va être déclenchée prochainement en Afrique et plus précisément dans la bande du Sahel, Al Qaîda veut défier des puissances présentes dans son imagination dans cette région : «Affronter face à face les moudjahidine est un pari perdu d’avance à voir ce qu’ils ont subi en Irak et en Afghanistan. Donc, cette alliance a opté pour la guerre par procuration.»
Selon Al Qaîda, cette alliance veut entraîner les peuples de la région dans une guerre contre les moudjahidine. «Il veulent brûler Bamako, Niamey et Ouagadougou pour épargner Washington, Paris et Londres.»

Ikram GHIOUA

Algerie :Cette société raciste qui n’aime pas l’amour en couleurs


Cette société raciste qui n’aime pas l’amour en couleurs
El Watan Edition du 26 juin 2009



Alors qu’Alger s’apprête à célébrer son identité africaine, El Watan Vendredi a recueilli les témoignages poignants de couples mixtes. Parce que vivre avec un/une Noir(e) en Algérie est un vrai défi. Enquête."Sa couleur a tout de suite fait l’objet du scandale dans ma famille conservatrice. On n’imaginait pas que je puisse épouser un Noir.


Nos traditions ne nous permettent pas de voir autre chose que le blanc ou le brun. » Maya, médecin généraliste à Alger, a rencontré son mari d’origine togolaise lors d’un voyage culturel à Genève en 2001. Ils vivent actuellement entre Alger et Paris pour des raisons professionnelles. Un bon compromis. Car pour eux, vivre à Alger aurait été invivable. Alors qu’Alger s’apprête à célébrer son identité africaine, comment se situe la société ? La galère vécue par les couples mixtes démontre que les Algériens se sentent Méditerranéens ou Maghrébins, mais sûrement pas Africains. « Je ne comprends toujours pas leur ressentiment à l’égard de mon époux. Même si, aujourd’hui, ils l’acceptent et que nos relations soient stables, il y a toujours dans l’air un malaise, un regard pesant lors des grandes réunions de famille », poursuit Maya. Issue d’une grande famille de l’Ouest, chez elle on ne se marie qu’avec l’accord du patriarche, et c’est lui qui décide quel homme la femme doit épouser. Alors, le jour où elle apprend à sa mère leur souhait de se marier, la mère, prise de panique, ameute les tantes et les cousines.

Pour elles, c’était « impossible, inconvenable ». Sa mère la menace même de la marier de force avec un cousin pour « étouffer » le scandale. « Mariée et respectée dans ma profession, je suis considérée comme le mouton noir de la famille jusqu’à présent. » Le cas de Hassina est tout aussi poignant. Elle est mariée depuis cinq ans à un Sénégalais. « Notre vie est magnifique, mais ce n’était pas le cas au début. J’ai vécu l’enfer en Algérie. A côté, les regards indiscrets des voisines étaient amusants. Au contraire, les insultes gratuites lancées en plein visage par des voyous de quartier étaient désagréables. Je ne pouvais le supporter. Un jour, on est allés fêter l’Aïd chez mes parents. Quand un voisin est venu aider pour le sacrifice du mouton, mon mari s’est approché pour lui donner un coup de main. Soudain, on ne sait comment, le voisin a fait un pas en arrière en lâchant le couteau. Mon époux a poursuivi le rituel sans que rien ne le déstabilise. Mon père a raccompagné le voisin un peu blême. Quand il est revenu, il a appris à ma tante qu’il ne supportait pas les Noirs parce qu’ils véhiculent des maladies ! » Et de poursuivre : « Même l’imam de mon quartier s’est opposé à notre union. Pourtant, Ahmed est musulman, en l’occurrence ça ne devait pas poser de problème… » Fazil Guetrane, sociologue, connaît bien le problème des couples mixtes. « En Algérie, l’individu qui emprunte la voie de la mixité est contraint de quitter son groupe d’origine.

Du moins, c’est ce qu’on voudrait lui faire croire. La vérité est qu’on ne se détache pas de la personne qu’on a été, on s’enrichit avec ce que l’autre nous offre. » Rencontrée dans un café de la banlieue algéroise, Lydia, traductrice dans une firme internationale et mère d’une petite fille, porte sur son visage les marques de son histoire. Elle s’est séparée de Jean, un homme d’affaires nigérian, en 2006. « J’ai cédé à la pression de la société. Je suis musulmane, il est chrétien. Pour ma famille, c’était un outrage. Mon oncle, qui était mon tuteur à l’époque, n’a même pas pris en considération le fait que Jean voulait se convertir pour moi. Il disait vouloir le faire même sans conviction. J’étais prête à accepter et à partir avec lui. Mais les derniers mois de notre relation, mon oncle m’a mariée de force avec un homme que je n’aime pas. Aujourd’hui, je regrette de ne pas avoir suivi Jean, le consentement d’une personne est une notion abstraite qui pèse lourd sur la conscience. » Ce douloureux dilemme est aussi vécu par les hommes. Pour Chafik, qui a également épousé une Noire, les difficultés sont apparues après le mariage. « Nadège est mon idéal féminin. On a trois enfants et nous vivons à Alger depuis une dizaine d’années. Je l’ai rencontrée à une réception, elle était belle, grande et éblouissait ses interlocuteurs. Un coup de foudre qui a conduit à une belle union. Je ne voyais pas qu’elle était Noire ou Congolaise. Je voyais juste la femme de ma vie », s’enthousiasme-t-il.

