mercredi 18 février 2009

Al-Qaida Maghreb revendique une série d’enlèvements au Niger


Afrik.com - 18/02/09

L’organisation terroriste a envoyé un enregistrement audio à la chaîne al-Jazira

mercredi 18 février 2009

Dans un enregistrement audio posté sur le site internet de la chaîne de télévision qatarie, al-Jazira, la branche nord-africaine d’al-Qaïda a revendiqué l’enlèvement, en décembre et en janvier, de deux diplomates canadiens et de quatre touristes européens au Niger. L’enregistrement a été diffusé dans la nuit de mardi à mercredi.

Les autorités nigériennes soupçonnaient les rebelles touaregs. Mais dans la nuit de mardi à mercredi, la branche nord-africaine d’al-Qaïda a revendiqué les récents enlèvements survenus au Niger. « Nous sommes heureux de transmettre à la nation islamique la bonne nouvelle du succès des moudjahidines dans la réalisation de deux opérations de qualité au Niger », a déclaré, sur une bande transmise à la chaîne satellitaire du Qatar, al-Jazira, Salah Abou Mohammed, le porte-parole du groupe islamique armé.

Le 14 décembre dernier, Robert Fowler, envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour le Niger, son assistant Louis Gay et leur chauffeur nigérien, Soumana Moukaila, ont disparu à l’ouest de Niamey, la capitale du Niger. Ils venaient de visiter une mine d’or exploitée par Semafo, une société canadienne. Les autorités nigériennes ont, entre temps, évoqué la piste des rebelles touaregs. « Toutes les investigations menées portent à croire qu’ils [les diplomates canadiens, Ndlr] sont otages de groupes terroristes », avait affirmé, en janvier, le président Mamadou Tandja alors qu’il présentait ses vœux de nouvel an au corps diplomatique présent dans son pays. Il faisait ainsi allusion aux rebelles touaregs.

Un sommet sur la sécurité dans le Sahel

Début février, une vidéo montrant les deux diplomates canadiens vivants aurait été envoyée au gouvernement canadien par leurs ravisseurs. Mais cette information n’a pas été confirmée par le Canada, et Marie-Christine Lilkoff, une porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères avait déclaré à la presse : « nous ne partagerons pas d’information qui pourrait compromettre nos efforts ou qui pourrait mettre en danger les individus impliqués ». Un mois après l’enlèvement des Canadiens, le 22 janvier dernier, des touristes européens : deux Suisses, un Allemand et un Britannique, ont disparu dans la zone frontalière entre Mali et Niger. Ils rentraient à Niamey d’un festival ethnique auquel ils avaient assisté au Mali.

Dans l’enregistrement parvenu à al-Jazira, dans la nuit de mardi à mercredi, Salah Abou Mohammed indique que les moudjahidines « se réservent le droit de gérer le cas de ces six otages selon la loi islamique (Charia) ».

Les problèmes de sécurité dans le Sahel constituent un des thèmes d’un sommet qui se tient, jeudi, à Bamako, dans la capitale malienne, indique ce mercredi Liberté. Cette rencontre réunira les dirigeants de six pays de la région du Sahel : le Mali, le Burkina Faso, le Niger, l’Algérie, la Libye et le Tchad. Ces chefs d’Etat se pencheront sur les conflits entre les Touaregs et les différents gouvernements, et aussi sur la menace terroriste représentée par le réseau Al-Qaïda pour le Maghreb islamique. Le groupe utiliserait la zone désertique du Sahel pour son trafic d’armes et commettre des rapts.

Le réseau d’Oussama ben Laden qui a signé plusieurs actes terroristes dans le Maghreb notamment en Algérie, tente d’unifier les différents groupes islamistes en Tunisie, en Algérie et au Maroc. Al-Qaïda est même en passe de d’installer dans la partie subsaharienne du continent.

samedi 14 février 2009

La mort de la gazelle / Death of the Gazelle

vendredi 13 février 2009

Music of Resistance - Tinariwen - 10 Feb 09 - Part 2

jeudi 12 février 2009

Tinariwen & Carlos Santana : Amassakoul

Réportage vidéo du groupe Tinariwen




par JA08, le 12 Février 2009 à 15:01

The nomadic Touareg tribes have endured years of drought and civil war. The one constant through this hardship has been the music of Tinariwen.

