samedi 20 mars 2010

Egypte/Un nouvel imam pour Al-Azhar


La grande mosquée d'Al-Azhar, au Caire.
Un nouvel imam pour Al-Azhar
19/03/2010 à 18h:14 Par La rédaction web de Jeune Afrique

© Al-Azhar Depuis 1961, le grand imam d'Al-Azhar est nommé par décret présidentiel. Vendredi 19 mars, le successeur de cheikh Mohamed Sayed Tantaoui, décédé le 10 mars dernier, a ainsi été désigné par le chef de l'Etat Hosni Mobarak. Il s'agit du président de l'université d'Al-Azhar, cheikh Ahmed Mohamed Ahmed Al-Tayeb.

Le nouvel imam de l'institution sunnite millénaire Al-Azhar, qui chapeaute une université et une mosquée du même nom au Caire, ainsi que de nombreuses facultés en Égypte, est enfin connu. Le président égyptien Hosni Moubarak, en convalescence en Allemagne après une opération chirurgicale le 6 mars, a nommé cheikh Ahmed Mohamed Ahmed Al-Tayeb pour succéder à cheikh Mohamed Sayed Tantaoui, décédé d'une crise cardiaque le 10 mars en Arabie saoudite à l'âge de 81 ans.

"Je veux exprimer ma profonde gratitude pour la confiance que m'a accordée le président Hosni Moubarak en me nommant à la tête d'Al-Azhar", a aussitôt déclaré l’intéressé depuis sa ville natale de Al-Qourna, près de Louxor (sud).

Né en 1946, cheikh Tayeb entre dans une école relevant d'Al-Azhar à l'âge de 10 ans. Plus tard, il est nommé professeur à l'université d'Al-Azhar dont il devient le doyen du département de philosophie puis président en 2003, année où il abandonne le poste de grand mufti de la République.

Un religieux « modéré »
Des proches de cheikh Tayeb le présentent comme un "modéré". Dans une interview au journal anglophone Egypt Today à l'occasion du 3e anniversaire des attentats du 11 Septembre, il avait dit être "conscient de la nécessité de réviser le discours islamique" et s'était déclaré en faveur du dialogue interreligieux. En octobre, il avait soulevé une vive controverse en affirmant que le niqab, le voile intégral ne laissant voir que les yeux des femmes, n'était "qu'une tradition", pas une obligation religieuse.

Mais il s'était aussi fait remarqué par une position ferme vis-à-vis des Frères musulmans. En 2006, il avait condamné un défilé de style militaire de membres de cette confrérie à l'université d'Al-Azhar, les comparant aux partisans du mouvement islamiste palestinien Hamas ou aux Gardiens de la Révolution en Iran. Plusieurs étudiants avaient alors été suspendus et des dizaines d'autres arrêtés.

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Zoom Pédophilie en Irlande: Benoît XVI reconnaît la responsabilité de l'Eglise


Flash actualité - International
Le Parisien
Zoom Pédophilie en Irlande: Benoît XVI reconnaît la responsabilité de l'Eglise
20.03.2010, 10h33

Benoît XVI a reconnu la responsabilité de toute l'Eglise catholique dans les actes pédophiles commis par des religieux, parmi lesquels des prêtres, d'Irlande, exprimant sa "honte" dans une lettre samedi aux fidèles de ce pays, au ton très dur pour l'épiscopat ayant couvert ces crimes.
"Beaucoup d'entre vous" ont été "suffisamment courageux pour parler de ce qui vous était arrivé", mais "personne ne vous écoutait", a déploré Benoît XVI, à l'adresse des victimes.
"Je vous exprime ouvertement la honte et le remords que nous éprouvons tous", a-t-il dit, dans un message de sept pages qui sera lu dimanche dans toutes les paroisses irlandaises.
Le pape s'est dit "vraiment désolé" face à leurs souffrances et "disposé" à les rencontrer, comme il l'avait fait pour des victimes d'abus similaires pendant ses voyages aux Etats-Unis et en Australie en 2008.
Les premières réactions en Irlande ont été contrastées. Le chef de l'Eglise, le cardinal Sean Brady, a souhaité, au cours d'une messe en Irlande du Nord, que ce texte soit "le commencement d'une grande saison de renaissance et d'espoir dans l'Eglise irlandaise". Mais des victimes se sont montrées critiques : il laisse des questions sans réponses, a déploré le responsable d'un des principaux groupes irlandais.
Dans ce texte, Benoît XVI affirme que les hommes d'Eglise coupables de pédophilie devront en "répondre" non seulement "devant Dieu", mais aussi devant la justice ordinaire. "Vous avez trahi la confiance" de "jeunes innocents" et de "leurs parents" et "jeté la honte et le déshonneur sur vos confrères", a-t-il lancé.
Aux évêques, accusés d'avoir couvert des centaines de cas de pédophilie commis sur plusieurs décennies par des religieux, il a reproché de "graves erreurs de jugement" et des "manquements" dans la gestion des accusations à l'encontre de prêtres.
Cette lettre n'évoque cependant pas le sort qui sera réservé aux trois évêques irlandais démissionnaires car "ce n'est pas un document de mesures juridiques ou administratives", a expliqué le porte-parole du pape, le père Federico Lombardi.
Le "pape n'avait jamais écrit une telle lettre", a-t-il souligné, appelant à "ne pas en sous-estimer la portée".
C'est la deuxième fois au cours de son pontificat entamé en 2005 que Benoît XVI prend sa plume pour s'adresser aux fidèles après le message rédigé début 2009 à la suite de la polémique suscitée par sa levée de l'excommunication de quatre évêques lefebvristes, dont le négationniste Richard Williamson.
Le pape a aussi annoncé des "initiatives concrètes" pour affronter la situation, en annonçant notamment une "visite apostolique", c'est-à-dire une enquête, "dans plusieurs diocèses d'Irlande", ainsi que dans "des séminaires" et "des congrégations religieuses".
Parmi les causes du scandale, Benoît XVI a dénoncé "la sécularisation rapide de la société irlandaise" et une tendance des prêtres et des autres religieux à "adopter les façons de penser (de la société civile) sans se référer suffisamment à l'Evangile".
En exprimant la "honte" et le "remords" de toute l'Eglise, Benoît XVI étend "symboliquement" son propos à tous les pays touchés par des scandales analogues et notamment l'Allemagne, son pays natal, a estimé le vaticaniste Marco Politi, chroniqueur à Il Fatto (quotidien de gauche).
"Ce document a valeur pour l'Eglise universelle et pas seulement pour l'Irlande", relève Marco Politi, soulignant que "le pape prend directement sur lui la responsabilité de ces crimes".
Sur le cas précis de l'Allemagne, le père Lombardi a déclaré que si et quand il le jugera opportun, "le pape saura trouver un moyen approprié" pour y faire allusion.
L'Autriche, la Suisse, les Pays-Bas, mais aussi le Brésil, l'Espagne et l'Italie ont également été confrontés dernièrement à des dénonciations de tels crimes.

Revue de presse Afrique /A la une : la lutte contre le terrorisme


Revue de presse Afrique
mercredi 17 mars 2010
A la une : la lutte contre le terrorisme
Par Frédéric Couteau
RFI


La lutte contre le terrorisme au centre de la conférence des chefs de la diplomatie des pays du Sahel hier mardi à Alger. « Alger reprend l’initiative régionale », s’exclame Liberté qui met en avant le discours du ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci. Celui-ci a notamment insisté sur la nécessité d’instaurer « une coopération frontalière efficace et multiforme.»
« Pour un front transnational contre le terrorisme », reprend en chœur La Tribune, toujours en Algérie. « Medelci appelle à une lutte sans concession », constate El Watan.

Les chefs d’Etat appelés à prendre leurs responsabilités…Oui, mais voilà, s’interroge Le Quotidien de Bamako, « les ministres sont-ils les mieux indiqués pour prendre des décisions ? » Non, répond le journal malien. «Les seules personnes habilitées à prendre des grandes décisions, celles qui peuvent faire évoluer la situation sont précisément les chefs d’Etat. Parce qu’il s’agit de décisions souveraines, (…) qui demandent un engagement total. Il s’agit de mener une guerre concertée et solidaire contre le réseau terroriste le plus puissant de la terre. II s’agit aussi de lutter contre les réseaux de narcotrafic les mieux organisés de la planète. Et tout cela ne peut se faire sans les moyens adéquats. »
Même analyse pour L’Observateur au Burkina : « plus que jamais, une coopération suivie et rigoureuse est d’une nécessité impérieuse pour résoudre le problème du terrorisme dans la région. (…) Dans son dernier communiqué, l’Internationale terroriste, Al Qaida, a confirmé son intention de faire de la région sahélienne son terrain de chasse privilégié. Il faut donc, poursuit le quotidien burkinabé, que les dirigeants s’asseyent… sur leur ego pour trouver une solution commune. Et il demeure plus que nécessaire que les grandes puissances s’impliquent dans cette affaire, affirme L’Observateur. Après tout, ce sont leurs ressortissants (Union européenne comme Etats-Unis d’Amérique) qui sont visés par les terroristes ! En conséquence, elles se doivent d’apporter des moyens financiers, techniques et logistiques conséquents aux pays sahéliens afin de les aider à mettre un terme à la terreur au Sahel.»

Madagascar : le sur-placeLe Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, le CPS, va se prononcer ce mercredi à propos de Madagascar. « Sursis ou carton rouge ? », s’interroge L’Express à Antananarivo. « L'objectif du rendez-vous, précise le quotidien malgache, est de convaincre les dirigeants du régime actuel de faire machine arrière et d’accepter de partager les pouvoirs avec les trois autres mouvances dans la gestion de la transition. Mais sauf coup de théâtre, le CPS divulguera la liste des individus et organes touchés par les sanctions. » A savoir, précise L’Express, « interdiction de voyager, gels des avoirs financiers et isolement diplomatique. » Et du côté du régime en place, remarque le quotidien malgache, on se dit prêt « à faire face à ces sanctions et à leurs conséquences sur la population.»