Fazil Guetrane voit dans cette compatibilité affective quelque chose d’extrêmement positif. « Le couple est une entité dynamique qui offre des possibilités infinies, encore plus lorsqu’il est mixte. Le fait d’aspirer à cette mixité témoigne d’une grande ouverture d’esprit. » Et d’ajouter : « La réussite des couples mixtes est due essentiellement à cette notion de partage et de différence, intelligemment répartis. » Mais la famille ne voit pas ce partage de la différence de la même manière. « Ce qui me blesse en ce moment, raconte Chafik, c’est que ma famille ne l’accepte pas, malgré ses efforts d’intégration. Mes tantes l’accusent même de sorcellerie, c’est abject ! Je ne pense pas que notre société soit prête à concevoir ce type d’union. Il faudra alors dépasser beaucoup de barrières et supprimer tous les clichés qu’on nous sert. » Omar est Malien. Il a épousé Malika en 1981. Tous les deux ont aujourd’hui deux fils et vivent dans une belle propriété à Blida. « Malika était étudiante lorsque je l’ai rencontrée. Sa gentillesse et son intelligence m’ont tout de suite séduit. Quand venaient les vacances, c’était un calvaire de se séparer. Au bout de quelques mois, j’ai décidé d’aller voir son père et d’officialiser les choses. Son père, très ouvert, ne s’est pas opposé à notre union. Sa seule condition était qu’on s’installe en Algérie. Pour moi, ce n’était pas un inconvénient.

Pour elle, j’ai appris l’arabe. Je reconnais que j’ai eu beaucoup de chance. Cela dit, Malika a beaucoup souffert des remarques de ses collègues masculins qui lui demandaient souvent pourquoi elle a épousé un Noir alors qu’il y a plein d’Algériens. Au Mali, on ne me pose pas cette question, au contraire Malika est traitée avec beaucoup d’égards. » Chahida a eu moins de chance. A 36 ans, elle est mère de deux adorables métisses mais séparée de son époux d’origine guinéenne. Fatigué de Batna, il l’a quittée pour partir en France. La honte et le chagrin l’ont conduite à une dépression, et le retour à la maison familiale n’a pas arrangé les choses. Ses deux frères, qui ne supportaient ni l’idée que leur sœur ait un mari guinéen, ni des enfants, lui ont « pourri l’existence ». Elle a donc décidé de s’installer ailleurs. Avec l’aide d’amis, elle a trouvé un travail comme secrétaire et a pu louer un appartement. Aujourd’hui, ses enfants sont scolarisés, mais Chahida n’a plus de nouvelles du père. « Les amis de mon mari, étudiants à Batna, se sont mobilisés et m’ont tous aidée pour que je puisse avoir un endroit où vivre dignement avec mes enfants. C’était très difficile, confie Chahida, particulièrement éprouvée. Rejetée par ma famille, je me demande ce que j’aurais fait sans leur aide... »

Par Faten Hayed

Blaise Compaoré, intermédiaire discret


Blaise Compaoré, intermédiaire discret
17/03/2010 à 08h:44 Par Fabienne Pompey
jeune Afrique
Blaise Compaoré agit dans l'ombre pour la libération des otages d'Aqmi.
© AFP Des émissaires du président burkinabè s’activent pour aider à la libération des prisonniers d’Al-Qaïda au Maghreb islamique
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Discrètement, depuis des mois, le président burkinabè envoie ses émissaires au Mali pour négocier la libération des otages détenus par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ce n’est qu’à la faveur de la libération le 10 mars de l’Espagnole Alicia Gómez, après trois mois de captivité, que le nom de Blaise Compaoré a été évoqué. Une source diplomatique malienne a assuré que cette libération avait été obtenue grâce aux efforts du Burkina.

A Ouagadougou, on préfère ne pas pavoiser. « Nos gens sont toujours sur le terrain, il n’est pas question de les mettre en danger en dévoilant leur nombre ou leur identité », explique un diplomate burkinabè. Pourtant, il semble que dans les coulisses le Burkina joue un rôle plus important qu’il n’y paraît. Ainsi, ce pays serait également intervenu dans la libération le 22 avril 2009 des deux diplomates canadiens travaillant pour les Nations unies, enlevés au Niger le 18 décembre 2008, et de deux touristes européennes.

Les Canadiens étaient passés par la capitale burkinabè après leur libération et avaient été reçus par le président Compaoré avant de repartir chez eux. Alicia Gómez a également fait escale à Ouagadougou mais n’a pas eu d’audience avec le chef de l’État. Au front sur de nombreux dossiers diplomatiques, le président Compaoré n’a jamais souhaité que son nom soit cité dans les négociations avec les preneurs d’otages d’Aqmi. Le chef de l’État, qui a conduit par le passé des médiations entre les Touaregs maliens et nigériens d’une part et leurs gouvernements respectifs d’autre part, a « gardé des contacts utiles dans ces communautés », souligne un de ses proches.

Le Burkina est d’autant plus impliqué que parmi les otages encore retenus au Mali au 11 mars figurent l’une de ses ressortissantes, Philomène Kabouré, et son époux italien, Sergio Cicala. La première devait être libérée en même temps qu’Alicia Gómez mais aurait choisi de rester auprès de son mari.

Terrorisme au Sahel : Alger sonne l’alerte, Washington acquiesce


Ouestaf News-16-03-10
Terrorisme au Sahel : Alger sonne l’alerte, Washington acquiesce
mercredi 17 mars 2010


Ouestafnews - Les Etats-unis d’Amérique ont salué ce 16 mars 2010 l’initiative algérienne de réunir à Alger les pays du Sahel (dont quatre pays ouest africains) en vue de constituer un front commun dans la lutte contre le terrorisme.

Outre l’Algérie, les autres pays concernés par cette réunion sont le Tchad, la Libye, le Mali, la Mauritanie et le Niger.

Les Etats-unis « saluent la décision » de ces Etats qui par cette réunion veulent « collectivement faire face à la menace terroriste », affirme un communiqué du département d’Etat parvenu à Ouestafnews.

Depuis plusieurs années, les Etats-unis surveillent étroitement ce qui se passe dans la bande saharo-sahélienne, pour des questions de sécurité, mais aussi pour des questions geo-stratégiques..

La réunion d’Alger est consécutive à une série d’incidents, notamment des prises d’otages, qui ont fini par jeter le froid dans les relations entre le Mali d’une part et l’Algérie et la Mauritanie de l’autre.

Ces deux derniers pays reprochent aux autorités de Bamako d’être "trop" conciliants avec les islamistes radicaux, à l’origine des enlèvements dans les pays du Sahel.

« La région connaît ces dernières années une ébullition sur le front sécuritaire en raison de la recrudescence des actes terroristes et la montée en puissance des réseaux de narcotrafiquants », affirme le site d’information algérien algérie-dz pour expliquer les raisons de la tenue du sommet.