Once a group of rebel soldiers, training alongside Colonel Gadaffi in Libya, after years of struggle and violence Tinariwen decided to lay down their guns and fight with a different weapon - music.

Touaregs et le mirage nucléaire ! Part 1

La colonisation appartient-elle au passé ?


Agoravox - 11/02/09

jeudi 12 février 2009

A priori, il peut paraître incongru d’émettre l’idée selon laquelle la colonisation serait un phénomène qui se poursuit de nos jours. En effet, la majorité des territoires colonisés au XIXème et XXème siècles ont retrouvé leur indépendance politique avant 1975 (1) mais il ne faut pas oublier que la France possède encore des « résidus » issus de la colonisation : les DROM-COM (2) dont certaines populations indigènes luttent pour obtenir leur indépendance (3). Mais alors, pourquoi conserver ces colonies ? Si l’avantage économique tiré de ces possessions est contesté (4), elles apportent cependant à la France la possibilité d’accroître l’étendue de ses eaux territoriales (5), ce qui est un atout géostratégique majeur puisque cela permet d’augmenter la taille des zones de pêche, d’études scientifiques et surtout de bénéficier d’éventuelles ressources du sous-sol marin. Toutefois, en ce début de XXIème siècle, les États sont de moins en moins responsables du fait colonial et on a vu apparaître dès la fin du XXème siècle une nouvelle forme de politique impérialiste de la part des anciennes métropoles vis à vis de leurs anciennes colonies : Il s’agit du néocolonialisme.

* Une spoliation des ressources

Désormais, ce sont les entreprises des pays les plus avancés qui exploitent les ressources des pays en développement qui ont pourtant obtenu leur indépendance juridique, militaire et politique. On peut alors se demander comment se manifeste cet impérialisme économique et si la restitution de leurs ressources à ces pays leur permettrait de connaître un accroissement de leur niveau de vie.

Parmi ces entreprises qui exploitent les ressources africaines ; Areva qui aurait proposé de lutter contre la rébellion touarègue (qui s’oppose au président Tandja) en échange de l’exploitation du gisement d’uranium d’Imouraren (6). La convention d’exploitation signée le 5 janvier 2009 prévoit que la société mixte créée pour exploiter ce gisement sera détenue à 66,5% par Areva et à 33,5% par l’État nigérien. Ce qui veut dire que le Niger ne pourra commercialiser que 33,5% d’un gisement qui se trouve sur son propre sol. On peut signaler que Le Mouvement des Nigériens pour la Justice (un groupe rebelle touareg) avait déjà dénoncé cette répartition pour les autres gisements qu’Areva exploite au Niger et revendique une plus grande part des revenus issus de ces exploitations.

Évidemment, Areva n’est pas la seule grande entreprise française implantée en Afrique. Total est présent en Algérie, Bouygues est présent dans quelques pays africains et le groupe Bolloré est très présent sur l’ensemble de l’Afrique. Il serait nécessaire de croiser les ressources que l’on peut trouver y avec les entreprises étrangères implantées sur le continent (7).

* Un commerce inégal

Bien entendu, les entreprises ne sont pas les seules « institutions » à participer au néocolonialisme. Tout le monde ou presque sait que les pays du « tiers monde » se sont endettés (8) auprès d’organismes internationaux et financiers ainsi qu’auprès d’autres états afin de financer leur développement. Toutefois le FMI et la Banque Mondiale conditionnent leurs prêts à la mise en place de politiques économiques à caractère libéral (9) qui font la ruine de ces pays. En effet, ceux-ci doivent ouvrir leurs frontières à la production étrangère alors qu’eux mêmes sont soumis au protectionnisme des États qui leur imposent ces politiques. D’une part, les États-Unis et l’Union Européenne (via la PAC) mettent en place des barrières douanières pour éviter que des pays plus compétitifs ne concurrencent leur agriculture sur le marché intérieur (10), d’autres part, ils donnent des subventions à leurs agriculteurs afin que ceux-ci puissent exporter à moindre coût dans les pays en développement, ce qui a pour conséquence de ruiner l’agriculture locale.

Par ailleurs, il existe aussi un néocolonialisme monétaire dans les anciennes colonies françaises qui ont pour monnaie le franc CFA lequel est indexé sur l’euro, ce qui en fait une monnaie surévaluée pour pouvoir exporter dans les autres pays dits du Sud. En outre, dans ces pays, toute décision en terme monétaire est soumise à l’aval de la France, ce qui rend difficile une politique budgétaire cohérente avec les intérêts économiques du pays (11).