Que va faire Goodluck ?L’attentat du MEND au Nigeria, attentat à la voiture piégée qui a fait deux morts lundi à Warri. Pour Le Pays au Burkina, c’est « la rançon des promesses non tenues ». Le journal rappelle en effet qu’un « certain nombre d’engagements avaient été pris avec le président Yar’Adua avant qu’il ne soit contraint de se mettre en retrait du pouvoir pour raisons de santé. Par exemple, l’amnistie accordée aux combattants qui accepteraient de déposer les armes ou encore l’obtention du reversement de 10% des revenus pétroliers à la région du Delta du Niger en compensation de l’exploitation de l’or noir de son sous-sol. » Or, le processus a été gelé, constate Le Pays. De plus, souligne-t-il, la rébellion du MEND connaît des divisions en son sein, de même que le pouvoir fédéral.
Et le quotidien burkinabé de s’interroger : le chef de l’Etat par intérim, « Goodluck Jonathan prendra-t-il à bras-le-corps le dossier du MEND pour éviter des scènes d’horreur identiques à celles qui se produisent régulièrement en Afghanistan ou au Pakistan ? Le mouvement rebelle acceptera-t-il de discuter avec lui ou continuera-t-il de réclamer le grabataire Yar’Adua qui, à ses yeux, est le seul à avoir du crédit ? Mais qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre de ces interlocuteurs, note Le Pays, l’essentiel est que l’Etat fédéral prenne ses responsabilités face à ce problème que l’on a d’abord voulu régler par les armes et maintenant par des promesses qui malheureusement ne sont jamais tenues. »

Obligation de résultat !Le Niger, avec cet appel en direction des militaires au pouvoir… Appel lancé par l’hebdomadaire Le Canard Déchaîné. « Pour la junte (…), la victoire n’est pas dans la prise du pouvoir ni dans sa gestion, elle réside dans la production de résultats palpables ! », s’exclame le journal. Pour Le Canard Déchaîné, les militaires, en formant la nouvelle équipe au pouvoir, n’ont pas échappé au « système PAC », PAC pour parents, amis et connaissances… Un mal quasi-inévitable, relève le journal, mais surtout qu’il ne devienne pas « un système de gestion de l’Etat ».
L’hebdomadaire note avec satisfaction l’inéligibilité des dirigeants actuels aux prochaines élections. Mais maintenant, prévient-il, attention, « obligation de résultats ! », avec un « assainissement » nécessaire dans de nombreux dossiers, dont celui, très délicat, des mines.

Afrique de l'Ouest : les destinations en vogue


Afrique de l'Ouest : les destinations en vogue
19/03/2010 à 01h:48 Par Stéphane Ballong
jeune Afrique

En dehors de la Côte d’Ivoire – l’autre destination d’Afrique de l’Ouest actuellement en panne –, la plupart des pays de la sous-région s’en sortent plutôt bien. Le Cap-Vert, par exemple, est devenu en l’espace de quelques années l’une des destinations très prisées par les touristes européens. L’archipel (plus de 1 000 km de côtes), situé au large du Sénégal, accueille un nombre de touristes en croissance de plus de 20 % par an. Les derniers chiffres font état de plus de 340 000 visiteurs en 2008. Et les investissements dans l’immobilier touristique suivent. Le gouvernement de ce pays lusophone vient d’estimer à 25 millions de dollars le montant des investissements nécessaires au cours des cinq prochaines années pour faire de ce secteur le principal pilier de son économie. Le Cap-Vert tire actuellement du tourisme quelque 200 millions d’euros par an, soit 25 % de son PIB. Au Mali, le tourisme est devenu, depuis 2002, le troisième pourvoyeur de devises étrangères après l’or et le coton. Il représente 5 % du PIB et emploie 10 000 personnes. Le nombre de visiteurs dans le pays est passé de 94 000 en 2001 à plus de 250 000 l’an dernier. Selon le ministère malien du Tourisme, le secteur représente aujourd’hui 57 milliards de F CFA d’investissements pour 70 milliards de recettes. Quant au Burkina, il a accueilli plus de 300 000 touristes en 2009 (250 000 trois ans plus tôt). Qui lui ont rapporté plus de 30 milliards de F CFA.

Avec le report de l’exploitation d’Imouraren Areva fausse le jeu


Avec le report de l’exploitation d’Imouraren Areva fausse le jeu
Écrit par Oubandoma Salissou
(BULLETIN D’INFORMATION DU GREN-NIGER-N°009-Mars-2010)
Vendredi, 19 Mars 2010 13:30



Le Niger et la firme Areva, avait signé, en janvier 2009, la convention minière du projet Imouraren et les statuts de la société minière Imouraren SA. Cette convention qualifiée de gagnant-gagnant, à l’époque est en passe d’être remise en cause avec notamment le report de l’exploitation de ce site par Areva. Votre bulletin LUMIERE vous rappel l’essentiel du contenu de cette convention et la décision d’Areva de rapporter cette exploitation.

Plus de quarante ans, se sont écoulées depuis la découverte en 1966 desdits gisements. Déjà en 1979, rappelle-t-on, une demande de concession d’exploitation fut déposée auprès de l’administration. L’instruction de cette demande n’a pu aboutir à cause de la situation défavorable de l’uranium sur le marché mondial à l’époque. Pour rendre le projet faisable, les promoteurs multiplièrent les initiatives et envisagèrent même, pour réduire les coûts d’investissements et d’opération, une méthode d’exploitation moins coûteuse. Cette piste a dû être abandonnée pour principalement des raisons environnementales. La reprise significative du marché de l’uranium de ces dernières années, a rendu possible de remettre le projet sur la sellette. La grande taille des gisements d’uranium, leur profondeur marquée et la faiblesse de leurs teneurs, ont nécessité, au vu également de l’importance des investissements envisagés, que l’Etat mette en place un régime dérogatoire profitable aux investissements des grands projets miniers. En effet, la mise en exploitation des gisements d’Imouraren requiert plus de 800 milliards de FCFA d’investissements, un montant jamais investi dans un projet minier au Niger et rare en Afrique. L’exploitation de ces gisements dont la production va démarrer en 2012, selon les termes de la convention.

Cette exploitation va se traduire par un niveau de production de 5.000 tonnes d’uranium par an pendant au moins 31 ans, ce qui portera notre pays au 2ème rang des producteurs d’uranium dans le monde. En ce qui concerne les retombées, elles seront à la taille de ce projet, c’est-à-dire significatives. On peut citer, entre autre, 1500 emplois permanents directs qui seront créés, le renforcement des capacités des ressources humaines nigériennes, les innombrables opportunités d’affaires pour les entreprises nigériennes, notamment dans le domaine du transport (pendant les 3 ans de construction, 180.000 tonnes devront être acheminées sur le site et 24.5000 tonnes/ an en phase de production), dans le domaine du bâtiment et des travaux publics avec les chantiers d’aménagement des routes de désenclavement du site et de construction des installations industrielles et des bâtiments d’habitation des travailleurs.

Dans le domaine des infrastructures, ce projet a ouvert la voie à un partenariat renforcé avec Areva NC et qui permettra au Niger de déboucher, à moyen et long termes au renforcement des capacités de SONICHAR, à la connexion de notre pays au réseau ferroviaire de la sousrégion et à la conception et la mise en oeuvre d’un programme électro nucléaire. Selon toujours la même convention, les retombées pour les finances publiques seront aussi importantes, notamment à travers les recettes fiscales et douanières et la commercialisation directe de l’uranium par notre pays. La présidente du directoire d’Areva, Mme Anne Lauvergeon, avait indiqué, lors de cette cérémonie que cette étape marque le renforcement du partenariat historique qui unit depuis un demi-siècle le Niger et Areva.

Elle avait ajouté qu’elle couronne trois ans de travaux de recherche et de développement du gisement et intervient à l’issue d’un processus approfondi de validation des aspects industriels, sociaux et environnementaux du projet proposé au Niger. Selon Mme Anne Lauvergeon, l’accord prévoit une répartition capitalistique de 66 % pour AREVA et de 34 % pour l’Etat du Niger dans la société créée en vue de l’exploitation du gisement. Elle a enfin indiqué qu’avec une production à terme estimée à 5 000 tonnes par an pendant plus de 35 ans, un investissement initial de plus de 1,2 milliard d’euros (800 milliards de francs CFA) et la création de près de 1 400 emplois directs, l’exploitation du gisement d’Imouraren est le plus.

Areva décide du report de l’exploitation du gisement d’Imouraren..

Areva annonce que la production d’uranium sur le gisement nigérien d’Imouraren ne débutera qu’en 2013 ou 2014, soit un à deux ans plus tard que prévu, lors de la signature de la convention ci-dessus mentionnée, en raison des conséquences de la crise financière. Le groupe français continue de tabler sur une production de 5.000 tonnes par an pour ce site, a précisé le groupe français. Areva exploite actuellement deux gisements d’uranium au Niger, ceux de Somair et Cominak dans le nord du pays, qui devraient produire cette année 4.030 tonnes au total, contre 3.242 l’an dernier. Concernant Imouraren, “nous ne serons pas en mesure de démarrer la production en 2012. Les premières tonnes d’uranium sont prévues en 2013-2014”, a déclaré vendredi Moussa Souley, un porte-parole d’Areva à Niamey, dans un courrier électronique en réponse à des questions de Reuters.

“Avec la crise financière, les marchés ont évolué et nous avons dû réévaluer le coût global du projet”, a-t-il expliqué pour justifier le report du démarrage de l’exploitation. “Le montant de l’investissement n’a pas changé.” “Le niveau de production prévu de la mine est de 5.000 tonnes d’uranium par an”, a-t-il précisé. Estimé à plusieurs milliards de FCFA d’euros, le gisement d’Imouraren devrait devenir le plus gros gisement d’uranium d’Afrique. La junte qui a pris le pouvoir à Niamey a assuré que les investisseurs étrangers avaient été rassurés. Pour l’instant la question est de savoir si en prenant unilatéralement cette décision Areva n’est pas en train de remettre en cause cette convention ?

Belkhadem exige les excuses de la France



Le Premier ministre français François Fillon en compagnie d'Abelaziz Belkhadem.

Belkhadem exige les excuses de la France
19/03/2010 à 18h:48 Par La rédaction web de Jeune Afrique


© AFP Lors du 9e Congrès du FLN, le secrétaire général de ce parti, Abdelaziz Belkhadem, a exhorté les autorités françaises à présenter leurs excuses pour les crimes coloniaux du passé.