Mais, cette situation, « constitue un prétexte pour l’ingérence des grandes puissances dans ce vaste corridor », explique la même source rappelant que l’Union européenne aussi suit de près ce qui s’y passe.

Pour le site algérien, « l’odeur des intérêts est manifeste pour ces pays riches en ressources minières (et) les pays puissants tentent leur intrusion à tout prix ».

Depuis la transformation, du Groupe Salafiste pour la Prédication et le combat (GSPC, groupe islamiste radical algérien) en Al Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi), avec une volonté d’étendre ses opérations à tous les pays de la région, la sécurité est devenue une équation pour la plupart des pays du Sahel.

Avant même la rencontre d’Alger, les analystes ont observé un intense chassé croisé diplomatique dans la région.

Ainsi le ministre sénégalais des forces armées, Abdoulaye Baldé, a été reçu en audience à Nouakchott par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, selon l’Agence mauritanienne d’information (Ami, officielle) qui précise que le ministre était accompagné du lieutenant de vaisseau Farba Sarr, Directeur de la documentation et de la sécurité extérieure.

Le ministre sénégalais avait, à sa sortie d’audience, indiqué avoir évioqué avec le chef d’Etat mauritanien des questiuons « liées à la défense nationale ainsi que de la gestion de la frontière commune et de tous les fléaux pouvant graviter autour de cette frontière ».

Par le passé, des suspects mauritaniens recherchés pour des actes terroristes, ont été arrêtés au Sénégal avant d’être extradés chez eux par les autorités sénégalaises.

Au moment où la délégation sénégalaise séjournait à Nouakchott, un émissaire Mauritanien, Sy Adama, secrétaire général de la présidence, porteur d’un message du président Ould Abdel Aziz séjournait à Ouagadougou pour évoquer avec le président Blaise Compaoré les mêmes questions de sécurité, selon les médias burkinabés et mauritaniens.

La question des otages occidentaux encore entre les mains d’Al Qaida au Maghreb islamique était ici aussi au centre des entretiens, rapporent les mêmes sources.

Mardi 16 Mars 2010 Ouestaf News

L'abstention: "avertissement" à Sarkozy

L'abstention: "avertissement" à Sarkozy
AFP

16/03/2010 | Mise à jour : 10:13 Réactions (26) Ladislas Poniatowski, sénateur UMP de l'Eure, a vu aujourd'hui dans le très fort taux d'abstention au 1er tour des régionales "un avertissement à l'égard du président de la République", estimant que la majorité devait "s'interroger" sur son mauvais score.

"Je considère, moi, que le très fort taux d'abstention qu'il y a eu en France, c'est un avertissement à l'égard du président de la République", a déclaré Ladislas Poniatowski sur France Inter. "On sait qu'il y a eu beaucoup plus d'abstentionnistes à droite qu'à gauche, ça veut dire qu'il y a eu plus d'électeurs de droite qui ne sont pas venus voter", a estimé l'élu UMP.

Si "le FN résiste, ça veut dire qu'une partie de nos électeurs sont repartis vers eux", a-t-il poursuivi, et "là aussi, il faut s'interroger sur nous: est-ce qu'on n'a pas été clairs dans nos messages, est-ce qu'on a déçu?". Selon lui, "les leaders nationaux de l'UMP" ne peuvent pas considérer les abstentionnistes comme "une masse de gens à aller convaincre de venir voter". "La première tâche pour les convaincre, c'est de les écouter", a-t-il dit.

Steve Shehan en concert : "Awalin"

Steve Shehan en concert : "Awalin"




steve0shehan
September 28, 2009
http://www.steveshehan.com/ clip pour l'album Awalin de Steve Shehan et Nabil Othmani réalisé par Thibaut Castan sortie prévue le 3 novembre 2009 - en licence chez Naive - produit par Steve Shehan...
Le Télégramme.com
Evoquer Steve Shehan, c'est parler d'un des plus fins percussionnistes du monde : un musicien universel et éclectique aux collaborations innombrables (Peter Gabriel, Paul Simon, Bob Dylan, etc.). C'est à Djanet dans le désert du Sud algérien, que Steve Shehan a rencontré, en 1991, la culture et la musique touaregs. "Awalin", c'est la parole donnée au père de poursuivre l'oeuvre commencée ensemble autour de la musique touareg. Aujourd'hui, entouré de la jeune génération, Steve poursuit ce travail de collectage, de fusion et d'invention.

Tarif : De 14 à 6 €.

Lieu : Langueux (22360) / Le Grand Pré

Dates et horaires : le 18/03/2010, à 20:30

Belgique;Le milliard d'Albert II



Le roi des Belges Albert II à le 11 février 2010
Le milliard d'Albert II
16/03/2010 à 19h:32 Par Lauranne Provenzano
jeune Afrique
© AFP La fortune personnelle du roi de Belgique Albert II s’élèverait à un milliard d’euros, selon la presse belge. Un montant astronomique que dément la Couronne.

Si la valeur d’une polémique se mesurait en dollars, la presse belge serait riche. Tout au moins le quotidien néerlandophone Het Nieuwsblad qui a lâché une petite bombe au royaume d’Albert II en révélant la fortune présumée du monarque : un milliard d’euros. Une somme aussitôt démentie par le Palais royal qui a jugé cette estimation « fantaisiste ».
Pourtant, le quotidien belge s’appuie sur les dires d’un spécialiste financier, Thierry Debels, qui publiera bientôt L'argent perdu des Cobourg, un ouvrage sur le patrimoine de la dynastie belge. Au sujet des avoirs royaux, l’économiste précise même qu’il s’agit probablement d’une « sous-estimation » puisqu’il n’est pas tenu compte des intérêts que, croit-il savoir, la famille royale engrange toujours en RD Congo (ex-Congo belge). L'un des principaux éléments de ce patrimoine serait constitué de participations dans l'ex-Société Générale de Belgique, absorbée par le français Suez.