* Des dirigeants conciliants

Enfin, comme l’avaient fait les États-Unis avec l’Argentine (12), la France ou ses entreprises choisissent, dans son « pré carré » africain, les dirigeants qui leur semblent les plus conciliants. Outre le réseau Foccart, qui aurait entre autres fait assassiner Ben Barka en 1965 et soutenu les sécessionnistes pendant la guerre du Biaffra en 1966 - 1967 (13), de nombreux présidents africains auraient été aidés dans leurs coups d’état par les intérêts français (14). C’est par exemple le cas de l’entreprise Elf qui aurait aidé l’arrivée au pouvoir de Paul Biya au Cameroun en 1982, serait partisane d’Omar Bongo au Gabon et aurait financé les guerres civiles au Congo Brazaville de 1997 à 1999.

N’oublions pas que, lorsque la France voit ses intérêts menacés, elle n’hésite pas à envoyer l’armée, comme ce fut le cas au Shaba en 1977, en Côte d’Ivoire en 2003 et au Tchad en 1983 et 1985 pour soutenir Hissène Habré et en 2008 pour soutenir Idriss Déby.

* Ne pas tomber dans le manichéisme

Dire que tous les maux du continent africain sont dus à un impérialisme des pays les plus riches résulterait d’un manichéisme marxiste qu’il faut nuancer.

Certains présidents africains sont à la tête de pays bénéficiant de nombreuses ressources, que ce soit en or, diamants, coltan (15), cobalt, cuivre et bois. Alors qu’elles pourraient être utilisées pour financer la construction d’infrastructures utiles au développement du pays - on pense notamment aux écoles et aux hôpitaux - elles sont utilisées à des fins personnelles (16). En effet, pour nombre de pays africains, la part du budget consacrée à l’armée est plus importante que celle consacrée à l’éducation et tout le monde sait l’importance des diamants de conflit en Sierra Leone et en RDC ou du bois exotique au Liberia qui ont permis le maintien au pouvoir de leur président respectifs (17). Évidemment, les guerres civiles à l’intérieur même des ces états peuvent en partie s’expliquer par les tracés très géométriques des frontières qui n’ont pas tenu compte des diversités ethniques. C’est pourquoi les élites financières et intellectuelles de ces pays envoient leurs enfants étudier dans les grandes écoles des anciennes métropoles et que ceux-ci ne reviennent que rarement dans leur pays d’origine pour tenter d’y résoudre les différents problèmes.

* Sortir de la crise

S’il apparaît très difficile de mettre rapidement fin aux crises qui sévissent sur le continent africain, on peut toutefois envisager une ingérence productive des organisations internationales. L’ONU pourrait essayer de pacifier les zones à risques et des organisme comme le FMI, la Banque Mondiale ou l’OMC pourraient gagner en légitimité en dépêchant des experts en gestion de crises et en proposant des aides en nature (18). Si les guerres et le néocolonialisme permettent à quelques uns de s’enrichir, la paix et le codéveloppement, quant à eux, favorisent un commerce équitable et la prospérité de tous. Mais quel dirigeant d’une puissance mondiale serait prêt à sacrifier ses meilleures industries (et donc son éventuelle réélection) au profit de pays politiquement instables dont les régimes accepteraient de vendre leurs ressources en échange d’une promesse de sécurité ?

(1) A l’exception de quelques états

(2) Nouveau nom des DOM-TOM depuis une loi organique de 2003

(3) La Nouvelle-Calédonie votera un référendum en 2014 pour obtenir son indépendance complète prévue par les accords de Nouméa en 1998

(4) Les revenus issus du tourisme ne compenseraient pas les dépenses liées à l’administration de ces territoires

(5) La France possède une ZEE de 11035000 km² et occupe le deuxième rang mondial en terme de surface maritime derrière les États-Unis : http://fr.wikipedia.org/wiki/ZEE. Elle cherche par ailleurs à l’agrandir depuis 2002 avec la mise en place du projet Extraplac.

(6) Il s’agit du premier gisement d’uranium d’Afrique et du deuxième au niveau mondial.

(7) Si vous souhaitez approfondir cet élément je vous conseille de croiser les données issues de la carte de ce document : http://www.monde-diplomatique.fr/IM... avec la liste des entreprises implantées dans les pays d’Afrique : http://fr.transnationale.org/epays.php

(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_...