Le 9e congrès du Front de libération nationale (FLN - au pouvoir) s’est ouvert en fanfare, vendredi 19 mars à Alger. Lors de son discours d’ouverture, le secrétaire général du parti et ministre d'Etat, Abdelaziz Belkhadem, a une nouvelle fois appelé l'Etat français à présenter ses excuses à l'Algérie pour "les crimes" de la colonisation.

"Nous exigeons de la France officielle une reconnaissance de ses crimes coloniaux commis en Algérie et des excuses au peuple algérien", a déclaré l'ancien Premier ministre en soulignant "l'importance de cette repentance". Une demande qui, pour l’instant, n’a jamais été entendu par les autorités de l’Hexagone.

Sarkozy, ou l’anti-repentanceLors d'une visite en Algérie en décembre 2007, le président français Nicolas Sarkozy avait fermement dénoncé le système colonial "injuste par nature", sans pour autant accepter l’idée de "repentance", qu’il assimile à une forme de "haine de soi" et de "dénigrement" de son pays.

Ancien parti unique, le FLN fait partie de la coalition au pouvoir aux côtés du Rassemblement national démocratique (RND, libéral) et du Mouvement pour la société de la paix (MSP, islamiste). Le congrès, qui doit durer jusqu'à dimanche, regroupe quelque 5 000 délégués représentant les 48 wilayas (départements) du pays et la diaspora. Abdelaziz Belkhadem, seul candidat, a été reconduit à son poste de secrétaire général du parti à l'issue de la première journée.


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Lutte contre le terrorisme : les populations de la zone sahélo-saharienne invitées à s’impliquer


Lutte contre le terrorisme : les populations de la zone sahélo-saharienne invitées à s’impliquerpar JA08, le 18 Mars 2010 à 15:47

Les ministres des pays de la région sahélo-saharienne ont souligné, mardi à Alger, la nécessité de ’’l’adhésion et la mobilisation des populations locales’’ à la politique de ’’développement socioéconomique et dans la lutte contre le terrorisme et les autres formes de criminalité transfrontalière’’.



Lors d’une réunion, les ministres ont expliqué l’importance de l’implication de ces populations dont ‘’la sécurité et la quiétude sont directement menacées’’, indique un communiqué de l’ambassade d’Algérie à Dakar transmis à l’APS.

Ils ont aussi noté ’’l’apport des valeurs culturelles partagées par les pays de la région’’, soulignant ’’le rôle significatif de ce patrimoine dans la préservation de nos populations des dangers des relents idéologiques du terrorisme’’.

Selon eux, ’’la prévention et la lutte contre le terrorisme et ses connexions doivent procéder d’une approche intégrée, coordonnée et solidaire’’ axée sur ’’la responsabilité des Etats, le renforcement de la coopération entre les Etats de la région, la promotion d’une coopération régionale et la participation active à l’action internationale de lutte contre le terrorisme’’.

Pour une lutte efficace contre le terrorisme, ’’la coopération aux plans bilatéral et régional constitue un cadre incontournable’’, ont-ils rappelé, se félicitant de ’’l’adoption par la Conférence de l’Union africaine de la décision 256 qui condamne le versement des rançons aux groupes terroristes’’.

Les ministres ont rappelé ’’la nécessité par tous les membres des Nations Unies d’une application pleine et entière des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et l’adoption de mesures répressives à l’égard des personnes et entités listées pour leurs liens supposés avec des activités terroristes’’.

’’L’importance de renforcer les mécanismes d’assistance judiciaire mutuelle, fondés sur les conventions judiciaires bilatérales existantes, les conventions régionales et internationales en lien avec le terrorisme’’, a été soulignée au cours de cette réunion.

Les participants ont également insisté sur la nécessité de ’’mettre à profit les possibilités offertes en matières d’assistance technique par les mécanismes multilatéraux’’.

Ils ont rappelé ’’la validité et la pertinence des conclusions de la conférence ministérielle de Bamako (novembre 2008) et confirmé le format de ce cadre de consultations et de coopération régionale’’, soulignant ’’la primauté du principe de la responsabilité des Etats de la région et leur appropriation de la prise en charge des problèmes et défis’’ des pays sahélo sahariennes.

Par ailleurs, les ministres ont condamné fermement ’’le terrorisme’’ et ont réaffirmé ’’leur détermination à agir individuellement et collectivement pour éradiquer ce phénomène et redonner à cette région sa vocation d’espace d’échanges, de paix, de stabilité et de coopération féconde’’.

Les ministres en charge de la sécurité de l’Algérie, du Burkina Faso, de la Libye, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad ont pris part à la rencontre.

APS

Le Niger dément vouloir revoir les permis miniers d’Areva


AFP, publié le 19/03/2010 à 19:27

Le Niger dément vouloir revoir les permis miniers d’Areva
vendredi 19 mars 2010

NIAMEY - La junte militaire au pouvoir au Niger a catégoriquement démenti vendredi les informations faisant état de son intention de revoir les permis miniers d’Areva, qui extrait dans ce pays la moitié de son uranium.

"Personne n’en a officiellement parlé, ce n’est pas à l’ordre du jour, on a rien dit là-dessus", a affirmé à l’AFP Abdoulkarim Goukoye, le porte-parole du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD, junte).

Selon le quotidien Les Echos, Niamey a annoncé jeudi qu’il voulait revoir tous les contrats miniers du pays, y compris ceux signés avec le champion français du nucléaire.

"Les autorités militaires ont décidé d’auditer tous les contrats d’uranium et d’or", a déclaré à l’agence d’informations américaine Bloomberg un conseiller du nouveau ministre des Mines et de l’Energie, Souleymane Mamadou Abba, installé par la junte le 1er mars.

"C’est une pure spéculation. Il (le prétendu conseiller) ne tient ça de personne, d’aucun officiel et cela n’engage que sa propre personne", a insisté le porte-parole.

Le colonel Goukoye a précisé que le ministère nigérien des Mines va "incessamment publier un démenti" sur ces allégations.

vendredi 19 mars 2010

L’amazighité sous les projecteurs


L'Expression (Algérie) : 18 mars 2010
FESTIVAL DU FILM AMAZIGH

L’amazighité sous les projecteurs

(extraits)
(...)
Le soleil est revenu sur la capitale du Djurdjura (Tizi Ouzou). En ce 16 mars, la première journée du Festival culturel annuel du film amazigh débute dans la matinée à la Maison de la culture par trois films aux genres différents.
(... )

Suivra un documentaire de Rabie Ben Mokhtar portant sur Tin Hinan...légende touarègue.

A travers ce film qui pèche par un manque d’information concernant la vie de cette reine du désert, le réalisateur s’évertue tout de même à nous restituer l’âme de ce mythe fondateur sur lequel repose le patrimoine culturel touareg.
La datation du passage de Tin Hinan à Abalessa, à 80 kilomètres de Tamanrasset manque à l’appel. Nous ne savons pas non plus pourquoi s’était-elle déplacée dans cette région en quittant la sienne. On croit comprendre qu’elle a existé aux environs du VIIe siècle et qu’elle fuyait les Romains. Des images présentées sous forme de cartes postales, ce documentaire nous rappelle combien il est difficile de s’attaquer à ce genre d’exercice.
Ce film nous renseigne sur un passé non encore maîtrisé. Vivier de réflexion tout de même, Tin Hinan, légende touarègue a bel et bien existé dans la mémoire collective d’un Targui. Impossible d’en contredire un. Il vous en donnera pour preuve, sa tombe, délestée à l’époque par les Français. Après un passage aux Etats-Unis, son squelette et autres bijoux reposent aujourd’hui au musée du Bardo.
(...)

De notre envoyée spéciale O. HIND

La LCR appelle à participer au rassemblement de protestation, à l'initiative de l'UPJB, contre la présence de Avigdor Liberman à Bruxelles


La LCR appelle à participer au rassemblement de protestation, à l'initiative de l'UPJB, contre la présence de Avigdor Liberman à Bruxelles
DE 18 à 20 HEURES face à l’hôtel Conrad, avenue Louise à 1050 Bruxelles

Le dimanche 21 mars prochain, l’hôtel Conrad accueillera un dîner de gala organisé par les «Israel Bonds International–Europe» avec, comme invité d’honneur, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman.

L’Union des Progressistes Juifs de Belgique a tenu à rappeler "que l’argent investi par les souscripteurs dans les Israel Bonds - des obligations d’État - sert en grande partie à pérenniser l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens occupés, en violation flagrante du droit international".

L'UPJB "tient également à rappeler que Avigdor Lieberman, outre ses fonctions ministérielles, est le leader de Israel Beteinou (Israël notre maison), un parti ouvertement raciste et arabophobe. Avigdor Lieberman se prétend démocrate, mais ses déclarations populistes et ses propositions en ce qui concerne le sort des citoyens arabes d’Israël suggèrent une conception de la démocratie qui est loin d’être universelle mais sélective et à géométrie variable. Ainsi déclarait-il en septembre 2006 (interview au journal HaZofeh) : «Je suis tout à fait favorable à la démocratie mais lorsqu’il y a contradiction entre les valeurs démocratiques et les valeurs juives, les valeurs juives et sionistes sont prépondérantes».

Dès 2001, il proposait de constituer 4 cantons en Cisjordanie occupée, hermétiquement fermés, dans lequel seraient regroupés les Palestiniens. Plus récemment il a agrémenté ce projet d’une solution pour les citoyens palestiniens d’Israël, qui sont plus d’un million, proposant d’en déplacer la grande majorité pour les regrouper eux aussi dans des zones hermétiquement fermées, auto-administrées. Ainsi verrait le jour un État ethniquement homogène de la Mer Méditerranée jusqu’au Jourdain, abritant en son sein des « bantoustans » palestiniens."

L’Union des Progressistes Juifs de Belgique considère à juste titre "qu’un tel personnage est indésirable sur le territoire belge. Aussi appelle-t-elle la société civile de notre pays ainsi que les mandataires politiques à la rejoindre le 21 mars prochain de 18 à 20h, face à l’hôtel Conrad, avenue Louise à 1050 Bruxelles, pour un rassemblement citoyen de protestation contre la présence d’Avigdor Lieberman en ses salons".

L'UPJB appelle tous ceux qui répondront à son appel à faire en sorte que ce rassemblement "se déroule dans la dignité, sans dérive de quelque sorte que ce soit", comme elle en a pris l'engagement vis-à-vis des autorités.