Ma fortune pour un yacht !Ce n’est pas la première fois que l’on attribue au roi de Belgique un compte en banque bien garni, puisqu’en 2001, un livre l’avait « accusé » de posséder 10 milliards de francs belges, soit près de 250 millions d’euros. « Un montant tout aussi fantaisiste », raille aujourd’hui le porte-parole de la famille royale.
C’est d’ailleurs depuis cet épisode que le site internet de la dynastie des Cobourg publie les revenus royaux. « Le Palais royal tient à démentir formellement ce chiffre de 10 milliards (BEF). La fortune personnelle du Roi se compose en effet essentiellement d'une propriété immobilière sise à Châteauneuf de Grasse (France), d'un yacht dénommé Alpa et d'un capital financier qui n'atteint même pas le vingtième du montant publié (soit 12,5 millions, ndlr) », est-il écrit depuis 2001à la rubrique « Moyens » du site. La monarchie affirme par ailleurs que la fortune privée du roi s’élève (seulement ?) à 12,4 millions d’euros. Ce qui signifie que l’achat en 2009 par le couple royal d’un nouveau yacht de 27 mètres de long pour une valeur estimée à 4,6 millions d’euros a dû sérieusement grever leur budget…
A l’époque, l’affaire du yacht – jugé hors de prix par l’opinion belge - avait fait grand bruit. D’autant que quelques temps auparavant, Albert II avait dénoncé dans une adresse à la nation, le "caractère de plus en plus matérialiste" de la société. Tout bien calculé, après avoir investi plus d’un tiers de sa fortune dans un bateau, il risque de ne plus pouvoir mener grand train.

mardi 16 mars 2010

Les pays du Sahel engagés dans la lutte antiterroriste


Les pays du Sahel engagés dans la lutte antiterroriste
Front commun contre Al Qaîda
El Watan


C’est aujourd’hui que s’ouvrent à Alger les travaux de la conférence des ministres des Affaires étrangères de six pays du Sahel (Mali, Niger, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad, Libye).


L’objectif : conjuguer les efforts pour faire face à la recrudescence des actes terroristes, leurs connexions avec le crime transnational organisé et leurs conséquences sur la sécurité et la stabilité de la région. Durant la première journée de cet atelier, les participants devront débattre du cadre législatif, notamment la convention internationale et résolution du Conseil de sécurité, les 40+9 recommandations du Gafi contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, des mesures préventives (expérience canadienne et africaine), à travers des exposés sur les cellules de renseignement financier et les rapports de transactions suspectes. Il est question de la coopération régionale et internationale, à travers le Gafi, Europol et la Cellule algérienne du renseignement financier (CTRF), travaux qui vont être clôturés avec des recommandations axées sur l’identification des priorités spécifiques de renforcement des capacités de lutte.

Cette initiative algérienne est intervenue après les graves dérapages non seulement du Mali, qui a cédé récemment au chantage des terroristes en libérant quatre de leurs acolytes réclamés par ses voisins, mais aussi par la France, qui a pesé de tout son poids (sur le Mali) pour mettre à exécution les exigences du groupe armé en contrepartie de la libération d’un de ses ressortissants. Une situation qui a provoqué le rappel par l’Algérie et la Mauritanie, de leur ambassadeur à Bamako. Hier, Paris a « félicité » la conférence d’Alger, tout en précisant qu’elle se « réjouit de l’initiative prise par les autorités algériennes d’accueillir sur leur sol cette enceinte de concertation entre les États de la région ». Une réaction qui laisse perplexe. Néanmoins, il est important de préciser qu’Alger accueille depuis hier, plus d’une vingtaine d’experts venus d’Egypte, du Nigeria, de Sierra Leone, de Libye, de Tunisie, du Mali et de Mauritanie, qui prennent part à un atelier de formation sur le renforcement des capacités de lutte contre le financement du terrorisme en Afrique du Nord et de l’Ouest. Organisée par le Caert (Centre africain d’étude et de recherche sur le terrorisme), cette formation purement technique durera deux jours et sera suivie par une autre, du 17 au 18 mars, consacrée plutôt aux aspects du contrôle aux frontières dans les pays de l’Afrique de l’Ouest. Pour Lyes Boukraâ, directeur par intérim du Caert, il est question « de former des enquêteurs spécialisés dans la lutte contre le financement du terrorisme en prenant en compte toutes les sources de financement comme le blanchiment d’argent, les prises d’otages, la contrebande et l’activité commerciale informelle et d’en étudier les contours de ce fléau très complexe, contre lequel l’échange d’informations et de renseignements constituent le meilleur moyen de lutte ».

Sources de financement Interrogé en marge des travaux de cet atelier, Boukraâ a mis l’accent sur la coopération, qui, selon lui, « doit être basée sur les besoins exprimés par les pays touchés par le terrorisme et non pas dégénérer en ingérence dans les affaires internes des Etats (…) Elle doit se faire dans un cadre explicite, clair et permanent, pour éviter toute ingérence étrangère qui risque de compliquer l’équation sécuritaire ». A ce titre, il a plaidé pour une assistance des pays occidentaux, dotés de moyens, dans un cadre précis, en fonction des besoins exprimés, dans la transparence et avec le souci de combattre le terrorisme jusqu’à ses derniers retranchements. Boukraâ a estimé que cette coopération ne « doit prêter à aucune discussion et être profitable pour l’ensemble des partenaires ». Des propos qu’il a réitérés lors de son allocution d’ouverture devant un parterre d’experts et de diplomates. Et de qualifier le terrorisme de « péril principal » qui menace l’humanité et qui ne laisse aucun pays à l’abri. « Partout dans le monde, les "chevaliers" de l’apocalypse sèment le deuil, la détresse et l’effroi (…) Le redéploiement de l’Aqmi (Al Qaîda au Maghreb islamique) dans la région sahélo-saharienne, la montée en puissance des Shabab en Somalie, la prolifération d’organisations sympathisantes ou affiliées à Al Qaîda en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale nous imposent, partout où on est, de coopérer pour une meilleure riposte. » Pour l’intervenant, le terrorisme n’est q’une « association d’une idée funeste avec de l’argent ». « Un acte terroriste ne peut être commis s’il n’y a pas de financement en amont (…) Le terrorisme a besoin d’argent (…) Nous connaissons quelques sources comme l’aide qu’apportent certains Etats, ONG et associations aux groupes terroristes, ou encore le racket et l’impôt islamique, les vols à main armée, l’investissement dans le commerce informel, dans le transport public et l’immobilier, etc. Toutes ces activités génératrices de fonds peuvent être localisées et donc combattues. »