(9) Au FMI, les voix des pays sont pondérées par leur participation financière. La plupart des votes s’effectuent à une majorité qualifiée de 85%. Or États-Unis et Union Européenne disposent chacun de plus de 15% des droits de vote, ce qui leur donne le droit de veto.

(10) S’il n’existait pas de barrières douanières, les produits étrangers seraient largement moins chers que les produits européens ou états-uniens

(11) Je vous invite à lire l’article d’Arnaud Zacharie : http://users.skynet.be/cadtm/pages/...

(12) La CIA a assassiné S. Allende et l’a fait remplacer par le Général Pinochet

(13) La région du Biafra recèle les 4/5 de la production pétrolière nigériane

(14) http://www.africafiles.org/article.asp ?ID=19700 et http://www.cellulefrancafrique.org/...

(15) Le Coltan est une ressource stratégique car elle sert à la fabrication d’appareils électriques de très haute technologie.

(16) Félix Houphouët-Boigny, ancien président de la Côte d’Ivoire a fait construire à Yamoussoukro, la Basilique Notre-Dame de la paix, plus grand édifice religieux chrétien du monde selon le Guinness des records de 1989. Le coût de sa construction est estimé à 1 milliard de francs de l’époque.

(17) http://joseyav.afrikblog.com/archiv... et http://www.30giorni.it/fr/articolo.asp ?id=1386

(18) Des aides en nature sont préférables à des aides financière car ces dernières peuvent être détournées.

Niger to build nuclear plant in medium to long term


Reuters - 11/02/09
jeudi 12 février 2009

Adolphe Gbaguidi Waly, an advisor to the minister of mines and energy, said nuclear power would be part of the country’s plans to increase energy independence in Niger.

"Among other solutions to solve the energy shortage in the region it was decided to build a nuclear plant ... not soon, but in a medium to long term," Waly told Reuters on the sidelines of a mining conference. [ID:nL9472559]

Landlocked and on the southern side of the Sahara, Niger is one of the world’s poorest countries. It imports around 80 percent of its electricity from neighbouring Nigeria, Africa’s top producer of crude oil.

Waly said the country has not yet decided on a specific way to go forward, but would ask South Africa, the only country on the continent with a nuclear plant so far, to help.

"Nuclear is a solution being discussed now. We haven’t yet looked at details, but in a very short time we should come up with a way and the process to go forward and start approaching countries who are using nuclear power," he said.

He said finances were an obstacle to be overcome.

Niger has also discussed the potential of a plant with France’s Areva (CEPFi.PA) which it awarded a licence to operate at its Niger’s Imouraren mine. The mine will more than double the country’s uranium output and make it the world’s second biggest producer after Canada.

Insecurity in northern Niger, where Tuareg rebels are fighting government forces, has stifled investment in the vast desert nation’s mining industry, but Waly said it was no longer a major hinderance to uranium prospecting. [ID:nLU229382] "The situation on the ground is improving ... there are no more disruptions to operations in the area as the necessary steps have been taken to prevent any major problems," he said, without giving any details.

(Reporting by Agnieszka Flak ; editing by Guy Dresser)

Drilling Begins at Isakanan




jeudi 12 février 2009

TORONTO, ONTARIO - Global Uranium Corp., ("Global" or the "Company") a private Ontario corporation, is pleased to report that it has begun a first phase drill program on its Adrar Emoles 4 concession in Niger.

This concession hosts a uranium deposit outlined by previous Japanese drilling and currently hosts an inferred uranium resource of approximately 28 million pounds at an average grade of 2.3 pounds / tonne. It is Global’s intention to confirm the previous drill results and to continue to expand the size of the resource which currently remains open in all directions.

A previously completed NI 43-101 report discussed at the shareholders meeting held in November, 2008, reported total resources in all categories of 33.7 million pounds located both at the company’s Tin Negouran concessions, where all of the drilling has been done to-date, as well as the two Adrar Emoles concessions.

The Adrar Emoles concessions are located in the same vicinity as Areva’s flagship Imouraren deposit, which is currently being developed into the largest uranium mine in Niger. Imouraren hosts a reported 320 million pounds at a similar grade as Global’s Isakanan deposit. Isakanan mineralization occurs in the Madouela formation.

Qualified Person

The drilling program was completed under the supervision of Mr. George Flach, P.Geo., qualified person within the meaning of National Instrument 43-101. Mr. Flach has reviewed the contents of this release.