Les slogans proposés par l'UPJB :

Non à Avigdor Lieberman, arme d’épuration massive

Stop au blocus de la bande de Gaza

Stop à la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est

Stop à la construction du mur de l’annexion

Respect du droit international

L'appel a été lancé, au nom de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique, par Anne Grauwels et Henri Wajnblum co-présidents



--
Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR)
Socialistische ArbeidersPartij (SAP)
Section belge de la IVe Internationale
Rue Plantin, 20
1070 - Bruxelles
info@lcr-lagauche.be
02/523.40.23

Tribunal Russell : Tel-Aviv sur le banc des accusés

Tribunal Russell : Tel-Aviv sur le banc des accusés
19/03/2010 à 10h:04 Par Claire Gallien



Le tribunal « d’opinion publique » créé par le philosophe britannique en 1966 dénonce les manquements d’Israël au droit international et la complicité passive de l’Europe.

Alors qu’Israël refuse toujours, comme le lui demande le rapport Goldstone, de constituer une commission d’enquête sur les crimes commis par Tsahal à Gaza lors de l’opération « Plomb durci » (décembre 2008-janvier 2009), s’est tenue à Barcelone, du 1er au 3 mars, la première session du tribunal Russell sur la Palestine. Le comité de parrainage du tribunal, composé de 119 personnalités internationales*, s’était fixé un agenda précis : évaluer la part de responsabilité des États membres de l’Union européenne (UE) dans l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Six questions ont été posées au tribunal composé de neuf experts et témoins. Leurs conclusions, qui figurent dans un communiqué de presse publié le 3 mars, sont accablantes : l’UE et ses États membres ont rompu leurs obligations vis-à-vis du droit international et du droit humanitaire, notamment dans le cas du blocus de la bande de Gaza. Le tribunal a démontré que la colonisation israélienne, l’annexion de Jérusalem-Est, le détournement des ressources naturelles au profit d’Israël, la construction du mur en Cisjordanie et la signature d’accords commerciaux privilégiés entre l’UE et l’État hébreu contreviennent aux principes du droit international.

Ce tribunal dit « d’opinion publique », créé par le philosophe et écrivain britannique Bertrand Russell en 1966 pour juger selon le droit international les crimes de guerre commis par les Américains au Vietnam, n’a aucun pouvoir judiciaire effectif. Son objectif consiste à pointer les manquements au droit international pour provoquer, selon les termes de Jean Ziegler, membre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, « une insurrection des consciences ». Cette première session ne sera pas sans suite. Une deuxième est déjà prévue à Londres dans le courant de l’année et aura pour thème les ventes d’armes à Israël, le droit international proscrivant toute vente d’armes à un pays en guerre. Pourtant, la France est aujourd’hui le premier fournisseur de l’État hébreu. « Nous demandons à y voir plus clair sur la chaîne de commandement : Qui vend les armes ? Qui les fournit ? » précise le cinéaste britannique Ken Loach.

La militante israélienne Nurit Peled, lauréate du prix Sakharov pour la liberté de l’esprit 2001, reste lucide quant à l’impact du tribunal : « On ne sait pas ce qui peut se passer. On plante des graines et on verra ce qui poussera. »



* Parmi elles, citons Henri Alleg, Mohammed Bedjaoui, Ahmed Ben Bella, Djamel Bourras, Boutros Boutros-Ghali, Eric Cantona, Noam Chomsky, Georges Corm, Costa-Gavras, Norman Finkelstein, Gisèle Halimi, Mohammed Harbi, Stéphane Hessel, Albert Jacquard, Mike Leigh, Ken Loach, Radhia Nasraoui, Eric Rouleau, Michel Warschawski...

Découvrez le Clip du groupe Atri N'Assouf. Titre Tamiditine. Album AKAL.



Réalisatrice : Solveig Anspach. Chef Op : Isabelle Razavet. Montage : Matilde Grosjean. Tournage au LULL. MERCI à Fadimata (Disco) et Maassa du groupe feminin touareg TARTIT;et à tous les participants

Tinariwen chantera lors de l’ouverture de la Coupe du monde de soccer



17-03-10-http://www.cyberpresse.ca
Tinariwen chantera lors de l’ouverture de la Coupe du monde de soccer
jeudi 18 mars 2010

La Fédération Internationale de Football (FIFA) a annoncé mercredi la liste d’artistes qui participeront au concert d’ouverture de la Coupe du monde, qui aura lieu à Johannesburg en juin prochain, en Afrique du Sud.

Alicia Keys, Shakira, les Black Eyed Peas et John Legend prendront part au concert qui inaugura l’importante compétition de soccer, en territoire africain pour la première fois depuis sa création, en 1930.

Une forte présence africaine sera aussi sur scène : le chanteur folk Vusi Mahlasela, les groupes rock BLK JKS et The Parlotones représenteront l’Afrique du Sud, tandis que, du Mali, on entendra le duo Amadou et Mariam et le groupe Tinariwen.

La FIFA a recruté le metteur en scène américain Kevin Wall pour orchestrer cet événement musical de trois heures, qui se déroulera dans le stade Orlando du quartier Soweto de la métropole, nouvellement rénové.

M. Wall, 58 ans, gagnant d’un prix Emmy, a participé à l’organisation de plusieurs concerts, dont ceux pour contribuer à la libération de Nelson Mandela lors de son emprisonnement. M. Wall a également produit le concert Live 8 en 2005 et Live Earth.

Les organisateurs promettent que d’autres artistes seront annoncés sous peu.

L’Afrique du Sud lancera la compétition en recevant sur le terrain le Mexique, le 11 juin prochain

Areva voudrait transporter l’uranium du Niger par l’Algérie


Merouane Mokdad-http://www.tsa-algerie.com-18-03-10
Areva voudrait transporter l’uranium du Niger par l’Algérie
vendredi 19 mars 2010

Areva, qui exploite les gisements d’uranium du Niger depuis quarante ans, envisage de revoir sa stratégie de transport. “L’achèvement de la route entre Tamanrasset et In Guezzam a encouragé Areva à étudier la possibilité d’évacuer le minerai à travers l’Algérie au lieu de le faire par le Sud”, a annoncé Mohamed Ayadi, secrétaire général du Comité de liaison de la route transsaharienne, invité jeudi de la chaîne 3 de la radio nationale. “C’est important. Cela veut dire que ce groupe va solliciter des moyens de transport ou des équipements pour les mines. C’est un résultat de l’aménagement de la route”, a-t-il soutenu.

Areva, qui a dépassé le seuil des 100 000 tonnes d’uranium extrait au Niger, soit la moitié de la production du pays, évacue habituellement le minerai par les ports du Sénégal. Le Niger est le troisième producteur mondial d’uranium après le Canada et l’Australie. Selon Mohamed Ayadi, la route Tamanrasset- In Guezzam, sur 400 km, a été revêtue. "Il ne reste que 400 km qui sont à aménager entre Tamanrasset et la frontière du Mali. Il faut aussi noter que la route entre In Salah et Tamanrasset a été reprise”, a-t-il dit. L’Algérie et la France sont liées par un accord nucléaire. Areva souhaite exploiter les gisements d’uranium du grand sud algérien.

Niger: L'insécurité alimentaire a triplé


Niger: L'insécurité alimentaire a triplé

Action contre la faim (ACF) a souligné jeudi que l'insécurité alimentaire sévère avait triplé en un an au Niger. Plus de 7,8 millions de personnes souffriraient de la faim en 2010 au Niger, soit 58,2% de la population. ACF a estimé dans un communiqué que "dans les circonstances actuelles, une mise à disposition rapide de fonds d'urgence au Niger [était] essentielle."

jeudi 18 mars 2010

Le Nigeria rappelle son ambassadeur en Libye après les déclarations de Kadhafi


RFI

Dernière info publiée le jeudi 18 mars 2010
Le Nigeria rappelle son ambassadeur en Libye après les déclarations de Kadhafi



Abuja a rappelé officiellement pour consultation, jeudi 18 mars, son ambassadeur à Tripoli et qualifié d’«irresponsables» les propos du dirigeant libyen. Mouammar Kadhafi a suggéré lundi, devant des étudiants africains, une partition du Nigeria entre deux Etats, un chrétien et un musulman, pour mettre fin aux violences communautaires. Selon plusieurs médias nigérians, le président du Sénat nigerian David Mark a qualifié Kadhafi de «fou» devant la Haute assemblée du pays.

Niger: valse des multinationales


Niger: valse des multinationales
18-03-2010
Par Ismael Aidara


Les patrons des firmes Areva, China National Petroleum Corporation et Zain Niger vont passer à la table des discussions.

La junte militaire nigérienne, au pouvoir depuis le 18 février dernier, est sur le point d'examiner les prochains jours les contrats et avenants miniers, pétroliers et de télécommunications attribués à des concessionnaires privés par l'ancien régime Tandja. Selon des sources bien informées proches de la junte, les patrons des firmes Areva, de China National Petroleum Corporation et de Zain Niger vont passer à la table des discussions. Sur demande des autorités du Conseil supérieur pour la restauration de la démocratie. Face à la forte pression de la société civile nigérienne, soutenue par des mouvements associatifs et Ong du pays, la junte, qui jouit encore de la légitimité populaire, compte franchir le Rubicond. C'est le premier ministre, Mahamadou Dandah, qui doit mettre en musique la nouvelle feuille de route de l'exécutif par l'intermédiaire du tout nouveau ministre des Mines et de l'Energie, Abba Mahamadou. Ce dernier, qui est juriste de formation, est l'une des éminences grises de l'appareil gouvernemental, réputé, dit-on, intransigeant et homme de mesure. A Niamey, on estime que les autorités ont les moyens de leurs ambitions. Et que l'audition de ces firmes ne sera pas seulement un coup de bluff de trop ?