En recourant aux rançons, l’AQMI a muté ; il s’adaptera à chaque situation et à chaque fois que ses sources de financement sont taries. « Il faut surtout avoir la volonté politique de combattre le terrorisme. » Pour sa part, l’ambassadeur du Canada en Algérie, Patrick Parisot, qui a assuré le financement de cette formation, a affirmé que plusieurs pays de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, notamment l’Algérie, sont exposés aux menaces terroristes depuis de nombreuses années, précisant que l’AQMI reste le groupe terroriste le plus actif en Afrique du Nord. « De ce fait, des diplomates et des intérêts commerciaux canadiens ont fait l’objet d’attaques de cette organisation terroriste. » Ce qui a suscité la détermination du Canada à « travailler » avec l’Algérie et les pays de la région du Sahel, dont la sécurité des citoyens est aussi menacée par le terrorisme. « En réponse aux attaques répétées menées par le groupe dans la région, le Canada a inscrit l’AQMI et ses prédécesseurs sur sa liste des entités terroristes et impose des sanctions depuis 2002 », a révélé le diplomate.

Il a rappelé l’attentat manqué contre un avion américain au-dessus de son pays en décembre 2009, qui a mis à nu une nouvelle menace, venant d’Al Qaîda, dans la péninsule arabique, une filiale basée au Yémen. La nature de cette attaque a entraîné une profonde révision, partout dans le monde, des mesures de sécurité touchant l’aviation. Tout comme il a indiqué que des groupes actifs ailleurs dans le monde ont été portés sur la liste canadienne des entités terroristes, citant au passage le Lashkare Tayyiba (LeT), du Pakistan, la Jemaâ islamiya en Asie du Sud-Est, les Farc en Colombie, l’Eta en Espagne et le… Hizbollah au Liban (parti de la résistance). Ce qui démontre que le consensus autour de la définition sur le terrorisme n’est pas encore trouvé.


Par Salima Tlemçani
www.elwatan.com

lundi 15 mars 2010

Journée nationale du handicapé à Tamanrasset


L’Algérie profonde (Lundi 15 Mars 2010)
Journée nationale du handicapé à Tamanrasset
Les sourds à l’honneur
Par : Arezki K.


À l’occasion de la Journée nationale du handicapé, l’École des jeunes sourds (Ejs) de la wilaya de Tamanrasset a organisé une fête grandiose où ont été exposées les peintures réalisées par des enfants handicapés.

Au programme de cette manifestation à laquelle ont été conviés plusieurs responsables de wilaya, notamment le directeur de l’Action sociale, les organisateurs ont inscrit plusieurs activités, notamment culturelles, sportives et pédagogiques, faisant ressortir les capacités et compétences de cette frange sociale qui essaye de surpasser son handicap à travers des réalisations fabuleuses. Lors des journées portes ouvertes organisées à cet effet, nous l’avons constaté de visu.
Les fresques peintes par les frêles mains de ces mômes n’ont fait que confirmer leurs talents irréprochables. Une sorte de défi que chacun lance à sa manière. Des tableaux bariolés avec les couleurs vives dictant leur espoir d’exaucer leur rêve un jour tel qu’expliqué par la petite Ben Houd Aïchatou, qui veut devenir enseignante ou médecin ou encore par Bouklila Lotfi qui nous a dit que son handicap n’est qu’un stimulant pour atteindre le zénith de la gloire.
Une lecture que l’on peut facilement faire dans leur esprit farouche traduit par leur volonté indéfectible en contemplant leurs expositions. Les danses traditionnelles réalisée par ces élèves ont laissé l’assistance pantoise. Mais comment peuvent-ils suivre le rythme des chansons entonnées sans pour autant entendre la musique ?
Réponse : le programme de l’enseignement spécialisé adopté par l’école comprend des matières dispensées pour que l’enfant sourd assure son adaptation à l’aide des vibrations acoustiques en compensant son ouïe par les autres sens. Au menu de la journée, également, des pièces théâtrales ont été programmées afin d’inciter l’enfant au 7e art et, du coup, lui apprendre à maîtriser ses émotions.
Des troupes musicales à fort ancrage local étaient aussi de la partie. Restant dans le climat de fête, le Centre médico-pédagogique pour enfants inadaptés mentaux (Cmpeim), que nous avons visité après avoir emprunté une route sans bitume relativement carrossable et arpentée de corridors sablonneux accidentés, a été aussi au rendez-vous.
Outre l’exposition des travaux d’atelier réalisés par les pensionnaires, une virée, apprend-on du directeur dudit centre, a été effectuée dans les différentes structures de la jeunesse et des sports de la wilaya afin de sensibiliser davantage cette catégorie d’infirmes et faciliter le développement de ses capacités cognitives.
Enfin, les enfants ont eu le plaisirs d’assister aux acrobaties du clown qui les a ravivés. À signaler, en sus, qu’une rencontre de football opposant l’équipe du centre à celle de l’Ejs a été comme à l’accoutumée programmée. Des cadeaux symboliques ont été décernés à la fin de la partie aux joueurs des deux équipes.
Le premier responsable du Cmpeim a signalé que l’activité sportive motive plus l’enfant inadapté mental et l’aide à se réinsérer socioprofessionnellement, en citant l’exemple d’un ancien pensionnaire du centre actuellement gardien de métier et ceinture noire en karaté. En définitive, il convient de noter que lesdits établissements ont marqué leur présence au cross des collectivités locales, organisé le 13 mars au chef-lieu de wilaya, et ce, par la participation de 10 candidats en catégorie spéciale.

[Contribution]Le transsexuel et la sentence...