About Global Uranium Corp.

Global Uranium is a private Ontario corporation founded in January, 2005 by executives with extensive experience in the mining and marketing of uranium. The Company has exploration agreements covering six uranium concessions in the Republic of Niger, covering an area of approximately 3,000 km2, as well as owning a database consisting of numerous uranium exploration targets around the world collected over a 30 year period by a major Canadian uranium producer.

The information in this release may contain forward-looking information under applicable securities laws. This forward-looking information is subject to known and unknown risks, uncertainties and other factors that may cause actual results to differ materially from those implied by the forward-looking information. Factors that may cause actual results to vary include, but are not limited to, inaccurate assumptions concerning the exploration for and development of mineral deposits, political instability, currency fluctuations, unanticipated operational or technical difficulties, changes in laws or regulations, the risks of obtaining necessary licenses and permits, changes in general economic conditions or conditions in the financial markets and the inability to raise additional financing. Readers are cautioned not to place undue reliance on this forward-looking information. The Company does not assume the obligation to revise or update this forward-looking information after the date of this release or to revise such information to reflect the occurrence of future unanticipated events, except as may be required under applicable securities laws.

Niger : La paix pointe au Nord


Relief Web - 11/02/09
jeudi 12 février 2009

Visiblement, le président de la République, dont le mandat expire en décembre prochain entend laisser un pays en paix, débarrassé de la rébellion armée qu’on connaît dans le Nord depuis déjà deux ans. Les dommages humains, financiers, matériels résultant de la situation dans le Nord sont énormes, au point que nul ne saurait rigoureusement les évaluer. Soldats, rebelles, habitants de la zone du conflit, tous des Nigériens ont perdu la vie, soit sur le champ de combat soit par l’action des mines anti chars, ces engins de mort que la bêtise humaine a enfouis dans la terre. Plusieurs dizaines de milliards FCFA ont été investis par l’Etat pour l’achat des matériels de guerre, au détriment des investissements dans le pays. Des intermédiaires, comme on en rencontre partout où il y a de l’argent facile à gagner, ont bien sûr, eux, tiré leur épingle du jeu. La région d’Agadez, zone touristique par excellence, n’est plus que l’ombre d’elle-même, offrant aujourd’hui le spectacle pitoyable d’une région en ruines.

Le président Tandja est aujourd’hui sur les sentiers de la paix. Il vient de demander au tout nouveau président en exercice de l’Union africaine (UA), le Colonel Mouammar Kadhafi, de s’investir à fond pour le règlement de la situation au Nord. Selon nos sources, Kadhafi, qui a accepté la demande de médiation, engage ainsi sa première action diplomatique, lui, dont la désignation en qualité de président de l’UA a fait grincer des dents parmi ses pairs africains. Il s’active à rapprocher les différentes positions, en ne faisant pas perdre la face à aucun des acteurs. L’essentiel étant de ramener la paix dans ce grand Sahara bouillonnant, qui, si rien n’est fait, se transformera durablement en repaire des trafiquants et de bandits de tout acabit. Il faut donc que les problèmes, qui ont un caractère politique puissent être résorbés. Ainsi les Etats riverains du grand Sahara assumeront ensemble, y compris en mutualisant leurs moyens, la lutte contre le terrorisme et les trafics divers. Même si l’on ne parle pas de feuille de route, on s’attend, dans les milieux diplomatiques, à voir autorités et rebelles fumer le calumet de la paix dans les trois mois à venir.

Il restera alors aux Forces de défense et de sécurité nigériennes de faire la chasse à ceux qui se mettront volontairement en marge de la paix, avec certainement l’appui de ceux qui auront déposé les armes. Pour ce faire, on peut compter sur le savoir-faire des soldats nigériens. D’ici un mois, apprend-on, le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) fera connaître ses revendications au médiateur. Les Nigériens sont fatigués de ce qui se passe dans la région d’Agadez, tout comme ils sont indignés des entraves à la libre circulation des personnes et de leurs biens, dans le Nord ou d’une frontière à une autre. C’est pourquoi l’enlèvement de l’Envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Robert Fowler, de son assistant Louis Guay, et de son chauffeur nigérien Mounkaila, le 14 décembre dernier, suivi de celui de touristes occidentaux à la fron-tière du Mali avec le Niger sont vécus comme un drame.

Oumarou Keïta

Republicain/Niger