Annoncée dans la capitale nigérienne début mars, la patronne du groupe nucléaire français, Anne Lauvergeon a décidé de surseoir à son voyage à Niamey. Selon nos informations, l'Elysée l’aurait dissuadée au dernier moment, pour y voir clair. En attendant d'opérer un recadrage diplomatique nouvelle version entre Paris-Niamey. La firme chinoise, China National Petroleum Corporation, concessionnaire de permis sous le régime précédent sur le bloc d'Agadem, à l'Est du Niger est aussi dans le collimateur. Le consortium chinois s'était engagé à investir plus de 5 millions de dollars dans les activités pétrolières au Niger et à construire une raffinerie moderne sur un pipe-line au nord du pays. Sans allié à Niamey aujourd'hui, la CNPC qui manoeuvre en coulisse entend rester dans le jeu. Le secteur des télécommunications n'est pas épargné. On apprend dans la même veine, que l'opérateur privé de téléphonie mobile Celtel, devenu Zain-Niger, que l'ex régime avait sanctionné pour manquements au cahier de charge et réduit la licence de 5 ans sur un bail conventionnel de 15 ans, sera de la partie.

Semaine touarègue,23 au 26 mars,Paris


Semaine touarègue,23 au 26 mars,Paris
Une semaine touarègue est organisée du 23 au 26 mars au Saraaba (19 rue de la Goutte d’Or, Paris 18ème).

Au programme :

Mardi 23
- 19h : exposition du peintre Ahmed Boudane
- 21h : théâtre & musique avec le spectacle "Tamat" de la Cie La Calma

Mercredi 24
- 21h : concert de Amar Sundy

Jeudi 25
- 21h : contes touaregs avec Cathia Belalimat ou Moussa Ag Assarid (à confirmer)

Vendredi 26
- 19h : Conférence "La culture touarègue : une culture plurielle" avec Sidi Ag Issa, Karim Kaboré et Nadia Belalimat
- 21h : concert de Tiwitine

- Réservations : 01 42 62 65 83

Otages espagnols: Aqmi pose ses conditions


Le JDD.fr
International | Afrique | 12/03/2010 - 10:17

Otages espagnols: Aqmi pose ses conditions


Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) exige le versement d'une rançon d'environ cinq millions dollars en échange de la libération de deux otages espagnols, rapporte vendredi le quotidien El Pais. Le journal madrilène, qui cite des sources proches de la négociation, publie une déclaration exclusive du mouvement islamiste demandant au gouvernement espagnol d'accéder à ses "revendications légitimes", à la suite de la libération en début de semaine d'une autre otage espagnole, Alicia Gamez, en compagnie d'une Italienne d'origine burkinabé. Alicia Gamez et les deux autres otages espagnols ont été enlevés en novembre dans le nord de la Mauritanie à bord d'un convoi humanitaire destiné au Sénégal.

decouvrez Sidi et son groupe TIWITINE sur http://www.myspace.com/forsidi

groupe Tiwitine- Soundcheck/Paris







lacliqueproduction
January 05, 2010
Tiwitine, les balances, en vue du concert du 28 novembre 2009 à Marly-la-ville.







Tchad-Soudan : les dessous d'une réconciliation


Tchad-Soudan : les dessous d'une réconciliation
25/02/2010 à 12h:04 Par Cheikh Yérim Seck, envoyé spécial à N'Djamena
jeune Afrique


Béchir (à dr.) accueille son homologue Déby Itno à Khartoum, le 8 février

© AFP Les deux chefs d’État ont signé un accord qui doit mettre fin à cinq ans de conflit entre leurs pays. Conseillers et diplomates négociaient depuis septembre 2009.

Annoncée à la surprise générale, après cinq ans de guerre larvée entre le Tchad et le Soudan par rebelles interposés, la visite du président Idriss Déby Itno à Khartoum, les 8 et 9 février, est le fruit d’un intense et discret travail diploma­tique mené entre les deux pays.

Tout commence en septembre 2009, quand Ghazi Salaheddine, conseiller spécial d’Omar el-Béchir chargé du dossier du Darfour, parvient à ­convaincre ce dernier de la nécessité d’éteindre « le front ouest » en faisant la paix avec le Tchad. À l’appui de sa thèse, le conseiller argumente : la guerre coûte cher, envenime la situation au Darfour, pour financer une rébellion qui a peu de chances d’arriver de nouveau jusqu’à N’Djamena.

Le 9 octobre suivant, Ghazi Salaheddine arrive à N’Djamena, rencontre le président Idriss Déby Itno et lui fait part de la volonté de son homologue soudanais d’aller vers un processus de normalisation de leurs rapports. Le chef de l’État tchadien pose un préa­lable aux discussions. Il veut que « les mercenaires tchadiens » massés à la frontière du côté soudanais soient éloignés d’au moins 300 km. En témoignage de sa bonne volonté, Béchir s’exécute : les ­rebelles, qui se trouvaient à El-Geneina, à quelque 30 km de la ligne de démarcation, sont délocalisés à 400 km de là.

Vers une force mixte
Après ce geste, Déby Itno envoie à Khartoum, le 24 décembre, son ­ministre des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat, accompagné de l’ambassadeur du Tchad aux États-Unis, Mahamoud Adam Béchir (qui connaît beaucoup de membres du régime soudanais pour avoir fait ses études universitaires à Khartoum) et d’officiers de l’armée. La délégation rencontre Béchir et lui remet un message personnel de son homologue. Le numéro un soudanais exige alors à son tour l’éloignement du territoire tchadien du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM, la rébellion qui sévit au Darfour) et de son chef, Khalil Ibrahim.

N’Djamena s’exécute illico presto. Khalil Ibrahim est convoqué, sommé de négocier avec le pouvoir soudanais ou de quitter le Tchad. Après avoir accepté le principe du dialogue, il est mis en contact téléphonique le 29 décembre avec Ghazi Salaheddine. Les deux hommes conviennent de se rencontrer le 15 janvier 2010 à N’Djamena. Ils se verront à la date convenue, auront un entretien de plus de trois heures, avant qu’Ibrahim ne remette à son interlocuteur un long mémorandum contenant ses doléances et sa vision de la fin de la guerre.

Avant de quitter Khartoum, la délégation tchadienne a commencé à travailler avec un groupe soudanais composé de Salaheddine, bien sûr, mais aussi de Mohamed Attar, directeur des renseignements, et de hauts officiers. Les deux parties se reverront à N’Djamena et à Khartoum avant d’aboutir, le 5 février, à un accord.

Dans ce texte, il est prévu la mise en place d’une force mixte de surveillance de la frontière commune composée de 1 500 Tchadiens et de 1 500 Soudanais. Ces hommes se répartiraient sur dix points de contrôle, cinq au Soudan et cinq au Tchad. Pendant les six premiers mois, le commandement serait basé à El-Geneina, avec un commandant soudanais assisté d’un adjoint tchadien. Les six mois suivants, il serait basé à Abéché­, au Tchad, avec un commandant tchadien et un adjoint soudanais.

« Un énorme travail »
Sur la question des combattants, l’accord prévoit, d’ici au 21 mars, « délai de rigueur », que les rebelles tchadiens se trouvant au Soudan soient, pour ceux qui le désirent, rapatriés dans leur pays d’origine. Et vice versa. Pour ceux qui ne le souhaitent pas, ils bénéficieront du statut de réfugié politique là où ils se trouvent. À condition cependant que leur pays d’origine l’accepte. En clair, si, par exemple, le chef rebelle Timane Erdimi ne veut pas retourner à N’Djamena, il devra trouver une autre terre d’accueil dans le cas où Déby Itno ne voudrait plus de sa présence au Soudan.

Sur la question du Darfour, le Tchad, qui a tenu à signaler qu’il ne croyait pas à une solution militaire, s’engage à ne plus servir de base arrière aux rebelles du JEM, mais également à contribuer à leur désarmement et à leur rapatriement, conformément au processus de Doha.

Voilà pour le texte. Reste sa mise en œuvre. Elle a déjà commencé en ce qui concerne la formation de la force de surveillance de la frontière, et la confection de la liste de rebelles évoluant sur le territoire a elle aussi été lancée (chaque pays a l’obligation de transmettre à l’autre, afin de lui permettre de faire le tri entre ceux qu’il accueille, ceux qu’il laisse chez le voisin et ceux dont il demande l’éloignement).

Le processus ira-t-il jusqu’au bout ? Une seule certitude : jamais conjoncture politique n’a été aussi favorable à la paix. Omar el-Béchir, affaibli par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) et des menaces de nouveaux soulèvements au Sud-Soudan, veut aller aux élections générales d’avril prochain le boulet tchadien en moins.

De son côté, Idriss Déby Itno, qui est en année préélectorale et entend accélérer le rythme pour terminer des réalisations à exhiber à ses compatriotes, a besoin d’affecter à ces défis l’énergie et l’argent qu’il consacrait à la guerre.

Il veut y croire et lançait à son hôte avant son départ : « Après tout ce qui s’est passé, ce serait dommage si vous laissiez les mercenaires m’attaquer à nouveau. Et un véritable gâchis après l’énorme travail que nous avons dernièrement abattu. »

Alger:Ali Tounsi : enquête sur un assassinat


Algerie/17/03/2010 à 16h:28 Par Cherif Ouazani
Le chef de la police algérienne Ali Tounsi a été assassiné dans son bureau le 25 février 2010
© Mohamed/Xinhua/Gamma/Eyedea


Le 25 février, Ali Tounsi, chef de la Direction générale de la Sûreté nationale, est abattu dans son bureau par un proche collaborateur, le colonel Chouïeb Oultache. Portrait de deux hommes liés par une communauté de destin et dont la longue amitié a brutalement tourné court.

Alger, vendredi 26 février. L’ambiance n’est pas à la fête en ce jour de Mouloud, anniversaire de la naissance du Prophète. Nous sommes au cimetière d’El-Alia, panthéon de la guerre de libération où reposent l’émir Abdelkader, père de la nation, Houari Boumédiène, artisan du système qui gouverne l’Algérie indépendante, ou encore Mohamed Boudiaf, figure de la lutte armée contre le colonialisme. La foule qui enterre ce jour-là Ali Tounsi, directeur général de la Sûreté nationale (police), assassiné la veille, est dense et hétéroclite. « Du zawali [citoyen lambda] à l’homme d’État », titre le quotidien arabophone Djazaïr News.