[Contribution]Le transsexuel et la sentence...
Écrit par Seydou Souley Mahamadou Journaliste (presse économique-Maroc) Adresse: seymadou2@hotmail.com
Lundi, 15 Mars 2010 08:43

Parce qu’il est atypique, le «journaliste» l’interviewe et le condamne sans réserve (ignorant les règles élémentaires de son métier qui lui imposent de rapporter des faits sans jamais en juger). Les lecteurs se déchainent de passion et le couvrent d’effroyables injures….On est en face d’une sorte d’intolérance fanatique et d’une atteinte à la dignité de la personne humaine. Le Niger peut-il se développer avec de tels modes de pensées?

Le 10 Mars dernier une interview réalisée par le journal le «Flic, n°179» et signée par un certain Hama Ibrahim, a été publié sur tamtam info, avec pour titre « les révélations troublantes du premier transsexuel nigérien». C’est à propos de cet article que j’aimerai suggérer une analyse personnelle, dans l’espoir de susciter un débat dont, je l’espère sera moins passionnel mais portant surtout sur les règles déontologiques auxquelles une presse respectable devrait se soumettre.
Car, si l’interview en question n’a rien d’anormal, le papier de cadrage consacré par Hama Ibrahim, me paraît être si maladroitement conçu que ne pas y revenir, serait pour moi un silence moralement insupportable. Mais avant d’aller plus loin dans mon raisonnement, j’aimerai d’abord vous rafraichir la mémoire en vous soumettant ici le texte de cadrage de l’interview tel que signé par le «journaliste» de «Le Flic», le voici : « Quel terrible destin peut bien conduire un jeune homme à vouloir changer de sexe. La damnation sans doute. Ou bien peut-être est ce un caprice de la nature ou un mensonge grossier d’un homme atteint de démence ?

Pourtant l’homme dont nous parlons dans le texte qui va suivre, a bel et bien subi une opération chirurgicale qui a modifié sa condition masculine. Nous sommes en présence d’un transexuel. C’est-à-dire un homme qui a changé de… sexe. La nature fit-elle une erreur dans le cas de notre interlocuteur ? Ou bien c’est l’homme qui trahit la nature. Pour les occidentaux et les esprits éveillés, cela peut paraître normal. Malheureusement la société Africaine, tissée à l’image de Dieu éprouve un dégoût insondable à l’égard de ces transexuels. Au Niger où notre interlocuteur est rentré depuis 3 mois, il vit comme un reclus ; rejeté par sa propre famille qui ne veut plus entendre parler de lui. Mais qui est cet homme qui a osé braver les us et coutumes de la société nigérienne ? Confidences ».

En lisant ces lignes, j’avoue que j’ai eu froid au dos (et je ne suis peut-être pas le seul). Aussi me suis-je posé beaucoup de questions. D’abord, je me suis demandé si ce Hama est réellement un journaliste. Et, s’il en est un, est-il vraiment conscient de la gravité de son jugement, somme toute inadapté pour un homme de presse, dont le crédo se devrait être le respect et la défense des libertés individuelles, de la justice et de la dignité humaine? Je n’en suis pas si sûr. Car, sinon comment est-ce qu’un journaliste peut-il trainer dans la boue et qualifier de damner, de dément,…une source qui a eu la délicatesse de lui accorder une interview. Aussi, si son article est une interview fictive, le bon sens journalistique lui aurait recommandé de le signaler à ces lecteurs.

Ne l’ayant pas fait, je me permets donc de croire que son interview n’est pas fictive, ce qui me pousse à poser à Hama, les questions suivantes: de quoi ce personnage transsexuel est-il coupable? Quelle loi a-t-il violé, pour être si violemment condamné? A ma connaissance, aucune, si ce n’est notre propre conception sociale rigide et moralisatrice, incapable de se remettre en cause, d’accepter les choix et l’autonomie des individus. Ces manières d’appréhender les choses nous met tous dans une sorte de format social, qui régit nos modes de pensées et dicte notre façon de vivre, et se faisant, notre société s’appauvrit en intelligence, car aucun de ses membres ne peut être ni assez courageux ni assez intelligent pour remettre en cause ses valeurs, mêmes les plus infructueuses et les plus caduques.

Or, un corps social (tout autant qu’un individu) qui ne se remet pas en cause, qui n’accepte ni changement, ni évolution ne saurait prétendre à se développer et à connaître le progrès. La preuve est dans l’exemple et la manière dont, et notre «presse» et ses lecteurs, commentateurs ont appréhendé le cas de ce personnage transsexuel. Ce cas qui aurait pu être un cas d’étude sociologique intéressant dans un pays comme le Niger, devient hélas, un objet de condamnations passionnelles que l’on justifie par des croyances prétendument religieuses. Croyances qui ne nous empêchent pas de verser dans l’occulte et les transgressions en tout genre des prescriptions religieuses, quand cela nous arrange.

Aussi devant ce cas, me semble-t-il, un inquisiteur serait plus clément et plus analytique que n’a pu l’être ce «journaliste». Ce qui me conduit à poser cette autre question: comment est-ce qu’un tel papier a pu traverser une salle de presse et être publié, sans que ni le secrétaire de rédaction (s’il y’en a un chez Le Flic) ni le rédacteur en chef n’a pu se rendre compte de son éloignement des règles déontologiques élémentaires de la profession? Face à de tels amateurismes, si l’on ne peut pas cautionner les sanctions que subissent certaines presses, (quoique journaliste, moi-même), je suis enclin à les comprendre. Car, si un homme de presse a certes un rôle pédagogique à jouer, ce n’est pas en condamnant ni en jetant l’opprobre qu’il contribue à l’éducation et au débat social. Méditons un peu cela!