Personnalités politiques, militaires ou économiques, toutes sont venues rendre un dernier hommage à Ali Tounsi. Ahmed Ouyahia et la quasi-totalité de son gouvernement sont là, ainsi que le chef d’état-major et la haute hiérarchie de l’armée. Les mines sont défaites. Yazid Zerhouni, ministre d’État, est effondré. Il a perdu un fidèle collaborateur, qu’il avait recruté en 1962 pour le compte de la Sécurité militaire (SM). Autre présence remarquée, celle de Saïd Bouteflika, frère du président, qui n’était pas apparu en public depuis plusieurs mois. Remplacé au cabinet de la présidence par son cadet, Nacer, Saïd avait été chargé de veiller sur un autre membre de la fratrie, Mustapha, médecin du président, qui était hospitalisé dans une clinique suisse.



De Meknès aux maquis
Le coup est rude. En quelques semaines, le système algérien a perdu deux hommes clés : Larbi Belkheir, l’homme de la diplomatie parallèle et des réseaux internes et extérieurs, et Ali Tounsi, superflic de la première heure, artisan de la modernisation de la police nationale, adversaire redouté des islamistes radicaux, bête noire des barons de la grande délinquance. Mais si le premier a été emporté par une maladie maligne, le second a été assassiné dans son bureau par un ami de longue date : Chouïeb Oultache, alias Moustache, pour les bacchantes qui barrent son visage. Tout cela fait désordre, surtout qu’il s’agit du patron de la police, une institution clé dans le système, au-delà des rivalités traditionnelles entre services de sécurité, et qui a joué un rôle déterminant dans la lutte antiterroriste et dans le sauvetage de la République face à la menace salafiste. Cette disparition intervient par ailleurs dans un climat lourd, marqué par des révélations sur des scandales financiers au sein du groupe pétrolier public Sonatrach, mamelle de la nation, et autour de grands projets d’infrastructures lancés par le président Abdelaziz Bouteflika.

L’impact de cet assassinat sur le système est à la mesure de la place et du statut de la victime dans le sérail. Né en 1937 à Metz, en France, dans une famille originaire de Bône (Annaba), Ali Tounsi grandit dans la médina de Meknès, au Maroc, où son père, militaire dans l’armée française, a décidé de passer sa retraite. C’est dans cette ville impériale qu’il effectue toute sa scolarité jusqu’à l’année du baccalauréat, qu’il sèche au début de 1957 pour répondre à l’appel du Front de libération nationale (FLN) et rejoindre les maquis de la wilaya V, celle de l’Oranie.

Deux ans plus tard, Ghouti, nom de guerre qu’il s’est choisi, devient sous-lieutenant de l’Armée de libération nationale (ALN). Arrêté, les armes à la main, lors d’une embuscade tendue par l’armée coloniale, il passe par plusieurs maisons d’arrêt de l’ouest du pays. En 1962, à la veille de l’indépendance, les accords d’Évian prévoient la mise en place d’une force locale chargée du maintien de l’ordre durant le redéploiement de l’armée française. Tounsi est choisi pour en diriger une unité à Sidi Bel-Abbès. Le fait d’avoir été pris vivant sans être exécuté et sa présence au sein de la force locale, composée également d’éléments de l’armée française et de maquisards du FLN, jetteront un trouble sur son passé révolutionnaire et alimenteront bien des légendes à son propos.

L’Algérie indépendante manque cruellement de cadres pour la mise en place de ses institutions. Le capitaine Kasdi Merbah est chargé de structurer la Sécurité militaire (SM, services de renseignements de l’armée). Son bras droit est un certain capitaine Yazid, de son vrai nom Noureddine Zerhouni. C’est lui qui recrute Tounsi, ainsi qu’une autre future célébrité, Mohamed Médiène, alias Toufik, actuel patron du DRS (Département du renseignement et de la sécurité, héritier de la SM). Tounsi fait ainsi partie des premiers officiers à mettre en place l’Opérationnelle, cette cellule chargée des dossiers sensibles, des investigations délicates et des opérations coup de poing. C’est lui qui gère le dossier du Congolais Moïse Tshombé, l’homme qui fit assassiner l’allié Patrice Lumumba. Tounsi fait montre de réelles aptitudes au métier de barbouze. « Il nous a donné l’impression d’avoir fait cela toute sa vie », se souvient l’un de ses compagnons de route. Il infiltre les milieux de la pègre, les salons où dissertent les opposants au régime. Il sait manier le langage des truands, est à l’aise aussi bien en présence d’intellectuels que d’hommes de religion. Élégant, bon vivant, il est également l’interlocuteur des attachés de défense, arabes ou occidentaux, de l’Otan ou du Pacte de Varsovie.

Bref, l’étoile de Tounsi brille de mille feux. Et forcément, cela crée des jalousies et des inimitiés. La mort de Houari Boumédiène et l’arrivée au pouvoir de Chadli Bendjedid bouleversent la donne. Premières mesures de « déboumédiénisation » : la mise à l’écart d’Abdelaziz Bouteflika, dauphin naturel du président défunt, et le démantèlement de la SM. Yazid Zerhouni, qui avait succédé à Kasdi Merbah, est nommé ambassadeur à Mexico. Il est remplacé par le colonel Mejdoub Lakehal Ayat. Ce dernier fait le ménage dans la « maison ». Le colonel Toufik est attaché de défense à Tripoli. Quant à Tounsi, il hérite du commandement de la 4e région militaire, celle de Ouargla, où se situent les plus grands gisements d’hydrocarbures. Au bout de quelques mois, il est rappelé à Alger pour prendre en charge la direction du Sport militaire. Ce qui n’est pas pour déplaire à ce passionné de tennis. Mais c’est tout de même une voie de garage. Tounsi finit par être mis à la retraite en 1988. Il n’a alors que 51 ans et quitte l’armée avec le grade de colonel. Il investit alors le milieu sportif. Sa gouaille, son savoir-faire et ses multiples réseaux l’aident à prendre le contrôle de la Fédération algérienne de tennis (FAT), dont il devient le président, un marchepied qui l’aidera à se faire élire vice-président du Comité olympique algérien (COA).

Rappelé par Zéroual
Nous sommes au début des années 1990. L’Algérie, confrontée à une insurrection islamiste particulièrement barbare, traverse sa pire crise politique. La police est en première ligne du front républicain face à la menace intégriste. Le général Liamine Zéroual est aux commandes du pays. Il fait appel au colonel à la retraite pour organiser ce corps victime d’une véritable hémorragie (plusieurs centaines d’agents et d’officiers sont tués chaque année, et des centaines d’autres désertent et partent en exil). « Ghouti était réellement l’homme de la situation, analyse un commissaire divisionnaire à la retraite. Pour une meilleure efficacité de la lutte antiterroriste, il fallait que le patron de la police ait la même envergure que le général qui dirige la gendarmerie ou le chef des services de renseignements. Et, assurément, Ali Tounsi était la perle rare, car il ne pouvait être impressionné par les généraux Abbas Ghezaïel (alors patron de la gendarmerie) et Mohamed Médiène (chef du DRS). » En quelques années, Tounsi fait un travail considérable, modernisant la police, améliorant son efficacité en matière de renseignements, la dotant d’équipements et de matériel d’écoute sophistiqués. Le retour de Bouteflika aux affaires conforte sa position, car il signifie la reconstitution du trio sécuritaire des années 1970 : Yazid, Toufik et Ghouti.

Avec lui à sa tête, la police est plus que réhabilitée. Tounsi est un républicain accompli. Moderniste, il féminise l’institution (9 000 femmes, de l’agent de circulation à la divisionnaire, font aujourd’hui partie de la police). Et si dans les commissariats algériens, comme ailleurs, on continue de distribuer quelques baffes, les accusations de torture ne sont plus qu’un vieux souvenir. Dans un pays qui se caractérise par la multiplication de jacqueries et d’émeutes, les morts et les blessés sont plus nombreux parmi les forces de l’ordre que parmi les manifestants. Malgré un bilan flatteur, Tounsi est régulièrement la cible de campagnes de déstabilisation : pétitions d’officiers de police marginalisés, lettres ouvertes dénonçant son passé de collaborateur de l’armée française… Mais tel un roc Tounsi fait face. Et reste droit dans ses bottes.

Jeudi 25 février 2010. Chouïeb Oultache, chef de l’unité aérienne de la police, est convié à une réunion à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN). Sur le chemin, il parcourt la presse du jour et constate qu’un article du quotidien arabophone En-Nahar lui est consacré. Il y apprend qu’il va être suspendu de ses fonctions pour une affaire de malversations autour d’un marché d’équipement informatique destiné à la police et négocié, pots-de-vin à la clé, par un de ses fils. Qui est Chouïeb Oultache ?

Marché fatal
Né en 1946, Chouïeb Oultache a fait carrière dans l’aviation militaire. Pilote d’hélicoptère, il fait la connaissance d’Ali Tounsi dans les années 1980. Même passion pour le sport, même penchant pour les plaisirs de la vie, les deux hommes se lient d’amitié malgré leur différence d’âge. Comme Tounsi, Oultache est mis prématurément à la retraite. Tounsi n’est pas homme à laisser choir ses amis. Cela tombe bien : à son retour, il envisage de doter la police d’une unité de surveillance aérienne. En 2003, il recrute le colonel pour lui confier ce projet. Oultache accomplit un travail admirable. Très vite, l’unité hélico devient opérationnelle. À telle enseigne que des unités similaires sont envisagées pour les grandes agglomérations de l’intérieur du pays. Oultache participe également à l’introduction des technologies de pointe dans les services de police et à la mise en place d’un système intranet. Et c’est ce marché qui provoquera l’irrémédiable.


Trois balles dans la têteLe colonel Oultache arrive donc au siège de la DGSN, situé au cœur du quartier populaire de Bab el-Oued. On ne pénètre dans le bureau de Tounsi qu’après avoir été annoncé, et c’est ce dernier qui, de l’intérieur, actionne l’ouverture de la porte d’entrée. Oultache se présente au secrétariat du directeur général, au quatrième étage, sans éveiller les soupçons des deux gardes du corps de Tounsi, qui ne le fouillent pas. C’est certes un subalterne, mais c’est un « ami du patron ». Le patron de la police n’a aucune raison de se méfier de son ami et voisin (ils habitent le même quartier de Djenane el-Malik, sur les hauteurs d’Alger). À l’issue d’une discussion houleuse entre les deux hommes, Oultache dégaine son pistolet et fait feu à trois reprises sur la tête de son ami et bienfaiteur, ne lui laissant aucune chance. La pièce étant insonorisée, les détonations ne sont pas perceptibles de l’extérieur. Oultache sort du bureau et demande à la secrétaire de convoquer deux directeurs centraux. Ce n’est que lorsqu’il tire sur l’un d’eux que les gardes réalisent le drame et ripostent, atteignant Oultache de deux balles. Il sera sauvé par une opération en urgence.

Après la stupeur des premiers instants et le deuil, Zerhouni a annoncé le nom d’un directeur général par intérim (il faut que l’institution survive à ses dirigeants, credo de Boumédiène). Il s’agit d’Abdelaziz Afani, patron de la police judiciaire. Maigre consolation pour le policier de base : c’est un fils de la maison qui succède à Tounsi, et celui qui l’a assassiné n’en est pas un.

Nigeria:Goodluck Jonathan dissout le gouvernement


Goodluck Jonathan dissout le gouvernement
17/03/2010 à 19h:11 Par La rédaction web de Jeune Afrique
Le président par intérim du Nigeria, Goodluck Jonathan, le 23 avril 2007 à Abuja


© AFP Un peu plus d'un mois après sa prise de fonction officielle, le président nigérian par intérim a dissous le gouvernement. Une décision à double tranchant pour la stabilité du pays.

Goodluck Jonathan s’affirme. Le président par intérim, que l’on décrivait comme fidèle et patient, vient de prendre une décision de taille. "Aujourd'hui le président par interim de la république fédérale du Nigeria, Goodluck Jonathan, a dissous le gouvernement fédéral", a annoncé la ministre de l'Information Dora Akunyili ce jeudi à l’issue d’une réunion d'une réunion ministérielle.

Goodluck Jonathan seul aux manettesCette décision, qui ne devrait pas provoquer de nouvelles élections, pourrait permettre au président par intérim de choisir les membres d'un cabinet qui, jusque là, ne représentait qu'une sorte d'héritage de Umaru Yar’Adua. Ce dernier, toujours officiellement président malgré sa maladie cardiaque qui l'empêche d’exercer ses fonctions, n’a toujours pas fait d’apparition publique depuis son retour au pays, dans la nuit du 23 au 24 février dernier.

Les différentes régions nigérianes ainsi que les principaux partis sont invités à proposer des noms pour le prochain gouvernement dont la composition devra ensuite être approuvée par le Sénat. L’annonce du nouveau cabinet ne devrait pas intervenir avant plusieurs semaines.

En l’absence de vice-président (Goodluck Jonathan étant déjà celui de Umaru Yar’Adua) et de gouvernement, Goodluck Jonathan devrait donc gouverner seul pendant cette période. Cette configuration du pouvoir, dans un pays instable, risque d'exacerber les tensions ethniques et religieuses, particulièrement fortes ces dernières semaines. Si elle s'avérait définitive, la succession du Nordiste Umaru Yar’Adua par le Sudiste Goodluck Jonathan entraînerait le retour du pouvoir à un chrétien plus tôt que prévu. Il existe au sein du parti majoritaire, le People democratic party (PDP), un accord tacite d'alternance au pouvoir entre les confessions religieuses.

Ces nouveaux milliardaires venus du Sud









Ces nouveaux milliardaires venus du Sud
18/03/2010 à 10h:38 Par Samir Gharbi
jeune Afrique
Les nouveaux nababs.

© Glez Le magazine américain Forbes publie son classement annuel des milliardaires. En 2010, les Latino-Américains, les Asiatiques et les Africains entrent en force dans ce club aussi sélect que convoité.

Ils sont plus de 1 000 milliardaires en dollars, 1 011 exactement, selon le magazine américain Forbes, qui a publié, le 10 mars, son nouveau classement annuel. Pour évaluer la fortune de ces élus de la chance, les enquêteurs calculent le montant de leur patrimoine privé net, qui comprend portefeuilles d’actions (valorisés au 12 février 2010), biens immobiliers et autres valeurs (tableaux, jets, yachts, bijoux…), le tout évidemment après déduction des dettes.

Le champion de l’année 2010 est Carlos Slim Helú, le magnat mexicain des télécoms, des médias, de la finance, du bâtiment (entre autres). À 70 ans, il se retrouve à la tête de 53,5 milliards de dollars. Un sacré parcours, lorsque l’on songe que son père a fui le Liban en 1902 pour ne pas être enrôlé dans l’armée ottomane, ouvrant une modeste épicerie au Mexique. Et ce n’est pas la crise économique mondiale qui a entamé ce joli capital, bien au contraire, puisqu’il a crû de 18,5 milliards en 2009. Soit un gain net de 2 millions de dollars par heure (plus de 1 milliard de F CFA) !

Slim coiffe au poteau l’Américain Bill Gates, dont la fortune atteint quand même 53 milliards de dollars, mais qui n’a amassé « que » 13 milliards de plus en 2009. Le célébrissime cofondateur de Microsoft est talonné par son compatriote Warren Buffett (47 milliards), lui-même suivi par l’Indien Mukesh Ambani (29 milliards), l’homme le plus riche issu d’un pays émergent.

Jardin d’éden
Originaire de Bombay, Ambani, 52 ans, a su faire fructifier son héritage et se diversifier dans la pétrochimie. Il est surtout le symbole de ces nouveaux venus du Sud dans le jardin d’Éden des nababs. Son compatriote Lakshmi Mittal, magnat de l’acier (5e avec 28,7 milliards), lui emboîte le pas. L’Européen le plus riche, le Français Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH se situe au 7e rang, avec 27,5 milliards ; l’Arabe le plus célèbre, le prince saoudien Al-Walid Bin Talal, au 19e, avec 19,4 milliards.

La grande nouveauté de ce palmarès 2010 est sans conteste l’irruption sur le devant de la scène mondiale de milliardaires venus des pays émergents : ils sont pas moins de 62, sur les 97 nouveaux membres que compte ce club aussi sélect que convoité. Les États-Unis, qui restent la première puissance économique mondiale, voient leur part s’effriter : ils ne comptent plus que 40 % des Crésus de la planète (contre 45 % en 2009), soit 38 % de la fortune globale (contre 44 % il y a un an). Les pays émergents d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine pèsent désormais plus lourd que l’Europe occidentale (284 milliardaires, contre 171).

Si l’on raisonne par pays, la Chine (Hong Kong compris) abrite 89 milliardaires, suivie par la Russie (62). L’Inde fait mieux que le Royaume-Uni (49 contre 29), la Turquie que le Canada (28 contre 24) et le Brésil que l’Italie (18 contre 13).

Sur le continent africain, on compte 8 heureux élus, soit un de moins que dans la petite Malaisie. À eux huit, ils possèdent une fortune estimée à 25 milliards de dollars, dont 50 % reviennent aux quatre membres de la famille égyptienne Sawiris, 40 % à trois Sud-Africains (Nicky Oppenheimer, Johann Rupert et Patrice Motsepe) et 10 % au Nigérian Aliko Dangote. Son compatriote Femi Otedola est sorti du classement après avoir perdu une grande partie de son patrimoine. Il fait partie des trente magnats déchus en 2009, avec Raj Rajaratnam, un Américain d’origine sri-lankaise, patron du fonds d’investissement Galleon, arrêté en octobre dernier pour escroquerie.

Bombay dépasse Dallas
Un parcours bien éloigné de celui des self-made-men, qui ont bâti leur empire à partir de zéro. Comme Li Shufu, 47 ans. Fils d’un paysan chinois, il reçoit un appareil photo en guise de cadeau de fin d’études, ouvre un labo photo, se lance dans le commerce des réfrigérateurs, rachète une entreprise publique en faillite, qui assemble des cyclomoteurs. Puis crée, en 1997, une usine automobile, Geely (« chance » en chinois). Dix ans plus tard, il est devenu le premier constructeur automobile privé en Chine et s’implante à l’étranger. Sa fortune devrait dépasser les 2 milliards de dollars en 2010.

Son itinéraire ressemble à celui de Shahid Balwa, un Indien de 36 ans qui, à partir de son restaurant de Bombay, s’est constitué un empire hôtelier et immobilier évalué à 1 milliard de dollars. Connu pour sa misère et ses bidonvilles, Bombay compte aujourd’hui 20 milliardaires résidents, et dépasse la texane Dallas (17) ou Tokyo (14). Les nouveaux nababs sont désormais plus nombreux à Istanbul (28) qu’à Los Angeles (27), et à Moscou (50) qu’à Londres (32). Dans ces villes émergentes, qui connaissent une croissance économique exponentielle, le nombre des milliardaires croît deux fois plus vite qu’ailleurs. Et il est quasi certain que New York (60), siège du magazine Forbes, perdra bientôt sa place de premier « fabricant » de grosses fortunes mondiales.

Réunion d’Alger : ATT évite l’affrontement avec Bouteflika


Chahana Takiou-22 Septembre, 18/03/2010
Réunion d’Alger : ATT évite l’affrontement avec Bouteflika
jeudi 18 mars 2010

Les ministres des Affaires étrangères de l’Algérie, du Mali, du Niger, de la Libye, de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Tchad se sont réunis à Alger, le 16 mars 2010, pour examiner la situation sécuritaire dans la bande sahélo-saharienne. En répondant à l’invitation d’Alger, trois semaines après que Boutéflika eût rappelé son ambassadeur au Mali, suite à l’élargissement de quatre terroristes se réclamant d’Aqmi en échange de la libération du français Pierre Camatte, enlevé à Ménaka en novembre 2009, Bamako a fait preuve de pragmatisme.

D’abord, le Mali accepte ainsi de renouer le dialogue politique et diplomatique avec l’Algérie, qui avait rompu les ponts avant de revenir en arrière, pour trouver une porte de sortie honorable à cette brouille entre nos deux Etats. Ensuite, Bamako, qui n’a jamais souhaité un conflit avec un voisin, prouve, si besoin en était, son engagement à lutter contre le terrorisme dans le cadre de la coopération multilatérale. Ce qui est une constante chez ATT, qui a présidé le vendredi 5 mars une réunion du Comité de Défense de la Défense nationale, lequel a adopté un plan d’urgence pour la lutte contre la drogue et le terrorisme dans le Nord-Mali.