Mauritanie: sept personnes inculpées pour le rapt des trois Espagnols


AFP - 15/03/2010
Mauritanie: sept personnes inculpées pour le rapt des trois Espagnols


NOUAKCHOTT, 15 mars 2010 (AFP) - La justice mauritanienne a inculpé lundi sept personnes pour leur "implication" dans l'enlèvement fin novembre de trois Espagnols dans le nord du pays, revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a-t-on appris de source judiciaire.
"La justice a inculpé sept personnes dont cinq ont été écrouées et deux placées sous contrôle judiciaire, pour implication dans l'enlèvement des humanitaires espagnols alors que 11 autres suspects ont été libérés", a indiqué une source judiciaire à l'AFP.
La branche maghrébine d'Al-Qaïda avait libéré mercredi un des trois otages espagnols, Alicia Gamez, 39 ans, après trois mois de captivité dans le nord du Mali. Mais les ravisseurs détiennent toujours deux de ses compagnons de l'ONG Barcelona Accio Solidaria, ainsi qu'un couple d'Italiens enlevé en décembre.
Parmi les sept inculpés, trois personnes sont poursuivies pour "participation au crime portant sur l'atteinte à la vie et à la sécurité de personnes, leur enlèvement et leur séquestration", deux pour avoir "offert abri et moyens empêchant l'arrestation de terroristes" et deux autres pour leur avoir "servi de la nourriture".
Le principal accusé dans ce dossier est un Sahraoui de 52 ans, Amar Ould Sid'Ahmed alias Amar As-Sahraouiet, encore aux mains de la police pour enquête.
Cet homme avait été arrêté à la mi-février par un "commando" mauritanien, au Mali, suite à des "recoupements de renseignements" obtenus par les enquêteurs mauritaniens, selon la même source.
Il est soupçonné d'avoir assuré une assistance logistique pour le rapt mais aussi d'avoir opéré lui-même l'enlèvement des trois Espagnols pour les livrer ensuite aux bases d'Aqmi dans le nord du Mali.
Il n'a pas été précisé s'il s'agissait d'un membre d'Aqmi ou d'un simple sous-traitant qui aurait "revendu" les otages à l'organisation.
hos/mrb/lbx/bmk

AFP 151547

La lutte antiterroriste au Sahel dépend de l’amélioration des conditions de vie dans ces pays


N.S/ synthèse de S.A-El Khabar-15-03-10

La lutte antiterroriste au Sahel dépend de l’amélioration des conditions de vie dans ces pays
lundi 15 mars 2010

Le président de la commission interparlementaire de l’Union Européenne a déclaré que la politique de l’Union Européenne dans la lutte antiterroriste, notamment dans les pays du Sahel Africain dépend du renforcement du processus démocratique dans ces pays et de l’amélioration des conditions sociales et économiques afin que ces pays puissent sortir du spectre de la pauvreté. Dans sa réponse à une question d’El Khabar, le président de la commission interparlementaire de l’Union Européenne a indiqué que la politique de cette dernière dans la lutte antiterroriste, notamment en Europe ne s’est rendu compte que dernièrement du caractère transcontinental du terrorisme. Il a dans ce cadre indiqué : « la vision de l’UE de la lutte antiterroriste dans l’ensemble de ses activités dépend toujours du renforcement du processus démocratique dans les pays qui connaissent ce phénomène ». « Il est notamment impossible de séparer la question de la lutte antiterroriste dans quelconque région du Maghreb Arabe ou en Afrique ou tout autre pays de la question de l’amélioration des conditions socio-économiques dans ces pays, afin d’assécher les sources du terrorisme ». Le responsable européen a évité d’évoquer la question de la politique de l’Union Européenne dans la lutte antiterroriste à caractère transcontinental. Il s’est juste contenté de déclarer : « je ne suis pas spécialiste en la question ». Ce parlementaire de la « Gauche » pense que la politique européenne de voisinage qui a surgit suite aux événements du 11 septembre 2001 est fondée à la base sur la logique de prévention contre les risques qui proviennent de la rive Sud de la Méditerranée.

Dans ce sillage, il a indiqué que la politique européenne de voisinage est une nouvelle approche portant sur la coopération dans les domaines de la lutte antiterroriste, la lutte contre l’émigration clandestine et le crime organisé ainsi que la coopération dans le domaine de l’énergie. Quoiqu’on a compris que cette politique de dialogue soit fondée sur la crainte de l’Europe de ses voisins au point de l’émergence de phénomènes de discrimination raciale et de l’Islamophobie, notamment avec l’ascendance de la Droit extrémiste en Europe. Pierre Antonio Ben Ziri a également prévu l’organisation d’une rencontre, avant l’été prochain entre plusieurs pays de la rive Sud de la méditerranée et l’Union Européenne, au sujet du renforcement du processus démocratique. Le Maroc, la Tunisie, la Lybie et le Liban en plus plusieurs pays de l’Asie de l’Est prendront part à cette réunion.

15-03-2010 Par N.S/ synthèse de S.A

Thomas Sankara, idole révolutionnaire



Thomas Sankara: the Upright Man



Thomas Sankara rose to power in Burkina Faso in a popularly supported coup in 1983. To symbolize this rebirth, he renamed his country from the French colonial Upper Volta to Burkina Faso, Land of U...



© capture d'écran vidéo ina.fr Le révolutionnaire, assassiné en 1987, est devenu l’idole des jeunes.


Thomas Sankara, idole révolutionnaire
15/03/2010 à 15h:10 Par Tshitenge Lubabu M. K.
jeune Afrique
Thomas Sankara a incarné un idéal révolutionnaire avant d'être assassiné.

Le Burkina a produit dans les années 1980, avec Thomas Sankara, l’un des dirigeants les plus remarquables des cinquante dernières années. Le beau et vibrant capitaine a incarné un idéal révolutionnaire auquel aspiraient bon nombre de ses contemporains et qui fait encore aujourd’hui rêver la jeunesse. Au point de devenir une idole, façon Che Guevara. Tribun hors du commun, Sankara était un concentré de radicalisme, de tiers-mondisme, de populisme, de nationalisme, d’impatience, d’impertinence, d’utopie, de démagogie aussi, à la sauce marxiste-léniniste. Lorsqu’il accède à la tête de la Haute-Volta grâce au coup d’État du 4 août 1983, le fougueux capitaine de 34 ans n’est pas un inconnu. Beaucoup se souviennent de ses faits d’armes lors de la guerre contre le Mali en 1974. De sa démission fracassante, en 1980, de son poste de secrétaire d’État à l’Information au sein du Comité militaire de redressement pour le progrès national dirigé par le colonel Saye Zerbo. Et aussi de son arrestation, en mai 1983, alors qu’il est le Premier ministre du commandant Jean-Baptiste Ouédraogo, chef du Conseil de salut du peuple. Il est déjà, avant même qu’il n’accède à la fonction suprême en 1984, un héros populaire.