En envoyant son ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Moctar Ouane, à Alger pour la rencontre du 16 mars, ATT fait preuve de réalisme politique et évite au Mali un isolement certain dans le cadre de ce combat. Car il a toujours clamé "aucun pays ne peut à lui seul lutter contre le terrorisme". C’est pourquoi il a proposé une conférence des chefs d’Etat de la bande sahélo-saharienne sur la paix, la sécurité et le développement de cette région. La rencontre d’Alger s’inscrit, semble t-il, dans la droite ligne de la réunion ministérielle tenue à Bamako le 11 novembre 2008, et destinée à préparer le forum qu’ATT ne cesse de demander. De l’avis même des Algériens, la réunion préparatoire de Bamako a constitué une étape charnière dans la dynamique sous régionale de concertation.

La rencontre d’Alger se veut, selon les autorités algériennes, une réunion de concertation entre les ministres en charge des Affaires Etrangères. L’objectif est d’actualiser l’analyse situationnelle de la sécurité régionale et d’envisager les voies et moyens de renforcer la coordination et la coopération inter-Etats, dans la perspective de la tenue de la Conférence des Chefs d’Etat de la région. Qui dit mieux ! ATT a donc été bien inspiré de ne pas rater la belle opportunité qu’Alger a offerte au Mali pour s’expliquer encore une fois et convaincre éventuellement ses voisins de la pertinence de ses suggestions. En clair, Alger peut être considérée comme une étape complémentaire vers la tenue prochaine, à Bamako, de la Conférence des Chefs d’Etat de la bande sahélo-saharienne sur la paix et le développement.

Par ce geste, Bamako évite d’affronter Boutéflika, dont le piège était que le Mali boude cette rencontre, occasion de régler pour du bon ses comptes avec son homologue malien. Mais ATT a fait parler la raison au lieu du cœur. Sinon, le Mali aurait été le grand absent de la rencontre et les conséquences auraient été encore plus lourdes à supporter. Comme on le dit très souvent, tout est bien qui finit bien. Ce n’est pas le ministre délégué algérien aux Affaires Africaines et Maghrébines, Abdelkader Messahel, qui dira le contraire, lui qui a déclaré à l’issue des travaux : "Nous sommes parvenus à un plein consensus pour nous attaquer au terrorisme dans la région…"

Chahana Takiou

Les prévisions économiques de la France laissent Bruxelles dubitatif


Les prévisions économiques de la France laissent Bruxelles dubitatif
De Isabelle TOURNE (AFP)

PARIS — Le gouvernement a dû subir mercredi les remontrances de Bruxelles sur ses prévisions de croissance et de déficits jugées trop optimistes, des reproches d'autant plus fâcheux pour lui qu'ils tombent en pleine période électorale.

Dans les prévisions qu'ils ont transmises à Bruxelles en début d'année, les Etats européens parient souvent sur un trop prompt rétablissement économique, a estimé la Commission européenne.

La France s'est ainsi engagée à réduire son déficit public de 8,2% du produit intérieur brut (PIB) cette année à 3% en 2013, à condition que la croissance atteigne 2,5% par an à partir de l'an prochain. Une prévision jugée "très optimiste" par Bruxelles.

En outre, "la stratégie définie ne laisse aucune marge de sécurité si la situation économique évolue moins bien que prévu", a pointé la Commission dont le rappel à l'ordre tombe mal pour le gouvernement, alors que la majorité est en mauvaise posture aux élections régionales.

"Ce sont des prévisions volontaristes, les prévisions de croissance sont par nature volontaristes", a rétorqué le ministre du Budget, Eric Woerth.

"Ce n'est pas en professant le pessimisme qu'on sort de la crise", a-t-il fait valoir. "2,5%, c'est la traduction d'une véritable sortie de crise et aussi le fait qu'on pourra bénéficier pendant cette sortie de crise d'un surcroît de croissance".

Le seul autre scénario avancé par la France dans son programme s'appuie sur une croissance à peine moins importante, 2,25% par an. Une hypothèse qui la ferait déjà dérailler de sa trajectoire, repoussant à 2014 le retour du déficit dans les clous européens.

Mais la plupart des économistes et des institutions internationales ne sont pas aussi optimistes. Le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à une croissance de 1,7% en France l'an prochain. La Commission européenne tablait en novembre sur 1,5%.

"Vu les informations dont on dispose aujourd'hui, les prévisions françaises paraissent difficilement réalisables", avance Olivier Bizimana, économiste au Crédit agricole, qui voit se dessiner "une reprise molle".

"La France n'a pas engrangé une croissance de 2,5% depuis dix ans", fait de son côté remarquer Olivier Gasnier, économiste à la Société Générale.

Or, "puisque tous les pays européens ont annoncé des politiques budgétaires plus restrictives, cela va forcément brider leur potentiel de croissance", estime-t-il.

Selon lui, les objectifs affichés par les pays européens dans leurs programmes de stabilité visaient essentiellement "à rassurer les marchés", particulièrement échaudés par la crise grecque.

"La Commission demande cette année plus de détails sur les plans des pays en raison d'un retour du risque sur la dette des Etats", plombés par des déficits abyssaux en raison de la crise, renchérit Olivier Bizimana.

Bruxelles a ainsi reproché à la France que "certaines mesures annoncées du côté des dépenses" ne soient "pas précisées".

En réponse à cette critique, Eric Woerth a indiqué à l'AFP qu'il présenterait "d'ici l'été" un programme "extrêmement précis" sur la maîtrise de la dépense publique.

"En France, une véritable réforme des retraites serait sans doute perçue comme un signal fort", estime Laurence Boone, économiste chez Barclays Capital.

Mais "est-ce que l'opinion est préparée à une période d'ajustement des finances publiques assez sévère ?", souligne-t-elle.

Si la croissance s'avère moins forte que prévu, les mesures de restriction budgétaires seront beaucoup plus difficiles à prendre, avertit aussi Olivier Bizimana.

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mercredi 17 mars 2010

Tamikrest, un vent de liberté touarègue


Tamikrest, un vent de liberté touarèguepar
JA08, le 15 Mars 2010 à 18:05


Avec son premier album, Tamikrest rend hommage à l’Adagh des Ifoghas, l’une des plus belles régions du Sahara. Dans Adagh(Glitterhouse/Ant Distribution, 2010), le groupe touarègue du Mali chante sa révolte face à la perte d’identité culturelle, l’exploitation éhontée des terres de leur peuple par les compagnies minières nationales et internationales, et les conditions de vie déplorables des populations touarègues.



Les Touaregs, dispersés sur l’immense territoire saharien qui s’étend aujourd’hui sur une dizaine de pays, dont l’Algérie, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, ou la Libye, vivent à peu près ce qu’ont vécu les Indiens d’Amérique à l’arrivée des Européens, qui voulurent exploiter leurs terres pour y planter du blé ou y chercher de l’or. En effet, tout comme ces derniers, les Touaregs sont un peuple nomade, qui ne connaissent pas la propriété de la terre, car ils la considèrent comme la leur, collectivement. Or, la découverte au XX° siècle au Sahara de gisements de pétrole et de gaz (comme en Algérie), ou d’uranium (au Mali et au Niger), et autres ressources minières et sous-terraines, rend ces immenses terres désertiques soudain très convoitables... La compétition pour les ressources économiques du sous-sol : voilà qui explique sans doute pour une bonne part, depuis quelques décennies, la rébellion touareg, peuple nomade qui se considérait, depuis la nuit des temps, comme le “maître” de ces immensités désertiques, qu’il était seul à pouvoir maîtriser et traverser de part en part. Mais “on ne vend pas et on n’achète pas nos terres”, crient les Touaregs, comme le chante dans “Alhorya” (La liberté), Ousmane Ag Mossa, leader de ce nouveau groupe né à Kidal, dans le nord-est du Mali.




En outre, les sécheresses des années 70 puis 80, en détruisant une bonne partie des troupeaux, base de l’économie touareg, ont détruit aussi le mode de vie ancestral de ce peuple nomade, en l’obligeant à se sédentariser. Sentiment de la perte d’une identité culturelle, sentiment de la perte de la maîtrise de terres dont des compagnies, nationales ou étrangères, veulent désormais exploiter le sous-sol, rivalités politiques entre les divers pays qui abritent ces populations nomades et qui ont pu avoir intérêt à fomenter des révoltes dans un pays voisin - Algérie, Maroc, Libye, Mali, Niger, etc... : tous ces facteurs combinés expliquent le malaise touareg, et leur révolte, pour la première fois mise en musique par le groupe Tinariwen, né dans les années 80 dans des camps de réfugiés en Libye.




"Exprimer la douleur ressentie"
“Les Tinariwen ont créé le chemin et c’est à nous maintenant de le descendre et de créer le futur”, explique Ousmane Ag Mossa. “Bien avant de jouer de la guitare et de commencer à enregistrer, j’avais comme ambition de devenir un homme de loi ou plutôt un “avocat” comme vous dites. Je voulais être capable d’exprimer la douleur ressentie dans mon coeur, de m’exprimer à haute voix, même devant les Nations Unies. Parce que nous sommes des gens du peuple, d’un peuple sans journalistes, ni avocats. Mais c’est plus tard que j’ai réalisé qu’un musicien pouvait jouer ce rôle”.




Les nouvelles musiques touaregs séduisent énormément le public anglo-saxon (Tamikrest fait une tournée en Grande-Bretagne au printemps), sans doute par le rôle prédominant qu’y jouent les guitares électriques, emblème des musiques anglo-saxonnes depuis un demi-siècle. C’est d’ailleurs en rencontrant, lors du Festival du désert à Tombouctou en 2007, le groupe Dirtmusic, composé de musiciens américains et australien, que Tamikrest (qui signifie le lien, la jonction) s’est vu inviter à participer à l’enregistrement de l’album de ce groupe anglo-saxon, qui devait se dérouler à Bamako, et a pu ensuite enregistrer, dans la même ville, l’album que voici. Des chansons engagées donc, mais ici il s’agit moins de crier sa révolte que de dénoncer, en paroles (traduites dans le livret) les conditions de vie concrètes des populations touraegs, pour alerter le monde. C’est-à-dire nous.

Commander l’album Adagh, de Tamikrest, Glitterhouse/Ant Distribution, 2010.
Le Myspace de Tamikrest

ABDALAH HASSAN DE TINARIWEN 2008