Formé au Prytanée militaire du Kadiogo, dans son pays, puis à l’école militaire d’Antsirabé (Madagascar), avant de suivre un stage au Maroc, Thomas Sankara devient président le 4 août 1983. C’est le début de la révolution et, pour lui, l’occasion de mettre ses idées en pratique. Que veut-il ? Changer le monde. Remettre le peuple au travail, lui apprendre à compter d’abord sur lui-même, à retrouver sa dignité. Il veut « donner un sens aux révoltes grondantes des masses urbaines désœuvrées, frustrées et fatiguées de voir circuler les limousines des élites aliénées qui se succèdent à la tête de l’État et qui ne leur offrent rien d’autre que les fausses solutions pensées et conçues par les cerveaux des autres. Il nous faut donner une âme idéologique aux justes luttes de nos masses populaires mobilisées contre l’impérialisme monstrueux ». Prêchant par l’exemple, Sankara adopte un mode de vie des plus simples : il joue de la guitare, roule en Renault 5, pratique le basket… Et il est sincère. Mais il dérange et inquiète ses compagnons, ses voisins et, plus loin, la France. C’est le temps des soupçons. Les balles des siens le fauchent le 15 octobre 1987.

Togoleries


Togoleries
15/03/2010 à 10h:50 Par François Soudan
jeune Afrique

Pour le candidat battu Jean-Pierre Fabre, la présidentielle togolaise du 4 mars se résume en un néologisme : « africaneries ». Pas très loin en somme de ces « bouffonneries de rois nègres » que dénonçaient autrefois, avec ironie et condescendance, ceux pour qui les Africains étaient irrémédiablement insolubles dans la démocratie. « Africaneries » ? Peut-être. À condition toutefois de reconnaître que les oppositions, de Lomé à Libreville, de Conakry à Brazzaville, prennent dans ce constat une part déterminante. Comment qualifier autrement en effet leur incapacité congénitale à s’entendre et l’impulsivité désordonnée, parfois irresponsable, de certains de leurs chefs ? Avec un leader historique, Gilchrist Olympio, seul à même de défier le chef de l’État sortant, qui s’autoélimine pour des raisons médicales que lui seul connaît et fait tout ou presque ensuite pour que son remplaçant échoue, le Togo est à cet égard un cas d’école. Surtout quand le candidat de substitution, incapable d’asseoir son autorité sur son propre parti et publiquement contredit par son représentant au sein de la commission électorale, se proclame vainqueur dès le lendemain du scrutin avec plus des trois quarts des voix. Avant de rabaisser, trois jours plus tard, ses prétentions de 30 %.

En réalité, il ne fallait pas être licencié en divination pour prévoir qu’avec une opposition aussi stressée et émiettée, et une élection à tour unique, Faure Gnassingbé avait la quasi-certitude d’être élu. Y a-t-il eu des manipulations ? Peut-être. Mais outre le fait que la fraude s’est elle aussi démocratisée (qui aura la naïveté de prétendre que le statut d’opposant immunise contre ce genre de tentation ?), tous les observateurs s’accordent à reconnaître que le déroulement des opérations électorales le jour du 4 mars ne remet pas en question de façon significative le résultat annoncé par la CEI. En revanche, les délégués de l’Union européenne ont eu raison de pointer les inégalités d’accès aux moyens et aux médias de l’État lors de la campagne électorale – et cela même si les vieilles démocraties qui leur servent de modèles sont loin d’être, sur ce point, toujours conformes à l’idéal démocratique (ah, la fameuse « prime au sortant » !).

Pour les oppositions africaines, dont certaines, en Guinée et au Niger, sont réduites à sanctifier des coups d’État militaires pour sortir de l’impasse – ce qui en dit long sur leur désarroi –, la leçon de Lomé est donc cruelle. Tant que l’alternance au sommet sans autre forme de programme et la contestation des urnes correspondront aussi étroitement à l’absence de stratégie et d’autocritique, les pouvoirs en place pourront dormir sur leurs deux oreilles. Résignés, désabusés et peu enclins à servir de munitions aux boutefeux, les électeurs, eux, choisiront de plus en plus l’« exit option » : l’abstention. Quant à Faure Gnassingbé, il a obtenu le 4 mars ce qu’il cherchait. Une légitimité toute neuve, qu’il ne doit ni à son parti, ni à sa famille, ni à son patronyme, mais à lui-même. Sans doute serait-il bien inspiré, dans son prochain discours d’investiture, de remercier M. Olympio pour l’aide qu’il lui a si obligeamment apportée…

Vers un procès Tandja ?


© SIPA L'ancien président nigérien doit-il être jugé ? Les opinions divergent au sein de la junte militaire, au point de déclencher quelques frictions

Vers un procès Tandja ?
15/03/2010 à 12h:08 Par Jeune Afrique

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À Niamey, une majorité des membres de la junte au pouvoir est favorable à un procès de Mamadou Tandja, qui est toujours détenu à la Villa verte. Dans un premier temps, le 20 février à Bamako, lors d’un sommet régional, le colonel Djibrilla Hima Hamidou, alias Pelé, a annoncé que le président déchu ne serait pas jugé. « Nous n’allons pas arriver à cette extrémité », a-t-il précisé. Mais dès son retour à Niamey, l’officier a été « recadré » par le numéro un de la junte, le commandant Salou Djibo, qui lui a demandé de ne plus s’engager sur l’avenir de Tandja. Le 28 février, dans son adresse à la nation, Salou Djibo a dénoncé « le crime de haute trahison » commis l’an dernier par les « anciennes autorités », qui ont refusé « de se soumettre aux arrêts de la Cour constitutionnelle ». Mauvais signe pour Tandja…

Decouvrez le grand:Dire Straits - Sultans Of Swing